‹ Le trésor de la curiosité. Avec diverses notes écédé d'une lettrè a l'auteur sur la curiosité et les curieuxChapitre 142 sur 200 · SORBET · texte numérisé non relu

SORBET

i;illKUUGIEN DES M 0 U SQU Eï A II\ E S OHIS. TABLEAUX, bESSINS, ESTAMPES... — 1'. REMY, E.Vl'ERT.

DAVID DE HHEM. Une orange, un citron, des huîtres, des n)ùres, des noisettes, de petites lleurs et un verre. Bois. Quatorze pouces sur dix. 2G0 liv.

WATTEAU. Tableau connu sous le nom du docteur de Watteau; dix figures. On en a Testampe à l'eau-forte par le comte de Caylus, terminée par Joullain. Dix pouces sur treize. 000 liv.

130UCHER. Une Femme en chemise, assise sur un lit, caresse un chat; une jeune lille la regarde; un homme vu à mi-corps cherche à ouvrir le rideau. Trente pouces sur vingt-quatre, 700 liv.

VAN vn EELI. La Place du Peuple à Rome, et une vue de Saint-Pierre du côté du Tibre ; deux belles gouaches, avec figures. Dix pouces sur dix-sept. 200 liv.

VITERBE. Cylindre d'ivoire, où sont sculptés en relief des enfants; au-dessus est posé un globe d'ivoire travaillé à jour. Le tout, y compris un pied en marbre vert d'Egypte, porte 18 pouces de haut. 820 liv.

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SALY

SCULPTEna, MEMBRE DE L'ACADÉMIE DE PARIS ET DE CELLE DE COPENHAGUE.

SCULPTURES EN BRONZE, TERRE, PLATRE, IVOIRE, PLANCHES GRAVEES, ESTAMPES, TABLEAUX, MEDAILLES. — JOULLAIN , EXPERT.

Nos sculpteurs français sont tellement oubliés, en Fiance surtout, que nous profiterons de l'occasion qui se présente de dire quelques mots de Jacques Saly.

II était né à Valenciennes en 1717, et il mourut à Paris en 1776; mais la meilleure partie de son temps, il la passa à l'étranger. C'est en Danemarck qu'il a laissé ses plus importants ouvrages, les statues équestres de Christian IV et de Frédéric V. Il fut le premier directeur de l'Académie de peinture, fondée par Frédéric V, Un article de Caylus, inséré au Mercure de février 1751, nous apprend que Saly était élève de Coustou le cadet. « Des prix remportés à l'Académie de Paris, dit Caylus, lui ont mérité d'être envoyé à Rome ; il y a fait honneur à sa nation et perfectionné ses talents. Tout, jusqu'à ses amusements, y a porté l'empreinte d'un homme né pour exceller dans son art. Nous osons donner en preuve les Vases que nous citons (Recueil de trente Vases de Saly qui se trouvent à Paris, chez Fessard, rue de la Harpe, vis-à-vis la rue Serpente). Un tel ouvrage est certainement un badinage pour im grand sculpteur; cependant cette bagatelle indique non-seulement un génie facile, et nourri par les bons exemples et rempli des bonnes formes; mais encore une liberté de dessin que la sculpture ne semble que trop refuser à ceux qui la pratiquent. D'ailleurs, la liberté de la pointe et l'intelligence de l'eau-forte prouvent que ce n'est pas sans raison que M. Saly a placé la peinture à la tète de ses Vases.

« Quelque légères que soient en elles-mêmes ces opérations , elles indiquent de très-grands talents , qui se trouveront confirmés par des opérations plus importantes. Quand on a fait un fonds par le moyen de l'étude, et qu'on ne s'écarte pas de la nature, la facilité n'est plus un don pervers et dangereux. C'est même un grand bonheur que de l'avoir étendue jusqu'à la coupe du marbre. Nous comptons en donner des preuves en faisant connaître plusieurs ouvrages qui vont sortir de l'atelier de ce jeune et brillant artiste.

« Nous insisterons comme il couvient sur la statue pédestje du roi,

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de neuf pieds de proportion, que M. Saly exécute pour la ville de Valenciennes. Le modèle de ce grand ouvrage a charmé les connaisseurs. »

Après avoir transcrit cet aiticlc (dans ses Notes manuscrites qui sont au Cabinet des estampes) , Mariette ajoute : « Cette statue de Louis XV a été jugée finie en août 1752, et Saly a fait exprès le voyage de Valenciennes pour la mettre en place, se proposant de lui donner sur le tas les derniers coups. Il nous en a du moins leurré, mais je doute qu'il ait tenu sa promesse , tant il y restai' de choses à faire. On a trouvé le travail de cette figure lourd ot sec; la tète du roi n'a point paru ressemblante. Toutes les parties sont trop chargées et manquent de cette grâce et de cette noblesse que demande un pareil sujet. C'est, il faut trancher le mot, iinc figure manquée.

« On a, ce me semble, trop tôt fêté ce jeune sculpteur. Je ne lui trouve point le goût de la belle nature ; il est maniéré et rude dans son dessin. Le Jeune Faune que Saly a donné à l'Académie pour son morceau de réception, est cependant une jolie figure; mais ces petites clochettes et mille autres bagatelles qui ont été si fort applaudies, ne sont pas à beaucoup près ce qui m'y paraît de plus estimable. Avec la râpe et du temps, il n'est point de sculpteur qui n'en fit autant. Mais quel est l'habile homme qui ne s'ennuie d'un pareil travail ?

« Encore un coup, je ne prétends pas nuire à la réputation de Saly; je lui connais du mérite; il met du sentiment dans ce qu'il fait, mais il n'a point le fonds de science de Pigal qui, après Bouchardon, est peut-être celui de nos sculpteurs qui voit le mieux la nature et la rend avec le plus de vérité. 11 ne lui manque que plus d'exécution. Saly en a davantage, mais il n'a pas encore cette fermeté de touche et d'outil qu'ont eue les Bernin et les Algarde. Tout ce qu'il fait, il le tàte.

« L'avenir apprendra si je me trompe ou non. Mais comme Saly va travailler sous un autre ciel et pour des gens peu difficiles, à moins qu'il ne revienne parmi nous, il n'aura rien à craindre de la sévérité de nos jugements. L'ouvrage pour lequel il est appelé à la cour de Danemarck est la statue équestre du roi régnant, en bronze. Son marché a été signé au commencement du mois d'avril 1752. On lui donne 150,000 fr. pour le seul modèle. C'est une fortime. Il la doit au bon témoignage qu'a rendu de sa capacité M. Bouchardon, à qui Ton s'était adressé pom* cet ouvrage. Peutêtre y ai-je contribué de quelque chose, et je ne m'en repens point. Avant que de se mettre en chemin , il a voulu finir plu-

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sieurs ouvrages qu'il avait entrepris, entre autres deux cariatides qui paraissent vouloir porter un plancher, et qui décorent l'entrée de la maison de madame Geoffrin. Toutes deux sont en pierre. Je les trouve un peu trop massives, surtout la première, à droite eu entrant, dont la tète manque de finesse, et engoncée dans les épaules, ne va pas avec le reste de la figure. J'en aimais mieux les modèles. J'en dirais presque autant de la figure d'Hébé qui a été achevée dans le même temps, et que madame de Pompadour a fait mettre à Bellevue. C'est une figure en pierre de six pieds de proportion, faite un peu à la hâte, dont le modèle a été fort goûté. Il n'est personne qui n'en ait voulu avoir un plâtre. La simplicité de l'attitude en fait le principal mérite; car il est vrai que le caractère de la tête n'est pas d'un beau choix, et j'aime encore moins la position des jambes.

' - H< J'écris ceci en août 1753, presque au sortir de l'atelier de Saly où j'ai été voir, en compagnie de M. le comte de Caylus, de M. Cochin fils, et de M. Silvestre, notre directeur, la petite figure d'Amour qu'il vient de faire en marbre et qui est destinée pour le château Créci. Il a voidu représenter l'Amour enfant, qui essaie une de ses flèches ; il la tient de la main droite, et posant le doigt de la main [•*"' gauche sur la pointe de cette arme cruelle, il juge du mal qu'il

va causer. ( Mariette fait ici une vive critique de cette figure, dont la tète manque de noblesse et de caractère, dont la carnation présente des fossettes exagérées et dont la touche manque d'esprit. ) Puis il ajoute : Voilà ce que nous avons tous pensé de cette figure avant de partir, car ce mois d'août ne finira pas avant qu'il ne soit en route.

« Il était à Rome lorsqu'il fit pour M. de Troy une jolie tête de fille en marbre, que M. Thiroux d'Espercennes, maître des requêtes, a apportée d'Italie et qu'il conserve dans son cabinet. C'est bien un des plus agréables morceaux que Saly fera jamais. Je n'ai jamais • ■ pu parvenir à voir tous ses dessins. On dit qu'il en a beaucoup

'' ■ fait, mais il en est extrêmement jaloux. Je lui ai entendu dire à

lui-même qu'il n'avait pu se résoudre d'en laisser sortir de ses ' mains. Il a fallu user d'industrie et presque de force pour lui en

tirer trois que j'ai, et dont je dirai tout ce qu'on voudra, mais qui dans le fond sont secs et d'assez petite manière. Ce n'est point là le crayon de notre ami. (Mariette veut parler ici de Bouchar- ''-' don.) Ils veulent tous l'imiter, et aucun n'en approche. Lemoyne

■' disait bien, que dans cette partie il était inimitable. »

' -' ■■ - - Mariette, on le voit, est fort sévère à l'égard de Saly. Ses deux sla- '-■- i --- tues équestreS; que j'ai vues à Copenhague, n'ont rien de merveil-

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leiix sans doute, mais elles ont une Loniie assiette, un moTivemcut modéré, des lignes simples et ce genre de grandeur qui résulte de la sobriété des accessoires ou de leur suLordinatiou. On peut juger de celle de Frédéric V par la belle estampe qu'en a gravée Jean- George Preisler. Quoiqu'il appartint à une époque de décadence et vécût au milieu de ce qu'on appelle le rococo, Saly sut .éviter dans ses sculptures l'exagération pittoresque où nous avons vu tomber de nos jours tant d'hahilcs gens; il demeura dans les limites de son art. A propos d'une de ces statues équestres qui sont à Copenhague, Falconnet raconte qu'étant à Saint-Pétersbourg, tout occupé de sa statue colossale do Pierre le Grand , il y entendit dire que M. Saly lui avait fait tenir la bride de son cheval de la main droite, ([u'il ne s'en était aperçu qu'après la fonte de la statue , et qu'on avait été obligé de scier le bronze pour refaire deux autres bras. Ces propos ridicules furent répétés à l'impératrice Catherine , qui à son tour n'eut rien de plus pressé que de les répéter à Falconnet, disant les tenir de bonne part. Falconnet répondit : voilà ime imputation aussi absurde que la méprise est impossible à faire ; c'est ainsi que l'on assure souvent de ionne part tant de vérités aux souverains.

Quant aux eaux-fortes de Saly, elles sont gravées d'une pointe incisive, rapide et pittoresque. Ses Vases sont pleins d'esprit et de ragoût. Les formes en sont quelquefois fantastiques, mais toujours agréables, élégantes et remuées. Les motifs nautiques sont ceux qu'il réussit le mieux. Tantôt ce sont des poissons à tête de femme , qui s'enroulent aux anses et se tourmentent pour se rejoindre; tantôt des tritons imaginaires, couronnés de roseaux, tiennent dans leurs bras entrelacés une conque marine , qui est le vase. Quelquefois des tètes de béliers, dont les cornes figurent des anses, soutiennent la voussure de la gorge, tandis que des pipeaux rustiques semblent tomber sur la panse. 11 en est un charmant où l'on voit deux aigles tenir une draperie qui emmaillote la tète frileuse d'une nymphe. Souvent des figures de femmes y servent d'arabesques et s'y torturent avec une grâce maniérée ; mais tous ces modèles ont du relief, du jeu, de la saveur.

Je n'en dirai pas autant des caricatures de Saly, qui furent gravées par M. de La Live. Elles sont froides, et l'on voit que le dessinateur n'avait pas le secret du genre.

SALY. Frédéric, roi de Danemarck , figure équestre, petit modèle en plâtre. 1^ liv.

Deux dessins d'après cette statue exécutée en bronze

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à Copenhague; à la pierre noire, sur papier blanc. Dixhuit pouces sur vingt-quatre. On y a joint l'estampe par Preisler. 72 liv.

Deux autres^ à la pierre noire et à la mine de plomb : l'un représente le roi accordant sa protection aux arts. Ils ont servi à la composition des médailles qui ont été frappées pour la fondation de l'Académie de peinture de Copenhague. 24 liv.

Portrait en buste et de profil de Fr. Struensée, médecin danois, dessiné d'après nature à la mine de plomb. On y a joint l'estampe. 12 liv.

Un grand nombre de dessins pour la statue équestre en bronze de Frédéric V. 382 liv.

Détail sur Téchafaud volant pour le transport et l'élévation de la statue. Dessin pour le grand atelier : coupe, élévation et profil de l'atelier du fondeur. 250 1.; JouUain.

Quatre dessins pour les jets et les auvents du buste de Frédéric V, et quatre pour ceux du busie du comte de Moltke. 4 liv.

TfoIs autres dessins et le portrait de l'auteur. 30 liv.

Trente-cinq charges et caricatures. 23 liv.

P IRAN ESI. Idée d'un feu d'artifice pour le recouvrement de la santé de M. Saly à Rome, en 1746, beau dessin à la plume et à l'encre de Chine. 12 liv.; Basan.

Médaille en or : buste de Frédéric V pour la fondation de l'Académie de Copenhague, en 1754. 445 liv.

Médaille en or : statue équestre de Frédéric V. 1768. 685 liv.

Médaille en argent pour la fondation de ladite Académie. 26 liv.

Médaille en argent : buste de Frédéric V; païens et condilor aller. 1760. 29 liv.

Médaille en argent : le comte de Mollke. 1757. 20 liv.

Isaac Newton. 1774. 71 liv.

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