GODEFROY
TABLEAIX, niAMANTS, CrUIOSITKP. GERSAINT, EXPERT.
22 Avnir. 17/] 8.
Cp Catalocjue est enrichi de petites notices, faites par Gersaint, et trèsliien faites, comme toutes colles de cet excellent appréciateur.
RUBÈNS. Portrait du duc de Buckingham, en buste. Vingttrois pouces sur dix-sept. Sur bois. 500 liv.
L'Adoration des Rois. La Vierge tient l'Enfant debout sur une table où l'on voit une coupe pleine de pièces d'or. L'Enfant y met la main pour en prendre. Un page tient le bas du manteau d'un des rois. Le second roi est prosterné. Le roi maure est debout, tenant un encensoir. Morceau capital du maître. Cinq pieds quatre pouces sur sept pieds dix pouces. 8,000 liv.
ANTOINE VAN DICK. Samson lié et surpris par les soldats. Dalila est assise sur un lit de repos. Par terre sont les cheveux épars de Samson. Six pieds sur quatre. Toile. Gravé par Snyers. 2,011 liv. Slodtz.
JACQUES RASSAN. L'Assomption de la Vierge. Quarante figures; magnifique tableau de cinq pieds trois pouces sur trois pieds sept pouces. Toile. 6,001 liv. r; ARLE MARATTE. Un Repos en Egypte. Sur toile. Trentesept pouces de haut sur cinquante pouces de large. 1,201 1. Ce tableau n'a fait que tiop de lu'uit parmi les curieux, dit Gersaint. Sa réputation est étaMie sur une aventure trop sinistre pour être rappelée. (Onelle est cette aventure?... Sans doute quelque duel suivi de mort.) Il serait à souhaiter, dit Gersaint, que cette triste aventure eut pu du moins instruire des dangers qu'il y a de donner indiscrètement ou à dessein des impressions désavantageuses sur certains morceaux dont le mérite perce tôt ou tard. »
S É J^ A S T I E N R 0 U R D 0 N . A ndromède délivrée par Persée . Il se lave les mains sur le bord d'un fleuve où sont plusieurs naùides. Quarante-cinq pouces sur cinquante-sept. 900 I.
1749 CUKSSKNT. 53
CRESSENT
KllKNlSTE DES PALAIS DU U U C D'uKI. hANS.
DIFFÉRENTS EFFETS CURIEUX VENDUS RIE NOTUH-DAME-DES-VICTOIIIES , AU COIN DE LA RIE JOQUELET.
15 JwviKK 17/|9.
liiuii que iKHis u'ayoïis pu trouver les prix de ccltu vente, qui iimliahleinent n'a jamais eu lieu, uous avous cru devoir eu douner des extraits qui nous ont paru assez curieux.
MEIZUE (pour Metsu). Un tableau peint sur bois, représentant une dame avec un bourgueinestre à table et une servante qui leur sert la collation ; dans le fond du tableau l'on voit une pareille collation qui s'était faite la veille par les mêmes. Ce tableau porte \'m<^[ pouces de liant sur dix-lniil pouces de large.
L'auteur du Catalogue, qui est Cressent lui-même, donne une suigulière explication de ce morceau , et dans un style fort naïf : « Il ne manqvuiit, dit-il, pour la perfection d'un traité qui fut conilUftncé en 1666 entre l'Angleterre et la Hollande, que la signature d'un bourguemestre de la première distinction, qui la refusai; liarce qu'il croyait le traité préjudiciable aux États. Gomme cet homme était naturellement galant, l'on crut qu'il était permis d'user de ruse pour obtenir de lui ce que l'on souhaitait ; l'on fit donc venir une dame infiniment spirituelle et adroite, qui, dés l: lendemain de son arrivée , se rencontra comme par hasard dans une promenade où l'on savait (|uc notre bourguemestre avait coutume de se trouver. Sitôt qu'il aperçut cette dame, qui était supei'- Itement vêtue, il s'informa de ceux qui étaieiit avec lui et qui étaient de l'intrigue si 'on savait qui elle était : on lui dit qu'ell»} était de bonne famille d'Angleterre, et qu'elle n'avait fait le voyage que dans le dessein de voir les beautés de la Hollande. H fut transporté d'une joie secrète de se voir en état de satisfaire la curiosité de cette belle; l'ayant abordée civilement, il s'offrit de lui faire voir ce qu'il y avait de curieux dans le pays : se voyant seul , la compagnie s'étant retirée, il lui proposa la collation , (ju'elle n'accepta (cn s'exciisant) qu'càla dernière extrémité. Comme il lui lit excuse de n'avoir pu la faire servir comme elle le méritait , il l'engagea à
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reveuii' le leudeuiaiii dans le même lieu. S'y étant tous deux rendus, et comme il n'y manquait rien, tant eu bonne chère qu'en excellent vin, elle lui présentait souvent le vidrecome à rase bord; et, voyant à sa bonne humeur et à la vivacité de son ardeur, qu'il était temps de lui demander une grâce, elle tira une écritoire et un sac de velours qui était pendu à sa ceinture, dans lequel était le traité qu'il signa, après quoi elle lui représenta si souvent le vidrecome qu'elle vint à bout de l'endormir, et repartit la même nuit pour s'en retourner chez elle. »
TENIERS. Un tableau peint sur toile, représentant les Sept Œuvres de Miséricorde. Il a deux pieds deux pouces de haut sur deux pieds neuf pouces de large.
Ce tableau provient de la vente de madame de Gontault , qui avait choisi les siens dans les plus beaux cabinets, et dont le dessein était , en survivant à madame de Verrue, de prendre sa place et d'acquérir la réputation de la dame du meilleur goût pour les belles peintures, en quoi elle a parfaitement réussi.
Deux grandes bibliothèques, à trois portes cintrées par le haut, suivant le contour de la corniche et suivant Tart et le bon goût, enrichies de pilastres, ornées de bustes représentant les quatre parties du monde et les quatre saisons, chacune leur gaîne avec leurs attributs, ce qui forme quatre pilastres à chaque bibliothèque. Les portes sont enrichies d'ornements convenables à la magnificence de leur composition , le tout de bronze, bien réparés et appliqués sur un bois satiné du plus beau; leur grandeur est de huit pieds de haut , six pieds neuf pouces de large ; ils ne sont qu'en couleur d'or, attendu la trop grande dépense. Les personnes qui les auront, pourront en toute sûreté les faire dorer d'or moulu.
Deux commodes de bois de Cayenne satiné, couleur de cerise, garnies de leurs ornements et fleurs de bronze doré d'or moulu. Ces pièces sont du mieux dudit Cressent; le marbre de Vcrrel. Elles portent quatre pieds six pouces.
Deux encoignures de bois satiné, ornées de deux arbres de chêne, sur lesquels il y a des oiseaux qui sont à la poursuite d'un hibou ; le tout de bronze doré d'or moulu . le marbre de Verret, portant deux pieds.
1749 eu ESSE NT. oj
Une coiniMod»* dt' lH)i< saliiit!, d'une funiu! carrée, el par le bas diiu contour en arbalète; les deux tiroirs ont des beaux cadres de bronze; les deux pieds ont leur chute <|ni représente deux es|)afïnolettes, ce qui fait une j)ièce des plus riches en bronze; elle n'est qu'eii couleur; le marbre est de Sicile, des plus magnifiques, et on ose dire (|ue Tagate n'en peut effacer la beauté. Elle porte quatre [)ieds et elle est plaquée.
Une magnifique pendule de bronze dont la composition est du meilleur goût. Il y a sur le haut un Amour qui est assis sur des nuages; il appuie son coude sur un sable. Au-dessous du cadran est la figure du Temj)S, tenant sa laulx et posé sur le chaos du monde; les pieds sont formés par deux grands arbres : le tout parfaiteinent ciselé, doré d'or moulu, de quatre pieds trois pouces de haut.
Une table à quadrille pliante, de bois satiné, et le dessus de velours.
Une pendule à face de bronze, le corps de bois en marqueterie; sa composition représente un Temps volant avec sa faulx , prêt à trancher le fil de la vie à un enfant qui est <ians un rocher, et qui , en apercevant le Temps , abandonne son carquois et son arc ; l'effroi qui parait sur le visage de cet enfant fait un effet des plus singuliers. Les ornements qui renferment le cartel sont d'un goût extraordinaire. Elle porte trois pieds de haut et est dorée d'or moulu.
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