‹ Le trésor de la curiosité, tiré des catalogues de vente de tableaux, dessins, estampes, livres, marbres, bronzes, ivoires, terres cuites, vitraux, médailles, armes, precelaines, meubles, émaux, laques et autres objets d'art;Chapitre 145 sur 209 · BASAN, GRAVEUR^ EXPERT · texte numérisé non relu

BASAN, GRAVEUR^ EXPERT

11 ne faut pas confondre cette vente avec celle qm ent lien plus tard, la même année. On lit du reste dans l'avertissement du Catalogue :

« On observera que tous les objets contenus au présent Catalogue sont des doubles et ne font point partie du cabinet de M. Mariette. Le Catalogue des objets qui forment le cabinet de curiosités de feu M. Mariette consistera en ce qui suit : Peu de tableaux, dont un du Poussin...; plusieurs sujets en terre cuite par François Fla^ mandy Bouchardon et autres...; la duchesse d'Olonne, en émail, chef-d'œuvre de Petitot; plusieurs dessins encadrés de RaphaSl, Jules Baroche, Rubens, Van Dyck; et plus de cinq mille dessins de tous les grands maîtres , contenus dans cent portefeuilles , et dont la plus grande partie est collée sur des cartons minces de vingt pouces sur quinze^ et ajustée avec des filets d'or... »

MARC ANTOINE. La Cène; parfaite épreuve, et la copie. 03 liv.

Le Massacre des Innocents, Tune avec le chicot^ et Tautre sans le chicot. Deux pièces. 41 liv. 19 s.

Le Parnasse; superbe épreuve. 30 liv.

Le Martyre de saint Laurent. 29 liv, 19 s.

Saint Paul préchant à Athènes, et Ananie puni de mort. 21 liv. 19 s.

MARTIN ROTA. Les trois compositions différentes du Jugement dernier. On y a joint la copie , par Gautier. 77 liv. 19 s.

EDELINCK. La Sainte Famille, d'après Raphaël; parfaite épreuve avant les armes. 100 liv.

La ménie avec les armes; plus, la copie de Frey. :i8 liv. 19 s.

G. BLOEMAëRT. La grande Adoration des Bergers, en travers, d'après Raphaël ; très-belle épreuve. 80 liv.

Saint Pierre ressuscitant Tabîthe, d'après le Guerchin ; pièce capitale et d'un grand effet; belle épreuve. 181 liv.

POILLY. La Nativité, pièce octogone d'après le Guide; parfaite épreuve avant les anges. 168 liv. La même, avec les anges. 29 liv. 19 s.

SPIERRË. La Viei*ge allaitant l'Enfant, pièce de forme

ronde d'après le Corrège; épreuve avec la lettre. 112 liv.

Le Mariage de sainte Catherine, d'après Piètre de

Gortone, avant et avec la lettre. Deux pièces. 79 liv. 19 s.

ROULLET. Le Christ mort, d'après le Carrache; avant l'adresse. 55 liv.

HASSON. Les Pèlerins d'Emmaiis, pièce nommée la Nappe, d'après le Titien; superbe épreuve avant la lettre, avec une épreuve du trait, que le graveur a fait faire avant d'y travailler avec le burin. 266 liv. La même, avec la lettre. 75 liv. 19 s.

AUGUSTIN CARRACHE. La Vierge apparaissant à saint Jérôme, d'après le Tintorel. 78 liv.

Énée sauvant son père; superbe composition du Barroche. 31 liv.

VEcce Homo y d'après le Corrège, et le Christ mort de Paul Veronèse. 28 liv.

VORSTERMAN. La Vierge accompagnée de plusieurs moines, d'après le Caravage; belle et rare, et une autre Vierge adorée par des pèlerins à genoux, d'après le même. 50 liv.

Loth enivré par ses filles, d'après Gentileschi; assez rare. 72 liv.

Le Christ descendu' de la Croix , d'après Van Dyck , première épreuve sans la troisième ligne au bas de la planche. 200 liv. La même estampe, avec la troisième ligne. 95 liv.

Saint Michel foudroyant les anges rebelles, d'après Rubens; avant la lettre. 166 liv. Avec la lettre. 28 liv.

i58 MARIETTE. t77&

Les deux Adorations, des rois et des bergers^ d'après Rubens. 79 liv.

F ALR. Trois figures, dont une tient un lièvre et n*est éclairée que par une chandelle; d'après le Tintoret. 48 liv.

Je pense, dit Basan, que cette pièce fut gravée, en 1663, pour être insérée dans le cabinet de Reinst, ainsi que plusieurs autres qui ne s'y rencontrent pas ordinairement.

VANNIUS. Saint François expirant; composé et gravé à Teau-forte par ce maître. 67 liv. Le môme, gravé par Augustin Carrache. 19 liv.

LE GUIDE. L'Aumône de Saint Roch, d'après le Carrache; première épreuve avant Tannée 1610 et avant les noms du Carrache et de Stephanis, et une autre épreuve avec ces remarques, 60 liv.

BOLSWERT. Le grand Couronnement d'Épines^ d*après Van Dyck; superbe épreuve. 250 liv.

Les Trois Croix , d*après le même ; rare ; deux épreuves, dont une avant la lettre. 134 liv.

Le Christ à l'éponge, d'après le même; avant la main de saint Jean sur l'épaule de la Vierge. 100 liv. La môme, avec la main. 104 liv.

La grande Résurrection de Lazare; superbe épreuve; d'après Rubens. 172 liv.

Le Reniement de saint Pierre, d'après Seghers; superbe épreuve. 73 liv.

P 0 N T I U S. La Tête de Cyrus que Thomiris fait plonger dans le sang; superbe épreuve. 139 liv.

Le Massacre des Innocents, d'après Rubens; en deux feuilles. 77 liv.

Le Serpent d'airain ; première épreuve avant la lettre et avec toute marge. 299 liv. La même^ superbe; avec la lettre, m liv.

Le Repas d'Hérode, avant la lettre. 150 liv.

CORN. GALLE. La grande Judith , d'après Rubens. 100 L

W1TD0ECK. Les Pèlerins d'Emmaûs; avant la lettre. 36 L Avec la lettre. 24 liv. La Conversation au jardin

d'Amour; première épreuve, avec les vers flamands au bas. il2 liv.

SUYDERHOEF. La grande Chasse aux Lions, d'après Rubens; parfaite épreuve. 12D liv.

L'Enlèvement d'Hippodamie, avant et avec la lettre; superbes épreuves. 205 liv.

PONTIUS. Le Roi boit, d'après Jordaens; parfaite épreuve avec la lettre. 102 liv. La même avant la lettre, retouchée par Jordaens, mais avec du blanc qui a un peu jauni. 16 liv.

REMBRANDT. Le Paysage aux trois Arbres. 53 liv.

Le Samaritain, à la queue du cheval blanche, et une épreuve avec la queue noire. 124 liv.

Cinq pièces, dont FHomme et la femme qui pissent, le Joueur de violon , la Fricasseuse, etc.. 30 liv.

Deux paysages : les Trois Chaumières et le pendant, il 1.

La Femme au poêle, avec le bonnet haut et sans la clef au poêle. 46 liv.

La Femme à la flèche. 36 liv.

Le Peseur d'or j première épreuve avant la tête terminée. 248 1. La même estampe, terminée et superbe. 99 1.

Le vieux Haaring; première épreuve avec le fond clair et la planche moins travaillée. 120 liv. La même, seconde épreuve. 72 liv.

Lutma ; quatre épreuves avant et avec le fond , et première d'eau-forte. 60 liv.

Je puis affirmer que ce lot vaudrait aujourd'hui au moins 1,800 fr. La seule estampe avant le fond , c'est-à-dire avant la fenêtre, s'est vendue dernièrement 1,200 fr.

Deux épreuves du Petit Coppenol, avec la lucarne Doire. 101 liv.

La grande Descente de Croix, et VEcce Homo qui fait pendant. 250 liv. Les mêmes. 100 liv.

VAN VLIET. Loth et ses tilles. 35 liv.

Le grand Baptême de l'eunuque, d'après Rembrandt. Grand sujet en hauteur. 72 liv.

itiO MARIETTE. 1776

Saint Jérôme en prière dans la caverne; original et copie. 831iv.

LE COMTE DE GOUDT. Son Œuvre en sept pièces. 1301.

C. VISSCHER. La FricasSeuse; première et superbe épreuve. !272 liv. La même, avant et avec les noms de Clément de Jonghe. 170 liv.

La Mort aux rats, avant la lettre; superbe. 120 liv.

Les trois portraits de Junius, de Constantin (Huygens), superbe épreuve, et de Vondel ; toute première avant aucune trace de lettres, sur le papier qu'il tient à la main. 149 liv.

Les Trois grandes Barbes, c'est-à-dire les portraits de Bouma, de Winius et de Guillaume de Ryck; superbes et premières épreuves. 176 liv.

Le grand Couronnement de la reine de Suède; superbe. riO liv.

Le Bal; d'après Berghem; avant et avec la lettre; superbe épreuve. 162 liv.

SUYDERHOEF. Le Bal et le Coup de couteau; avant et avec le nom de Clément de Jonghe, d'après Ostade. Trois pièces. 158 liv.

BERGHEM. Le Paysan monté sur un âne... et les trois Vaches; premières épreuves avant le nom de l'auteur dans le ciel. 81 liv.

ALBERT DURER. Adam et Eve; superbe épreuve. 61 liv.

Saint Hubert; parfaite épreuve. 50 liv. La Pandore; id. 15 liv.

Quarante -deux pièces de la Passion et des apôtres. 20 liv. 19 s.

GOLTZIUS. Son Portrait, gravé par lui; grandeur naturelle. Avant la lettre. 26 liv.

Le Chien; très-beau d'épreuve. Une de ses meilleures pièces. 97 liv.

Les six pièces, dites ses chefs-d'œuvre; belles épreuves. 57 liv.

LA BELLE. Saint Prosper et le Reposoir; très-belles épreuves. 53 liv.

La vue du Pont-Neuf^ avant la girouette sur le clocher de Saint-Germain-rAuxerrois. 60 liv. La même, avec la girouette. 9 liv.

C ALLO T. Le Petit jeu de boules, avant et avec la lettre , et le Parterre de Nancy. 35 liv.

S. LECLERC. L'Académie des sciences; avant le squelette et la lettre. 80 liv. Les petites Batailles d'Alexandre, en six pièces, et deux épreuves avec différences, savoir : le passage du Granique et la famille de Darius, avec l'épaule blanche. 26 liv.

S. BOURDON. Les sept Œuvres de miséricorde; composées et gravées par lui-même, à Teau-forte ; des premières épreuves. 43 liv. 19 s.

MELLAN. Saint Pierre Nolasque; pièce capitale du maître. 80 liv.

EDELINCR. La Madeleine, d'après Lebrun; épreuve avant la bordure et avant la lettre au bas de la planche. Conservation piM*faîte. 335 liv.

La même, avant la bordure^ mais avec la lettre. 199 l.

La même. 166 liv.

AUDRAN EX EDELINCK. La suite des cinq grandes Ba^ tailles d'Alexandre ; toutes premières épreuves en feuilles. 194 liv.

La Tente de Darius; première épreuve. 96 liv.

VAN DYCK. Le Titien et sa maîtresse; superbe épreuve. GO 1.

BREVET. Portrait de Bossuet; épreuve au fauteuil blanc. 102 liv.

MASSON. Le comte d'Harcourt, dit le Cadet à la perle; première épreuve avant le chiffre 4, qui se voit dans la marge au niveau du haut de la tête. 84 liv.

Brisacier; avant et avec la lettre autour de la bordure. 73 liv.

BALECHOU. Le roi de Pologne; superbe épreuve. 250 liv.

Un exemplaire en feuilles, du cabinet Crozat : cent quatre-vingt-deux estampes; anciennes épreuves. 149 1. 19 s.

Le cabinet d'Aguilles, en cent dix-huit estampes; gravées par Coelemans. 51 liv.

Les Loges de Raphaël , en cinquante-quatre morceaux ; gravées par Aquila. 48 liv.

Les mêmes 9 gravées par Chapron; des prenûères épreuves. 23 liv.

Les insectes de Mérian, en soixante-douze planches très-bien enluminées, avec texte ; in-folio» papier de Hollande en feuilles. 128 liv.

Les Cérémonies religieuses de B. Picard. 236 liv.

CONTI^OLEDR GÉNÉRAL DE LA GRANDE CHANCELLERIE DE FRANCE, BONORAIRB AMATEUR DE L*ACADÉMIE ROYALE DE PEINTURE, ET DE CELLE DE FLORENCE.

TABLEAUX^ TERRES CUITES, MARBRES, BRONZES, DESSINS, ESTAHPBSy LIVRES d'art. — BASAN, GRAVEUR^ EXPERT.

Pierre-Jean Mariette toi xm antiquaire illastre et le type des amateurs. Son érudition^ en fait d'art , eut ce double caractère qu'elle fut à la fois uniYersclie et profonde. Il semblait qu'il eût réuni dans sa personne la longue expérience de Pierre Mariette, son aïeul , simple marcband d'estampes^ avec le savoir et le sentiment de Jean Mariette^ son père, habile graveur. Il était né à Pariç^ en 1694^ la même année que Voltaire. Il iit^ comme lui, ses études cbez les Jésuites^ et il eut^ comme lui^ pour professeur de rhétorique le célèbre père Porée; mais ce fut dans la maison paternelle qu'il reçut une éducation conforme à ses goûts. Jeime^ il montra la plus vive ardeur pour le travail , une mémoire précieuse , et une sensibilité toujours éveillée à l'endroit des choses d'art. Un dessin de maître, une belle estampe excitaient en lui les transports d'une admiration communicative. Peu à peu le sentiment chez lui devint science ; il se rendit compte de son enthousiasme : il étudia * ce qpi l'avait charmé ; il apprit Thistoirc des artistes dont il avait Hilmiré les œuvres. Les dessins, les gravures qui abondaient dans

1775 MARIETTE. â6a

Tatelier de son père^ après avoir été sa première jouissauce^ furent pour lui un grand moyen dlnstiiiction. Toutefois, c'est principalement par les voyages qu'il put acquérir les connaissances si étendues et si variées qui le distinguèrent ; je dis si variées, parce qu'il connut toutes les branches de Tart^ toutes les écoles, toutes les manières^ tous les maîtres.

A rage de vingt ans^ Mariette ayant perdu son pcre^ vendit sa maison de commerce^ et commença de jouir^ en amateur, de sa foitune liquide. Il alla d'abord à Vienne^ avec le dessein de se rendre eu Italie ; mais il fut retenu deux ans dans cette ville par le prince Eugène , qui le prit en atfection et le chargea de mettre en ordre le Cabinet d'estampes de l'empereur Charles VI. Ce travail fut pour lui une occasion de montrer sa sagacité^ son goût, la sûreté de sou coup d'œil, et cette science qui, chez lui, paraissait infuse. Nul doute que le classement du cabinet de Vienne ne nous ait valu , un siècle plus tard, le grand ouvrage d'Adam Bartsch. Ce que Mariette avait fait pour l'empereur seulement^ Barstch le fit servir à tous les amateurs présents et futurs; mais quelque profit qu'il ait tiré des notes et observations de son prédécesseur, il n'en conserve pas moins ses droits à la reconnaissance des collectionneurs d'estampes et des artistes.

Le prince Eugène aurait voulu retenir Mariette en Autriche; mais deux ans de retard n'avaient fait que rendre plus vif son désir de voir l'Italie. Il partit donc, et alla droit à Rome. L'art y était alors tombé dans le dernier période de sa décadence. Mais Mariette, bien qu'élevé an milieu des œuvres des plus grands maîtres, Mariette était de son temps, et les défauts de ses contemporains le frappaient beaucoup moins qu'ils ne nous frappent. Il se lia d'amitié avec les peintres ou sculpteurs de distinction qui étaient à Rome; il acheta de leurs ouvrages; il se procura des morceaux rares, dssins, tableaux ou estampes, et fit provision de tous les souvenirs qui devaient charmer sa vie d'amateur. De retour à Paris , il fut nommé contrôleur général de la Chancellerie de France et membre honoraire de l'Académie de peinture. A l'époque où il fut reçu de l'Académie, en 1750, il avait déjà publié presque tous ses ouvrages: sa Lettre sur Léonard de Ktnci, adressée au comte de Caylus , et imprimée en tète d'une collection de caricatures, gravées par cet antiquaire d'après Léouard; elle est remplie de recherches curieuses sur ce grand maître; la Description sommaire des dessins du cabinet Crozat, Paris, 1741, dont nous avoiLS donné plus haut des extraits et dont il est parlé {tlus amplemeut dans la préface du pré8**nt ouvrage ; la Description du cabinet de M. Boyer d'Aguilles,

PariS; 1744^ in-folio; les Remarques svr la Vie de BUcheUAnge, par Condivi: elles sont insérées dans l'édition de Florence de 1746; la Lettré sur la fontaine de Grenelle, également imprimée en 1746^ à la suite de la Vie d'Edme Bouchardon.

Cette dernière lettre est écrite d'im style vif; les termes en sont propres et choisis. Pour qui sait Tamitié qui existait entre Bouchardon et Mariette^ il peut paraître que le critique a mis de la complaisance dans les éloges qu'il fait du dessin général de la fontaine , de l*heureux hémicycle que forme la partie supérieure , dans un endroit où Tétroitesse de la rue n'eût pas permis d'embrasser du regard toute l'ordonnance^ enfin du caractère des statues et des bas-reliefs, et des heureux détails de l'architecture; mais à l'époque où la lettre en question fut écrite, tout Paris avait pour Bouchardon les yeux de Mariette. On aimait alors dans la sculpture une certaine gr&ce mignarde, arrondie et maniérée, le jeu pittoresque des lumières et des ombres, et surtout le marbre assoupli; le travail délicat du ciseau, le rendu de la chair. Or^ c'était là justement, défauts ou qualités, ce qui caractérisait Bouchardon, et Mariette ne faisait que traduire le sentiment de tout le monde, en admirant son ami. Du reste, comme sculpture purement décorative, la Fontaine de la me de Grenelle est un monument trop peu regardé aujourd'hui. L'art de notre pays a laissé là un de ses plus aimables souvenirs, et il ne faut pas oublier que les jeunes filles qui vont puiser de l'eau à cette fontaine familière^ s'appellent Dorine ou Toiuette, et non pas Aspasie. Les Nymphes de la Seine ne sauraient nous verser Tean de l'Ilyssus. Mais aussi ne peut-on s'empôcher de sourire quand on entend Mariette vanter, dans certaines figures de Bouchardon , la simplicité mâle et noble de l'antique.

Depuis sa nomination à rAcadémic, Mariette ne cessa de dresser des Catalogues manusciits, de décrire des estampes, de revoir et d'annoter les livres sur les arts, par exemple : la Description de Paris f de Germain Brice; le Cours d'architecture, de Daviler; VAbecedario, d'Orlandi, qu'il chargea de corrections et d'augmentations précieuses, restées inédites jusqu'à la publication que viennent d'en faire les auteurs des Archives de l'art français. Il rédigea le texte du Recueil des peintures antiques, de Pletro Santo Bartoli , ouvrage auquel concoururent le comte de Caylus, l'abbé Barthélémy et Laborde. Il fit la Description des travaux qui ont précédé, accompagné et suivi la fonte de la statue équestre de Louis XV, de Bouchardon, et il se montra aussi versé dans les connaissances toutes spéciales qu'exigeait un travail de ce genre ^ que dans les

dessins, les estampes ou les tableaux. Enfin ^ Mariette ne cessa , durant sa longue vie, d'entretenir une correspondance active avec les amateurs les plus renommés de la France, de l'Angleterre, de l'Italie. Le chevalier Gabburri , à Florence , Giam Pietro Zanotti , à Bologne, Antoine Zanetti, à Venise, lai procuraient tous les recueils d'estampes, tous les livres d'art, tous les renseignements dont il avait besoin, et il correspondait avec eux en italien, car il possédait cette langue aussi bien que la sienne propre. Connu dans toutes les Académies de l'Europe, membre de celle de Florence, il était consulté sur toutes les matières touchant les beaux-arts, et comme les richesses ne vont qu'aux riches, chacun contribuait à lui former le plus beau cabinet du monde. L'illustre Piranesi lui envoyait de Rome des épreuves de choix de chacune de ses magnifiques planches; Rosalba Carriera lui donnait la préférence pour ses pastels; Boissieu lui faisait honmiage de ses plus jolies eauxfortes ; Dietricy lui ofErait son œuvre , et Bouchardon ses terres cuites; Lemoyne, Coypel , Vanloo et autres augmentaient par des cadeaux sa collection de dessins; mais ce qui avait rendu cette collection incomparable , c'étaient les acquisitions qu'il avait faites à la vente Grozat, dirigée par lui. Disons-le franchement, Mariette, en rédigeant le Catalogue de cette vente, dont le prix était destiné aux pauvres^ laissa légèrement fléchir sa conscience d'amateur, et, au grand détriment de ces mêmes pauvres, héritiers de M. Crozat, il forma des lots dans lesquels allèrent s'engloutir des dessins du plus grand prix, et dont les meilleurs lui furent à lui-même adjugés. L'on vendit de la sorte des Raphaël non décrits, des Michel- Ange en bloc, des Léonard en liasse, et les pauvres ne tirèrent pas de la succession Crozat la vingtième partie de ce qu'elle aurait dû leur rapporter, j'ajoute la centième partie de ce qu'une pareille collection produirait aujourd'hui.

Bien qu'aimable et poli , comme on l'était au xviii« siècle, Mariette n'ouvrait pas facilement son cabinet, et, jaloux de l'espèce de monopole qu'il exerçait comme critique en fait d'art , il tenait à distance les faiseurs de Catalogues et les demandeurs de renseignements. Belle et Glomy, quand ils publièrent l'Œuvre de Rembrandt, rédigé par Gcrsaint, Jombert, quand il voulut dresser le Catalogue de La Belle, ne purent obtenir de Mariette ni qu'il les aidât de ses lumières, ni même qu'il leur montrât sa collection.

Mariette mourut en 1 774, à l'âge de quatre-vingts ans, ayant passé une existence des plus heureuses, car il eut assez de fortune pour 86 procurer tout ce qu'il ainLoit, et assez de philosophie pour n'aspirer qu'aux jouissances qu'il était capable de sentir.

Tableaux.

ROSALBA GARRIËRA. Le Portrait en miniature de dona Foscari, morte à Vienne en 1715, peinte à la fleur de l'âge : la tête est charmante et belle , et rajustement en est très-galant; elle est coiffée en cheveux et porte une aigrette noire, comme nos dames d'aujourd'hui, et un bouquet au côté. Trois pouces sur deux, non compris une petite bordure en cuivre doré, couronnée d*un ruban, et enfermée dans un étui de galuchat , garni en argent. 300 liv.

Trois autres Têtes de femmes et le Portrait de cette célèbre artiste de Técole vénitienne ( Rosalba), que la mort nous enleva, le 15 avril 1757, âgée de quatre-vingtrcinq ans. 310,171 et 1,610 liv.

PETITOT. Le Portrait en émail de madame la duchesse d'Olonne , coiffée en cheveux et la gorge découverte. Ce morceau a toujours été regardé conmie un des chefsd*œuvre de Fartiste : une guirlande de fleurs d'une grande délicatesse, aussi en émail , lui sert d'entourage. 3,200 liv.

ADRIEN VAN DE VELDE. Un superbe et précieux morceau de genre, connu par l'estampe qu'en a gravée supérieurement bien le sieur Aliamet, sous le titre d'Amusé-' ment d'hiver : il représente un canal de Hollande , sur lequel divers groupes de figures s'amusent à patiner sur la glace et à jouer à la boule. Ce tableau , daté de 1668 , porte onze pouces sur treize. 4,000 liv.

POUSSIN. Jupiter enfant, à qui un satyre présente à boire : un beau groupe de quatre figures et de plusieurs enfants sur un fond de paysage , fait la composition de ce savant tableau, peint en Italie... Vingt -sept pouces sur trois pieds. 2,310 liv.

Terres cuites.

FRANÇOIS FLAMAND. Petit bas-relief de trois enfants jouant avec un vase ; précieux morceau , de deux pouces et demi de haut sur quatre et demi , dans une bordure dorée. 240 liv.

Un groupe de deux enfants jouant ensemble , couchés par terre, de cinq pouces en carré , sur un socle de bois noirci. 455 liv.

Un enfant endormi et couché sur le dos, de même grandeur. 412 liv.

Le buste de la femme de Nicolas Poussin , en corset et la gorge découverte, de dix pouces et demi , y compris le piédestal^ qui est de marbre.

BOUCHARDON. Le modèle du tombeau du cardinal de Fleury, en ronde bosse, composé de trois figures et d'une grande colonne^ surmontée d'une urne, hauteur de quinze pouces; précieux morceau rempli de grâce et fait d'un grand style. 97 liv.

L'Amour en pied courbant son arc , dont le marbre est au château royal de Ghoisy. On trouve , dans ce chefd*œuvre de l'artiste, l'esprit et le sentiment qu'il savait si bien exprimer. La figure porte douze pouces de haut, non compris le pied de bois noirci. 901 liv.

SARRAZIN. Un groupe de deux enfants jouant avec un bouc. C'est le modèle du même sujet qui se voit dans les jardins de Marly, exécuté en marbre. Il porte huit pouces sur six ^ non compris un beau piédestal, sur lequel il est, et qui est un ouvrage de Boulle, avec divers ornements en cuivre doré d'or moulu. 460 liv.

CLODION. Un vase de belle forme, avec divers groupes de jeux d'enfants en relief; deux têtes de béliers forment les anses. II porte neuf pouces sur sept et demi , et il est sur un socle de marbre veiné. Il règne dans les ouvrages de ce jeune artiste, dit le Catalogue, une correction de dessin supérieure et une touche pleine de feu et d'esprit. 600 liv.

Bronzes.

Le bœuf Apis, d'un beau travail et bien conservé dans toutes ses parties, à la réserve des cornes qui sont cassées; il porte une housse richement brodée^ le scarabée sur le garrot et l'aigle aux ailes déployées sur la croupe. Il mesure

cinq pouces sur six , non compris le socle. Voyez page 4:2 des Antiquités du comte de Caylus. 73 liv.

La té\e de Jupiter Sérapis avec boisseau sur la tête, d'un très-beau caractënt, de six pouces de proportion, monté sur un très-joli piédestal , orné aux quatre coins de têtes de boucs en bronze doré, qui porte trois pouces et demi. 72 liv.

Pierres gravées

Une onyx d» deux couleurs, montée en bague, sur laquelle est grave ca relief un rhinocéros, très-bien exécuté. 950 liv.

Une grande cornaline, de forme ovaie, portant quinte lignes Eur douze, non compris un cercle d'or qui l'entoure, sur laquelle est gravée en creux la malheureuse Sapbo qui fait l'aveu de sa passion à l'insensible Phaon. Voy. p. iH du premier volume des A ntiquités de M. de Caylus. 550 Ht.

Autre belle cornaline, montée en bague, de neuf lignes

1775 MARIETTE. i69

sur six, gravure en creux où Ton voit Apollon et T Amour; elle se trouve gravée dans le volume des pierres gravées antiques de M. Mariette, tome XI, page 14. 45i liv.

Dessins.

NICOLO DELL' ABBATE. Trois sujets de plafonds, dont un exécuté pour le connétable de Montmorency, fait au bistre, rehaussé de blanc; et un autre, où se voient Apollon et les Muses, de forme ronde , à la pierre noire -, et , de plus, Fétude d'une figure debout, très-bien drapée et faite à la sanguine. 77 liv. 19 s.

Une Femme debout, tenant les clefs de TÉglise romaine et terrassant les vices; à la plume et au bistre, supérieurement bien rendu. 361 liv.

L'ALB ANE. Deux différentes pensées d'un tableau qui représente la Nuit planant dans les airs et portant dans ses bras deux enfants, qui sont les Songes, enfants du Sommeil. On en connaît Texécution dans le plafond de la galerie Yérospi , à Rome. 72 liv. i s.

LE C0RRË6E (Ant. Allégri, dit). Trois feuilles d'études pour les figures des Sibylles et des Prophètes peints dans réglise de Saint-Jean, à Parme. 15 liv. 15 s.

La Sainte Vierge sur un piédestal, tenant TEnfant Jésus dans ses bras, et ayant autour d'elle saint Jean, saint Georges, etc. Ce précieux morceau, qui n'est qu'une esquisse, faite au bistre et rehaussée de blanc, porte l'empreinte la plus parfaite du talent supérieur de cet auteur, et est de neuf pouces sur six de large. Le tableau est dans la galerie de Dresde. 112 liv.

Une grande figure de patriarche, les mains jointes et les yeux fixés vers le ciel. Ce morceau, fait avec beaucoup d'art à la sanguine, rehaussée de blanc, avait souffert et était tombé dans les mains de Rubens, qui a employé tout son talent à lui rendre son premier mérite. 25 liv.

ALLO RI. Jésus-Christ au milieu d'une compagnie de docteurs de l'Église; au bistre et très-fini. Il vient du cabinet de G. Vasari, ainsi que beaucoup d'autres qui font partie

de cette précieuse collection ; on en voit la description dans cet auteur , page 278 de son troisième volume. 23 liv. 19 s.

LE CARAVAGE (Michel-Ange Amérighi, dit). La Vocation de saint Mathieu, composition de six figures , formant deux groupes tribs-intéressants par l'esprit et l'expression qui régnent dans les têtes des principales figures , celles du Sauveur et du saint qui paraît étonné de Tair familier de son maître qui rappelle. On en connaît le tableau dans réglisc de Saint-Louis, à Rome. La rareté des dessins de ce maître rend celui-ci encore plus précieux , étant trèsterniiné à la pierre noire, un peu rehaussée de blanc. L'habillement des figures est un peu éloigné du costume, puisqu'elles sont vêtues suivant le temps où il a été exécuté. 23 liv. 49 s.

Le Martyre de saint Pierre, d'une composition savante, d'une plume ferme et spirituelle^ et largement lavé au bistre. 96 Hv.

LE JOSÉPIN (José d'Arpinas, dit). Saint Paul à genoux, les bras croisés sur la poitrine, attendant le coup de la mort^ d'un bourreau qui est près de lui; il est fait à la sanguine, et terminé avec soin. 280 liv.

BANDINELLI (Bartolomeo Baccio). Six feuilles d'études de figures et têtes, à la plume, dont une figure d'Hercule, de la touche la plus savante et la plus assurée. 90 liv. 2 s. Une feuille sur laquelle se trouvent cinq têtes pleines d'expression, de difi'crents caractères, et au verso cinq belles études de figures drapées. 20 liv.

«La manière de dessiner du Baccio est très-savante^ ditBasan: il connaissait parfaitement la structure du corps humain^ ainsi que tous ses mouvements; il cherchait à imiter Michel -Ange; mais souvent les imitateurs outrent ce qu'ils prennent pour modèle; sa touche est ferme^ mais quelquefois sauvage; les dessins qu'il a laits à la sanguine sent préférables à ceux qu'il a exécutés à la plume.» Sur ce dernier point , c'est le contraire qui nous semble vrai.

LE GUERCFllN (J.-F. Barbieri, dit). Saint Pierre recevant les clefs des mains de Jésus-Christ, sujet en hauteur,

à la plume et au bistre, de m^me grandeur que rcstanipe qu'en a gravée Pasqualini. 73 liv.

Saint Dominique aux pieds de la Vierge, recevant un lis des mains de l'Enfant Jésus; fait avec art, aussi à la plume et au bistre. 345 liv.

Des Soldats faisant entrer de force un homme dans une prison: au bistre, d*un grand effet. 75 liv.

Céphale et Prooris; petit sujet en travers, à la plume et à Tencre de Chine. 250 liv.

Une Foire de campagne , ayant pour pendant un Village mis au pillage ; sujets en travers, dans lesquels il se trouve un grand nombre de figures, touchées avec esprit, à la plume et au bistre. 265 liv.

Huit autres paysages, de même forme et de même faire, copiés par M. Mariette, supérieurement bien. 79 liv, 19 s.

B A ROC HE. Notre-Seigneur porté dans le tombeau , grande et superbe composition en hauteur, de même grandeur que l'estampe qu'en a gravée Sadeler; ce dessin est fait à la sanguine, et mêlé de pierre noire. Le bruit qui retentissait de toutes parts de la beauté de ce tableau fit venir à Fauteur l'idée de le faire graver, et, à cet effet, il choisit Gilles Sadeler, qui voyageait alors en Italie : il fit donc ce dessin , d'après lequel il fit graver la planche à ce jeune artiste. Il vient du cabinet de M« Crozat< 300 liv.

La Mère de Miséricorde tendant les bras à des âmes pieuses qui implorent sa protection ; ce sujet, plein d'âme et d'expression, est fait avec art, et très-terminé au bistre, rehaussé de blanc. 000 liv.

L'étude de la tête de la Vierge à l'Écuelle, connue par l'estampe gravée par Corneille Cort. Autre tête de jeune fille. 48 liv: 1 s.

Cette collection de dessins dn Barochc est extrêmement préciense; M. Crozat les avait trouvés à Urbin et à Venise chez des amateurs qui en savaient bien le prîx.

BE C AFUMI. Un Souverain Pontife admettant à son audience les députés d'une ville , qui viennent lui en présenter les clefs ^ la plume en est savante, et il est lavé au bistre.

Plus, trois Études de figures ^ supérieurement bien faites de même, de la collection du Yasari, dont une représente up criminel auquel on donne Testrapade, ou, ce qu*on nomme en Italie, la corde, en présence de ses juges. 7i liv.

LA BELLE. Un volume petit in-folio, en maroquin rouge, contenant cent sujets, paysages, cartouches et figures, dessinés à la plume, et touchés avec beaucoup d'esprit. 440 liv.

Quatre cent cinquante petits sujets divers, figures et griffonnements, faits à la plume, et contenus dans un volume de papier bleu , in-folio , relié. 246 liv. 1 s.

L'Entrée de l'ambassadeur de Pologne dans Rome; dessin capital et d'une parfaite conservation ; on y a jcHOt l'estampe qui en a été gravée de même grandeur par cet habile artiste. 900 liv.

JEAN BELLIN. Deux feuilles, contenant dix études de figures en pied et drapées, d'une belle conservation, au bistre, rehaussé de blanc. Deux autres études aussi de figures en pied, dont celle de saint Jean, etc. 47 liv. 19 s.

De tous les maîtres qui vivaient à Venise dans le xy« siècle , et qui contribuèrent au rétablissement de la peinture^ aucun, dit Basan, ne s'y est rendu plus utile que Jean Bellin : cependant, en cherchant à imiter de près la nature, il est entré dans des détails minutieux , qui approchent de la sécheresse , défaut quelquefois excusable, puisqu'il fait voir un artiste qui cherche le vrai, tandis qu'il en est tant d'autres qui s'en éloignent, en ne trayaillant que de pratique et de caprice. Ces dessins ont passé dans les collections du Vasari, de Jabach et de Grozat.

PŒTRE DE CORTONE ( Pierre Beretini , dit). Un Repos en Egypte : la Vierge, assise dans un agréable paysage | considère sur ses genoux son divin fils, qui tend les bras à saint Joseph. La composition en est des plus agréables, et c'est ce qu'il faut principalement chercher dans les dessins de cet artiste, surtout dans ceux qu'on soupçonne être de son dernier temps, où quelquefois il manque de finesse : quelle qu'en soit cependant Tépoque, ils sont tous

très-recherchés et rares; celui-ci , fait à la plume, et dont les ombres sont exprimées par un lavis, vient de la collection de M. le duc de Tallard^ et avait été apporté de Rome, avec beaucoup d'autres, par un Italien adroit, qui les fit payer fort cher à cet amateur. 280 liv.

Le plafond en entier de la galerie du palais Barberini ; à la plume et au bistre, rehaussé de blanc, d'une conservation parfaite. Le Martyre de saint Laurent; grande composition dessinée à la pierre noire, d'après le tableau de ce maître, qui est dans Téglise de Saint-Michel-Berteldi, à Florence. 61 liv.

LE BERNIN. Saint Jérôme à genoux sur un crucifix, qu'il adore : un sentiment d'amour et de foi ne peut être jamais mieux rendu que par l'expression qui se voit dans ce dessin , dont la pensée est sublime ; il est fait à la plume, et soutenu d'un lavis d'encre de la Chine. Il fut présenté par l'auteur à M. de Colbert, en octobre 1665, avant son retour à Rome , d'où il avait été appelé par Louis XIY, pour être consulté sur le bâtiment du Louvre. Quoique cet artiste comptât déjà plus de soixante années, ses ouvrages n'avaient encore rien perdu de sa première vigueur ; ils sont cependant exécutés dans le goût de la sculpture plus que dans celui de la peinture. 120 liv.

PIERINO DEL VAGA ( Pierre -Bonacorsi, dit). Deux sujets de forme triangulaire, dont l'un représente la Naissance de la Vierge, et l'autre une Annonciation, dans laquelle composition l'auteur, par licence, a introduit saint Joseph, qui paraît dans l'étonnement en voyant Fange annoncer à la sainte Vierge le mystère de l'Incarnation. Ils sont exécutés au pinceau et au bistre si bien dans la manière de Raphaël , que , dans le temps qu'ils étaient dans la collection de M. de Jabacb , on ne faisait point difficulté de les lui attribuer; ils sont même gravés sous le nom de ce grand peintre; mais depuis, sans en diminuer le mérite, on y a reconnu la main de l'élève, de préférence à celle du maître. 120 liv.

Le Triomphe de Bacchus; charmante composition, dans

laquelle il entre plus de vingt-cinq figunîs groupées avec beaucoup d'art et d'intelligence ; le pendant , non moins intéressant j représente le Combat des Amazones. Ce dernier est connu par l'estampe de même grandeur, gravée par Aug. Vénitien; ils sont faits au bistre, rehaussés de blanc, d'une conservation parfaite et d'un précieux fini. Ils portent huit pouces de haut sur huit de large ^ et sont de forme ovale. 3,100 llv.

MICHEL-ANGE. Quarante feuilles de différentes études de compositions^ tombeaux, figures et têtes, faites à la plume et au bistre, d'une touche savante et hardie, parmi lesquelles se trouve c^tte main célèbre dont il est fait mention dans la vie de cet auteur; lesquelles seront partagées. 818 llv.

On sait que cette main célèbre est aujonrcLlim au Louvre ; mais l'anthenticité en est contestée et contestable.

PAUL VÉRONÈSE (Paolo Cagliari, dit). Un beau sujet, en hauteur, où se trouve la sainte Vierge tenant l'Enfant Jésus debout, prêt à l'habiller, environnée de plusieurs anges et autres figures, formant concert ; fait à l'encre de Chine, rehaussé de blanc, d'une consen'ation parfaite. La composition en est des plus agréables et neuve. Au verso (le ce dessin, il était écrit en italien que les représentations qu'on avait de la sainte Vierge étaient presque toujours les mêmes; c'est pourquoi l'artiste avait voulu varier sa composition. 101 liv.

Une Tête de Nègre, vue de profil, faite très-librement, à la pierre noire, un peu mêlée de sanguine : c'est une étude faite d'après nature^ et qui a été employée par l'auteur dans son tableau célèbre du Martyre de sainte Justine, qui existe à Padoue. Quoique cette tête ne soit faite qu'aux deux crayons^ elle parait aussi colorée que si Fauteur l'avait peinte. 279 liv, 19 s.

POLIDORE DE CARAVAGE (Polidore Caldara, dit). Un Prêtre à Tautel célébrant la messe, et ayant autour de lui beaucoup d'assistants. Ce sujet, fait à la plume et au bistre, rehaussé de blanc, est connu par 1 estampe de

même grandeur qui se trouve dans le Recueil de Crozat, no liy et ne serait pas démenti par Raphaël , dont cet habile homme était Télève. 300 liv.

Un grand sujet , en hauteur, d'une riche composition et d'un grand effet , représentant une Adoration d'es Bergers ; fait au bistre, rehaussé de blanc. 500 liv.

Sept vases, casques et trophées, à la plume et au bistre, très-savamment touchés. 145 liv.

PIERRE CANDIDE. Un Christ mort descendu de la croix, soutenu par saint Jean et entouré des saintes Femmes, grande composition en. hauteur, d'un bel effet : c'est la première pensée de cet artiste pour un tableau de lui, qui est dans l'abbaye de Saint-Just , près de Yolterre.

CANALETTI (Antoine Canal , dit). La Vue de la place des Jésuites, à Venise, où Téglise se voit latéralement, ornée de plusieurs petites figures, à la plume et lavée d'encre de Chine. Autre Vue en travers du port de Padoue, ornée de bateaux et de figures fort intéressantes^ d'une plume fine et légère, lavée d'encre de Chine. 271 liv. 19 s.

ANNIBAL CARRACHE. Le Portrait de Tauteur, de grosseur naturelle, fait avec art à la sanguine ; le Portrait de sa mère, peint sur papier en petit, et son Portrait fait à la plume, i 8 liv. 2 s.

Quatre autres Têtes, td., de sa famille. 600 liv.

La Résurrection de Notre-Seigneur, sujet en hauteur, fait au bistre, de la touche la plus hardie. 569 liv. 19 s.

Sacrifice à Neptune, par Pélias, sujet en travers, à la plume et lavé d'encre de Chine , dont le tableau existe à Bologne, au palais Fava. 13 liv.

AUGUSTIN CARRACHE. Le Pape Clément VUI, après avoir pris possession de Ferrare, en 1598, se met en marche pour se rendre à Bologne ; il est précédé et suivi de tout son cortège, et porté dans une litière : sujet capital, fait avec esprit, à la plume et au bistre; du cabinet Crozat. 300 liv.

LOUIS CARRAGHE. La Reine du ciel tenant l'Enfant Jésus «ntre ses genoux, et ayant auprès d'elle sainte Anne; elle est portée sur un nuage; et, plus bas, sur le premier plan, sont représentées, d'un côté, sainte Justine, reconnaissable au poignard qui lui perce le sein, et, de l'autre, sainte Dorothée^ qu'accompagne un petit ange qui tient une corbeille remplie de fleurs. Ce dessin , ainsi que tous ceux qui sont sortis de la main de cet habile homme, est rempli de grâce, et de la plume la plus fine, maniée par un artiste qui sait exprimer avec netteté et précision la pensée quil a conçue; une teinte de lavis clair en exprime les ombres; il se trouve des traits carrés imperceptiblement tirés dessus, ce qui prouve qu'il en a exécuté le tableau^ qui peut-être existe dans Fintérieur de quelque monastère de Bologne, car on était alors dans Tusage d'en joindre presque toujours un au trousseau des filles d'un certain état qui se faisaient religieuses. Il vient de la collection de M. Grozat. 200 liv.

Deux charmants sujets, de la plume la plus fine et la plus savante : Betzabée au bain , et le Jugement de Paris. Rien n'est si agréable que ces deux compositions, dont les ombres sont exprimées par une teinte légère, à l'encre de Ghine. 689 liv. 19 s.

Un Paysage, mêlé d'architecture, fait à la plume. II a été gravé par Gorneille^ dans la suite de Jabach. 2i 1. 10 s.

BENEDETTE CASTIGLIONE. Un Troupeau de divers animaux^ conduit par trois bergers^ descendant dans un vallon au pied d'une haute montagne; des ruines et du paysage ornent ce charmant dessin , fait à la plume et au bistre, du plus beau de ce maître, portant onze pouces de large sur huit de haut. 300 liv.

Un Troupeau d'animaux en marche, avec diverses figures qui les conduisent. Gomme on y remarque en Tair un ange qui leur indique la route, il faut croire que l'auteur de ce dessin supérieur a voulu représenter Abraham avec sa famille, quittant son pays; il est fait au pinceau et à l'huile, sur papier, et la touche on est grasse. 271 liv.

L'Adoration des Bergers^ sujet en hauteur: c'est la première pensée du fameux tableau de ce maître, connu dans réglise de Saint-Luc, à Gènes; Saint Luc peignant la Vierge. Ces deux sujets^ savamment faits, sont au pinceau trempé dans le bistre. 51 liv. i s.

CIRO FERRL Une suite de dix-neuf sujets de vignettes, fleurons et lettres grises^ d'un précieux fmi , au bistre, rehaussés de blanc^ d'une conservation parfaite, collés sur six feuilles; les estampes qui ont été faites d'après , par Spierre et Roullet, y sont jointes; ils ont été dessinés par Ciro Ferri pour un ouvrage italien, imprimé en 1679, après que Christine, reine de Suède, se fut retirée à Rome. Cet ouvrage, dans lequel on s'attachait à justiGer son abjuration au luthéranisme et son retour h l'Église romaine^ fut imprimé avec toute la magnificence possible. 145 liv.

GHIRLANDAIO. L'Intérieur d'une chapelle, au milieu de laquelle se voit un autel qu'encense un saint; divers groupes de figures sont épars de côté et d'autre; à la plume et au bistre. Le tableau en est connu à Sainte- Marie^ à Florence. 6 liv. 1 s.

LANFRANC. Deux sujets de martyrs, dont les tableaux sont dans la chapelle de Saint-Paul , hors des portes de Rome; au bistre^ sur papier brun , rehaussés de blanc. 60 liv.

BENEDETTO LUTI. La Madeleine ei^pirante, superbe composition de quatre figures ; sujet fait au bistre^ rehaussé de blanc, d'une conservation parfaite, de forme octogone ci d'un grand effet. 1,301 liv.

Ce dessin a été fort bien gravé par M. Panl Chenay^ en foc simile. Il a successivement appartenu à la reine de Suède^ à la princesse Ulrique, et au comte Bark , qui Ta fait graver.

LE PARMESAN (François Mazzuola, dit). Le Portrait de Tauteur, assis sur un siège de bois, et tenant debout dans ses mains une chienne qu'il possédait et chérissait. Ce sujet, fait avec tout l'art et toute la finesse de plume dont il était capable, est d'une conservation parfaite. 3âl liv. Une Annonciation , sujet en travers et cintré du haut :

c'est un des plus précieux morceaux qui puisse se rencontrer de la main de cet artiste; il est à la plume et lavé de bistre. 300 liv.

Deux Femmes assises et deux études de femmes nues auprès d'un cheval. Ces quatre' morceaux sont finement exécutés à la plume et au bisire. 400 liv.

Vingt-huit feuilles, contenant diverses compositions et études de figures remplies d'esprit, et exécutées à la plume et à la sanguine, lesquelles seront divisées en plusieurs lots. 565 liv. 19 s.

J.-P. PANNINI. Alexandre visitant le tombieau d'Achille» et un pendant : grandes et superbes compositions en travers, faites sur papier gris^ à l'encre de la Chine, rehaussées de blanc, de la plus belle ordonnance et de la plus grande correction de dessin. 450 liv.

Deux dessins en travers, d'une riche composition : on y voit le Monte Cavallo et la statue de Marc-Aurèle, etc.; ils sont faits à la plume et à l'encre de Chine, et enrichis de beaucoup de figures. 500 liv.

Deux belles Ruines en travers et Vues d'anciens monuments romains, faites au bistre et à l'encre de Chine : on y voit, dans l'une, sur le devant, la statue de Marc- Aurèle, et, dans l'autre, un obélisque et les lionnes du Capitole. 790 liv.

u On peut quelquefois reprocher à cet artiste, dit Basan, d'avoir violé les règles de la perspective , et d'avoir voulu se montrer peintre d'histoire, en faisant dominer ses figures dans plusieurs de ces compositions; il ne voyait pas qu'en voulant monter d'un degré, il descendait de deux; mais ces fautes tournent presque toujours à l'avantage de ses dessins. En faisant ainsi l'apologie de Jean-Paul, je ne prétends pas le justifier; sans doute il eût été mieux d'être correct: son exemple doit d'autant moins être suivi que le plus firand nombre de ceux qui travaillent dans le môme genre, n'ont point cet enthousiasme, ni cette fécondité de génie qui lui étaient particuliers, et qui servent d'un voile spécieux à ses infractions: sa touche séduit; dans son travail rien ne sent la peine; les lumières et les ombres y sont distribuées avec tant d'art et d'intelligence, quil en résulte un accord parfait et que rien ne peut être plus

agréable à l'œil; il faut lui rendre cette justice ^ que personne ne Ta égalé, et qu'il est douteux qu'il se trouve jamais son sem- Mahle. »

JULES ROMAIN. Bacchus et Ariadne dans un cbar attelé de deux panthères; à la plume et au bistre. Un bassin de forme ronde, au centre duquel est représenté im Fleuve, qui est le Pô, et, dans son pourtour, la Chute de Phaéton, ses sœurs changées en peupliers et son ami Cygnus en cygne. C'était autrefois Tusage chez les grands d'étaler sur leurs buffets de ces faïences ornées de peintures, qui se fabriquaient dans le duché d'Urbin, et qui souvent étaient exécutées sur les dessins des meilleurs maîtres. Ce dessin, dont la touche est spirituelle, est exécuté au bistre. 144 liv. Des Pécheurs retirant leurs filets. Cette composition , dont toutes les figures sont supérieurement bien dessinées, est connue par Testampe qui se trouve dans le volume de M. Crozat; c'est un des sujets qui ont été peints dans le palais, à Mantoue, par cet habile artiste; ce dessin tenait un des premiers rangs dans la collection de M. Crozat, et il est, sans contredit, un de ceux qui rappellent le plus récole de Raphaël ; il est pareillement lavé de bistre. 351 I.

PRIMATICE. Deux sujets en travers, où sont représentés des Fleuves, avec plusieurs figures et animaux, faits au bistre, rehaussés de blanc, d'un précieux fini. 172 liv. 19 s.

Trois sujets de Vénus et TAmour; à la sanguine, rehaussés de blanc. 300 liv.

Deux autres, au bistre et à la plume. 800 liv.

Ces cinq morceaux sont de forme ovale, et ont été exécutés en peinture par cet artiste à Fontainebleau.

I^ Triomphe de Neptune; au bistre, rehaussé de blanc. 300 liv.

Cinq sujets divers, aussi faits au bistre, pour la même galerie d'Ulysse, dont Jupiter, etc. 59() liv.

Le Festin des dieux, sujet en travers d'une agréable composition , dans laquelle il entre plus de quinze figures d'un précieux fmi; au bistre, rehaussé de blanc. 390 liv. 19 s.

G UIDO RENI. Quatre saints et saintes adorant le saint nom de Jésus, petit sujet précieux pour la finesse de la touche; il est fait à la plume et au lavis. 480 liv.

L'étude de la tête de saint André, dont le tableau est à Saint-Grégoire, à Rome; deux têtes, d'évêque et d'enfant, et une étude de figure drapée. Ces quatre morceaux, savamment rendus, sont à la pierre noire, rehaussés de blanc. 73 liv.

La tête d'un homme qui , par l'expression de la douleur, semble représenter Milon de Grotone ; ce dessin est plein d'âme ; il est fait à la pierre noire , mêlée d'un peu de sanguine : M. Crozat Tavait eu du comte Malvasîa, de Bologne. Plus, la tête de saint André Corsini, et une autre tête de vieille , à la pierre noire , sanguine et pierre blanche. 431 liv.

SÉBASTIEN RICCI. Notre-Seigneur au milieu des docteurs, belle composition en travers, formant un groupe très-intéressant, à la plume et lavé au bistre. S59 liv. 19 s.

L*Assomption de la Vierge , grande et superbe composition en hauteur, faite au bistre. 250 liv.

L'Ascension de Notre-Seigneur, dessinée à la sanguine par M. Durameau, d'après le tableau qui est dans Téglise des Apôtres, à Rome; et le portrait en caricature de Ranucci II , duc de Parme; à la plume et au bistre. 36 liv.

LE TINTORET (Jacques Robusti, dit). La Madeleine aux pieds de Notre-Seigneur à table chez le Pharisien; petit sujet en travers, d'une belle composition, faite à la plume et au bistre. 779 liv. 19 s.

ROMANELLI. Un Roi sacrifiant sa fille; superbe composition à la plume et lavée d'indigo, rehaussée de blanc. On en connaît Testampe par Audran. 400 liv.

Une Fête en Thonneur de Bacchus, dans laquelle il entre six figures de femmes et un petit satyre; à la plume et à Tencre de Chine. 120 liv.

SALVATOR ROSA. L'Enfant prodigue réduit à garder les pourceaux , représenté à genoux , les bras croisés, déplorant son sort; il est à la plume et au bistre, et fait avec

tout Tart possible. Le paysage y est traité de la plus grande manière, et la lumière très-bien distribuée. 450 liv.

L'étude d'une très-belle figure drapée, tenant un tamis, d'une plume hardie et savante, et lavée de bistre. 190 liv.

RAPHAËL. Jésus-Christ dans sa glq^re, environné de la Vierge et de plusieurs saints, ayant à ses pieds les évangélistes. Ce sujet, qui fait la partie supérieure du fameux tableau de la Dispute du saint Sacrement, est exécuté au bistre, rehaussé de blanc, et d'une conservation parfaite.

aooiiv.

Autre superbe composition, dans laquelle il entre vingt figures, et faisant la partie inférieure du même tableau; dessinée de même, i ,279 liv. 19 s.

Loth sortant de Sodome; dessin d'une composition sage et savante, fait au bistre et rehaussé de blanc. 280 liv.

La Bénédiction d'Ésaù; sujet en travers, fait de la même manière. 100 liv.

Jésus-Christ mort, sur les genoux des saintes femmes, et entouré de plusieurs autres figures; à la plume. 230 liv.

Trob autres sujets, aussi à la plume, dont deux sont connus dans le volume de M. Crozat, n»* 42 et 43 : l'un est la Mort d'Adonis; l'autre , une étude de plus de seize figures pour le tableau de la Dispute du saint Sacrement; le troisième représente deux figures nues qui sont des études pour des apôtres qui se voient dans un tableau de ce maître, qui est à Florence. Ces trois dessins ont été gravés par le comte de Caylus. 1,261 liv.

Le Martyre de saint Etienne; sujet en travers, aussi fait à la plume. 253 liv.

Deux grosses têtes d'anges, faites pour le tableau d'Héiiodore, et une autre que Ton reconnaît dans la Dispute du saint Sacrement; elles sont à la pierre noire, rehaussées de blanc. 195 liv.

Quatre autres têtes d'hommes et de femmes , pour la Transfiguration, saint Etienne, etc... 150 liv.

Trois sujets à la plume : une Sainte Famille, le Couronnement de la Vierge, et la Charité. 255 liv.

Les Noces d* Alexandre et de Roxane ; sujet en travers, d'une belle conservation, à la plume et au bistre, de même grandeur que l'estampe qui en a été gravée et qui est dans le Recueil de Grozat. 1^250 liv.

La même composition , faite à la sanguine, où la figure d'Alexandre et de plusieurs autres sont nues. Elle est aussi gravée dans le même ouvrage. 84 liv.

SCHIDONE. Un sujet en hauteur, peint au bistre, rehaussé de blanc ^ d'un grand effet : c'est l'esquisse du fameux tableau de ce maître, connu en Italie sous le nom de rOEuvre de l'Aumône ( la Charité ) : il est passé de Parme à Naples, où il est actuellement. On a longtemps cru que ce dessin était du Feti , parce qu'il tient en eifet beaucoup de sa manière grasse et large ; mais depuis que Ton connaît l'existence du tableau , il n'y a plus de doute qu'il ne soit de Schidone. 581 liv.

L'étude de la figure de saint Jean-Baptiste, connue dans un tableau de ce maitre, qui se voit à Naples; elle est à la pierre noire. 500 liv.

SOLIMÈNE. L'Assomption de la Vierge, de forme octogone et cintrée, d'une riche et superbe composition à la plume, lavée d'encre de Chine. 199 liv.

Sujet en travers^ où l'on voit plusieurs groupes de malades secourus par l'attouchement de saint Maur, disciple de saint Benoît ; il est très-savamment exécuté au bistre, le trait à la pierre noire : c'est un des quatre grands tableaux que Solimène a peints, au commencement du xvm^ siècle, dans le chœur de TégniBe de l'abbaye du Mont-Cassin , lorsqu'il travaillait pour la gloire et la réputation qui lui ont fait faire dans la suite une fortune considérable. 99 liv. 19 s.

TIBALDI (Pellegrino). Un sujet fait pour dessus de porte et cintré du haut, où l'on voit deux figures de femmes tenant un mascaron ; à la plume et au bistre. Et le Tombeau du cardinal Poggi , sujet en hauteur, cintré du haut, orné de plusieurs figures symboliques, fait avec esprit , à la plume et lavé. Plus, une Bacchanale en travers; à la

plume et rehaussée de blanc, par Charles Natoire, d'après Tibaldi. SOliv.

Ces dessins de Tibaldi yiennent des cabinets de Jabach et Crozat, dit le Catalogue, et sont très-rares. Cet habile artiste^ en cherchant à imiter Michel-Ange^ en a su tempérer la manière^ en y mêlant la souplesse et les grâces de Técole lombarde. Les Carrache ont été grands admirateurs de ses ouvrages. On voit de ses peintures dans le palais qu'il avait fait bâtir à Bologne, pour le cardinal Poggi, mort en 1556, et c'est ce palais qui sert aujourd'hui de résidence à l'Académie Clémentine.

FRANÇOIS VANNI. La Vierge tenant FEnfant Jésus sur ses genoux , accompagnée de saint Bernard et de saint François ; superbe composition au bistre , rehaussée de Manc. On en connaît Testampe, de même grandeur, par Corneille Galle. 1^ liv.

Sainte Catherine de Sienne délivrant une possédée; grande composition d'un bel effet, au bistre, i 16 liv.

La Dispute des saints Pères sur le mystère de FEucharistie, peint en grisaille, sur papier. 36 liv.

La Sainte Vierge sur un nuage, couronnée par un ange et tenant devant elle son fils; saint François est à ses pieds, qui l'intercédé pour la guérison d'un enfant. Ce sujet, cintré, est aussi peint en grisaille. 280 liv.

VA SARI. L'Assemblée de Crémone en 1483, peinte à Florence dans le palais du grand-duc; composition de neuf figures, au bistre, rehaussée de blanc. 43 liv.

Deux sujets, de forme octogone, où Ton voit le pape Léon X armant d'une lance et couronnant Laurent de Médicis, duc d'Urbin, qui est à ses genoux; plusieurs autres figures ornent ces compositions savantes, faites au bistre, rehaussées de blanc. 200 liv.

TITIEN. Prométhée dévoré par le vautour; à la plume ; et la tète d'un vieillard appuyé sur sa main droite; aux crayons noir et blanc, d'un beau caractère. 50 liv.

Un Paysage en travers, où Ton voit, sur le devant, une femme nue assise , et , près d'elle , un dragon ailé ; on y a joint l'estampe gravée par Corneille Cort. 120 liv.

VE L ASQUEZ. Le Mort d*un saint : petit sujet de six figures^ cintré du haut; à la plume et au bistre. Et un sujet espagnol^ où Ton remarque un très-beau cheval , plus terminé que le reste du dessin , qui est à la pierre noire. Plus, la figure d*un beau cheval , à la plume et lavé, par Verocchio. 60 liv.

LÉONARD DE VINGL Soixante têtes et caricatures, faites à la plume et au bistre, connues par les estampes qu*en a gravées le comte de Gaylus ; elles se trouvent collées dans un volume petit in-folio, en maroquin noir. 240 liv. Trois feuilles contenant diverses têtes et sujets, faits la plupart en caricature, à la plume et au bistre. GO liv.

LE DOMINIQUIN (Zampieri, dit). Saint André conduit au supplice ; petit sujet en travers, à la plume et à Fencre de Chine, rehaussé de blanc. iOO liv.

L'étude pour la tête d'une des Nymphes de Diane, dans le tableau qui est au palais Borghèse; à la pierre noire, rehaussée. 46 liv.

Un grand carton , de huit pieds sur six de large, sur lequel est dessinée l'Assomption de la Vierge; et un autre, de cinq pieds sur quatre , sujet de trois enfants; tous les deux faits à la pierre noire. 299 liv. 19 s.

ZUCCARO (Taddée). L'Adoration des Bergers, grande et belle composition, à la plume et au bistre. On en connaît l'estampe par Corneille Cort. 480 liv.

B ACKHUYSEN. Une Vue de mer, sur laquelle se voient un vaisseau à deux mâts et plusieurs autres barques hollandaises, ornée de diverses ligures. Ce dessin fait tableau , étant peint sur papier. 260 liv.

BERGHEM. Un sujet en hauteur, de quatre figures et quelques animaux : on y voit un homme à cheval , qui porte sur son dos un panier d'osier ; à la pierre noire. Et de plus, deux études d'ânes; id. 120 liv.

Trois feuilles contenant six études de moutons et autres animaux , faites à la sanguine et pierre noire. Ils viennent

da cabinet de M. de Jullienne, ainsi que les suivants. 194 liv. 49 s.

Une feuille sur laquelle on voit cinq moutons, faits avec tout l'esprit possible, à la sanguine et pierre noire. 100 liv.

BLOEMAERT. Un beau Paysage, à la plume et au bistre, où se voit un chasseur qui tire un oiseau sur un arbre dépouillé de ses feuilles. 1^ liv.

Quatre petits sujets de caprices, connus par les estampes qu'en a gravées C. Bloemaert^ dans Tune desquelles se voit un grand paysan debout qui pèche à la ligne sur le bord d'une rivière; ils sont d'une plume fine et légère. 471 liv. 19 s.

JEAN BOTH. Une Campagne de Rome, au milieu de laquelle se voit un vieux tombeau ruiné couvert de broussailles; à Tencre de Chine. La Vue d'un pont ruiné, connu par l'estampe gravée à l'eau-forte par l'auteur; au biske. 24 liv.

PIERRE BREUGHEL, dit le Vieux. La Figure grotesque d'un homme en chemise et qui bâille : elle est connue par l'estampe gravée à l'eau-forte, de même grandeur et de forme ronde, que l'on attribue quelquefois à Visscher, mais à tort , car elle est certainement de Worsterman. 30 liv.

JEAN BREUGHEL, dit de Velours. Un Paysage en hauteur, au bistre et à l'indigo : sur un grand chemin qui se voit sur le devant , il se trouve un chariot flamand , un troupeau de vaches et diverses figures. 351 liv.

DIEPENBECK. Un très-fin dessin, où se voit la Vierge intercédée par saint Dominique pour les âmes du Purgatoire; sur la môme feuille se trouve un autre sujet de Diane qui décou\Te la grossesse de Calisto; ils sont tous deux faits au bistre. 179 liv. 19 s.

La Reine Pénélope travaillant à sa tapisserie ; au lavis, rehaussé de blanc. Saint Paul à Éphèse, faisant écrire, sous sa dictée, à un de ses disciples, les lettres qu'il adresse de cette ville aux fidèles. Ce dessin , que Rubens n'aurait

pas diisavoué, a élé fuît à Paris, pendant le séjour de l'auteur, sans doule pour fiire gravé, car les actions y sont à gauche, pour revenir à droite dans la gravure; il est fait à ia plume et au bistre, et dans le plus grand style. 60 liv.

DIETRICY. Repos en Egypte, où se voient la Vierge assise allaitant l'EnCant Jésus , et saint Joseph debout , auprès d'elle, leiiaiit un flambeau allumé qui éclaire tout le sujet, et le rend d'un efTet aussi piquant que le plus beau dessin de Rembrandt, que Dielricy a vraisemblablement cherché à imiter; il est en hauteur, porte la date 17C4, et a été envoyé à M. Mariette par l'auteur môme, ainsi que tous les autres. 900 liv.

ALBERT DURER. Une Sainte Famille, composée de huit figures , où l'on voit la Vierge allaitant son Ëls, et saint Joseph endormi près d'elle; à la plume, daté de 1519. Autre Vierçe, seule avec l'Enfant Jésus qui telle; dessinée de m^nie, en 1318. 2S0 liv. I s.

Le Portrait de cet auteur, connu par l'estampe, où la tête est presque de profil , et le col de sa chemise déboutonné; fait à la plume et très-bien ombré. Trois autres Portraits, dessinés ii l'encre de Chine et à la plume. 30 liv.

JACQUES VAN DER DOES. Un Troupeau de moutons conduit par un berger -. un ruisseau , oii plusieurs de ces animaux viennent s'abreuver, mouille le tronc d'un gros arbre; à la plume et lavé d'encre de Chine, avec beaucoup d'esprit. 355 liv. 1 s.

VAN DYCK. Le Portrait de Tulden , h la pierre noire, lavé au bistre, connu dans la suite des hommes illustres, et gravé d'après cet habile artiste (Van Dyck), qui a su si bien réunir les perfections de l'art aux charmes de la vérité. iiS liv.

Celui de Vanden-Enden , éditeur de cette suite de portraits; il est dessiné comme le précédent et le stûvant. 830 liv.

Celui de Gérard Segers, aussi de la même suite. 1 ,1&9 1. Le Portrait de Van Voerst, graveur, tenant un rouleau de papier; fait au bistre. 176 liv.

s MARIETTE. 387

Celui de Corn. Saltleven , peînlre, connu dans U suile des porirails de cet auleiir, de mânie grandeur que l'estampe. 300 liv.

Celui (le Jacob Chapolin, amateur, id. , gravé par Vorsterman et par Demarteau. 361 liv.

kLSHEIMER. Un Ir^s-pelit sujet, fait avec tout l'art possible, au bisire : au bas d'une masure, un groupe de plusieurs Hgures et auimauiL sont auprès d'un Teu qui éclaire lout le dessin, et le rend Irès-piquanl. 161 liv.

fOCAS DE LRYDE. Un Repos en Egypte, fait d'une plume fine et légôre, lavé de bistre, bien couservé. W liv.

Un grand sujet en hanleur, très-précieusement fait à la plume, rebaiissé de blanc : on y voit un enfant pré5enl<!par des femmes à un évéqtie, assis sons un dais; il joiut - au mérite de la belle conservation, celui de la plus grande rareté. 33 liv.

yAN ORLEY. Trois grands sujets en travers, représcntanl des vues de Flandre , ornées de plusieurs groupes de figures intéressantes; ils sont fails à la plume et au bistre, et rehaussés de blanc, iW liv.

Deux autres sujets en travers, fi la plume, dont une Vendange: et. de plus, la statue de sainte Roi-lande, ii l'encre de Cliine. 18 liv. 19 s.

HADEMAKER. Un très-petit paysage coloré, de forme ronde, pouvant servir de dessus à une botte : il représente vnc. Vue de Hollande, au milieu de laquelle serpente la Meuse, avec des lointains. 120 liv.

La Vue du pont des Capucins, à Tnrin , sur le Pu, d'une plume fine et légère, et lavé à l'encre. 40 liv.

REMBRANDT. Deux belles études de lions, ii la plume et et au bistre, sur une mdmc feuille. 47 liv. 19 s.

Trois sujets divers , faits avec fermeté , ii la plume et lavés, dont Booz et Rulb, Saînl Pierre délivré de prison, etc. IGâ liv.

Un ligure d'homme nu et endormi, supérieui-ement exécutée au lavis; trois croquis divers; l'étude de son

Saint François (Saint JérAme) à genoux dans la c et, de plus, un paysage : en tout, six pièces. 180 liv. niJBENS. Thoniiris faisant plonger la tête de Cyrus dans un bassin rempli de sang humain. Ce superbe dessin est de même grandeur que l'eslampe qui en est ai bien gravée par Pontius; il est sous glace, fait au bistre, de plusieurs couleurs, mâle d'encre de Chine et rehaussé de blanc. 1,201 liv.

Autre dessin, du même faire et d'un effet très-piquant, qui représente l'Ange du Seigneur jetant l'épouvante dans l'armée de Sennacherib , roi d'Assyrie. On en connaît l'eslampe très-bien gravée par Soutman ; mais ce superbe dessin est de quatre pouces plus grand, et on n'en a gravé que le groupe principal : l'ange accompagné de plusieurs autres se trouve dans le haut, et l'on voit aussi dans le bas plusieurs figures qui ne sont pas non plus dans l'eslampej il est monté sous glace. 1,500 liv.

La Chute des anges rebelles, grande et belle composition en bauleur, de vingt-six pouces sur sept, et dans laquelle il entre plus de quinze figures capitales, peintes sur papier couleur de chair. -l«0 liv.

Deux grands sujets en travers, de vingt-sept pouces de large sur dix-huit de haut, connus par les estampes gravées en bois par Jeghers , sous le nom de Jardin d'amour ; ils sont faits il la plume et au bistre, rehaussé de blanc. T79 liv. 19 s.

Le Martyre de saint André, grand sujet en hauteur d'un bel effet, de même grandeur que l'estampe qui en est connue; à la pierre noire, rehaussé de blanc. 1,6^0 liv. Une Sainte Famille où l'Enfant Jésus embrasse sa mère, ayant auprès d'elle saint Joseph qui présente quelque chose au mouton de saint Jean. On en connaît l'estampe par Michel Liisne et Vorslerman. Ce précieux dessin, de forme ronde, est três-terminê, et fait à la plume et au bistre, de même grandeur que l'estampe. 1,300 liv.

Vénus allaitant les Amours ; à la plume et à la pierre noire, de même grandeur que l'estampe de Corneille Oalle, qui a pour litre Creacetis amores. 17!i liv.

Le Portrait de Tobie Slimmer, peinlrc allemand qui llorissflit dans le xvii* siècle ; il est fait au bistre, rehaussé de blanc, d'un fini précieux ; la bordure est de pierre historiée, et décorée de deux thermes qui en soutiennent les chapiteaux.

Sandrart, dans !« Vie dti Peinirn {Aeademîa nolUiuimm arlU Pie-

toriœ), Dous ariprend i]ug ccmorcoau (ut fail par HutieDS, et oflei'l

par lui à Slimmer, t/imme iiii humm.ige Jù. i ses UlenW. RUYSDAEL. Un paysage en travers, plein de goftt et d'esprit : un tronc d'arbre mort se voit sur le devant, el, dans le fond , le clocher d'un village voisin ; à l'oncre de Chine. 187 liv. 19 s.

Deux dessins, dont une Chaumière entourée d'échalas et de plusieurs arbres; un Moulin h eau conslrnil de planches, au bord d'une pctiie rivièi-e; ou y a joint l'estampe gravée l'année dernière (177i) parltasan. -lOOliv.

LUC.\S VAN UDEN. Deux très-jolis paysages en travers, colorés avec intelligence : une petite rivière passe au milieu et les rend fort intéressants. GOO liv.

Un autre paysage aussi en travers et coloré ; Vue d'une forêt, sur le devant de laquelle on voit un chasseur. 50 liv. ORNEILLE VISSCHER. Le busie d'une femme dont la tète est vue de trois quarts, portant une cornette plaie et une fraise autour du cou ; à la pierre notre, sur papiei' blanc. 120 liv.

Une t^te d'homme k liarbe courte et bonnet de laioc, dessinée de même el mêlée d'un peu de sanguine. 80 liv

OISSIEU. Quatre très-johs paysages montagneux, dessinés d'après nature et ornés de diverses figures, très-spirituellement faits n l'encre de Chine. Le talent de cet auteur est connu par nombre d'eslam|)es pleines de goùl. 130 liv. Une télé de femme, de profil , couverte d'une draperie, fute avec beaucoup de soin et de vérité, à la sanguine, ayant pour pendant une tête d'homme, vue de face, d'im caractère pensif. 130 liv. .

ÎUU MAKIF/rTE. 1775

A utre (été d'homme avec bonnet , vue de trois quarts , d'un très-beau caractère et d'un précieux fini, aussi à ia sanguine : c'est un présent de l'auteur à M Mariette, qui était avec lui en relation d'amitié. 131 liv.

BOUGHARDON. Huit académies, aux crayons noir et blanc, faites par Fauteur à Chaumont, lieu de sa naissance, avant son séjour à Paris. dS liv.

Quinze sujets et académies, à la sanguine, non terminés. 96 liv.

Les premières contre-épreuves des quatre grands sujets, en travers , connus par les estampes ; Fêtes lupercales et pondant , Triomphes de Bacchus et d'Amphitrite. 7M liv.

Deux projets de tombeaux en hauteur, à la sanguine, dont celui qui devait être exécuté à Rome pour le pape Clément XI. Et une Fontaine dans un rocher, ornée d'une figure^ accompagnée de deux léopards et de quatre lions qui jettent de IVau par la gueule. 27 liv.

Les quatre bas-reliefs d'enfants de la Fontaine de Grenelle , en contre-épreuves. 139 liv.

Cinq études, faites séparément, à la sanguine, desdits enfants, dont un couché par terre et endormi , tenant la serpette à la main , qui a été supérieurement bien rendu en gravure par M. Demarteau. S65 liv.

Six traits avancés de la figure du Christ, de Saint-Sulpice. iOO liv.

Grand titre pour le Traité des pierres gravées de feu M. Mariette, où se voit Louis XV en médaillon , orné de palmes et de hiuriers, fait à la sanguine. Le Portrait de Geminiani^ célèbre musicien, fait de grosseur naturelle, à la sanguine. Les deux : 3(5 liv.

Un projet présenté pour le tombeau du cardinal de Fleury. i 03 liv.

Le Cachet de Michel-Ange , sujet très-connu , fait à la sanguine, d'un précieux fini. 780 liv.

Les contre-épreuves , à la sanguine , des Cinq Sens de nature, représentés par des femmes debout sur un globe , avec des attributs analogues; elles sont connues par les

estampes qu'en a gravées le comte de Caylus. Les dessins sont en Suède. 301 liv.

SÉBASTIEN BOURDON. Fuile en Egypte, de forme ronde y précieux dessin, plein de grâce et de sagesse, fait à la sanguine estompée. 300 iiv.

Le Martyre de saint Pierre, de deux compositions différentes, avec beaucoup de figures, à la plume et au bistre. 492 liv.

L'Éducation de la Vierge par sainte Aime, petit et charmant dessin au bistre, rehaussé de blanc; et le Sacrifice de Gédéon , fait de même. 200 liv.

GALLOT. Saint Sébastien percé de flèches au milieu d'une grande place remplie d'une multitude de peuple; il est peint à Thuile sur papier et coloré. On en connaît l'estampe. 24 liv.

Un volume petit in-folio en maroquin rouge, contenant soixante-dix dessins de compositions et études de figures, dont la suite de la grande Passion, le Massacre des Innocents, le Portrait de De Ruet, la Conversion de saint Paul, plusieurs paysages ; le tout à la plume et au bistre , trèsbien conservé. 574 liv.

SÉBASTIEN LECLERG. Deux jolis sujets très-précieux pour le fini, représentant les sièges de la ville et citadelle de Cambrai par Louis XIV. Les estampes en sont connues dans la suite des Conquêtes. d20 liv.

Un sujet allégorique sur les arts , où se voit le portrait du régent porté par des génies; à la plume et à Tencre de Chine. 30 liv.

SÉBASTIEN LECLERC, FILS. Douze petits sujets, sur quatre feuilles, à la pierre noire, rehaussés de blanc, faits ^VT Y Histoire ecclésiastique. 39 liv.

MICHEL CORNEILLE. Un sujet de TÉneide, grande composition en travers, où se voit Junon implorant le secours d*Éole; il est coloré et peint à la gomme, sur papier. ' SOC liv.

Apollon et Thétis, sujet en travers, d'une agréable

i92 MAIUETTF. 1775

composition; à la plume et au bistre , rehaussé de Manc. 52 liv. 19 s.

LE BOURGUIGNON (Guillaume Courtois, dit). Un Delàchôment de cavaliers en marche, à la tête duquel est un officier et un trompette ; à la plume et à Tencre de Chine. GO liv.

Quatre petits sujets de batailles, collés sur deux feuilles et lavés au bistre. 279 liv.

Une grande Bataille de cavaliers, Tépée à la main : sujet en travers et capital^ tant pour l'expression que pour la conservation ; il est à la plume, lavé d'encre de Chine.

LA FAGE. Un grand sujet de coniposition , où se voit le portrait de l'auteur. On en connaît ^estampe à la tôte de . son Œuvre ^ il est fait à la plume et à Tencre de Chine. iS liv.

Une suite de huit sujets, collés sur quatre feuilles ^ représentant divers Triomphes de Bacchus et Bacchanales, de forme longue , d'une plume légère et très-spiritiielle. 401 liv. 49 s.

De ces huit sujets^ quatre sont aujourd'hui dans la oollection de . M. Thibaudeau , aiosi que le grand frontispice avec le portrait de l'auteur df'crit à Tarticle précédent.

CLAUDE LORRAIN. Un Paysage, de forme étroite : on y voit une forteresse au bord de la mer; un groupe de |)lusieurs arbres occupe le milieu , et, sur le devant , sont plusieurs figures , dont une qui dessine. On en connaît I estampe en petit de la main de ce maUre; à la plume et au bistre. AO liv.

Un beau Paysage, à la plume et au bistre, où se voit un groupe de figures offrant un sacrifice au dieu Apis. 59 liv. 19 s.

Autre Paysage, avec figures et animaux; Vue de Rome. 326 liv.

GREUZE. Une Femme des montagnes de Savoie montrant à jouer de la vielle à son fils, sujet en hauteur, plein

d'esprit y fait aux crayons noir, rouge el blauc. On en connaît l'estampe. 352 liv.

Étude pour la tète de la jeune mariée (TÂccordée du village) du tableau de M. de Marigny, faite au pastel. 300 liv.

JËÂN MARIETTE. Cinq grands sujets, dessinés à la sanguine avec beaucoup de précision , et qui lui ont servi à graver les estampes qui en sont connues; savoir : Saint Pierre visité par Tange dans la prison , diaprés le Dominiquin; Moïse retiré des eaux, d'après le Poussin; un beau Paysage où se voient deux nymphes assises auprès de la fontaine dans laquelle Narcisse se mire, d'après le même; la Guérison du paralytique , grande et belle composition en hauteur, d'après Corneille , et la Descente de Croix , d'après Le Brun : cette dernière est à la pierre noire. 57 liv. 19 s.

PIERRE-JEAN MARIETTE. Quatre études d'arbres et paysages, dessinées en 1724, d'après nature, dans les jardins de M. Crozat, à Montmorency : le feuille des arbres y est fait dans le grand style; et, pour donner une idée plus juste du maniement facile de la plume et de la pointe de Mariette, je joins ici, dit Basan, quelques pièces de gravure qu'il a pareillement exécutées.

Les estampes de Mariette, joiutos au ('.atalogue, suut aa nombre de quatre. Les deux premières sont des fac-similé de paysages d'après Guerchiu, et ils sont gravés d'une pointe libre^ fianche et rapide, qui rend très-bien la plume du maître. Les deux autres sont des études de tètes d'après Louis Carrache et Perin del Vaga; elles sont exécutées avec l^eaucoup d'esprit et de délicatesse. La dernière représente le pape Adrien VI et quatre cardinaux. Le portrait d* Adrien VI est curieux, et sa mine rébarbative nous rappelle que ce pape voulait faire etlacer les fresques de Michel- Ange à la Sixtine, disant que la chapelle ressemblait à une étuve rempUe de personnes nues. Heureusement que Dieu rappela de bonne heure à lui ce prêtre austère.

VAN DER MEULEN. Deux sujets de cavalerie, à la sanguine et à la pierre noire; et une étude de figures, à Tencre de Chine. 801 liv.

FRANÇOIS LE MOINE. Une Tête de femme, aux trois crayons, les yeux fixés vers le ciel , et pleine d'expression. Une Tête d'homme à barbe, faite au pastel et savamment touchée. Une feuille d*études de chénibins. Ensemble : 360 liv.

L'étude au pastel pour la tête de la déesse Hébé, qui est au salon d'Hercule, à Versailles. 80 liv.

JOSEPH PÂRROGEL. Une Bataille de cavaliers, Tépée à la main , au pied d'une montagne ; le carnage y règne de toutes parts; ce dessin est aux crayons noir et blanc. 404 liv.

Une Rencontre de deux détachements de cavalerie, faisant escarmouche, le sabre à la main; sujet en traverà, plein de feu et d'esprit , à la plume et un peu lavé d'encre de Chine. 60 liv.

POUSSIN. Le Sacrement de TExtrême-Onction , sage et belle composition , connue par l'estampe et par le tableau original qui se voit dans la rare collection de M. le duc d'Orléans; ce dessin est au bistre et d'un grand effet. 2,900 liv.

Trois autres, de la même suite des Sacrements, représentant la Confirmation , l'Ordre et le Mariage; ils sont du même faire et d'un format plus petit. 470 liv. 19 s.

Le Mariage de la Vierge, composé de plus de vingt figures, connu par la petite; estampe que Gérard Audran en a gravée à l'eau-forte, et de même grandeur. 251 liv.

Moïse retiré des eaux et présenté à la fille de Pharaon ; H la plume et au bistre. 335 liv.

L'Enlèvement des Sabines, charmante composition et du plus grand effet, à la plume et au bistre. 501 liv.

L'Image de la vie humaine, représentée par quatre figures de femmes qui dansent et désignent le Plaisir, la Richesse, la Pauvreté et le Travail. On en connaît l'estampe par Bernard Picard; elle est du double plus grande que le dessin. 379 liv. 19 s.

Le Triomphe de Flore, jolie composition, connue par l'estampe de même grandeur, gravée par Jean Mariette , en 1688. 84 liv.

Acis et Galathée; à la plums et au bistre; et, de plus, deux études de paysages, sur papier gris et lavés à l'encre.

PIERRE PUGET, sculpteur et peintre. Une grande Tempête sur la mer, sujet en travers, où se voient plusieurs vaisseaux battus par les vents, et venant se briser contre des rochers ; à la plume et à Tencre de Chine. 50 liv.

Une Vue de mer, sur laquelle est un grand vaisseau de quarante-huit canons, à quatre mâts, voiles déployées; à la plume et à Tencre de Chine. Et une autre Vue de mer, sur laquelle se voit une galère remplie de rameurs. 141 liv. Une belle Msirine, où sont trois grands vaisseaux de guerre, avec les marques de leurs dignités, ornés de diverses figures, et quelques chaloupes : c*est un des plus beaux dessins de cet habile artiste. II est fait à la plume et lavé d'encre de Chine ^ ainsi que le pendant, qui est une Vue du port de Toulon , du côté de la grande rade : sur le devant, on voit un grand vaisseau et deux galères remplies de figures. 1,700 liv.

ROBERT. Deux sujets, en travers^ mêlés d'architecture et de mines, colorés avec intelligence, de forme ovale, représentant le Capitole et la Vue extérieure de Téglise Saint- Pierre de Rome. 182 liv.

Deux autres, représentant le Panthéon et le Temple de Tivoli. 600 liv.

Deux autres, où Ton voit le Temple de la Concorde et celui de Sérapis. 430 liv.

Deux autres, également remplis de ruines : dans Tun, sont des blanchisseuses à Touvrage ; dans Tautre , une femme fait boire un cheval , qu'elle tient par la bride. 480 liv.

JACQUES SALY. Le Portrait en caricature de Zabaglia, célèbre machiniste romain, dessiné à Rome, à la sanguine. II a été gravé par M. de La Live. 40 liv.

Un Tombeau , où se voit une femme debout, supérieurement bien drapée, ayant près d'elle une lampe sépulcrale et autres accessoires analogues ; précieux dessin fait à la sanguine. De plus, une aulro figure drapée. 75 liv.

««JG MARIETTE. 1775

M.^A. SLODTZ. Un groupe de quatre figures, représentant Bacchus, etc., fait à la sanguine; et deux autres études de belles figures drapées , faites de même. Et le Portrait en buste et profil de Trémolières, peintre français ; fait à la sanguine, de grandeur naturelle. \U liv.

LE SUEUR. Un sujet de trois figures allégoriques sur Falliance des arts; le Fondateur de la doctrine chrétienne, aux pieds de la Vierge; et deux groupes de figures drapées, # aux crayons noir et blanc. liO liv.

La Mort de Tabithe, grand sujet en hauteur, sur papier gris, aux crayons noir et blanc. ^8 liv.

Trois grands sujets, en travers, des martyres des saints Gervais et Protais , de même grandeur que les estampes de Gérard Audran. 295 liv.

TRÉMOLIÈRES. Une jolie Tête de femme, couronnée de fleurs/et celle d'un jeune homme, couronnée de lauriers; toutes deux faites très-agréablement, aux crayons rouge, noir et blanc. 321 liv.

Deux Enfants mangeant des cerises ; à la pierre noire, rehaussée de blanc. 108 liv.

CARLE VANLOO. Le Portrait de l'auteur, de grosseur naturelle , dessiné aux crayons noir et blanc , sur papier gris ; et celui de son épouse , fait de même. Vénus et l'Amour, sujet en ovale, d'une agréable composition , à la pierre noire, sur papier blanc. 80 liv.

WATT EAU. Une feuille, sur laquelle sont dessinées trois têtes de nègres, d'une vérité frappante, faites aux crayons rouge et noir. 299 liv. 19 s.

Le Buste de Van Dyck, dessiné à la pierre noirOj mfilée de sanguine. 30 liv. 19 s.

Quatre têtes de femmes, de forme ronde; deux feuilles de di£Eèrentcs têtes d'hommes et de chats, à la sanguine et à la pierre noire. 171 liv.

Un Rémouleur, sujet en hauteur, à la sanguine et à la pierre noire. 480 liv.

UAHIETTE.

Estampes.

MAaC-ANTOINE. Son (Duvre, composé de sept cent viiigU quatre morceaux , tous de la plus grande beauté et perfection d'épreuves, et presque tous avant le nom de Salomanque, contenus dans trois volumes in-folio, dont deux ■tet reliés en veau, et le troisième en maroquin rouge. 4,900 liv.

CT. la belle. Son Œuvre, composé de plus de quinze cent quarante pièces de U plus parfaite ccHiscrvntion et heauté d'épreuves qui se puissent jamais rencontrer, et

parmi lesquelles on en distingue beaucoup comioe très~

rares; le tout contenu dans Irois volumes in-folio/ inliés

en maroquin (suit le détail) 020 liv.

"C'e«t ici le plus bel ccuvre Je La Belle qui wt cxislA, cet œuvre incomparable que Jombcit se plaint amèrement de Avoir point va chei Mariette ; « l'n seul amateur, dit-il •Imnt m» Calalogue iê La BvUe, possesseur de l'œuvre le plu» Mmplel (joi existe «qioardliai, était en étui de me coailuire et de m'édùrer dans rf

labyiinthe de difficultés ; mais loin de me prêter uq secours que j'avais lieu d'attendre de lui^ il m'a refusé même la pennission de jeter un coup d'œil sur ce trésor unique qu'il possède, parce qall se propose de travailler aussi sur le même sujet. »

MARTIN ROTA. Son CEuvre, dans un volume in-folio en maroquin, composé de quatre-vingts estampes nu'il a gravées d'après Michel-Ange, Titien et autres midtres; les trois sujets du Jugement y sont, superbes d'épreuve, ainsi que le Satyre Marsyas écorché par Apollon. 153 liy;

PIETRO TESTA ET SALVATOR. Leurs Œuvres, contenus ensemble dans un même volume, et composés de deux cent seize estampes, dont la plus grande partie est gravée à Teau-forte par eux-mêmes : dans le Pietro Testa, il y a quatre-vingt-douze morceaux; il y en a cent vingt-six dans le Salvalor Rosa. 239 liv. 19 s.

BIRANESI. L'Œuvre de ce célèbre architecte, formant douze grands volumes in-folio , remplis de beaucoup de planches très-bien gravées par lui-même, représentant diverses pièces d'architecture de son invention , beaucoup de grandes vues ultérieures et extérieures d'églises, de palais, de fontaine» et monuments antiques de Rome; il y a sept volumes brochés; les autres pièces sont dans deux portefeuilles; il 8*y trouve plusieurs petites pièces rares qui ne sont point dans le commerce ; toutes les épreuves sont des premières; elles ont été envoyées au fur et à mesure par Fauteur à M. Mariette. 851 liv.

Un volume in-folio, relié en maroquin rouge, contenant cinquante dessins de statues, bas-reliefs et autres ornementa du palais du Vatican, faits sur les dessins de Raphaël d*Urbîn, au bistre, par Jean Barile et Frère Jean de Vérone; il s'y trouve, à la tête, une obser\'ation, manuscrit de cinq pages, de la main de M. Mariette, qui renvoie au Vasari et à Félibien pour plus amples explications. Un autre volume pareil, contenant cinquante dessins de divers monuments de sculpture antique et de plusieurs compar-

timents de plafonds modernes, d*après Michel -Ange et BaUhasar ( Peruzzi ) de Sienne. 62i liv.

Deux livres de dessins chinois, contenant chacun vingttrois sujets , traités avec beaucoup de netteté et de précision, représentant les différents travaux et aniusements du pays; il se trouve une longue explication de ces figures, touchant la récolte du riz et la façon de le mettre en état, de la main de M. Mariette. 260 liv.

Les tableaux qui sont à Florence, dans les appartements du grand-duc, gravés par les ordres et aux dépens de Cosme ni et de Ferdinand de Médicis, prince de Toscane. Cet exemplaire, le plus complet que Ton connaisse, a encore l'avantage de la perfection des épreuves; il est composé (^e cent quarante-huit pièces, contenues dans deux portefeuilles, avec explication en français, de la composition et de la main de M. Mariette. iOO liv.

Un grand volume in-folio relié, contenant cinq cent vingt-deux portraits gravés d'après cet artiste, parmi lesquels on distingue ceux qu'il a lui-même gravés à Teauforte, et dont les épreuves sont toutes premières, ainsi que toutes celles qui forment cette suite, qui est des plus considérable.s qui se puissent rassembler; beaucoup se trouvent avec des différences singulières, d'autres sont rares à rencontrer, ayant été faits pour être insérés dans différents grands ouvrages, tels que ceux gravés par Houbraken pour ï Histoire des grands hommes de t Angleterre^ etc., etc. 1,060 liv.

REMBRANDT. Le Portrait de l'auteur, n° 27 du Catalogue de rOEuvre de ce maître, première et seconde épreuve. 30 liv.

Le Catalogue dont il est ici question est celui de Gersaint, le seul qui existât alors. Le n» 27 de Gersaint est celui qui correspond an n» M des Catalogues de Bartsch, de Claussin et de Wilson (ce dernier est anonyme et a pour titre : A descriptive Catalogue of th$ prinli of Rembrandt by an amateur, London, 1836; il est rare), et qui, dans ces trois Catalogues, est appelé Rembrandt dessinant.

MAKltTTE. 1773

Le Bon Samaritain, première épreuve, aiec la queue

du cheval blaache, avant le nom lie BetubranJt au bas de

la planche, et avant les lords nelloyiis. 180 liv. Une aulre épreuve de celte estampa, «vec la queue du

cheval ombrée, et une copie de la même grandeur. 33 liv. Nous feroûs retnar(|uer ici , par anlicipalioa et puur donner une idi^« de In proportion dans laquelle s'est acerae, depuis piés d'un siècle, la valeur des estompes, qu'nne épreuve de la même pièce, du premier étal, c'est-à-diie avec la gutut blanche, est montée, i U vente Deboie, en 1843, à la sonune de 1,B<ID Tr., et que la même épreuve, ajanl repam à \a vente Ttiorel , en 1S53, y a Ëlé adjugée i M. Goupil ( pour M. Culua^glii , de Londres ), aa prix de 3,iOO fr. Jésus-Christ présenté au peuple , grand sujet en hauteur {Eeee homo), et la Desceole de croix, qui y fait

pendant. 290 liv.

Aulre coniposhion de Jésus-Christ présenté au peuple ,

grand sqjet en travers, preraière et li^islÈme épreuve.

120 hv.

La Médée, au le Mariage de Jason et de Creuse, de deux

épreuves différentes, avant et avec la couronne (sur laléte

de la statue de Junon). 81 liv.

L'Avocat Tolling, dont l'épreuve est faible eu plusieurs

endroits et surtout à la tête; on y a joint la copie l'aile par

Basan. 120 liv.

Le Vieux Haaring, de deux épreuves, dont l'une est

bien plus terminée que l'autre. 139 liv: 19 g.

Le Forirait d'Asselyn, avec le fond clair; et uue autre

épreuve, avec le tableau sur le chevalel. 209 liv. Le m Eiel , en huUanduis, vi-iil ilire à la tbis ànt et ehtvaltt. Or, liaus le Calalague diessé pour la vente de la col!e<.'lioD d'Amadé de Burgf, cntalogue frublié en 1753 h La [laye, et iBipiimé en tvollandais avec la traduction Tran^se eu regard, ou Ut à l'article du porlraii ;d'AS3elya, dit Enibbetje ; Lt mftite at-ee I'akk dtrriirt lui, txlraoràifialrtment rare. Cette uiéprise du troduclenr, asse: comique en etie-méme, douna lien, dit^in, au siècle dernier, à une e ptos plaisante encore. Ou S|iéculaleiir allemand, ayant is doute le Catalogue de tturgy, ou ayant fait de son cûté la le coufusion de mots que le traducteur, imagina de labiiquer fi tutmier éta\ dn {loriMit d'Asselyn avec une épreuve ordinairi-,

MARIKTTR.

an moyen sina donie il'une seconde planche où U lit grayer un Inu. L'âpreuTG, M|iÉdiée en Angleterre, fnt présentée à nn liche lunalenrqni, heure neemeat, s'y connaissait. On jngeii ta supercherie fol décoorerte et aux dépens de qni elle fit rin. On fit répondre au spéculateur, en lui renvoyant son épreuve, qu'il s'élaii Irabï , en dessinant , an lien du chevalet , sa propre image. Le Paysage aux trois arbres; el un autre qui y fait pendant, gravé dans le fçobl d'ElsIieimcr, où se voit une Fuite en Egypte, dont l'épreuve esl première, avant la planche ébarbée. 491 liv.

KAN VLIET. Le Baptême de l'Eunuque, grand sujet en hauteur. Iô9 liv.

Suzanne surprise par les vieillards ; pièce rare. 90 liv. Saint Jérâme à genoux dans sa grotte, pièce capitale du maître, d'après Rembrandt. 2ii liv. 19 s.

La Késurrection de Lazare, grande pièce en bauteur. 6C liv. 19 s.

^AREL DUJARDIN. Trente-cinq pièces gravées à l'eauforte, épreuves avant le numéro; plus, un Portrait d'homme, gravé aussi par lui, qui esl de la plus grande rareté. 139 liv, IPAUL POTTER. Son Œuvre, gravé è l'eau-forte par Iiiini^me Pt rf'apvf's lui par de Bye; el, de plus, dix-buit chiens par Ledueq et Huclitenbui^ : en tout, cent cîitquante-six pièces, contenues dans un volume in-folio relié. 180 liv.

ALllEItT DURER. L'n volume in-folio, relié en velours bleu, conleoanl son OEuvTe, composé de cent dix-sept pièces gravées au burin , et dont quelques-unes sont sur étaiu. Celte suite u été rassemblée par Abr. Orlelius, célèbre géographe, mort à Anvers en 1598. Rien n'es compar&ble à la beauté et à la netteté des épreuves de ce recueil ; il s'y en Imuve plusieurs avec des différences. On ne citera que les pièces ciipilab'S de ce volume, qui sont , Adam et Eve, l'original et la copie par Wifrix, supérieurement fwile ; le Saint Hubert , la Mélancolie, la Paufloro, l'Enfant prodigue, le Fleuve, plusifurs Saint JcrAme, le

30i MAIUETTE. 1775

Cheval de la mort, la Fille surprise par sa mère, le Monstre marin , le Songe, divers sujets de Vierges, la Passion, le Casque ailé, le Coq, les Chevaux, la Sorcière allant au sabbat, Saint Antoine, divers portraits d*Érasme et autres. A la tête de ce volume, se trouve le portail d'une église, dessiné à la plume par Albert Durer, avec finesse et précision , et son Portrait , dessiné et lavé au bistre par Thomas Yincidor. Plusieurs notes manuscrites de la main de M. Mariette rendent cette suite fort intéressante. 1^653 liv.

LUCAS DE LEYDE. Son Œuvre, contenu dans un volume in-folio en maroquin rouge, composé de deux cent trente pièces, dont près de cent quatre-vingts sont gravées par lui-même en cuivre, et plus de vingt en bois. La beauté et la conservation des épreuves, ainsi que la quantité, ne laissent rien à désirer. 2,i'i0 liv.

DIETRICY. L'CEuvre de ce célèbre peintre saxon : la suite en est formée de cent quatre-vingt-dix pièces , gravées à Teau-forte par lui-même, sur ses propres dessins, et représentant différents sujets et paysages ; il s'en trouve, parmi, quelques-unes avec des diflférences, et beaucoup de trèsrares; toutes les épreuves en sont superbes, et ont été envoyées par l'auteur à M. Mariette : le tout contenu dans un volume in-folio , relié en maroquin rouge , à la tête duquel est aussi le Portrait de Dietricy, gravé par Schmutzer, et un Catalogue manuscrit de son GEuvre. 599 liv. 19 s.

JACQUES STELLA. Les Œuvres de ce peintre, d'Antoine Bouzonnet Stella, son neveu, de Claudine et Antoinette Stella, ses nièces, composés de quatre cent soixante pièces, représentant différents sujets de Vierges, de basreliefs, de jeux d'enfants, pastorales, vases; le tout contenu dans un grand volume in-folio, relié, avec une longue table manuscrite et le Catalogue des pièces de ces artistes. Un autre volume in*foIio, contenant cent quatre différents sujets, gravés en clair-obscur par Jacques Stella. 92 liv.

J775 MARIETTK. 303

WATTEAU. Uon <lKuvre, conlenant plus de trois cents sujets^ pastorales, Ggtircs chinoises, arabesques, paysages^ etc., dans un portefeuille; et, de plus, deux volumes in-folio, reliés^ contenant des figures de dififérents caractères, dles paysages et études dessinés d'après nature et gravés à Teau-forte. 200 liv.

JEAN MARIETTE. Son OEuvre, composé de huit cent soixante pièces, histoire sacrée et profime, fable, paysage, ornements, titres de livres, vignettes, culs -de-lampe, portraits^ etc. 3^ liv.

DE GA YLUS. Son OEuvre, contenu dans quatre gros volumes in-folio, reliés et composés de plus de trois mille deux cents pièces qu'il a gravées à Teau-forte d'après différents dessins du Cabinet du roi ; diverses statues antiques, beaucoup d'après Bouchardon, quantité de pierres gravées antiques, etc. Celte suite est la plus complète qui se puisse rassembler, ct^ pour la former, M. Mariette n*a rien négligé. 510 liv.

MADAME DE POMPADOUR. Suite des estampes qu'elle a gravées d'après les pierres gravées de Guay^ en soixantetrois planches; et, de plus, sept autres pièces gravées d*aprè$ Boucher et Eisen, grand papier, petit in-folio maroquin rouge. 7:2 liv. 49 s.

NANTEL'IL. Son Œuvre, composé de deux cent quatrevingts pièces, représentant quelques sujets et grand nombre de portraits, qui tous sont d'une beauté et d'une conservation parfaites; plusieurs sont avant la lettre, avec des différences. 100 liv.

Comment ne pas faire ici ce simple r<ipprocbement, qu'une seule épreuve de Nanteuil , pour peu qu'elle soit du premier état et bien couser^'ée, vaut^ à Tlieure qu'il est^ tout autant que les deux cent quatre-vingU; pièces d'un œuvre tel que devait être celui de Mariette !

VAbecedario pittorico (d'Orlandi ), édition de Bologne, de 1719, in-quarto broché, interfolié de papier blanc, avec beaucoup de notes en manuscrit de la main de M. Mariette

et les noms de tous les auteurs qu'il a fu y ajouter. Ce volume est très-intéressant. On joindra à cet article une lia^lJfl'de cahiers écrits de la main de M. Mariette sur les arts. Retiré.

Ces prédenx manuscrits et l'exemplaire annoté de VWèecedario tombèrent dans les mains de Regnault Etelalande , qui en tira parti pins d'one fois, pour la rédaction de ses excellents Catalogues. Depuis la mort de cet expert, les papiers de Mariette ont ^ achetés par le Cabinet des Estampes. I^ éditeurs des Archives de Vart français ont eu Thcureuse idée de faire imprimer ces manuscrits en les intercalant dans leur ouvrage^ et d'y ajouter à propos des notes curieuses et d'utiles éclaircissements.

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