LEBRUN ET LEROUGR , EXPERTS
PAUL V ÉRONÈSE. Départ d'Adonis pour la chasse : Vénus essaie de le retenir; les chiens sont à gauche, arrêtés par TAmour. Il vient du cabinet de Lassay. Quarante-six pouces sur soixanteKîinq. 1,510 liv.
LE PADOUAN. La Religion, représentée par une femme tenant un vase, dont elle verse Teau dans une urne ; derrière est une autre femme avec une croix dans ses bras; un enfant tient un calice. Quarante-quatre pouces sur cinquante-deux. 2,601 liv.
CIGNANÏ. Jupiter, transformé en pluie d'or, s'introduit auprès de Danaé , qui est couchée sur son lit et gardée par une duègne. Quarante* quatre pouces sur soixante et un. 1 ,530 liv.
ALEX. KIERINGS ET G. POELÉNBURG. Baptême de saint Jean. H en est parlé dans la Vie des Peintres ^ de Decamps. Vendu pour 1 ,^00 liv. à la vente Blondel de 6agny. Vingt pouces sur trente-deux. 1,621 liv.
ANT. VAN DYCK. Portrait de Cromwel, vêtu à\me cuirasse: la main gauche pose sur un casque, et la droite tient un bÀton de général. Cinquante pouces sur trentehuit. l,ir>01iv.
J. JORDAENS. Diane au bain, et la Grossesse de Calisto; quinze figures. Trente pouces sui* quarante-quatre, i ,401 1.
UCHTERVELT. Une Femme assise tient sur ses genoux un enfant qui veut sauter dans les bras d'une servante; sur la gauche, une table, des animaux. Tableau gravé par Romanet. 704 liv.
GÉRARD DE LAIRESSE. Une Bacchante endormie; sur le devant, des fleurs ; au fond , deux enfants. Gravé par Schultze. 1,700 liv.
Minerve terrassant TEnvie, qu'un Amour semble vouloir percer avec la pique de la déesse. Quarante-huit pouces sur cinquante-quatre. 1 ,200 liv.
GUILLAUME VAN DE VELDE. Une Mer calme, couverte de barques, i ,300 liv.
GABRIEL METSU. Un Cavalier à la porte d'un couvent; un homme tient la bride de son cheval . une religieuse lui verse à boire. Il vient de la galerie Lubbeling , d'Amsterdam. On en connaît Testampe gravée par Le Tellier. Vingt-quatre pouces sur dix-neuf. 5,030 liv.
Ce channant tableau, qui est gravé dans la Galerie des Peintres flamands de Le Brun, est maintenant à Londres, et fait partie de la galerie Bridge-water. Il fut acheté par lord Gower au prix de quatre cents guinées, soit 10,000 francs.
GÉRARD TERBURG. Une Femme ajustant son fichu devant un miroir; une servante est derrière. 3,000 liv. à la vente Blondel de Gagny. 1,900 liv.
CORNEILLE BËGA. Dans une Chambre, une femme assise tient son enfant au^maillot, sur ses genoux, et regarde une femme debout ; à gauche, un enfant porte un panier et s'engage sous une voûte, à travers laquelle on découvre diverses chaumières. Vendu 020 liv. à la vente de Boisset. Gravé par Guttenberg. 720 liv.
VAN DER WERF. La Samaritaine: Notre -Seigneur est assis ; les apôtres sont indiqués. Morceau connu , et gravé par Macret. Douze pouces sur quatorze. i,300 liv.
JEAN ASSELYN. La Vue d'une prairie au soleil couchant; au second plan , des ruines ; au premier, des troupeaux qui paissent , gardés par des bergers dansant aux sons du chalumeau. Cinquante-deux pouces sur soixante-douze. 1 ,601 liv.
LE NAIN. Une Tabagie : derrière les fumeurs se voit un nègre; il y a huit figures. Quarante-quatre pouces sur cinquante, i ,680 liv.
FRANÇOIS LEMOYNE. Un Plafond, enrichi de deux cents figures. Il a été gravé à Teau-forle par Sylvestre, et vendu 1^501 liv. à la vente Jacquin. 800 liv.
JEAN GRIMOUX. Un Espagnol, à mi-corps, la main sur son épée. Gravé par Flipart. 200 liv.
BOUCHER. Rebecca reçoit les présents du serviteur d'Abraham. 1,230 liv. à la vente Blondel de Gagny. Trente-sept pouces sur trente. 1,240 liv.
J. YERNET. Une Marine : les eaux sont calmes; sur les montagnes du rivage s'élève un fort ; sur le devant , des ouvriers construisent un navire; il y a quarante figures et des animaux. Vingt et un pouces sur douze. 1,501 liv.
MADAME LEBRUN. Deux pendants au pastel : la Pudeur, et une jeune Vestale qui brûle de Tencens à l'autel. Vingtdeux pouces sur dix-sept. 1 ,500 liv.
L'Enlèvement d'Hélène; l'Enlèvement de Proserpine. Bronzes de trois figures chacun. Hauteur, quatorze pouces. Les deux : 1,220 liv.
Un cabinet et son pied, à riches dessins, entablement à rinceaux. Hauteur, soixante-trois pouces et demi. Vendu 1,600 liv. dans la collection Randon de Boisset. I,i0t liv.
Deux gaines avec chapiteau orné d'équerres, fleurons... Hauteur, quarante -sept pouces. 1,605 liv. à la même vente. 1,400 liv.
Une table cintrée, de stuc, venant de chez madame de Pompadour. 200 liv.
JEAN GOUJON. La Pudeur : c'est une belle femme qai se couvre d'un voile. Hauteur, quatorze pouces environ. Terre cuite. 51 liv.
EDME BOUGHARDON. Deux terres cuites : Nessus enlevant Déjanire et la Fontaine du parc de Versailles. 182 et \U liv. à la vente de Saint-Hubert. S41 liv.
DE LA RUE. Un jeune Baccbus assis; sur socle de marbre tournant. Venant de M. Felinot. Terre cuite. 172 liv.
HOUDON. Une Sibylle; sur son pied de bois sculpté; doré. Le plâtre était au salon de 1777. 240 liv.
ARNOULDDEGELDER. Un Peintre dans son atelier. Seize pouces sur dix-sept. 150 liv. à la vente Conti. 145 liv.
JACQUES DE WIT. Un bas-relief: Diane entourée d'enfants qui tiennent des instruments de chasse. 240 liv.
Efe>TAMPES VENDUES A l'uOTEL D*AL1GHE. — > PASAN, EXPERT.
REMBRANDT. Suite rare et précieuse, en 486 morceaux dans deux portefeuilles de maroquin rouge à grande dentelle... Dans cette iuite , où se rencontrent beaucoup de doubles , on distingue des pièces capitales : FAvocat Toiling, le Bourgmestre Six, le Grand Coppenol avec le fond blanc et le fond noir; Asselyn, le Paysage au Carrosse... Retiré à 18,000 liv.
Une suite de la même importance, celle de M. Verstolck de Saelen^ s'est vendue^ en 1847^ pins de 200^000 fr.
Pièces vendues séparément : le Vieux Haaring. 59 liv. Le Peseur d'or, 00 liv. Le Bourgmestre Six. 400 liv. Le Bon Samaritain à la queue du cheval blanche. 140 liv.
Tout récemment, à la vente de M. de M***, les deux épreuves ci-des sus, c'est-à-dire des épreuves du même état, se sont vendues dix pt quinze fois c^tte somme.
VAN VLIET. Saint Jérôme en prière, à genoux dans une grotte, d'après Rembrandt. 96 liv. Loth enivré par ses filles^ d'après le même. 60 liv. Le Baptême de TEunuque, d'après le même, épreuve superbe. 96 liv^
BOLSWERT. Le Serpent d'airain, première épreuve avant la lettre. 260 liv. La même, seconde épreuve avant les armes et la dédicace. ^1 liv. La Conversion de saint Paul. 96 liv. La Résurrection de Lazare, en hauteur.
P. PONTIUS. Le Massacre des Innocents, en deux feuilles. 50 liv. Le Portement de Croix; avant la lettre. 110 liv. La Présentation au Temple 3 avant la lettre. 144 liv. Le Tombeau de Rubens, sujet de Vierge où se voit saint George; première épreuve avant la lettre. 36 liv. Thomiris faisant plonger la tête de Cyrus dans un bain de sang. 260 liv. Le Roi boit , d'après Jordaens , première épreuve. 79 liv.
VOSTERMAN. Descente de croix, d'après Van Dyck; première épreuve avant la troisième ligne. 172 liv. La même avec la troisième ligne, mais avant le nom de Bonenfant. 79 liv.
PIERRE DE JODE. Les Trois Grâces, d'après Rubens. 90 liv. La Nativité, d'après Jordaens. 44 liv.
SOUTMAN. Sennachérib épouvanté, d'après Rubens, 100 1. Le Repas d'Hérode, où la tête de saint Jean-Baptiste lui est présentée par Hérodiade; avant la lettre. 84 liv. La Naissance de Vénus, d'après le même. 45 liv. La Chasse à rhippopotame, d'après le même. 44 liv.
SUYDERHOEF. Chasse aux lions et aux léopards, d'après Rubens. 195 liv. Silène ivre soutenu par un satyre qui tient une grappe. 30 liv. Le Coup de couteau, d'après Ostade, première épreuve, avant les traits de craie blanche qui d'ordinaire se trouvent sur une planche qui est audessous de la cage. 220 liv. La même avec les traits, mais avec la marge du bas nettoyée. 48 liv. Les Quatre Bourgmestres d'Amsterdam auxquels un officier des États
vient annoncer l'arrivée de Marie de Médicis; diaprés Keyser. 144 liv.
C. VISSCHER. La Fricasseuse; première épreuve. 175 liv. Les Vîolonneurs, id. 480 liv. La Tabagie, connue en Hollande sous le nom des Patineurs ; première épreuve avant la lettre. 86 liv. La Bohémienne ou la Nourrice, avec le nom de Yisscher dans la marge du bas et avant les noms de Yisscher et de Clém. de Jonghe dans le haut et le bas delà gravure; très-rare. 100 liv. La ofiéme, avec ces noms et les mots latins Spondeo diviliis..,y parfaite épreuve. 13 liv. La Mort aux Rats, première épreuve avant la lettre. 82 liv. Le Bal des Paysans, d*après Berghem; avant la lettre. 85 liv. Le Portrait de Bouma, première épreuve avant récriture dans le grand livre qui est près de lui; la même avec récriture et avant Tannée; Portrait de Scriverius^ auquel on a joint le petit qu'en a gravé Houbraken; celui de J. de Ryck, épreuve avec l'oreille découverte et la bouche entr'ouverte. 132 liv. Portrait de Vondel; deux épreuves avant la lettre et avec différences dans l'écriture sur le papier qu'il tient, et avec la figure de flùteur sur la tablette. 130 liv. Le môme , deux épreuves avec la lettre et différences. 27 liv. Portrait de Deoniszoon Winius, connu sous le nom de V Homme au Pistolet. C'est un des plus beaux et des plus rares de Yisscher. 199 liv. Celui du célèbre écrivain Coppenol, deux épreuves avant la lettre et avec différences dans la manche du bras qui tient la plume. 86 liv.
GOUDT (le comle de). Son œuvre en sept morceaux, d'après Elzheimer. 168 liv.
WILLE. Son œuvre contenant cent pièces environ, la plupart avant la lettre... 1560 liv. Pièces doubles : la Dévideuse, avant la lettre. 105 liv. La Liseuse, avant la lettre. 30 liv. Le Concert de famille, avant la lettre. 45 liv. Les Offres réciproques, id. 43 liv. Les Musiciens ambulants, id. 59 liv.
CALLOT. Le Jeu de Boules, ou la Petite foire, première épi*euve avant le nom de Callot ; et sur la même feuille^
la Chasse; toutes deux, superbes épreuves. T71iv. La Tentation de Saint-Antoine, avec seulement cinq rosettes dans les arnnes, où il y en a ordinairement davantage. 00 liv. La Foire de Nancy. 65 liv.
EDELINGK. La Madeleine de Lebrun, première épreuve avant la bordure. 272 liv. Le Combat des Quatre cavaliers. 150 liv.
PORPORATI. Suzanne au Bain, d'après Santerre; avant la lettre. 119 liv. Autre pareille. 121 liv.
BALECHOU. La Conversation et la Lecture espagnole, d'après Carie Vanloo, première épreuve avant la lettre. 225 liv.
GREUZE. La Bonne Mère, dessin du sujet connu par Testampe de Beauvarlet, à Tencre de Chine. 140 liv.
HOLLAR. Le Lièvre pendu par une patte auprès d'un panier de gibier. 30 liv. Une feuille contenant une Tète de chat et Huit estampes de différents manchons^ pièces connues sous le nom des manchons. 72 liv.
Puisque roccasion s'en présente , nous publierons ici pour la première fois une Notice que nous écrivîmes Tan passée dans un moment de loisir, aux Touches, en Touraine, à l'aide de documents anglais. La vie de HoUar est d'ailleurs presque aussi intéressante que son œuvre.
Wenceslas HoUar naquit à Prague, en 1607, de parents distingués qui le destinèrent à Tétude des lois; mais il avait douze ans à peine, lorsque la guerre de Trente Ans ayant éclaté, son père prit parti contre les Impériaux et fut entièrement ruiné à la suite de la bataille de Prague, livrée en 1619. Hollar, qui ne se sentait aucun goût pour la profession que sa famille avait voulu lui faire embrasser, suivit alors sa vocation naturelle, qui était le dessin. 11 aUa se mettre pour quelque temps sous la direction de Mathieu Mérian, qui tlorissait à Fraucfort-sur-le-Mein et y gra-
^I^Wi
MO NOTICE SUR HOLLAR. 177g
vait assez finement des paysages de sa composition. A dix-huit ans^ Uollar fit ses deux premiers essais^ qui forent un Ecce homo et une Vierge, datés, en effet, de 1625. II copia ensuite la Grande Fortune d'Albert Durer ^ estampe fameuse dont le paysage et les fonds sont si remarquables, comme s*il e&t voulu s'exercer à rendre, par des travaux serrés^ les plus menus détails d'une vue lointaine et à faire tenir beaucoup de choses dans un petit espace. Déjà , du reste, la netteté de fa plume , la finesse et le précieux de sa pointe le rendaient parfaitement propre à dessiner et à graver des vues de villes à vol d'oiseau , des monuments d^architecture, des bâtiments environnés de jardins , d'autant plus qu'ayant acquis des notions de géométrie et de perspective^ il pouvait cacher l'exactitude d'un plan sons les apparences d'un paysage bien senti.
Dès qu'il put se passer de maître, Hollar se mit à voyager. II alla de Francfort à Cologne, de Cologne à Anvers, et revini d'Anvers à Cologne, sans doute dans la pensée de s'y établir ; mais il eut beaucoup de peine à y vivre. Il passa néanmoins quelques années à Cologne, à graver^ d'après son dessin, des Vues qui attirèrent l'attention sur lui, notamment la Vue d'Herbipolis ou Wurtzburg au-dessous de laquelle il écrivit : HoUar delineavit in Ugàtione Arundeliand ad imperatorem. A ce sujet, il faut dire que le comte d'Arundel , ambassadeur de Charles I»*^ auprès de l'empereur d'Allemagne, se trouvait à Cologne en 1635, et qu'ayant vu un grand dessin de Hollar, représentant la ville de Prague, dessin à la plume et au pinceau , il en fut tellement ravi qu'il voulut connaître l'auteur et ses autres ouvrages. Et comme la plupart des vues que Hollar avait dessinées, étaient précisément celles des villes que le comte d'Arundel se proposait de visiter dans son ambassade, il les regarda avec un double intérêt. Ce lord, à jamais illustre parmi les amateurs, par l'admirable portrait qu'en a peint Van Dyck et que Tardieu a gravé, était lui-même un curieux passionné et le plus grand collecteur d'objets d'art qu'il y eût alors en Europe. Il amena Hollar avec lui et lui promit de le recommander, en Angleterre, à la faveur de Charles !•', connu pour aimer les arts et protéger les artistes. En effet, après s'être arrêté quelque temps dans les diverses grandes cités de l'Allemagne^ à Cologne, à Mayence, à Prague, à Nuremberg, à Augsbourg,à Wurtzbourg , à Francfort , à Regensburg où était la cour impériale, et à Vienne, le comte d'Arundel repartit pour l'Angleterre à la fin de décembre 1636, et il arriva à L«)ndres au commencement de 1637, avant avec lui Hollar.
NOTICE Sl'H DOLLAR. 411
La prolectioD des grands, quand elle a'est pas attentive et assidue, est sooveDt faneste aux artistes, parce qu'elle leur inspire une conflance daJigereuse et les tait trop compter sur un appui qui peut leur manquer au moment même où il leur est le plus nécessaire, c'est-i-dire à la veille de leur émancipation. Le premier ouvrage de HoUar en Angleterre fui le dessin et la gravure de la fiM lU Grtenuikh eu deni planches , qu'il Si , non pour le comte d'Amndel, sou négligeut protecteur, mais pour nn éditeur nommé
Steut, qni n'eot pas bonté de les lui pajer iicnte scbellings, c'esti-dire moins que ne vaudrait nujflunVhui mie seule épreuve. Bieutél, cependant, la collection dn lord d'Anindcl fut onvcrte à Hollar qui pnt y choisir do quoi faire hriller son précieux Ulent de graveur, et durant trois ans, de 16HS k 1610 , il ne fil guf're que des planches d'après Les rares o^jet3 de cette colleclion, par exemple, le fameux Calice, dessiné par André M.ititcgna, ei en se trouvaient de si délicate ornements, ei des figurines en relief, d'un
caractère à la fois si élégant et si naïf. De la môme époque à peu près date VOrnatus muliebris anglicanus. C'est une suite de vingt-huit planches représentant les divers costumes des dames anglaises. Il faut croire que cette première série eut du succès» car le graveur la fit suivre bientôt du Theatrum muUerum , qui n'était que la représentation de tous les costumes de femmes/ alors en usage chez les différentes nations de l'Europe, suite curieuse dont la continuation fut publiée en 1644 sous le titre de Aula Veneris, Dans ce long ouvrage où tant d'autres n'auraient vu qu'une spéculation d'éditeur à servir, Hollar montra toute la finesse, toute la variété de son talent et fit une œuvre d'art de ce qui n'était qu'un recueil de renseignements géographiques. Avec sa seule pointe, et sans avoir recours aux procédés ordinaires de la gravure, aux ressources déjà connues du burin, il fit sentir dans ses petites estampes la grossièreté de la bure, la souplesse du drap, les luisants du taffetas et de la moire antique, les cassures du satin, les tons sourds du velours et les tons mats du feutre, la raideur des collerettes empesées et la consistance des étoffes a grands ramages. Les ordres religieux, les ordres de chevalerie vinrent également figurer dans cette galerie intéressante avec leurs frocs, leurs capuchons, leurs épées, leurs éperons, leurs manteaux.
Ce n'est pas tout : Hollar était déjà trop connu en Angleterre pour n'être pas appelé à graver quelques-uns des portraits de Van Dyck, qui touchait alors à la fin si prématurée de sa brillante carrière. C'est d'après ce grand maître qu'il grava les portraits du comte d'Arundel et de sa femme, d'Elisabeth Yilliers, duchesse de Lennox, de Marie Stuart, comtesse de Portland, de François Jimius, de l'évèquc Malderus, de l'archevêque Laud. Il parait que Van Dyck ne fut que médiocrement satisfait des gravures de Hollar, et il est certain que la pointe acérée de ce graveur ne rendait que très -imparfaitement la touche fière de Van Dyck, ses méplats fermes, ses accents pleins de vivacité et de grâce. Malgi'é tout, un des plus précieux portraits de Van Dyck (je parle des portraits qu'il fit de lui-même) est celui que Hollar a gravé et qui fut publié trois ans après la mort du peintre. Et l'on ne peut nier qu'il n'y ait beaucoup de vie dans ce portrait, aussi bien que dans ceux de Marguerite Lémon, maltresse de Van Dyck, dluigo Joues, célèbre architecte, et de beaucoup d'autres; seulement Hollar interprète Van Dyck plutôt (ju'il ne le ti-aduit, et sans imiter le relief de ses tètes, sans en reproduire tous les plans, il arrive à un effet très-remarquable par une grande économie de
travaux, c'est-à-dire par la suppression de prcsqne toutes les demiteintes et en insistant siir les traits qui décident de l'expression. Cependant, la guerre civile ayant éclaté en Angleterre, Hollar, dont les protecteurs étaient précisément les plus proches amis du roi, se trouva lancé ou plutôt enveloppé dans le parti des royalistes. Il était, du reste, attaché à la famille royale depuis trois ou quatre ans , en qualité de maître à dessiner du prince de Galles, depuis Charles II. Et à ce sujet, Georges Vertae, qui écrivait la vie de Hollar et le catalogue de ses œuvres >, vers le milieu du siècle dernier, dit avoir vu, dans la possession du comte d'Orford, un petit portefeuille à fermoirs d'argent et aux armes du prince de Galles (qui sont une couronne surmontée de plumes), et dans ce portefeuille plusieurs dessins de nez, de bouches, d'yeux et d'oreilles, comme on en fait à l'usage des commençants, avec de récriture de la main de Hollar. Toujours est-il qu'à la suite des troubles, le comte d'Arundel, forcé de quitter TAngleterre, s'enfuit dans les Pays-Bas, laissant derrière lui le pauvre Hollar qui ne vit d'autre ressource que de suivre la fortune de la guerre. Admis dans le corps qui était sous le commandement du marquis de Winchester et du colonel Robert Peake, il fut fait prisonnier à Baring-house; mais heureusement il parvint à s'échapper et s'en alla rejoindre le comte d'Arundel à Anvers. Il arriva dans cette ville en 1645, et y reprit aussitôt Texercice de son art. Intrépide curieux, le comte d'Arundel, dans la précipitation de sa fuite, avait trouvé le temps de réunir et d'emporter avec lui les diverses parties de sa collection. Hollar put donc donner suite au projet qu'il avait formé à Londres de graver les plus beaux objets de cette collection rare. Il commença par un grand nombre de dessins de Léonard de Vinci, et publia, entre autres morceaux d'après ce maître, un livre de caricatures, livre singulier où le grand peintre s'était amusé à grossir, allonger, étirer, déformer en tous sens le masque de l'homme, pour lui faire exprimer fortement les instincts grossiers de la n.ature humaine, et tous ceux encore qu'il imaginait dans le dérèglement de sa fantaisie. Hollar publia ensuite la série : Muscarum, Scarabœorum, wrmium que variœ figurœ. Rien n'est plus curieux ni plus précieusement fini que cette suite de douze planches représentant des variétés d'insectes. Hollar y a montré jusqu'où peut aller la pointe d'un graveur dans la spécification des substances et dans llndi-
1. A dficription of Ihe irorJU of the ingénions dclinealor and engravrr Wencenlaâ Hollar wilh nome aecouni of hiji lift. Ix>nilon , 174-'i.
cation des qualités physiques des êtres. Il semble^ en effets avoir pris plaisir à exprimer sur le cuivre, avec les seules ressources du noir et du blanc, la nature solide et cornée des élytres du coléoplère, l'enveloppe velue de la chenille et du ver à soie, les yeux luisants de Targus, Timpondérable légèreté de la demoisHle aux ailes membraneuses, aussi fines que la gaze, les écailles du papillon aussi menues que la poussière, et toutes les nuances de dureté, de poli, d'éclat, de transparence, de suavité, de délicatesse que peut offrir Tétude de ces insectes qui font la joie du naturaliste^ mais qui n*avaient encore jamais eu les honneurs de la gravure. Il convient toutefois de se rappeler ici que Hollar avait eu pour maître Mathieu Mérian , dont la fille Sybille s'est rendue si célèbre par son talent à peindre les insectes et par son amour pour ses jolis modèles, amour qui alla jusqu'à lui faire entreprendre le voyage de Surinam. Peut-être dans l'intérieur de Mérian,. Hollar avait-il pris le premier exemple de cette passion pour les infiniment petits de la nature. Il y avait, du reste, dans Timmense collection du comte d'Arundel , de quoi s'exercer à l'expression des mille nuances dont nous parlions tout à l'heure. Hollar en tira une suite de trente-huit estampes de coquilles, qui sont peut-être aujourd'hui les plus rares de son œuvre, et qui ne laissent rien à désirer sous le rapport de l'exécution et du rendu. I^ comte d'Arundel se trouvant malade à Anvers , reçut le conseil de quitter cette ville pour aller respirer l'air de l'Italie. Il partie donc en 1646, dans l'espoir de rétablir sa santé; mais il mourut à Venise dans Tannée même. Son départ et sa mort laissèrent son malheureux protégé en proie ^ l'avidité des éditeurs d^estampes et des libraires , qui ne manquèrent pas de mettre à profit son talent et sa détresse. Il est remarquable, au surplus, que Hollar n*a jamais été l'éditeur de ses propres œuvres, dans un temps où c'était l'habitude de presque tous les peintres-graveurs de publier eux-mêmes leurs planches et de les vendre pour leur propre compte, quand ils avaient un capital suffisant ou des amis qui leur en tenaient lieu. Quoi qu'il en soit, Hollar, après la mort de son patron, continua d'habiter Anvers pendant cinq ou six ans qui furent employés par lui à graver un très-grand nombre de pièces, tant d'après la collection d'Arundel , que d'après les maîtres alors vivants dans les Pays-Bas ou morts depuis peu. Les grands paysages de Louis de Vadder, de Van Artois et de Wildens , les grands chemins de Breughel, les bocages de Paul Bril, les bambochades de Téniers, les enfants de Van Avont, les tableaux d'Elsheimer, les orageuses marines de Bonaventure et de
Jean Peters^ exercèrent alors la pointe de HoUar^ et bien qu'il' eût le talent de l'assouplir à tons les genres^ on peut dire qu'il ne fut pas également heureux dans rimitation de tant de manières diverses, et que^ par exemple, il rendit beaucoup mieux les tons mystérieux d'Elzheimer et la peinture précise de Breughel que les vagues écumantes des deux Peters. Les flots de la mer doivent s'exprimer en gravure par des travaux espacés et qui ne suivent pas trop fidèlement la direction des lames; autrement on court risque de donner aux eaux Taspect de la filasse. C'est ce qui est arrivé à HoUar dans ses marines, comme à notre Callot dans ses batailles. Ce dernier, pour avoir suivi avec sa pointe la forme arrondie des nuages et des fumées, au lieu d*cn exprimer les ombres par des tailles croisées, n'a produit que des étoupes. Les grandes vagues de l'océan n*ont été bien imitées que par les graveurs de Joseph Vernet; elles attendaient encore le mâle et luisant burin de B:ilechou. HoUar a été plus habile dans ses paysages, qui sont toujours pleins de vigueur et d'accord; mais quelquefois on y trouve des figures gravées par Paul Pontius, et cette association n'est pas heureuse : le burin vif, propre, brillant et tournoyant de Pontius, si bien adapté à Rubens, n'est pas en harmonie avec la manière sobre et fine de Hollar. Le séjour de ce graveur dans les Pays-Bas nous a valu un de ses chefs-d'œuvre et un des plus étonnants : la Cathédrale d'Anvers. Faire une aussi belle gravure avec un pareil objet, captiver si fortement les amateurs avec ce qui ne devrait, ce semble, intéresser que les architectes , unir tant d'art à tant de précision, conserver son aspect de giandeur à un tel monument sur un simple in-folio, c'est là certainement un tour de force. Aussi la Cathédrale d'Anvers est-elle une des pièces les plus recherchées de l'œuvre de Hollar. Avant de quitter Anvers, il entreprit de graver des animaux et il commença des séries de quadrupèdes, d'oiseaux, de poissons que nous lui verrons continuer en Angleterre, pour un peuple qui a toujours attaché beaucoup de prix à ces sortes de représentations. Ce fut probablement en 1652 que Hollar retourna dans ce pays , devenu pour lui conmie une patrie d'adoption. Les éditeurs de Londres, qui le connaissaient, recommencèrent naturellement à l'exploiter. 11 travailla dès lors pour tous les beaux ouvrages que la librairie anglaise mit au jour, tels que la Bible polyglotte, le Monasticon, le Virgile d'Ogilby, le Juvénal de Stapleton, la Cathédrale de Saint-Paul et le Warwickshire de Dugdale. Les éditeurs de ces livres de luxe étaient si contents de Hollar et craignaient si foit qu'il ne leur échappât, qu'ils lui
410 NOTICE SUR HOLLAR. t77«
choisirent un logement dans la maison qu'habitait Faithome, antre graveur, près de Temple-Bar^ et le tinrent là on dans leur propre maison en charte privée, lui payant son travail à l'heure, on, comme dit Tauteur anglais, au sablier. « Others he worked for, as Stent, Overton^ etc., printsellers, who kept him in their bouses, confined to hard labour, and small pay, at his usnal method, by the hour-glass, » Les frontispices de livres Foccupèrent aussi et la plupart furent composés par lui-même. Mais les travaux qui contribuèrent le plus à montrer ses qualités de graveur, furent les nombreuses planches d'animaux dont il reprit à Londres la série déjà commencée à Anvers. Il avait publié dans cette ville deux magnifiques Lions, dont le dessin, de la main d'Albert Durer, se trouvait dans la collection d'Amndel; il grava encore d'autres lions d'après Rubens, ainsi que dr s Léopards empoisonnés par des raisins. Il avait fait ensuite (en 1649) une pièce qui est fort rare et qui passe pour un de ses chefs-d'œuvre : le Lièvre pendu par la patte, d'après Peter Boel. En Angleterre, ce fut d'après Francis Barlovir que Hollar grava ses morceaux les plus précieux ou du moins les plus recherchés des amateurs, ses cygnes, ses hérons, ses grues, ses poules d'eau, dont il imita si bien le plumage et le duvet, ses autruches , ses canards qu'il représenta dans toutes les postures, barbotant, plongeant, volant en raccourci, ses faucons chaperonnés et autres oiseaux de leurre, ses hiboux à l'œil fixe et rond, sa taupe morte dont il exprime si bien le poil court et délié, sa Tête de chat, qui est une de ses plus rares estampes et qui est accompagnée d'une insciiption en bohémien.
On peut dire qu'en parcourant l'œuvi-e de Hollar, on passe en revue la création tout entière, ou du moins tout ce qui , dans la création, touche au domaine de Tart. On y voit figurer tous les animaux domestiques : le cheval, Vàne, le chameau, le chien, le mouton, la vache, le cochon, la chèvre, le lapin, et tous les animaux sauvages : le lieu, l'éléphant, la panthère, le léopard, le rhinocéros, l'hippopotame. Tours, le singe, le loup, le sanglier et le cerf; et les oiseaux de haut vol ou de basse-cour, tels que l'aigle et le héron, la poule et le paon; et les poissons de mer, de rivière ou d'étang, et jusqu'aux grenouilles que Hollar nous montre dévorées par de grands oiseaux au long bec, emmanchés d'un long cou.
Ce n'est pas tout encore : les plus jolies fleurs viennent embellir cet œuvre aussi varié que charmant. La rose, Tœillet, le narcisse, l'anémone, l'impériale et la pivoine y sont gravés avec tant de grâce et de justesse dans le trait, qu'elles peuvent servir également à illustrer un livre de botanique et à orner le porte-
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feoille d'un amateur. Enfin les plus beaux fruits ont trouvé place dans cet immense répertoire de toutes les beautés pittoresques de la nature; mais, au lieu d'être simplement groupés sur une table, comme on les peint habituellement dans les tableaux de nature morte, ils sont ici portés ou mangés par des enfants. Ces petits Amours, gravés d'après Van Avont, et qui lutinent des chèvres, montent sur des panthères, on dansent, avinés et rianta^ dans des bacchanales en miniature , ne sont pas les moins jolis ouvrages de HoUar, qui a su rendre le gras des chairs potelées de Tenfance par des empâtements de points bien ménagés.
Une faut donc pas s'étonner que Hollarait dans tous les pays une si grande réputation, ses estampes étant de nature à intéresser une infinité de personnes , tant par la manière délicate dont elles sont traitées, que par les objets qu'elles représentent. Pour les Anglais, en particulier, les ouvrages de ce maître ont un attrait de plus, non-seulement parce qu'il a vécu longtemps en Angleterre et s'est trouvé aussi mêlé à leur histoire que s'il eût été un de leurs compatriotes, mais encore parce qu'ils retrouvent dans ses curieuses estampes les traces de leur existence d'autrefois, des renseignements précieux sur les mœurs , les coutumes et les costumes de leurs ancêtres. Les grands seigneurs, par exemple, sont enchantés de consulter Tœuvre de Hollar pour y reconnaître l'armure de Charles I*', les armoiries de tous les chevaliers de l'ordre de la Jarretière, les habits de cérémonie des anciens lords, robes of nobility; pour voir de quelle façon, sous quel vêtement, avec quelles armes leurs pères se livraient aux exercices de la chasse ou de la pèche, aux périlleux amusements du sport. Les chasses au cerf, au daim, au lièvre, au lapin, à la jerdrix, au faisan, sont pour eux des sujets qui n'ont pas uniquement l'intérêt de l'art. Il en est de même de la pèche du saumon et de cette pêche à la ligne qui , depuis des siècles , a le privilège de passionner tant de bonnes gens, invulnérables aux traits d'une éternelle ironie.
Je dis que les travaux de Hollar ont un mérite qui expliquerait à lui seul la persistance de sa renommée. C'tst qu'il n'est pas un de ses morceaux qui ne soit instructif eu même temps qu'agréable à voir. Je ne parle pas ici des services qu'il a rendus aux amateurs en reproduisant des pièces rares d'Albert Durer et de Rembrandt, en copiant la Cërès du comte de Goudt, en gravant tant de belles planches d'après les plus grands maîtres, le Seleucus de Jules Romain , VEcce homo du Titien , le Salvator mwidi de Léonard, une sainte Catherine de Raphaël , la Danse des morts d'Holbein et tant de belles peinturps d'Elzheimer, et tant de magnifiques
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portraits de Van Dyck...; je parle des innombrables monuments que Hollar a gravés en Allemagne^ en France, dans les Pays-Bas et en Angleterre, de ses Vues de grandes villes qui se débrouillent si bien et si nettement, malgré le soin donné à la distribution des lumières et des ombres et les sacrifices qu'exige l'effet, et dans lesquelles il sut corriger la froide précision d'un géomètre par le bon goût d'un artiste. La ville de Londres surtout fut l'objet des études de Hollar. Il ne se contenta point d'en dessiner plusieurs fois le plan , et dans les plus grandes dimensions connues en gravure — un de ces plans a presque deux mètres et demi de long — il grava un à un tous les monuments de cette ville, le palais de While-Hall, l'abbaye de Westminster, la Tour de Londres, le Royal-Exchange, la Piazza de Covent-Garden, l'église de Sainte- Marie dans le Southwark , la cathédrale de Saint-Paul , qu'il a dessinée jusqu'à huit fois , de tous les points de vue, à l'intérieur et à l'extérieur, et les environs si célèbres et tant de fois visités, de cette même ville de Londres, Greenwich, Richmond, Windsor, et les maisons des plus opulents seigneurs de l'aristocratie anglaise, à commencer par celle du comte d'Arundel , dont Hollar grava aussi la maison 'seigneuriale près d'Albury, dans le Surrey. Il n'est pas, soit à Londres, soit dans les comtés, un monument connu, un tombeau remarquable, une église ou une chapelle offrant un intérêt historique, il n'est pas un beau monastère, un curieux vitrail, un jardin fameux, qu'il n'ait gravé de sa pointe attentive et fidèle. Plusieurs de ces planches se trouvent dans la Description du Warwickshire de Dugdale.
Quelques années après la restauration du trône de Charles II, Hollar fut envoyé à Tanger avec le lord Howard, gouverneur, pour y dessiner la ville et les forts, travail qui lui coûta une année entière. Avant de s'embarquer pour cette expédition, il avait pris une vue de Plymouth , et ayant relâché sans doute dans Tile de Jersey, il y dessina le château d'Elisabeth. Mais en faisant voile pour Tanger, il faillit tomber aux mains d'un corsaire tuic dans le combat livré, en décembre 1669, par le Mary-Rose, à bord duquel il était, contre sept bâtiments algériens. Cette aventure maritime est racontée tout au long dans YAfrica d'Ogilby; elle nous a valu , du reste, une estampe de Hollar lui-même, estampe doublement intéressante qui servit à illustrer la narration de l'écrivain. Le pauvre Hollar, après ce pénible et dangereux voyage, après une année perdue et des travaux utiles faits pour le compte du roi d'Angleterre, ne reçut pour toute récompense qu'une somme de rem livres sterling. Il est vrai qu'on lui donna le titre de
Scênographus régis , et ce fut peut-être une consolation pour un artiste à qui l'honneur importait plus que l'argent. Le plus grand chagrin qu'éprouva le malheureux graveur, fut la perte d'un fils plein d'espérances , qui mourut à Tàge de dix-sept ans. George Yertue tenait ce fait de Francis Place, qui fut élève de HoUar, avant d'être son coUahorateur, et qui, après la mort de son maître, écrivit au bas de quelques-unes de ses planches : Quondàm discipulus. Quant à l'auteur de tant de belles estampes, qui seraient aujourd'hui une fortune pour qui en posséderait une collection complète en premières épreuves, il mena jusqu'au bout la plus laborieuse vie qui fut jamais. Mais il eut beau dessiner et graver tous les monuments de la Grande-Bretagne, comme il avait dessiné et gravé presque toutes les villes que baignent le Danube, le Rhin et l'Escaut, la misère fut sa compagne assidue. Il mourut, le 28 mars 1677, dans Gardener's lane, et fut enterré sur la paroisse de Saint-Margaret Westminster. Comme il allait mourir, les huissiers entrèrent chez lui pour saisir ses meubles, et ses dernières paroles furent pour demander qu'on voulût bien suspendre l'exécution jusqu'à ce qu'il eût rendu le dernier soujâr.