JANVIER
Bien que nous n'ayons pu trouver les prix de cette vente, qui probablement n*a jamais en lieu, nous avons cru devoir en donner des extraits qui nous ont paru assez curieux.
MEIZUE (pour Metsu). Un tableau peint sur bois, représentant une dame avec un bourguemestre à table et une servante qui leur sert la collation ; dans le fond du tableau Ton voit une pareille collation qui s'était faite la veille par les mêmes. Ce tableau porte vingt pouces de haut sur dix-huit pouces de large.
L'auteur du Catalogue, qui est Cresseut lui-même, donne une singulière explication de ce morcedu , et dans un style fort naïf : « 11 ne manquait , dit-il , pour la perfection d'un traité qui fut commencé en 1666 entre l'Angleterre et la Hollande, que la signature d'un bourguemestre de la première distinction, qui la refusait parce qu'il croyait le traité préjudiciable aux États. Gonmie cet homme était naturellement galant, l'on crut qu'il était permis d'user de mse pour obtenir de lui ce que Ton souhaitait ; Ton fit donc venir une dame infiniment spirituelle et adroite, qui, dès lo lendemain de son arrivée, se rencontra comme par hasard dans une promenade ou l'on savait que notre bourguemestre avait coutume de se trouver. Sitôt qu'il aperçut cette dame, qui était superbement yètue , il s'informa de ceux qui étaient avec lui et qui étaient de l'intrigue si on savait qui elle était : ou lui dit qu'elle était de bonne famille d'Angleterre, et qu'elle n'avait fait le voyage que dans le dessein de voir les beautés de la Hollande. Il fut transporté d'une joie secrète de se voir en état de satisfaire fa curiosité de cette belle; l'ayant abordée civilement, il s'offrit de lui faire voir ce qu'il y avait de curieux dans le pays : se voyant seul , la compagnie s'étant retirée, il lui proposa la coUatioa, qu'elle n'accepta (en s'excnsant) qu'à la dernière extrémité. Comme il Ini fit excuse de n'avoir pu la faire servir comme elle le méritait, il l'engagea à
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it; veaii le lendeiiiaiii daus le même lieu. S'y étant tou» (ieiix randiiSy et comme il u'y manquait rien, tant en bonne chère qa'en excellent vin, elle lui présentait souvent le vidrecome à rase bord; et, voyant à sa bonne humeur et à la vivacité de son ardeur, qull était temps de lui demander une grlcc, elle tira une écritoire et nn sac de velours qui était pendu à. sa ceinture, dans lequel était le traité qu'il signa, après quoi elle lui représenta si souvent le vidrecbme qn'elle vint à bout de l'endormir, et repartit la même nuit pour s'en retourner chez elle. »
TENIERS. Un tableau peint sur toile, représentant les Sept Œuvres de Miséricorde. Il a deux pieds deux pouces de haut sur deux pieds neuf pouces de large.
Ce tableau provient de la vente de madame de Gontanlt, qui avait choisi les siens dans les plus beaux ca])inet8, et dont le dessein était , en survivant à madame de Verrue, de prendre Sa place et d'acquérir la réputation de la dame du meilleur goût pour lés belles l>eintui'es, en quoi elle a parfaitement réussi.
Deux grandes bibliothèques, à trois portés cintiféés par le haut, suivant le contour de la corniche et suivant Tart et le bon goût^ enrichies de pilastres, ornées de bustes représentant les quatre parties du monde et les quatre ^sons, chacune leur gaine avec leurs attributs, ce qui forme quatre pilastres à chaque bil)liothùque. Les portes sont enrichies d'ornements convenables à la magnificence de leur composition , le tout (le bronze^ bien réparés et appliqués sur un bois satine du plus beau; leur grandeur est de huit pieds de haut , six pieds neuf pouces de large ; ils ne sont qu'en couleur d'or, attendu la trop grande dépense. Les personnes qui les auront, pourront en toute sûreté les faire dorer d'or moulu.
Deux comniodes de bois de Cayenne satiné, couleur de cerise, garnies de leurs ornements et fleurs de bronze doré d'or moulu.. Ces pièces sont du mieux dudit Gressent; le marbre de Yerret. Elh's portent quatre pieds six pouces.
Deux encoiguures de bois satiné, ornées de doux arbres de chénc, sur lesquels il y a des oiseaux qui sont à la poursuite d'un hibou; le tout de bronze doré d'or moulu , le marbre de Vciret, portant deux pieds.
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Une commode de bois satiné , d'une forme carrée , et par le bas d'un contour en arbalète ; les deux tiroirs ont des beaux cadres de bronze ; les deux pieds ont leur chute qui représente deux espagnolettes^ ce qui fait une pièce des plus riches en bronze; elle n'est qu'en couleur; le marbre est de Sicile, des plus magnifiques, et on ose dire que Tagate n'en peut effacer la beauté. Elle porte quatre pieds et elle est plaquée.
Une magnifique pendule de bronze dont la composition est du meilleur gofkt. Il y a sur le haut un Amour qui est assis sur des nuages; il appuie son coude sur un sable. Au-dessous du cadran est la figure du Temps, tenant sa faulx et posé sur le chaos du monde; les pieds sont formés par deux grands arbres : le tout parfaitement ciselé^ doré d'or moulu , de quatre pieds trois pouces de haut.
Une table à quadrille pliante^ de bois satiné, et le dessus de velours.
Une pendule à face de bronze, le corps de bois en marqueterie^ sa composition représente un Temps volant avec sa faulx , prêt à trancher le fil de la vie à un enfant qui est dans un rocher, et qui , en apercevant le Temps , abandonne son carquois et son arc ; Teffroi qui paraît sur le visage de cet enfant fait un effet des plus singuUers. Les ornements qui renferment le cartel sont d'un goût extraordinahre. Elle porte trois pieds de haut et est dorée d'or moulu.