‹ Le trésor de la curiosité tiré des catalogues de vente de tableaux ..., Volume 2Chapitre 102 sur 274 · TABLEAUX^ DESSINS, ETUDES, COMPOSANT SON CABINET. A. PAILLET^ EXPERT · texte numérisé non relu

TABLEAUX^ DESSINS, ETUDES, COMPOSANT SON CABINET. A. PAILLET^ EXPERT

Joseph-Marie Vien^ né le 18 juin 1716 à Montpellier, vint à Paris en 1741, déjà instruit des premiers éléments de la peinture. Il eut, au bout de trois ans', le prix de Rome, et fit le Yoyage de cette ville en qualité de pensionnaire du roi. La mode et la routine qui, au xYiii* siècle, avaient en plus d'empire sur nos maîtres que le séjour de Rome et la fréquentation des beautés de Tart antique, ne purent détourner Vien de son goùi naturel pour les études sévères^ et ne l'empêchèrent pas de rêver la réforme de l'école française. Cette réforme , dont il conçut la pensée alors qu'il était encore élève de l'école de Rome, il la poursuivit plus tard comme professeur, quand, à son retour en France, il eut ouvert la célèbre école d'où sortit Louis David. Pendant vingt-cinq ans, de 1750 à 1775, Yien ne cessa de recommander à ses élèves, et de leur montrer dans ses propres ouvrages la combinaison de la nature et de l'antique, qui était tout son système. En 1775, il fut nommé directeur de l'Académie de France à Rome, et reçut le cordon de Saint-Michel. A la moH de J.-B.- Marie Pierre, qui était premier peintre du roi , Yien fut nommé à sa place et devint directeur de l'Académie de peinture. Ce fut pour peu de temps, car la révolution détruisit l'ancienne Académie royale, pour la reconstituer, avec les autres Académies, sous le nom d'Institut de France. L*Empire fit de Yien un sénateur; mais ce qui valait mieux pour lui, ce fut d'assister aux triomphes de Da^d, et de voir son illustre élève lui succéder dans la domination, presque absolue, qu'il avait exercée sur les beaux-arts en Europe. Malgré la sévérité de ses tendances^ Yien se rattacha par certains côtés au goût de son siècle, non-seulement par le choix des sujets, qu'il emprunta souvent à la mythologie^ aux Grâces et aux Amours, mais aussi par

• un style qui n'était encore qu'un commencement d'innovation, et pour ainsi dire une ébauche de la réforme qui allait s'accomplir. Il peignit jusqu'à Tige de quatre-vingt-douze ans, et son dernier ouvrage ftit un sujet de bacchanale. Beaucoup de ses compositions ont exercé le burin des graveurs; lui-même a gravé à l'eau-forte,

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