TABLEAUX, MARBRES , BRONZES
CORIOSIlis. — HEURT ET LAIIBUVILLE, EXPERTS.
LOUIS BACKHUISEN. Vue du Mordyck : plusieurs barques et deux vaisseaux, qui n*ont déployé qu'une partie de leurs voiles, voguent dans des directions difiTérentes; d'autres vaisseaux à Tancre tirent des coups de canon; sur le devant, du même côté, deux barques sont amarrées à une jetée. Toile. 6^400 fr.; Henry.
JEAN BOTH. La Soirée d'automne. Ce paysage est vraisembiablement un site des Alpes; le soleil semble y répandre partout sa lumière et sa chaleur; partout le goût, l'esprit et la légèreté y ont dirigé le pinceau* Bois. Trente et un pouces sur trente-sept. 5,000 fr.
ALBERT CUYP. Paysage : il représente un pays aride et plat, dont le lointain n'offre à la vue que la flèche d'un clocher; une longue baraque, près de laquelle on voit un groupe de trois personnages, tient une bonne partie du premier plan ; l'autre partie est composée d\m chemin où passe une charrette attelée d'un cheval. Bois. Douze pouces sur quinze. 2,005 fr.
Le Catalogue que nous avons sous les yeux porte en marge et en petit caractère, écrit par la main d'un habile expert : Bon à 10,000 fr,
JEAN HAKKAERT. Chasse au cerf: l'animal, poursuivi, pressé par trois chasseurs et par plusieurs chiens, vient de se jeter dans un grand étang; un piqueur sonne du cor pour appeler le reste des chasseurs. Ce tableau est largement peint et d'un admirable effet. Les figures sont de la main de Berghem. Toile. Trente-six pouces sur quarantesix. 5,320 fr.; Laneuville.
VAN DER.HEYDEN. Porte de Harlem, sur le chemin d'Amsterdam : sur un chemin pavé, composant toute l'avant-scène du table^, on remarque un villageois qui se dirige vers la ville, et, plus loin, un bourgeois qui fait l'aumône à une pauvresse. Ces figures sont de la main d'Adrien Van de Velde. Bois. Seize pouces sur vingt-trois. 5,501 fr.; Laneuville.
HOBBEMA. Intérieur de forêt : l'aspect en est sauvage; un sol inégal, des arbres, des buissons que le soleil frappe d'un grand éclat, composent les derniers plans de ce paysage; les premiers sont baignés, à gauche, de mares d'une eau croupie, et couverts, à droite, de broussailles, de saules grisâtres, de chênes et autres arbres; on remarque encore dans ce tableau , près d'un chemin montant , coupé par échelons, trois bûcherons et \m voyageur à cheval qui
parle à l'un d'eux. Bois. VÎDgt-deux pouces sur (rentetrois. 4 1,900 fr.
L. ROBELL. Paysage : on y voit un cheval de fatigue, une chèvre et son chevreau près de la porte d'une écurie, où dort un valet couché sur la paille; derrière ce cheval est. une brouette renversée; dans le lointain, d'autres animaux, un champ de blé et des, buttes sablonneuses. Bois. Dixsept pouces sur vingt et un. 1,000 fr.; Charriot.
JEAN-FRANCISQUE MILET. Paysage hrstorique, sujet de Mercure et de Battus : Mercure, sous les traits et les habits d'un jeune berger, vient d^interroger Battus qui est assis devant lui ; les promesses dont il a accompagné ses questions ont séduit le vieux berger qui, de la main gauche, lui indique la montagne derrière laquelle les troupeaux ont été cachés; sur ce même plan, un ruisseau baigne des gazons émaillés de fleurs où paissent des troupeaux de brebis. Toile. Quarante-quatre pouces sur soixante-six. 8,000 fr.; Henry.
M. OMMEGANCK. Paysage. Ce tableau, qui passe pour être Touvrage le plus capital de son auteur, représente une vue des environs de Liège : sur le devant se reposent une chèvre et trois moutons; plus loin, des pâtres ra* mènent leurs troupeaux à la bergerie. Toile. Cinquantequatre pouces sur soixante-six. 6,500 fr.; Laneuville.
PAUL POTTER. Six vaches et deux chèvres sont arrêtées sur le devant d'un paysage arrosé par une rivière au delà de laquelle on voit les ruines d'un vieil édifice^ quelques arbres couronnent un monticule situé derrière le troupeau. Bois. Quatorze pouces sur dix-neuf. 9,300 fr.
REMBRANDT. Portrait d'une dame hollandaise : elle est coiffée en cheveux, et porte, sous une robe noire, un corsage de satin rose, semé de broderies en or; une collerette tombe sur ses épaules; à sa main est un éventail. Bois. Trente-huit pouces sur vingt-huit. 3,700 fr.
JACQUES RUYSDAEL. Le Moulin à eau : des conduits de bois, soutenus par de nombreux appuis, reçoivent les
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eaux d'une colline et les versent sur les roues d'un moulin, dont le toit couvert en brique offre le désordre le plus piquant; différents arbres ombragent le sol aux deux côtés du moulin; en avant est. un canal et un éboulement de sable sillonné de ruisseaux. Toile. Vingt-sept pouces sur trente-cinq. 5,500 fr.; Laneuville.
JEAN STEEN. Les Plaisirs de la kermesse. Ce tableau, désigné dans plusieurs Catalogues sous le nom de la Barque de Jean Steefiy est un monument tout à fait curieux : dans cette barque sont réunis plusieurs artistes célèbres, contemporains et amis de fauteur : ils quittent la fête où ils étaient venus se récréer, et cet homme qui prend congé d'eux, le chapeau à la main, est Jean Steen lui-même, qui, sans doute, se propose de boire encore quelques verres à leur santé ; le reste de la composition offre de tous côtés une quantité de personnages se livrant aux plaisirs de la danse. Bois. Seize pouces sur vingt-cinq.
ADRIEN VAN DE VELDE. La Ferme de Harlem : sur le devant de la scène, composé de terrain sablonneux , un valet, vu de face et portant un seau, s'entretient avec une servante qui est occupée à traire une vache; à droite, deux autres vaches couchées, et une troisième debout; à gauche, plusieurs poules, un coq et deux cochons attirent successivement le regard du spectateur; deux chaumières entourées de planches forment d'un côté la composition. Toile. Vingt pouces sur vingt-trois. 9,010 fr.
BOUTON. Charles-Edouard : aprèà avoir fait de vaines tentatives pour remonter sur le trône de ses aïeux, le malheureux Charles-Edouard Stuart, dont la tête était mise à prix, fut contraint de se réfugier dans les montagnes d'Ecosse, sous les habits d'un montagnard; ici, nous le voyons caché dans les ruines d'un ancien monastère , et le moment du sujet est celui où mademoiselle Macdonnal découvre sa retraite et lui apporte des secours. Toile. Soixante-six pouces sur cinquante. 6,100 fr.
GREUZE. La Laitière : une jolie laitière ayant la tète couverte d*une coiffe de batiste^ un fichu de gaze un peu en désordre sur son sein, et un tablier blanc devant elle^ s'appuie du bras gauche sur le cou d'un cheval qui est chargé de ses cruches^ et tient de la main droite le vase dont elle se sert pour mesurer son lait. Figure un peu plus qu'à mi-corps et de grandeur naturelle. Toile^ forme ovale. Cinquante-neuf pouces sur trente-cinq. 7,210 fr.; Laneuville.
La Laitière est aujourd'hui à Paris ^ dans un des salons de M. de Rothschild, et^ puisque l'occasion s'en présente^ nous citerons ici ce que nous avons écrit, au sujet de ce tableau^ dans. une note de V Histoire des peintres :
« ... Entre ces deux Cuyp sont rangés symétriquement trois tableaux d'un grand prix. Au centre, la Laitière de Greuze, morceau vraiment admirable et dont rien n'approche » si ce n'est ia Cruche cassée du Louvre. Quelle adorable créature t Nous sommes sans doute à Tépoque où la reine de Trianon s'en allait par les avenues, déguisée en chapeau de paille^ cotillon simple et souliers plats. Mais n'est-ce pas là mademoiselle Babuti, qni, avant d'épouser Greuze^ fut aimée par ce Tou de Diderot? La Naïade ingénue du quai Conti est maintenant une laitière accorte, venue à la vie, l'œil plein de tendresse, la bouche remplie d'amour; au lieu de cette cruche qui, à force d'aller à Veau, se cassa, elle tient dans' sa main fine et légèrement potelée une botte en fer-blanc, tandis qu'un de ses bras s'appuie sur le cou du cheval breton qui a ramené sans encombre à la ville la jolie Perrette à la peau blanche eomme ses jattes de crème, Perrette avec ses pensées de jeune fille et ses rêves de fermière, bâtissant sa rustique fortune et imaginant dans sa tète tout le bonheur que promettent ses beaux yeux et ses épaules négligemment découvertes. Oui, la grâce de ce morceau est incomparable. »
La Dormeuse : une jeune fille qui s'occupait à tricoter s'est endormie sur sa chaise^ son tricot à la main. Demifigure à peu près et de grandeur naturelle. Toile. Vingtquatre pouces sur vingt. 3,100 fr.; Henry.
DE FO R B 1 N , directeur général des musées de France. Inès de Castro. Ce beau tableau nous ofire le corps de la malheureufte Inès de Castro, déterrée et couronnée quelques
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jours après sa mort dans le cloître de Tabbaye d'Âlcobaca, en Portugal, par don Pèdre, son époux. Effet piquant de lumière. Toile. Cinquante -quatre ponces sur soixantedouze. 6,100 fr.
HERSENT. Daphnis et Chloé : la scène se passe dans un réduit solitaire appelé la Grotte des Nymphes; Chloé, en s'y baignant 9 a marché sur une épine qui lui est entrée dans le pied ; le tendre berger l'a conduite aussitôt sur la rive, et là, assis près d'elle, il est occupé à la soulager, en lui ôtant Taiguillon qui la fait souffrir; le pied de Chloé repose sur un des genoux de son amant, qui la soutient de son bras gauche, en le lui passant autour du corps. Toile. Vingt-trois pouces sur dix-sept. 4,100 fr.
LAURENT. Cendrillon chaussant la pantoufle de verre que ses deux sœurs viennent d'essayer inutilement. Bois. Dixsept pouces sur quatorze. 5,320 fr.
Ce tableau^ dit le Catalogue, fut exposé au dernier Salon, sous le n» 700, et valut de justes éloges à son auteur.
PRUD'HON. L'Assomption de la Vierge. Ce tableau, où brille d'une manière éminente le beau talent de Prud'hon, est la première pensée de celui qui a été exposé, en 1819, au Musée royal des arts. Toile. Onze pouces sur sept. 956 fr.; Henry.
Sujet allégorique : le Génie des arts, accompagné de Minerve, s'élève au séjour de Tlmmortalité. Toile. Dixhuit pouces sur treize. 900 fr.
Autre sujet allégorique : THymen, suivi de la Vertu, se laisse entraîner par le Plaisir, qui est ici figuré par une jeune fille, sur les pas de laquelle TAmour répand des fleurs. Toile. Dix-huit pouces sur treize. 1,205 fr.
RICHARD, de Lyon, La Distribution de lait : Madame Elisabeth de France, sœur du Roi , assiste à la distribution de lait qu'elle faisait faire journellement dans sa maison de Montreuil ; madame de Bombelle et madame de Raigecourt, honorées de Tamitié de cette princesse, la secondent dans ses œuvres de bienfaisance. (Livret du Salon (le 1817.) Madame Elisabeth, dit encore ce Livret,
avait fait venir de Fribonrg un vacher nommé Jacques, pour soigner ses vaches; ce jeune garçon , loin de son pays, s* affligeait au souvenir d'une Suissesse qu'il avait eu dessein d'épouser : madame Elisabeth manda la jeune fille, en fit sa laitière, et couronna la constance de ces bonnes gens par leur mariage. Toile. 2,400 fr. VAN D A E L. Bouquet de fleurs : elles sont arrangées dans un vase d'albâtre posé sur un mur à hauteur d'appui, mariées avec goût et de manière à faire ressortir. Tune par Pautre, la couleur qui leur est particulière. Toile. Quarante-huit pouces sur trente-six. 6,300 fr.
CORNEILLE VAN SPANDONCK. Autre Bouquet de fleurs , où Ton remarque encore toute la fraîcheur et tout réclat de la nature. Toile. 2,550 fr.