IMPRIMEUR
TABLEAUX VENDUS A P^RIS. — DELBËRGUE-CORMONT, COMMISSAIRE-FRISEIR; FRANCIS PETIT, EXPERT.
Nous avons imprimé, en tète de ce Catalogue, quelques réflexions qu'on nous permettra de reproduire ici :
Ils seraient bien malheureux, les amateurs, s'ils avaient tous le môme goût et si aucun d'eux n'en devait changer. Quelle que soit sa fécondfté, le génie de Part ne suffirait point à satisfaire lehrs désirs, ou conune on disait autrefois, leur curiosité. Pour ne parler ici que de peinture, la possession des tableaux que tout le monde . ■ poursuivrait d'une égale ardeur, deviendrait le plus cruel des
privilèges. Heureusement qu'il n'en est pas ainsi, et que, pour répondre à Tinfinie variété des productions de Tart, il y a une infinie variété de curieux. Le»- uns n'aiment que les anciens, et, parmi les anciens, ils recherchent seulement telle nation, telle école; les autres ne s'attachent qu'aux modernes, soit parce qu'ils ont fait leur éducation dans nos ateliers de peinture, soit parce qu'ils ont ainsi la certitude qu'on ne. pourra les tromper, et qu'ils auront pour leur argent des Decamps bien véritables, des Diaz ou des Tassaert bien authentiques, d'iucontestables Troyon. des Rousseau signés de sa propre main.
Et non-èeulement les amateurs sont séparés entre eux par les plus fines nuances du goût, mais chacun d'eux est sujet aux variations de sa propre manière de voir. Loin de les en blâmer, il faut au contraire s'en réjouir; car c'est bien assez que tant de chefs-d'œuvre fameux soient immobilisés dans les grandes galeries de l'Europe et dans certaines collections privées de TAngleterre, sans que tels ou tels morceaux moins célèbres, mais encore précieux, soient emprisonnés dans l'inamovible cabinet d'un amateur trop fidèle à ses penchants. Le divorce doit être permis, même pour les mariages d'inclination. Eh! combien de gens épouseraient avec passion un tableau de cabinet, *alors que ce tableau a fatigué l'enthousiasme de l'amateur qui le découvrit un jour, et le mit sous son bras avec des transports d'admiration! Tel mets délicieux dont nous sommes saturés ferait la joie d'un autre gourmet. Laissons donc II. 88
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les objets d'art changer de mattre, car à ce mouYement des choses personne n*y perdra, ni les curieux auxquels un connaisseur délicat va livrer en un jour le fruit d'une recherche qui a duré dix ans ; ni les artistes qui , par la circulation de leurs ouvrages, verront s'augmenter la clientèle de leurs admirateurs; ni celui qui trouvera dans la vente de son cabinet ^t quoi t'en •ompotar un nouveau, car le vendeur d'aujourd'hui sera l'acheteur de demain : ainsi va la vie.
Les amateurs verront figurer àama cette vente les plus estimés et le plus charmants de nos maîtres contemporains, des peintres dont le talent leur est familier : Bonnington, Corc*, Jules Dupré, Fran çais, Jacque, Rousseau, Troyon, Charlet, Garami, Marilhat, Boqueplan, Jules André, Picon, et le Diaz d'autrefois, celui qui pénétra un jour dans les jardins enchantés du' Sérail et nous en rapporta tous les trésors, femmes et bijoux. On se disputera aussi ^ deux peintures de la puissante main du grand Géricault; des pâturages de Goignard et de Daubignf ; un Canal de ce bon Joyant, que son lumineux pinceau avait naturalisé Vénitien; des fusains de Bon vin et de Yillevieille; une Caravane de Gnignet qu'on prendrait pour un Decamps; un ravissant moree.iu de ce pauvre Achille Giroux, qui peignait si bien les chevaux de halage et qui n'en peindra plus ; deux paysages de Lambinet et d'Eugène Lavieille; des sujets de genre par Darcy, J*ezous, Tesson, Tabar; deux jolis tableaux de fruits et de fleurs par II. A. Bauderon, et enfin trois ou quatre Tassaert pleins de sentiment, et dont l'un nqus montre, bercé par la poésie des rêves, dans les régions de Pidéal, ce peintre excellent que j'appellerais autrement le Prudhon des pauvres.
Mais parmi ces maîtres aimables» aimés et connus de tout le monde, il est un artiste qui se produit aujourd'hui avec infiniment de distinctioA au grand jour de la vente publique, c'est M. Eugène Tillain. Qu'il nous soit permis d'attirer l'attention de nos confrères en curiosité, sur ce jeune homme qui voit la nature si naïvement et si juste, qui a la touche si ferme et si franche, et qui, dans un genre qu'a illustré Chardin, est déjà si remarquable par la vérité de l'observation, la sobriété de la manière, et la discrétion des accessoires. Sans sortir des modestes motifs de l'Intérieur de ferme «ft des petites scènes de famille, M. Villain a su varier ses tableaux, et saura, nous le croyons, intéresser les acheteurs par son Repas de paysan , sa Servante bretonne, sa Lecture , sa Ménagère , son Livre d'images, ses appétissants Déjeuners, ses savoureux Desserts, et enfin par ces frais Bouquets «le flpurs qno nons appelons si impro-
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ptement des nùhtfes mortes, et qui vivetit deii* foiâ, au contraire^ un Jour dans la nature^ un siècle sur la toile.
A. BAUDERON, Fleurs et Fruits. 200 fr.; Pascaud.
Fruits. 27 fr.
BONNINGTON. Côtes de Normandie ; eflfet du solciL 300 fr.; David Michau.
Au Bord de la mer ; effet de ciel après Forage. Étude. 401 fr.; La Rochenoire.
GOTQNARD. Pfttorage lé matin (réduction du tableau qui est au musée du Luxembourg). 205 fr.
JULES DUPRÉ. Intérieur; nature morte. i50 fr.; Charles Blanc.
FRANÇAIS. La Vallée des Aqueducé^ près Tivoli, joli petit tableau. 100 fr.
Vue prise à Bougival. 100 fr.
GËRICAULT. Cheval à Técurie. 545 fr.; David Michau. Tête d'Homme. kO fr.
J A C Q U E. Basse-cour en Normandie. 1 65 fr. Porcs. 120 fr.
THÉODORE ROUSSEAU. Paysage; effet du soir. Ce tableau a été gravé par Mai^y. 620 fr.| de Loustal. Eorét de Fontainebleau. Étude. 85 fr.; de Loustal.
TROYON. Effet de Soleil couchant. 305 fr.; Charles Blanc.
OCTAVE TA8S AERT. Renaud dans les Jardins d'Armide. 410 fr.; Pascaud.
Un Rêve de jeune fille : endormie dans un bois, elle se voit lutinée et déib^billée par des Amours. 500 fr.
Les Pauvres Filles dans \é bois. 300 fr.
Rêve aux Amours. 115 fr.; de la Rochenoire.
VILLEVIEILLE. L'Orage. 95 fr.
Route de Nohant : on aperçoit sous les arbres Thabitation de madame George Sand. 82 fr.
La Campagne le matin ; effet de printemps. 490 fr. Vue prise à Marcoussis. 70 fr.; La Rochenoire.
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EUGÈNE VILLAIN. Le Livre d'images. 490fr.;Desperret. Le Repas du paysan. 240 fr. FiFle de ferme. 120 fr. Servante bretonne. 180 fr. La Lecture. 150 fr. Intérieur breton. 400 fr. La Ménagère» 230 fr. LeDéjcMiner d'huîtres. 120 fr. Le Déjeuner de fruits. 390 fr. Dessert de pâtisserie. 95 fr.
G A VA R N I. a Les mystiques ! les stylistes ! les coloristes ! . • . des bêtises. Moi, la nature, et v'ià tout, p Aquarelle. 135 fr.; Duplessis. « Que va donc faire... le sire de Franc- Boisy? x> Aquarelle. 76 fr. a La prit trop jeune... bientôt s'en repentit. 80 fr. »