II. t
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Jésus-Christ en croix entre les deux larrons. La marque est dans le bas, près du trait carré. Non décrite. Estampe très-rare, belle. 80 fr.
MARTIN SCHCËNGAUER. La Passion de Jésus-Christ Suite complète. Les n^' i% 13, 14, 18, 19 et ^ superbes; les autres faibles. 500 fr.
Le Portement de crofx. Pièce capitale. Estampe trèsrare, superbe. L'angle supérieur droit, qui heureusement doit être blanc, a été déchiré et manque. 305 fr.
Jésus-Christ à la croix. Estampe superbe et bien conservée. 270 fr.
La Mort de la Vierge. Estampe belle, mais un peu fatiguée. 260 fr.
Saint Antoine. Une des pièces les plus estimées du maître. Très-rare, superbe et bien conservée; avec les témoins du cuivre. 540 fr.
Dieu assis sur le trône. De toute beauté et parfaitement conservée. 250 fr.
Jésus-Christ à la croix : la sainte Vierge est à gauche, et saint Jean , vu de trois quarts, à droite; le monogramme est au milieu du bas. Non décrite. Belle estampe, 80 fr.
MARTIN ZAGEL. La Vierge, 1501. Belle, 38 fr.
La Décollation de sainte Catherine. Rare, belle, mais déchirée en plusieurs endroits, et raccommodée. 19 fr. 50 c.
Le Grand Bal, 1500. Pièce capitale et extrêmement curieuse. Estampe très-rare, belle; de petites déchirures sans importance sur les bords. 31 fr.
Le Grand Tournoi, 1500. Pièce capitale. Estampe trèsrare, très-belle et bien conservée. 41 fr.
L'Embrassement, 1503. De toute beauté et parfaitement conservée. 210 fr.
Les Deux Amants. Assez belle. 19 fr.
La Pensée de la Mort. Assez belle, légèrement rognée. 20 fr. 50 c.
Le Mari subjugué. Superbe. 35 fr.
1865 BARHOILHET. B9S
BARROILHET
TABLEAUX VIlfDUS A PARIS. — POUCHST, COIOIISSAIRE-PRISEUR; TRAKCIS PETIT^ EXPERT.
Nous avons écrit pour ce Catalogne une Préface en foime de lettre, ainsi conçue :
A M. BARROILHET.
Mon cher ami.
Vous me demandez de rédiger le Catalogue de vote belle collection de tableaux modernes. Vous voulez donc la vendre^ Et pourquoi? Pour vous ménager , dites-vous , le plaisir d*en former une nouvelle ? Mais les nouveaux amis, vous le savez, valent biea rarement les anciens, et ne devez-vous pas les regarder, en effet, comme d'anciens amis, ces tableaux qui vous ont procuré de si vives impressions, quaud vous les avez distingués dans les ventes, choisis dans les ateliers, et qui, depuis douze ou quinze ans, compagnons assidus de votre fortune, ont assisté à vos triomphes d'artiste, ont tant de fois renouvelé vos joies d'amateur?...
Qu'espérez-vous? que plus tard vous rencontrerez des Bonington plus fins que les Environs de Quillebœuf? des Diaz plus brillants que y Adieu, mieux réussis que les Trois Hêtres, ou que les Chiens de la vente Collot? de plus vaillants Jules Dupré que son Intérieur de Forêt? des Decamps plus résolument empâtés, j'allais dire plus solidement crépis que les vôtres^ Prenez-y garde, je doute que Troyon peigne jamais des animaux plus robustes, mieux enveloppés d*air, mieux baignés dans la lumière du jour que ses Bétes au Bepos, Du moment où il s'est mis à étudier les modèles de Paul Potter, il les a compris et vus à sa manière, moins naïvement sans doute que le peintre hollandais, avec moins de précision et de fermeté dans le détail, mais avec un sentiment de largeur, de force et de plénitude, qui me rappelle les magnifiques troupeaux d'Albert Cuyp dans leur gras pâturages. Pour ce qui est de Rousseau» je suis sûr qu'il en conviendra lui-môme : vous avez ses plus beaux ouvrages, ceux qu'il a composés avec le plus d'art, et peints avec le plus de soin, le plus d'amour. Je me souviens de l'avoir vu travailler à son Site d Auvergne : il le
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tenninait chez lui, après l'avoir ébanché et ayancé sur place^ en pleine campagne , les pieds dans l'herbe humide et sons le cieL Un jour, ce ciel derint orageux comme vous le voyez là; il s'y mêla comme des teintes de plomb , majs si minces, si Anes, si transparentes encore et si singulières, que Rousseau crut les voir pour la première et la dernière fois, et se hâta d'en saisir l'insaisissable nuance, pensant que de pareils nuages ne se reproduiraient plus; car le firmament, dit-il, ne se répète jamais. Ce ciel étonnant lui donna la gamme de son paysage et tout l'ensemble s'éclaira de cette lumière étrange qui précède les grandes pluies, lumière froide, grise, blafarde, si fausse dans la nature, mais si vraie dans le tableau ! Aussi, vous sentez courir, parmi ces arbres, le frisson de l'orage. Vous voyez le coteau se détacher en clair sur le ciel, certains arbres retourner leurs feuilles dont la blanc d'argent s'enlève également sur les nuages. Toutes les nuances du vert sont employées, mêlées, fondues, glacées l'une par l'autre, et Tunité de Taspect se retrouve ainsi dans la variété du ton. Rousseau et Jules Dnpré sont les premiers qui aient recherché le blond dans la nature. On avait longtemps préféré les teintes automnales, les arbres roux, les feuilles mortes. Eux, ils ont visité la campagne au mois de mai. Ils sont sortis de leur atelier six mois avant les autres. Ils n'ont pas craint les quolibets connus du bonrgeois sur le plat dépinards; ils ont osé le vert. Et ce délicieux petit tableau que vous appelez Après l'Orage, Rousseau l'a coloré comme le bon Dieu colore les prés et les bois, quand la pluie a lustré les feuilles et qu'on les voit briller conmie du taffetas vert.
Il est, croyez-moi, dens la vie d'un artiste des veines heureuses, des inspirations rapides, passagères, qui ne lui viennent qu'une fois; il y a des bonnes fortunes de pinceau comme il y a des bonnes fortunes de style et de voix. Et cela est vrai des plus grands peintres, des plus savants, des plus dignes, de ceux qui marchent d'un pas sur à la clarté des principes, en vertu de l'idéal secret qui les meut. Prenez l'œuvre de M. Ingres, vous y trouverez des compositions mieux inventées que d'autres, parfois des accès de couleur, des effets que la gravité du peintre s'est pardonnes, vous verrez qu'il a eu ses bons jours. Il en est de même, à plus forte raison, de nos paysagistes, de ces peintres que préoccupe le ton de rheure présente, que conduit leur fantaisie, et qui se laissent impressionner si vivement par les mobiles phénomènes de la Inmière. Certainement Jules Dnpré était dans toute sa verve quand il fit son Grand Chêne, La nature est interprétée ici avec nn
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enthousiasme qui entraîne le peintre. Je crois Ini entendre dire ce qu'il me disait un jour : « Voyez comme ce chône est solennel ! » Et il semble^ en effets qu'il ait voulu le faire paraître plus grand encore par la petitesse des animaux qui passent à ses pieds. Mais quels beaux tons! quel éclat dans cet Intérieur de Forêt l La peinture y est poussée à son dernier degré d'intensité et de puissance. Une sorte de fièvre s'est emparée de l'artiste, il a monté sa couleur, exalté les tons des écorces, le vert des feuillages, l'outremer du ciel ; il a fait chatoyer les pelages blancs, roux et fauves de ces belles vaches qui enfoncent dans un terrain humide et gras. Enfin, ce qui était brillant dans le paysage est devenu éblouissant dans le tableau ; et si j'étais tant soit peu musicien, je dirais que le peintre a* chanté d'une octave plus haut que la nature.
11 y a quelques jours, j'entrai précisément dans les bureaux d'un journal de musique, et la conversation tomba sur vos tableaux. Un critique émérite fit observer qu'il y avait des musiciens colo' ristes et des musiciens dessinateurs; que tel professeur de contrepoint était plutôt un maître du dessin, et tel symphoniste un maître de la couleur. Je m'explique maintenant pourquoi vous avez des Watteau, des Delacroix , des Decamps, des Isabey , des Diaz.* Vous voilà, mon ami, atteint et convaincu d'être un musicien coloriste... Vos Delacroix? ils sont des meilleurs, et je vous le dis sans flatterie; ses Chevaux de ferme ont la finesse et le charme d'un Bonnington en même temps qu'on y retrouve le mâle souvenir de Géricault. Mais VArchimède est un morceau précieux où brillent toutes les qualités du peintre. Quel saisissant contraste entre la férocité inepte du soldat romain qui se précipite pour tuer un homme intelligent, et la méditation tranquille de l'immortel géomètre qui, après avoir défendu Syracuse, songe encore à la sauver quand déjà elle est prise ! On aime à voir la peinture nous retracer de préférence les grands traits de l'histoire de l'humanité.
Aussi bien, les sujets qui intéressent l'esprit profitent toujours à l'artiste. Ce n'est pas à dire pourtant qu'il faille mettre partout, et à tout prix, une intention de philosophie, nne pensée comme le veulent les professeurs. Assurément, les allégories de Couture sur l'amour de l'or, sur la puissance de l'or ne nous apprennent pas grand'chose, et malheureusement ne convertiront personne. L'énergie de la touche et l'excellence de la pâte n'empêcheront pas l'idée de rester banale. Mais si Couture vient à exprimer la tristesse d'une grande tragédienne, au moment où elle ôte son masque et jette un regard indifiérent sur les bouquets de son triomphe... voilà qui sollicite aussitôt notre attention. Le monde se figure volontiers que
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le comédien demeure sombre qnand il grimace le rire, et qa^l pent garder sa sénérité intérienre quand U déclame les pins sinistres alexandrins. Mais ce qui est imprévn, c'est de nous montrer nne Rachel en deuil après la tragédie, c'est-à-dire la réalité plus émouvante que l'apparence, Tàme plus triste encore que le masque. Oui, le sujet est ponr beaucoup dans les succès de l'art, et croyez bien qu*une simple étude, si bien peinte qu'elle fût, ne nous attacherait pas autant que la tète du Conventionnel de Couture, cette tè^ pensive, empreinte d'un noble fanatisme et toute pâle des dangers de la patrie. Sans même voir le costume, on derinerait qne cette belle figure est celle d*nn membre des grandes assemblées,
. et qu'elle reparaîtra dans le tableau des Enrôlements volontairet den.
S'il m'était permis de vous donner un conseil, je vous dirais : Vendez votre collection, s'il le faut, mais du moins, gardez quelques échantillons de nos maîtres, et les meiUeurs. Conservez cet Alchimiste dlsabey, si adroitement touché, si prodigieusement fin, si mystérieux dans son effet rembranesque ; ne cédez à aucun prix la Cabane de Pécheurs qu'il peignit, je crois, pour la duchesse de Berry. Sa peinture était alors plus sobre qu'aujourd'hui, et plus vraie. Sa lumière était- moins éparpillée, sa manière plus discrète. N'allez pas vous défaire des Trois Ages de Cabat; c'est le tableau qui fit sa réputation, alors que l'on commençait à se fatiguer des paravents que la dignité du paysage avait fait accepter. Cachez soigneusement cette belle Napolitaine de Charpentier, au regard si profond, si rêveur et si doux, car si l'expert la voyait, il voudrait absolument la faire entrer dans la vente. Passe encore pour ce joli Bouquet de Coquelicots: l'auteur vous en fera d'autres; va pour la Basse-cour de M. Couturier : c'est un jeune homme dont le talent s'achèvera et que nons retrouverons. Laissons partir aussi, puisque vous*le voulez, la Nature morte de AI. Hoguet : vous vous dédommagerez en lui achetant une de ces marines septentrionales qu'il peint d'une main si sûre, d'un ton si léger. Séparons-nous enfin, j'y consens, de la Vue de Venise de M. Ziem, à la condition d'aller choisir un autre grand canal et d'autres palais de mari)re chez ce moderne Canaletto, plus maître de Venise que ne le furent les doges.. f Mais je vous demande grâce pour la Consultation de Meissonnier, jolie miniature de Metsu, petit diamant qni n'est pas encore entièrement poli; grâce pour ce Paysan Italien de Palizzi, qui a tant de style et d'élégance involontaire sous ses haillons; grâce pour la Vanne de Fiers, tableau frais et tranquille, tout plein d'une lumière qui semble tamisée par mi store. L'heureux homme
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de trouyer antant de channê à des motifs si simples et de nous en faire trouver autant à nous-mêmes! Et les Laveuses de Decamps et son Chenil? Nem'accorderez-vous pas unfe exception pour ces deux là? Vous savez à quel prix sont les Decamps : une portée de petits chiens grouillant autour de leur mère, une muraille maçonnée de couleurs, une laveuse au ruisseau, un Turc au soleil se vendent maintenant des prix énormes et qui finiront par devenir inabordables.
Vous vous rappelez sans doute ce que disait Eugène Delacroix du tableau que vous possédez de Tassaert. Eh bien, oui, c'est un chefd'œuvre de naturel, de sentiment, de grâce naïve. Une pauvre petite flUe pleurant son lapin qu'on a tué , tourne ses regards humides vers son chat qui se dresse sur ses pattes, comme pour demander sa part de la victime, de sorte que la petite fille est tout embarrassée dans sa douleur, entre son lapin mort qu'elle pleure, et son chat vivant qu'elle aime. N'espérez pas, mon ami, remplacer jamais ce précieux morceau, aussi bien exécuté qu'il est bien senti; car la touche en est franche, simple, sans exagération, sans aucune de ces roueries de procédé dont on use, dont on abuse tant aujourd'hui.
Mais, je le vois bien, le sort en est jeté, vous avez pris résolument votre parti, vous allez exposer tous vos tableaux modernes aux coups de l'impitoyable et intelligent marteau de M. Ridel. Ah! puisqu'il en est ainsi, faites-moi une concession dernière : contentez-vous d'envoyer à la criée les tableaux des peintres vivants. Après tout, Diaz n'a pas encore épuisé son écrin, Jules Dupré est plein de vie et Delacroix plein de verve, Troyon a recouvré toute sa vue, et il a encore pour la nature les yeux d'un amant; mais Géricault, Prudhon, Chardin, Fragonard, Léopold Robert, Bonington, Greuze, tous ces illustres morts, qui vous dit qu'un jour vous n'aurez pas un regret cruel de les avoir sacrifiés à la célébrité d'une vente? Peut-être me répondrez-vous qu'on trouve encore des Géricault? Mais est-il facile d'en trouver d'aussi beaux que cette image stoïque de la guerre qu'on appelle la Vedette? On dirait d'une statue équestre de bronze. Le cheval est dans l'eau jusqu'au boulet; il est immobile coname son cavalier et ne fait qu'un avec lui. Quel étonnant caractère a su imprimer le grand artiste à une simple figure de hussard ! et quel fond ! Le soleil va bientôt disparaître deiTière la colline; mais la vedette impassible demeurera ferme et silencieuse à son poste, sans craindre ni la nuit ni la mort.
Qui vous dit, je le répète, que vous aurez la chance de rencontrer
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une autre fois ^ dans le cours de yotre vie, deux Pmdhon comme ceux que vous allez montrer à tout Paris? Deux Pmdhon! mais combien de cabinets, et des plus riches^ n'en possèdent' pas un seuil Si TOUS en exceptez lord Hertford, le marquis Maison, M. Marcille, M. .de La Salle, nos amateurs les mieux dotés, les plus en Tue, les Rothschild, les Sellières n'ont pas de Prudhon. Vous n'en verrez ni chez M. de Morny, ni chez M. de Pourtalès, qui n'a que le beau dessin d'Hélène et Paris , ni chez M. Lacaze. M. Carrier lui-môme, qui fut l'ami de Prudhon, n'a plus qu'une sublime estompe rehaussée de blanc, le portrait de la femme qui fat aimée du grand peintre. Et par un bonheur inouï, vos deux tableaux sont différents de couleur, de sentiment, de manière. L'un, la Visite au Tombeau, est dans le ton clair de lune, l'autre VEnlèvement de Psyché par les Zéphirs, dont M. Marcille possède un admirable dessin , est peint dans un ton chaud, clair, doré, comme le plafond du Louvre et le Zéphir. Le premier est empreint d'une mélancolie profonde. On y voit une femme éplorée, qui ne peut détacher ses regards d'une tombe agreste, marquée par une croix. Elle est vêtue d'une bngue robe blanche, et elle apparaît ainsi, comme un lanlôme, dans un paysage mystérieux, fermé, sans aucun ciel, et où Ton ne voit que la racine des arbres; sa tète est dans l'ombre, éclairée par un reflet de la lune. C'est une muette élégie, plus pénétrante encore que' celles que soupirent les poètes... Au contraire , le second tableau est une image heureuse et souriante, une inspiration d'amour. Psyché, endormie, est enlevée par les zéphirs , sans que le frôlement de leurs ailes trouble son sommeil. Elle s'élève ainsi , caressée par leurs tièdes haleines , et sans doute bercée par les plus doux songes, en attendant que les baisers d'un dieu la réveillent et lui fassent éprouver uu tressaillement inconnu. Prudhon est le seul peintre qui ait senti la grâce de la fable antique. Lui seul pouvait mêler tant de volupté à tant de pudeur; lui seul pouvait peindre une divinité assez belle pour être aimée de l'Amour... Non, je ne connais rien de supérieur à cette peinture dans l'œuvre de Prudhon ; la touche en est suave comme la pensée, et toutefois le pinceau a conservé sa liberté, sa fraîcheur. Le maître, après avoir peint le même sujet de grandeur • naturelle, a fait, comme toujours, un petit tableau de sa grande composition '.-Celui -ci n'est pas seulement une esquisse terminée, c'est un morceau fini amoureusement. Les nus y sont d'une rondeur, d'une délicatesse admirables, et d'un empâtement exquis;
I. Le grand tableau de VEnlèvement de Peyché est ai]\)Oiird'hui en Angleterre.
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on y découvre de ces demi-teintes bleues qui sont la signature même de Prudhon.
Souffirez maintenant^ mon cher artiste^ que nous jetions un dernier regard sur trois ou quatre toiles qu'il me sera bien pénible de ne plus revoir chez vous. Laissez-moi dire adieu à notre Chardin^ qui sait arranger des tableaux pleins de saveur, avec un violon, une vielle, une flûte et un cahier de musique. En voici un qui fera ouvrir de grands yeux à M. Lacaze, qui a le monopole des beaux Chardin... Un coup d'œil encore à VHeureuse Mère de Fragonard, scène de Greuze éclairée par un rayon imprévu de la lumière de Rembrandt; à la Dormeuse de Boucher qui provient, si j'ai bonne mémoire, de la vente Cypierre. et à cette Natade da Watteau, qui est le portrait en buste de Madame de JuUienne. Le peintre l'a représentée sous la figure d'une nymphe aimable, qui a profité de roccasion pour montrer ses magnifiques épaules , ses beaux bras, et qui, mollement appuyée sur son urne penchante.
Son rit an bruit flatteur de son onde naissante.
Savez-vous quil est très-rare de rencontrer des Watteau de grandeur naturelle, et surtout des figures comme celle-ci, qui est vraiment digne de Rubens? Ah ! les belles choses ! Je ne saurais prévoir à quels prix monteront tous ces tableaux, et, franchement, je vous abandonne ce genre de préoccupation; j'ignore si les Vidal et les Roqueplan seront payés aussi cher qu'ils méritent de l'ôtre; mais je vous prédis que V Embuscade d'Horace Yernet aura un succès considérable. Il y a là une certaine vérité triviale, mais frappante, qui s'empare irrésistiblement du public ; et puis, le sujet est bien intrigué, le moment bien choisi : un carabinier du pape, embusqué derrière un buisson, ajuste un brigand italien que sa maltresse a trahi. Je ne sais si le gendarme manquera son coup, mais le peintre n'a pas manqué le sien.
En désespoir de cause, si vous n'étiez pas à la veille d'une vente publique, je vous conjurerais d'en distraire au moins Y Intérieur d'Église de Léopold Robert. Je sais que M. Auger, l'académicien, l'acheta au peintre lui-même, à Rome, et que le tableau représente une des nels de la basilique de Saint-Laurent-hors-des-Murs. Ce tableau est comme un Pierre de Hooghe, mais grave, héroïque et d'une tristesse solennelle, bien qu'il soit inondé de lumière. Un prêtre dit la messe à une chapelle solitaire; pas d'autres assistants que deux figures effacées dans l'ombre du premier plan. Ces deux figures servent de repoussoir et font fuir la nef jusqu'à une porte de l'église, donnant sur la campagne de Rome, à perte de vue. U
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me semble que lorsqu'il peignit cette église silencieuse, Tartiste était gagné déjà par la mélancolie qui le fit mourir. Pas d'exception, dites-vous, les amateurs n'en yeulent point. — Eb bien, n'en parlons plus et que la fortune soit avec vous. Une consolation me reste : c'est d'aller à votre vente pour y marquer, sur le catalogue, le prix de chacun de vos tableaux et le nom des acquéreurs, puis d'ajouter cette dernière notice à un livre que j'achère en ce moment. Ce livre, résumé de mille catalogues environ que j'ai eu la patience de dépouiller, sera im vaste répertoire de tous les objets d'art remarquables qui ont paru dans les ventes publiques depuis cent vingt ans (c'est-à-dire depuis la vente de la comtesse deVètrue jusqu'à la vôtre), avec les variations de leurs prix, et des indications intéressantes sur les vicissitudes de leur histoire. Je m'assure qu'un tel livre sera bien accueilli des curieux. Cest à leur intention, du reste, que je le fais imprimer. Aussi l'intitulerai-je, avec votre permission et la leur, le Trésor de la Curiosité, »
Paris, 15 février 1853.
BONNINGTON. Environs de Quillebœuf. Toile. Quarantedeux centimètres sur cinquante-deux. 1^500 fr.
CABAT. Les Trois Ages, paysage. Toile. •Trente-trois centimètres sur cinquante et un. 4,200 fr.; Febvre.
CHARDIN. Instruments de musique. Toile. Quarante-neuf centimètres sur quatre-vingt-quinze. i,990 fr.; M. Michd.
COUTURE. Le Repos. Toile. Trente et un centimètres sur quarante. 4^320 fr.; Van Isaker.
La Puissance de Tor. Toile. Vingtrquatre centimètres sur dix-huit. 590 fr.; H. Lehmann.
La Tragédie. Toile. Vingt-quatre centimètres sur seize. 400 fr.; Wertemberg.
Un ConvenlionneL Toile. Soixante centimètres sur quarante-huit. 580 fr.; Tardif.
L'Amour de l'or. Toile. Dix-huit centimètres sur vingtquatre. 4,000 fr.; Ferino.
DËCAMPS. Le Chenil. Panneau. Vingt^cinq centimètres sur trente-cinq. 2,500 fr.; Didier.
Laveuses. Panneau. Vingt-cinq centimètres sur trentedeux. 2,000 fr.; Gaillard père.
1855 BARROILHET. 60^
EUGÈNE' DELACROIX. Chevaux de ferme. Panneau. Quarante centimètres sur soixante-trois. 1^015 ft.; Loysel.
Archimède. Toile. Quarante-deux centinaètres sur trentequatre. 300 fr.> Michaud.
JULES DUPRÉ. Le Grand Chêne. Toile. Cent centimètres sur quatre-vingts. 2,000 fr.; F. Laneuville.
Intérieur de forêt. Toile. Soixante et onze centimètres sur soixante et un. 2^125 fr.; Couteaux.
Le Chariot. Toile. Trente-six centimètres sur quarantecinq, i ,000 fr.; Couturier.
Paysage. Toile. Quatre-vingt-dix centimètres sur cent seize. i,000 fr.j Thomas.
FRAGON ARD. L'Heureuse Mère. Toile. Cinquante-huit centimètres sur soixante et onze. 1,180 fr.; F. Laneuville.
GÉRICAULT. La Vedette. Toile. Trente-quatre centimètres sur vingt-six. 1,000 fr.; Mercier.
PALIZZL Paysan italien buvant à une source. Toile. Cinquante-cinq centimètres sur trente-neuf. 590 fr.
PRUDHON. La Visite au tombeau. Toile. Vingt-trois centimètres sur seize. 2,800 fr.; Delaporte.
Psyché enlevée par les Zéphyrs. Toile. Trente -deux centimètres sur quarante et un. 3,880 fr.; Demouly.
LÉOPOLD ROBERT. Intérieur de l'église Saint-Laurenthors-les-Murs de Rome. Toile. Quarante-six centimètres sur trente-cinq. 3,500 fr.; Cottier.
THÉODORE ROUSSEAU. Site d'Auvergne. Toile. Soixantetrois centimètres sur quatre-vingt-dix-neuf. 3,050 fr.; Couteaux.
Coucher du soleil à Fontainebleau. Panneau. Trente centimètres sur quarante-six. 1,140 fr.; Deshotels.
Après l'orage. Panneau. Vingt- trois centimètres sur trente et un. 1,300 fr.; Delaporte.
OCTAVE TASS AERT. La Jeune Fille au lapin. Toile. Cinquante-cinq centimètres sur quarante-cinq. 2,000 fr.
604 BARROILHET. 1855
La Sortie du bain. Toile. Vingt-trois centimètres sur dix-huit. 345 fr.; Werlemberg.
TRO YON. Le Moulin; soleil couchant. Toile. Cinquante-cinq centimètres sur quarante-cinq. 4,540 fr.; Michaud.
Bétes au repos. Panneau. Trente centimètres sur trenteneuf. 4,480 fr.; Wertemberg.
Le Retour à ta ferme. Panneau. Quarante -six centimètres sur trente-sept. 560 fr.; Diaz.
Paysage et animaux. Panneau. Trente et un centimètres sur quarante. 860 fr.; Michaud.
La Petite Gardeuse d'oies. Panneau. Vingt-six centimètres sur vingt et un. 930 fr.; Daubigny.
HORACE VERNET. Embuscade et trahison. Toile. Quarante-neuf centimètres sur soixante. 3,200 fr.; Auguîot.
WATTEAU. Portrait de la marquise de JuUienne sous la figure de la Seine. Taile. Soixante-treize centimètres sur soixante-dix-huit. 2,700 fr.; Deshotels.