‹ Le trésor de la curiosité tiré des catalogues de vente de tableaux ..., Volume 2Chapitre 62 sur 274 · SUR LÀ VENTE DE LÀ GALERIE D'ORLÉÀHS · texte numérisé non relu

SUR LÀ VENTE DE LÀ GALERIE D'ORLÉÀHS

Le Régent mit vingt ans à former sa collection. Il chargea plusieurs artistes de chercher des tahleaux à l'étranger^ et il en reçut un assez grand nombre en cadeau , de princes ou de grands seigneurs qui voulaient obtenir sa protection. I^ galerie de la reine Christine de Suède, qui se composait de quarante-sept tableaux importants parmi lesquels on comptait dix Gorrège, avait été vendue, après sa mort, au duc de Bracciano, neveu du pape Innocent XI : le Régent Tacheta de ses héritiers.

Le Régent fit aussi l'acquisition de nombreux morceaux provenant des collections Richelieu, Mazarin et Dubois, de lord Melford, des ducs de Grammont , de Noailles et de Vendôme, du chevalier de Lorraine, et d'autres cabinets. Il paya les sept Sacrements du Poussin, 180,000 liv., l'Ange et saint Roch, d'Annibal Carrache, 20,000 liv., et le même prix pour le saint Jean dans le désert de Raphaël, dont Tauthenticité passait pour indubitable. Sa galerie 86 composait de 485 tableaux très -bien choisis et dans le meilleur état de conservation.

Le duc d'Orléans, fils du Régent, dominé par les scrupules d*une dévotion peu éclairée, ordonna que tous ceux de ces tableaux qui contenaient des nudités, fussent vendus ou détruits. La fameuse Léda fut la première sacrifiée et mise en morceaux, mais Coypel^ directeur de la galerie, les ayant recueillis, le tableau fut restauré et vendu, en 1755, 21,060 liv. au roi de Prusse, pour la galerie de Sans-SoucL

En 1792, le duc d'Orléans, Philippe-Égalité, vendit tous ses tableaux des écoles d'Italie et de France pour la somme de 700,000 liv. à un banquier de Bruxelles nommé Walkers, lequel les revendit 900,000 liv. à M. de Laborde de Méréville qui faisait bâtir pour les recevoir une superbe galerie dans son h6tel de la rue d'Artois, lorsquQja Révolution le fit émigrer en Angleterre avec sa collectioii.

Le duc d'Oriéans témoigna aussi l'intention de vendre ses tableanx

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des écoles flamande, hollandaise et allemande, et snr TonTertare qni loi fat faite par lord Rinnaird^ IIM. Thomas Moore, Slade, Morland et Hammersley^ s'associèrent ponr cette acquisition.

M. Slade arriva à Paris le jour de la fuite du roi ponr Vai«nnes ; il était porteur d'une lettre de crédit de 50,000 liv. sterl. sur MM. Perregaux et G«. L'ordre avait été donné d'ouvrir à M. Slade la galerie et de lui en faciliter Texamen. Quelques jours après, il fut invité par le duc d'Orléans à évaluer les tableaux et à lui faire une ofl^. Quoiqu'il représentât qu'il était contraire à l'usage que l'acheteur ftt un prix^ le prince insista et M. Slade soumit son évaluation, mais le prince, en la vojrant, entra en fureur, prétendant que M. Slade s'était entendu pour le tromper avec M. Lebrun, le directeur de la galerie, puisqu'il n'y avait qu'une différence de i0,000 livres «ntre les deux estimations. M. Slade eut beau protester qu'il ne connaissait M. Lebrun que de réputation, qu'il ne lui avait jamais parlé de sa vie, la négociation fut rompue. Le duc d'Orléans espérait alors relever sa fortune par les amis de son parti, peut-être même devenir Régent, et il ne voulait plus vendre sa collection sur laquelle il avait cependant emprunté une somme considérable. M. Sfade retourna en Angleterre.

Il avait à peine quitté la France lorsque lord Kinnaird l'informa que le duc avait perdu une somme considérable au billard avec M. de La Borde et que cette dette, jointe à d'autres, l'avait forcé de vendit ses tableaux italiens ; qu'il n'y avait pas de temps à perdre pour avoir les' tableaux flamands et hollandais.

M. Slade retourna à Paris. On lui demanda encore une estimation qui ne différa de celle de M. Lebrun que de 10,000 livres; il ofliit 350,000 liv. Son ottTQ fat acceptée ; un projet de traité M rédigé et il croyait tout terminé, lorsque le prince ayant appris qu'il pouvait obtenir une somme plus considérable de Vimpératrice de Russie, refusa de ratifier la vente, à moins qu'on ne lui accordât le bénéfice du change qui était alors très-favorable pour l'Angleterre. M. Slade y consentit, croyant que tous les obstacles étaient écartés; mais le duc avait perdu beaucoup de temps et éveillé l'inquiétude de ses créanciers, qui s'opposèrent à l'enlèvement des tableaux comme faisant partie du mobilier. M. Slade consulta un avocat, qui lui conseilla d'aller plaider sa cause à une réunion des créanciers, qui devait avoir lieu dans la grande salle du Palais- Royal. M. Slade soutint d'abord, mais sans effet, la régularité de son acquisition, enfin il menaça d'empêcher que les tableaux fussent vendus à un autre, et il fit entendre que, dans ce cas, les créanciers attendraient leur argent plus longtemps encore. Le jour

150 LE DUC D'ORLtAN?. 17M

suiTant^ il fat informé quil ponTait enloTer les tableaux à ses risques et périls^ et il les fit immédiatement transporter dans un magasin voisin du Palais-Royal.

Mais M. Slade n'était pas au bout de ses peines. Pendant qu'il faisait emballer ses tableaux > plusieurs personnes^ parmi lesquelles figuraient des artistes , Tentourèrent en disant que c'était une honte de laisser partir pour l'étranger une aussi belle collection; plusieurs s'informèrent de la route qu'elle derait suivre comme pour s'opposer à son départ. M. Slade avait dit aux emballeurs qu'il les expédiait par Calais, mais il les envoya par la Seine au Havre, d'où ils gagnèrent l'Angleterre pour n'en plus revenir! M. Slade avait alors à Cbatbom un emploi du gouvernement; il y avait lui-même une galerie de tableaux; il y fit mettre ceux qu'il venait d'acheter et les y montra aux amateurs pendant plusieurs mois y d'autant plus fier de son acquisition qu'elle n'avait pas été sans péril.

L'année smvante, la collection fut transportée à Londres, où elle fut exposée pour être vendue, et Ton peut se faire une idée de l'intérêt de oette exposition, par la recette de la dernière semaine, qui ne s'éleva pas à moins de 100 livres sterling par jour, quoique le prix d'entrée ne fût que d'un schelling. Les plus beaux tableaux furent enlevés en peu de jours. On distingua parmi les acheteurs, le duc de Richmond, le marquis de Lansdowne, les lords Carlisle, d'Ossory, Damley, Eardley, Gaiosborough , Dudley, Ward, Buckinghamsbire , Gower, la comtesse de Hardwick, le c^^mte de Brubl, le général Craig, MM. Beckford, Hardinge, Taylor, sir Philip Stevens, etc.

Voici quels étaient les principaux tableaux et les prix en argent de

France auxquels ils furent vendus ou estimés : Le Jugement de PAris, par Rubens. Ce tableau fut adjugé à lord Rinnaird; il est aujourd'hui à Londres dans la

Galerie nationale 52,500 fr.

L'Enlèvement de Ganimède, par Rubens j 0,500

Vénus revenant de la chasse, irf. 10,500

La Continence de Scipion , adjugée à lord Berwick 21,000

La Reine Thomyris faisant plonger la tète de Cyrus dans

un bassin plein de sang; lord Darnley 31,500

Ce tableau figure en ce moment à FExposition des Trésors de l'art, h Manchester.

Les Aventures de Philoiiœmen 15,750

Saint George avec une vue de Richmond dans le fond; M. W.Morland îC,250

17W LE DUC D'ORLÉANS. 151

Les doiu0 esquisses suivantes de la vie de Constautin ayaient été estimtWs ensemMc 1,000 guinées (26,î50 fr.); personne n'ayant fait d'offres sur cette mise à prix, elles furent vendues en détail et produisirent presque le double, à savoir :

Le Mariage de CoDstaiitio 2,G25 fr.

Constantin aperçoit la Croix miraculeuse 2,625

Constantin marche sou& l'étendard de la Croix 2,1 ^^

La Bataille de Constantin contre Maxence; sir Philip

Stephens * 5,250

La Mort de Maximien « 6,250

Le Triomphe de Constantin 5,250

L'Entrée de Constantin à Rome 3,937

Constantin rendant la liberté au Sénat 3,937

Constantin donne le commandement de la flotte à Crispns. 2,6^5 La Fondation de Constantinople, sir Philip Stephens.. 1,837

Constantin adorant la Croix 2,1 00

La Baptême de Constantin 2,625

L'Angleterre a aussi eu en sa possession l'un des plus beaux tableaux de Rnbens, connu sons le nom de la Paix et de l'Abondance, et qui n'est autre chose que la lettre de crédit présentée par RuViens à Charles 1«, lorsqu'à la suggestion de l'infante Isabelle, il fut envoyé par le roi d'Espagne en Angleterre, pour y négocier la paix. Ce tableau était fort tstimé du roi , et dans la vente il fut Indiqué comme le plus beau Ruhens de la collection. Il fut en 1802 racheté par l'Angleterre au Palais Doria à Gènes. Lord Gower le paya 3,000 liv. sterling (75,000 fr.). La Famille de Charles I", par Van Dyck, adjugé à

M. Hammersley 86,250 fr.

Portrait de Snyders; Lord Carlisle 10,500

Cet admirable portrait, lég^ement fatigué par des netloyagea indiscrets , est en ce moment à Manchester où noua venons de le voir (juillet 1857).

Le Jeu de Tric-trac , par Teniers ; M. Hibbert 7,875

La Gazette, air Pkilippe Stephens 7,875

L'Estaminet et le Cabaret ensemble; M. Beckford 13,125

Portrait d'homme , par Rembrandt 6,250

Un Bourgnemestre , id 7,875

Le Berceau, td 26,250

Le Moulin, id; M.W.Smith t2,l25

Ce morceau est aujourd'hui dans le cabinet de lord Lansdowne, qni Ta paré 8W) guinées.

Le Joueur de violon, par Gérard Dow; J. Davenport 7,875

151 LE DtJC D'ORLÉANS. i79t

Le Dépatt pour la chasse , par Philippe Wonwermans ; tVf. S^iSO £r.

Le Retour de la chasse, id. 5,i50

La Chasse au Faucon, id 5,250

L'Écurie, irf 5,«50

Le Chimiste , par Franc. Miéris 8,937

La Maîtresse d'école, par Netscher 5,250

Ce précieux tahleau est aujourd'hui dans le cahinet de^

feu sir Robert Peel.

L'Oiseau dans la cage , id 5,i50

Le Jugement de Paris, par Van der Verff S,9S7

Voici maintenant ce qui advint de la collection des tableaux italiens et français.

M. de Lahorde les avait consignés à un de ses correspondants de Londres. M. Bryan, au nom du duc de Bridgewater, du comte d^ Carlisle et de lord Gower, les acheta pour la somme de 48,000 liv. sterling, soit 1,075,000 fr., et ils furent exposés, le 26 décembre 1798, dans deux salles de Londres, à Pall-Mall et dans le Lycsum.

Les tableaux que les acheteurs s'étaient réservés étaient évalués plus d'un million; les tableaux vendus pendant l'exposition, qui dura huit mois, s*élevèrent à 31,000 guinées (818,750 fr.) ; ceux qui restaient, joints aux recettes de Texposition, produisirent 10,000 liv. sterling, de sorte que les tableaux les plus beaux des galeries Stafford et Bridgewater ne coûtèrent à leurs heureux collecteurs que la modeste somme de onze mille francs environ ! Je crois que jamais aucun marchand de tableaux , et à plus forte raison aucun curieux, n'a fait une pareille trouvaille.

Ce résultat s'explique par l'empressement des acheteurs. Le matin de l'exposition réservée aux principaux amateurs , M. Angerstein devint possesseur de la Résurrection de Lazare, par Sébastien del Piombo, qu'il paya immédiatement au prix demandé, 8,500 guinées ( 91,875 fr.). Sir Francis Baring avait choisi un certain nombre de tableaux; le prix indique était 10,000 guinées : il en offrit 10,000 liv.; c'était une différence de cinq pour cent. M. Bryan n'étant autorisé à faire aucune concession, et le baronnet ne voulant pas changer ses livres sterling en guinées, le marché ne fut pas conclu. Parmi les acheteurs les plus empressés figurèrent les lords Berwick, Fitzwilliam, Temple, Darnley, Suffblk, lady Lucas, MM. Maitland, Hope, Hibbert, Willett, Udney, etc.

Il n'y avait plus dans la galerie d'Ortéans que trois Léonard de Vinci, sans doute parce que les nudités avaient été proscrites, comme la Léda du Gorrège.De ces trois Léonard, deux seulement furent mis en^

17Ôft LE DUC D'ORLÉANS. l53

vente : une tète de femme et xm portrait appelé la Colombine. Le premier fat adjugé pom* 60 gninées^ soit 1,575 fr., an duc de Bridgewatcr^ et il est anjourdliui^ sous le nom de Luini, dans la galerie de feu lord Ellesmere; Tantre fut poussé à 250 guinées, par M. Udney.

Sainte Famille, par Michel Ange, éralué 10,500 fr., vendu. .. 2,362 fr. n est clair que ce morceau fut jugé apocryphe. On sait, du reste, qu'il existe à peine deux ou trois peintures à l'huile, bien certaines, de Michel Ange. La Vierge, qui est aujourd'hui à l'Exposition de Manchester, est une détrempe inachevée; la sainte Famille en question s'est retrouvée dans la vente Henry Hope, en 1816, et a été achetée pour l'Allemagne.

Jupiter et Léda , par André del Sarte ; M. Aufrère — 5,250 fr. » c« Douze Raphaël :

Le Christ portant sa croix, première manière; M. Hibbert '2,937 50

Le Christ en prière sur la montagne 2,625 »

Ce tableau figurait naguère dans la vente Rogers. 11 appartient maintenant à miss Burdett Coutts, qui Ta envoyé à Texposition de Manchester, où nous venons de le voir. II y est sous le nom de l'Agonie dans le jardin. Gravé par Flipart et par Gruner.

Le Christ au tombeau, évalué 100 guiuées, vendu. . . 1,102 n Gravé par Duflos. Ce- tableau a figuré dans la collection de sir Thomas Lawrence. Il est exposé à Manchester, et il appartient à MM. Dawson.

La Vierge et l'enfant Jésus 5,250 »

Cette petite peinture, évaluée 200 gninées, se trouva plus tard dans la vente Hope et appartenait naguère au poète Rogers. Elle est aujourd'hui à M. R. J. Mackintosh qui l'a prêtée à l'Exhibition de Manchester. Elle est gravée par Flipart.

La Sainte Famille (la Vierge lève le voile qui conviait l'Enfant) 18,375 »

La Vierge et l'Enfant Jésus 8,075 »

La Sainte Famille connue sous le titre de la Belle Vierge, 4e la plus belle manière; le duc de Brid-

gewater 78,750 »

C*est une admirable copie que l'on peut attribuer au Fattore.

La Vierge et l'Enfant Jésus, seconde manière, adjugé à M. Hibbert 18,125 »

Julei II,4valaé M** »

154 LE DUC D'ORLÉANS. 179t

Saint Jean dans le désert (c'est une répétition de celui de Florence) ; lord Berwick 39^76 fr. » c.

La Sainte Famille appelée la Vierge au Paloûer. . • 81,500 » Elle est aujourd'hui dans la galerie Bridgewater.

La Vision d'Ezéchiel, lord Berwick il ,600 »

Répétition de celle qui est au palais Pitti. Elle appartieDt aujourd'hui à air Thomas Baring.

(11 y a très-peu de tableaux de la dernière et plus belle manière de Raphaël; l'Espagne eu possî^de trois qui furent un moment en France. La galerie de Munich en possède un (la MadcoM, TEnfant Jésus et saint Je<ln ) qui fut acheté i>ar le prince royal de Bavière, 125,000 fr. La Madone de la galerie de Dresde fat achetée 21i,500 fr. par Auguste , roi de Pologne, électeur de Saxe, qui acheta cinq millions la collection des ducs de Modène, dans laquelle il y avait cinq tableaux du Corrège).

Trois Jules Romain , parmi lesquels TEnfance d'Hercule, adjugé au duc de Bridgewater 7,500 fr.

La Résurrection de Lazare, par Sébastien del Piombo... 91,875 Ce tableau fut fait pour concourir avec la Transfiguration de Raphaël; on sait que Michel -Ange en a dessiné les principales figures. Quelques dessins de Michel-Ange, de la collection de sir Thomas Lawrence, confirment cette opinion. On dit que, sous l'Empire, on ofiht 250,090 fr. à M. Angersleîn pour ponvoir mettre ce tableau en face de la Transfiguration. Cette offre fo» refusée; le tableau est passé, de chez M. Angerstein, dans la Galerie nationale de Londres.

La sainte Famille appelée la Vierge aux chats, par leBaroche lt,*#efr. »c.

La Fuite de Jacob, par Pie^ de Cortone; M. Hihbert. ll,81t 50

La Madone et l'Enfant Jésus, par le Gorrège, adjugé au duc de Bridgevater 9t,50« »

LaDanaé 1K$,31I0 »

Ce gracieux morceau figura plus tard dans la rente Henri Hope, et il orne aujourd'hoi la Galerie Borghèse, à Rome.

L'Éducation de l'Amour; M. Willett , . . 9,187 50

C'est une copie dont l'original est à Londres, dans la Galerie nationale.

Noli me tingcre; M. Udney 10,500 »

César Borgia; Th. Hope 13,«5 »

( I.es plus beaux Conège sont , comme l'on sait , dans la galerie de Dresde. La célèbre Madeleine fat achetée 27,900 éeus romains ou

1791 LE DUC D'ORLÉANS. 156

163,500 fr., par Auguste, roi de Pologne^ qui la tint enfermée dans ses appartements privés; après la mort du roi, la Madeleine passa dans la galerie de Dresde où elle fat volée et ensuite > dit-on^ restituée, de sorte qu'on put contester que la Madeleine que l'on montre aujourd'hui, fût la véritable.

La galerie de Dresde possède en outre le Saint Sébastien, la Nuit et le Saint Georges^ mais ces deux derniers tableaux ont été fort maltraités par la restauration.

Outre les Corrège provenant de la galerie d'Orléans, il y en a trois autres magnifiques en Angleterre : le Cbritt au Jardin des Olives, que le duc de Wellington trouva, après la bataille de Vittoiia, dans les bagages du roi Joseph, et qui avait été acheté par le gouverneur de Milan, pour Philippe IV, 750 doublons ou 75,000 ÎT.;VEcre Honw et rÉducalion de l'Amour, que possédait le marquis de Londonderry; ce dernier tableau avait appartenu à Charles !«', il fut, à sa vente, acheté 1,000 liv. sterling (i5,000 fr.) par le duc d'Albe. VEcce Homo venait du prince Colonna. Ces deux tableaux appartenaient au roi Murât, qui avait apporté le premier d'Espagne, où il avait été pendant quelque temps en la possession du Prince de la Paix. Le maïquis de Londonderry, pendant son ambassade de Vienne, les acheta de la reine Caroline. A sa vente, ils furent adjugés à la Galerie nationale.)

L'Amour préparant son arc, par le Parmesan 18,375 fr.

C'était un des tableaux qui avaient appartenu à la reine Christine de Sue. le; il avait été, dit-on, peint par le Parmesan pour le chevalier Bayard. La Galerie nationale de Londres possède un autre Parmesan de premier ordre, la Vision de saint Jérôme, qu'elle a payé 80,000 fr.; il avait été acheté à Borne, par le marquis d'Abercorn, 37,500 fr. ,

La galerie d'Orléans était riche en Carracbe, elle amtenait vingt-ciiiq tableaux d'Annibal , sept de Louis et deux d'Augustin :

Paysage appelé le Batelier, par Annibal Carrache 15,750 fr .

Jupiter et Dauaé, id; le duc de Bridge water 1S,125

Saint Roch agenouillé devant la Vierge, id 18,125

Ce morceau figure à TExpositloQ de Mancbeeter. Il appartient à M. Wadmore.

La Vision de saint François, id; le duc de Bridgewater ; 13,125

Descente de Croix, id,; LordCarlisle 1W,000

C'est l'admirable tableau dit les Trois Maries que nous venons de voir à l'Exposition de Manchester.

La Toilette de Vénus, iW. ; Lord Berwick *1,000

15C LE DUC D'ORLEANS. 17M

Le Bain de Diane^ id. ; le duc de Bridgewater 81,500 fr.

Ce tableau veDait de la collection Tambonnean.

Le Repos en Egypte^ de la môme collection, id, 18,375

Saint Jean en prière, id 10,500 '

Descente de Croix, par Louis Garracbe; adjugé au duc

de Bridgewater 10,500

Vision de sainte Catherine, id.; au même 15,750

Le Cbrist au tombeau, id ll,81î

Ce tableau appartient à lord Carlisle, qui Ta prôté à

TExposition de Manchester.

Le Christ apparaissant à la Madeleine, par Augustm

Garrache 13,145

Sainte Famille appelée la Laveuse, par TAlbane 10,500

Baptême de Notre Seigneur, id 18,375

La Madeleine, par le Guide 10,500

Susanne et les Vieillards, id 10,500

David et Abigaïl , id 10,500

11 y avait dans cette galerie 16 tableaux du Guide.

Le Christ portant sa croix , par le Dominica'm il ,000

Ce tableau venait du marquis de Seignelay. Saiot Jérôme dans un paysage, id; le duc de Bridgewater 13,li5

De la collection de M. de Hautefeuille. Saint Jean Tévangéliste, id. ; adjugé à lord Carlisle 15,750

Ce tableau figure à l'Exposition de Manchester.

La Sibylle; lord Temple 10,500

La Présentation au Temple, par le Guerchin 15,750

David et Abigaïl , id. ; le duc de Bridgewater 31,000

L'Enlèvement d'Europe, par Titien 18,375

Ce tableau superbe, bien qu*il soit de la vieillesse du

maître, fut adjugé à lord Berwick. Il est aujourd'hui à

lord Darnley qui l'a envoyé à l'Exhibition de Manchester.

Diaoe et Actéon , id. ; 4e duc de Bridgewater 65,G25

Philippe II et sa Maltresse, id 16,250

Ce brillant morceau est aujourd'hui à l'Université de

Cambridge.

Persée et Andromède, id , 18,875

Collection de Charles I*'.

Diane et Calisto, id. ; le duc de Bridgewater 65,6î5

Ce tableau mentionné par Vasari, fait pendant à celui

de Diane et Actéon.

La Tentation de Notre Seigneur^ id. ; Thomas Hope 10,500

i79t LE DUC D'ORLÉANS. 157

Éducation de rAmour; lord Gower tl>000 fr.

La Fille du Titien, id 10,500

Ce morceau, que nous venons de voir à Manchester, est pins qae douteux.

aôment VII, id 10,500

Allégorie de la Vie humaine, id. ; le duc de Bridgewater. 15,750 Collection de la reine de Suède.

Vénus à la Coquille; le duc de Bridgewater S1,000

Même collection.

Les vingt- sept tableaux du Titien , de la galerie du duc d'Orléans , ofiÙ*aient de beaux spécimens des difiérentes manières de ce grand maître. Sa* première manière se ressentait de la sécheresse de son maître Bellini ; ce fut la vue des tableaux de Giorgion qui le rendit coloriste; il exécuta à cette époque son Bacchus et Ariane, et d'antres chefs-d'œuvre pour le duc de Ferrare, son portrait de TAriostê, la fameuse bataille de Cadore, détruite par le feu, mais dont la gravure de Fontana nous a conservé la composition , son saint Pierre martyr. Bientôt après» il («eignit pour l'Espagne de magnifiques tableaux, et entre autres cette Vénus del Prado, dont le roi d'Espagne fit présent à Charles I*', et qu'il racheta' ensuite à la vente de ce roi.

(Le duc de Buckingham, favori de Charles I«^ possédait imEcce Homo du Titien, pour lequel Thomas Howard, lord Arundel, lui offirit 7,000 li?. (175,000 fr.) en terres ou en argent. Ce tableau contenait dix-sept flguies de grandeur naturelle; on y voyait les portraits de Léon X, de CharlesK^uint et de Soliman le magnifique. En outre du Bacchus et de l'Ariane, Vénus et Adonis, la Sophonisbe, et la Vénus de la villa Borghèse,ont été aussi vendus en Angleterre.)

Vénns et TAmour piqué par une abeille, par le Giorgion. . 10,500 fr.

Descente de Croix, par le Tintoret 15,750

La Sagesse conduisaut Hercule, par Paul Véronèse 18,125

(Quatre allégories : le Respect, l'Amour heureux, le Dégoût, l'Infidélité, estimés de 150 à 200 guinées, furent adjugés, au prix moyen de 50 guinées, à lord Damley. Ce sont de magnifiques peintures de plafond. Nous les avons admirées à Manchester.

Portrait d'un doge de Venise, par Palme le Vieux 10,500

Loth et ses Filles, par Vélasquez; Henry Hope 13,125

Moïse sauvé des eaux, id.; lord Carlisle 13,125

L'Angleterre possède aussi les portraits du comte d'01ivarez,( exposés à Bianchester) et le portrait de Vélasquez lui-mémey coUectioa Lansdowne.

LE DUC D'ORLÉANS

Nous n'avons cité que les tableaux qui ont atteint les prix les plus élevés, mais parmi les tableaux et les maîtres que nous avons omis, il y en avait plus d'un dont la perte doit nous faire regretter amèrement la dispersion de cette incomparable galerie qui comptait:

8 Léonard de Vinci.

2 Augustin Carrache.

2 Michel Ange.

8 Michel-Ange de Caravage

1 Vasari.

9 Albane.

1 Bronzino.

2 Schidone.

2 André del Sarte.

16 Guide.

1 Daniel de Volterra.

8 Dominiquin.

12 Rapbaël.

■ 4 Guerchin.

8 Jules Romain.

4 J. Mola.

8 Sébastien del Piombo.

1 Carlo Cignani.

1 Polydore de Caravage.

1 Guido Cagnaccl.

1 Perino del Vaga.

27 Titien.

1 Nicolo del l'Abbate.

9 Giorgione.

4 Barocbe.

3 Pordenone.

1 Salviatl.

1 J" Bassan.

1 Domenico Feti.

12 Tintoret.

1 J. Césari.

3 Schiavone.

1 Piètre de Cortone.

19 Paul Véronèse.

2 Andréa Saccbi.

1 Paduanino.

1 Michel-Ange des batailles.

7 Palme le Vieux.

1 Bourguignon.

5 Fr. Bassan.

1 Carie Maratte.

1 Léandre Bassan.

9 Corrège.

2 Alexandre Véronèse.

6 Parmesan.

5 Ribera.

25 Annibal Carrache.

2 Luca Giordano.

7 Louis Carrache.

2 Vélasquez.

La collection d'Orléans, si riche en tableaux italiens, ne possédait que deux maîtres français, mais elle contenait les sept Sacrements, que le Poussin avait peints pour M. de Chantelou, la Naissance de Bacchus, du même maître, Moïse frappaut le rocher, et un Claude Lorrain. Le duc de Bridge water s'était réservé les sept Sacrements évalués 700 guinées (19,875 fr.) chacun, et ensemble 185,62^ fr.; Le Mol[se 1,000 guinées (26,250 fr.). M. Millet paya la Naissance de Bacchus 500 guinées (13,125 fr.).

Le Moïse avait été peint pour M. Gillier à Rome; il avait, avant d'arriver à la collection d'Orléans, passé par celles de MM. de l'Isle Sourdière, le président de Bellièvre, Dreux, le marquis de Seignelay .

17«i LE DUC D'ORLÉANS. 159

Il y avait en outre :

Moïse foulant aux pieds la couroaue de Pharaon 10^500 ir.

MolLse exposé dans les flots St^oco

Le Ravissement de saint Paul 10»600

L* Angleterre possède aussi les sept Sacrements peints par le Poussin

pour le chevalier del Pozzo. Ils sont dans la galerie du duc de

Rutland , à Belvoir Castle.

La Vue d'un port, par Claude Lorrain, ne fut vendue que 50 guinées

au banquier et poëte Rogers.

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