M. Digot, Hist. de Lor., t. VI, p
mal était fait, sans que le souyerain qui gouvernail alors la Lorraine eût protesté contre un tel abus de pouvoir, sans qu'il eût revendiqué , au nom du pays qui lui était confié , le bien qu'on ravissait à celui-ci, en pleine paix et sans respect du droit des peuples civilisés !
Ces nouveaux trophées de la politique inflexible inaugurée par Louis XIII et Richelieu furent , dit-on* , remis au ministère des ailàires étrangères , qui , après en avoir détaché les pièces diplomatiques, qu'il a conservées, déposa le reste à la Bibliothèque royale. C'est ce qui, réuni probablement aux titres enlevésdelaMothe,estvenu former, dans ce riche dépoilsiCollection de Lorraine^, composée aujourd'hui, avec la collection dite de Vaudémont, d'à peu près neuf cents cartons ou volumes renfermant chacun de cent cinquante à deux cents pièces. C'est plus que n'en possède maintenant le Trésor au détriment duquel la France s'est enrichie !
Si l'on ne doit pas faire remonter jusqu'à Stanislas la responsabilité de ces actes , qu'il était impuissant à empêcher, il en est un , du moins , qu'on peut lui reprocher, parce qu'il fut accompli par ses ordres , et que rien ne lui en faisait une nécessité : je veux parler de la démolition de la tour du Trésor des Chartes , de cet édifice qu'on s'était habitué à regarder comme une sorte de sanctuaire national. Aussi, le procureur général de la Chambre des Comptes n'hésita-t-il pas à se rendre l'organe de l'opinion publique et à adresser au roi, ou plutôt à son tout-puissant ministre, des remontrances dans lesquelles respire le sentiment du patriotisme froissé'.