‹ Le trésor des Chartes de LorraineChapitre 30 sur 58 · V. pièce juslilicalive XIV · texte numérisé non relu

V. pièce juslilicalive XIV

service de rartiilerie dans les ports de la République, soient mis à ma disposition ; je vous prie donc, Citoyens, de youloir bien me faire connoitre les ressources de ce genre que je pourrai trouver dans vôtre département et de laisser à mes prépT)sés, conformément à cette loi, toute liberté pour procéder sons délai au triage et à Tenlevement de ces différents papiers et parchemins.

» Il peut résulter, Citoyens , une grande économie pour les finances de la République, des dispositions de cette loi; et comme cette économie doit tourner au soulagement du peuple dont les intérêts vous sont confiés, il a le droit d'attendre que TOUS concourrerés de tout vôtre pouvoir à accélérer son exécution, et que vous ne serés retenus par aucune considération particulière , attendu qu'il doit en résulter Taventage de détruire des titres dont la seine philosophie demande l'anéantissement. >

En conséquence des ordres du ministre , le commandant de l'artillerie à Nancy se rendit , le 7 février, dans le bâtiment de la ci-devant Chambre des Comptes , à l'effet de distraire des papiers et parchemins destinés à être vendus ceux qui se trouveraient propres à faire des gargousses pour le service de l'artillerie de marine. Mais il fut reconnu que les parchemins épars dans les pièces justificatives des comptes ne présentaient pas les conditions requises de consistance et d'étendue^ .

Il ne devait malheureusement pas en être de même pour le Trésor des Chartes.

Le 27 mai 1794 , et à la suite d'une adresse au peuple français sur la nouvelle conjuration dévoilée , l'Agence de la conservation des armes et munitions de guerre de la Ré-

i. V. pièce justificative XV.

publique faisait parvenir au Département de la Meurthe une circulaire par faquelle elle l'informait que le service de l'artillerie avait le plus pressant besoin de parchemin pour la fabrication des gargousses , et l'invitait à faire réunir dans différents dépôts tous les parchemins qu'on pourrait se procurer, provenant des églises , maisons religieuses , collèges et tribunaux de justice, à faire rédiger un état de tous ceux qui auraient les dimensions indiquées dans le tableau joint à celte circulaire et à l'adresser à l'Agence afin qu'elle pût les répartir dans les ports et arsenaux^ .

Cet ordre fut immédiatement transmis par l'Administration du dépai*tement aux agents nationaux près les neuf districts , et sa mise à exécution dut faire disparaître une foule de pièces précieuses , tant comme documents historiques que comme monuments paléographiques.

Le 7 juin, l'agent national près le district de Nancy enjoignit au gardien des archives de la Monnaie de procéder, toutes affaires cessantes, au triage des parchemins existants dans les dépôts qui lui étaient confiés et de dresser un état de tous ceux dont les dimensions répondaient aux prescriptions officielles.

Il parait qu'Eloy ne s'empressa pas de se rendre à cette invitation, car, le 5 juillet, l'Administration du département renouvelait son injonction au District par une lettre précédée de la terrible formule : Liberté , fraternité , égalité y

ou LA MORT.

Il fallut se résoudre à obéir : le Trésor des Chartes fut immédiatement dépouillé, et on enleva des layettes toutes ou presque toutes les pièces qui présentaient les dimensions requises par la loi. Ainsi furent détruits plus de mille

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