‹ Le trésor des Chartes de LorraineChapitre 39 sur 58 · INVENTAIRB DB DU FOURNY · texte numérisé non relu

INVENTAIRB DB DU FOURNY

Inventaire des titres, papiers , actes et enseignemens des duchez de Lorraine et de Bar qui se sont trouvez ez iayettes de ces mêmes provinces déposéez en la grande archive de la citadelle de Metz, en la garde de M. de Corberon, procureur général du Parlement de Metz ; fait et dressé par nous honoré Caille, seigneur du Fonrny, conseiller du Roy et auditeur ordinaire de ses Comptes à Paris , sonsigné , en exécution des ordres du Roy contenus en Tinstroction à nous donnée par M. de Pont Chartrain, conseiller du Roy en tous ses conseils, ministre d*Etat et contrôleur général des finances, en date du 8^ janvier 1697, et lettres de cachet du 14 janvier suivant ^ lequel Inventaire a été commencé au mois de février 1697 et achevé au mois de décembre 1698.

Signé : Caille du Fournt.

Il est à remarquer qu'en Tannée 1672, après la réduction de la Lorraine en l'obéissance du Roy, Sa Majesté fit transporter en l'archive de la citadelle de Metz tous les papiers, titres, comptes et registres qui se trouvèrent lors tant au Trésor de la ville de Nancy que dans la Chambre des Comptes de Bar, où ils ont demeurez jusqu'au mois de septembre i698, qu'ils furent remis à M. le Duc de Lorraine par ordre du Roy et en exécution du traité de paix conclu l'année précédente à Riswic.

Pendant le temps qu'ils ont été déposez en la citadelle de Metz , le sieur Ravaux, conseiller au Parlement de Metz, prit communication des pièces et titres qu'il jngeoit nécessaire pour le travail de la réunion commencé , et qui n'a pas eu de suitte ; mais il n'a jamais travaillé à faire un inventaire exact de tout ce qui y étoit contenu , s'étant contenté d'extraire ce qu'il jugeoit lui pouvoir être utHe. Ce n'a été qu'en

1696 qae M. Turgot» tors intendant de jnstice à Metc^ prévoyant que , par le traité qui se négocioit à Riswic , on pourroit rendre tons ces titres et papiers, erat qu'il étoit de Tintérèt da Roy de sçavoir en qaoy ils consistoient et ce qa'ils contenoient. II en donna avis an Conseil , où il fut résolu d'y envoyer une personne qui pût y travailler.

Lorsqu'on fut sur les lieux et qu'on eut vu tout ce qui étoit dans l'archive , on jugea, avec BI. l'Intendant et M. le Procureur général , qu'il suffisoit de faire un extrait lidel et exact des pièces et titres qui étoient en chaque layette, sans s'arrêter à examiner les registres , qui ne contenoient qu'un Iranscript de la plupart de ces mêmes pièces , non plus que les comptes rendns en la Chambre des Comptes de Bar, tant parce que le temps pressoit que parce qu'on les croioil inutiles.

On s'i est donc contenté d'examiner le contenu des layettes ; on en a fait des extraits assez étendus , et l'on n'a rien obmis de ce qui a paru de quelque peu de conséquence.

On a bien reconnu quHl y aimi plusieurs pièces qui manquaient, et même des principales ^ soit qu'on les eût détournées avant le transport on que depuis, pendant que le sieur Ravaux en avoit la direction, les gens qu'il y^employoit les eussent ôtées ou négligé de les remettre» De sorte que l'on n'a pu inventorier que ce qu'où a trouvé.

Comme il étoit difticiie qu'une personne seule pût, en peu de temps, traevailler à cet ouvrage sans secours, y ayant des pièces qui méritoient d'être extraites bien au long , on a été obligé de lui joindre quelques gens pour accélérer. Mais comme ceux qu'on y a employés n'avoient pas toute l'intelligence requise pour cette sorte de travail , il est arrivé qu'ils se sont trop étendus dans leurs extraits , en termes peu intelligibles, et qu'ils les ont (ait aussy quelquefois en termes trop succincts ; c'est ce que l'on a tâché de rectifier autant qu'on l'a pu , et l'on croit qu'en l'état qu'ils sont, on ne laissera pas d'en tirer tout le proût et l'éclaircissement qu'on en peut désirer , puisqu'ils contiennent ce qu'il y a d'essentiel daus ces actes.

Pour en faciliter l'usage, l'on y a joint une table par ordre alphabétique de toutes les layettes qui se sont trouvées lorsqu'on a commencé cet inventaire ; une autre de tous les lieux considérables mentionnez dans ces titres ; une troisième des principales matières contenues dans la plupart ; une quatrième des lieux ecclésiastiques, comme des Trois- Evèchés, abbayes, prieurés, cures, chapelles, commanderies et autres; et enfin une cinquième des noms des personnes de marque et de distinction qui font le principal sujet de ces litres.

Les détails qu'on vient de lire sont placés en tète de l'Inventaire de

Da Fouray, au^aels ils serrent comme d'avertissemfiiit ; en voici quelques autres qai les compléteront ; ils sont donnés par Le Prince dans son Essai sur la Biblinthèque du Roy :

« Après la mort de Caille Dufourny, auditeur des Comptes de Lorraine (sic), homme distingué par la parfaite connoissance qu'il avoit des anciens titres et de toutes les pièces historiques de celte Chambre, son exécuteur testamentaire apporta, à la fin de 1715, à M. Tabbé deLou- Yois, alors bibliothécaire du roi , l'inventaire des titres, papiers , actes et reuseignemenls des duchés de Lorraine et de Bar, fait et dressé en exécution des ordres de Sa Majesté par M. Dufourny lui-même , pendant les années 1697 et i698 ; il étoit contenu en six grands porte* feuilles ou volumes, avec deux autres pour les tables. Ce recueil, joint à ceux que le roi avoil déjà, el qui venoient de Chanicreau le Fèvrc et de M. de Uretonvilliers , ne laissoient presque rien k désirer pour la connoissance des affaires de la Lorraine ; mais d'abondantes moissons, airivées depuis environ trente ans (de 1750 à 1780) , jointes à ce que la Bibliothèque avoit déjà, firent connoitre qu'il n'y avoit alors plus rien à désirer sur l'histoire de cette province, et qu'on éloit parvenu à réunir en litres originaux , scellés , tout ce qui pouvoit y avoir d'intéressant sur l'histoire générale et particulière, tant civile, politique, qu'ecclésiastique. Ce recueil , inappréciable dans toutes ses parties , auquel ont travaillé MM. Laocelot, Dusuel et autres, contient en outre un bon nombre de cartnlaires et titres originaux scellés, bien intéressants pour beaucoup de familles illnslrea de celle province , comme fiefs, droits seigueuriaux, droits domaniaux et autres. >

La citation qui précède est empruntée à un « Inventaire des litres , carlulaires et pièces diverses du cabinet dit Collection de Lorraine », que publie M. Louis Paris dans le Cabinet historique'. Cet écrivain fait suivre l'extrait qu'il donne du travail de Le Prince, des renseignements suivants , que je crois devoir également reproduire :

« Aujourd'hui, les six volumes de Dufourny sont conservés à la suite du fond Du|>uy, en six très-gros valûmes.

• Les volumes provenant de Brctonvilliers sont au nombre de vingthuit et portent les numéros 8357 (15 a 42). Les neuf premiers volumes contiennent l'inventaire du Trésor des Charles de Lorraine, qui touchent aux droits et réclamations que le Roi pouvoit exercer sur la Lorraine, le Barrois, et Metz en particulier.

» Les travaux et portefeuilles de Chanterean le Fèvre sont aujourd'hui reliés sous les numéros 9597 (24 à 29). »

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