‹ Le trésor des pianistes (volume 2)Chapitre 39 sur 43 · JEAN-LOUIS KREBS · texte numérisé non relu

JEAN-LOUIS KREBS

Jean-Louis KREBS, fils d’un organiste, naquit le 10 octobre 1713 à Buttelstædt, petite ville du duché de Saxe-Weimar. Après avoir appris de son père les éléments de la musique et de l’art de jouer du clavecin, il entra en 1726 à l’école Saint-Thomas de Leipzick, dirigée alors par l’illustre Jean-Sébastien Bach. Il y reçut l'instruction commune pendant neuf ans, puis il passa dans l’école particulière de ce grand maître, qui en fit son élève de prédilection. Ses études musicales terminées, il suivit à l’Université un cours de philosophie pendant deux ans. En 1737 il accepta la place d’organiste à Zwickau, d’où il passa plus tard au château de Zeitz, en la même qualité. Le 13 octobre 1756, il reçut sa nomination d’organiste de la cour à Altenbourg, où il passa le reste de ses jours. Comme la plupart des artistes de son époque, particulièrement en Allemagne, Krebs eut une existence sans événements qui ne laisse rien au biographe pour jeter quelque intérêt dans sa relation. Les productions de ces grands musiciens des cours allemandes, pendant le dix-huitième siècle, contiennent toute leur histoire. Les fonctions qu'ils remplissaient tenaient plus de la domesticité que de la position d'artiste : les princes, au service desquels ils étaient, aimaient leur talent, mais ne s’occupaient pas de leur personne et ne leur accordaient jamais de distinction de quelque genre que ce fût, et l'artiste lui-même n’imaginait pas qu’il dût en recevoir. Ce fut ainsi que Krebs remplit et termina sa carrière à Altenbourg, au commencement de l’année 1780, à l’âge de 67 ans. Cependant son talent était assez considérable pour occuper la renommée, s’il y avait eu une renommée pour l’organiste d’un petit prince au milieu du dix-huitième siècle. Friedmann Bach et lui furent les meilleurs élèves de Jean-Sébastien ; eux seuls eurent la gloire d’approcher de leur modèle. Le maître lui-même estimait le talent de son écolier et disait, par allusion à son nom et à celui de Krebs, qu’il n'avait pris qu'une écrevisse dans son ruisseau (1).

Krebs a publié de sa composition : 1° quatre suites d'exercices pour le clavecin, consistant en mélodies chorales variées, fugues, petites pièces et sonatines , Nuremberg, 1743 à 1749 (les petites choses mêmes

(1) En allemand, Xrebs signifie écrevisse, et Bach, ruisseau.

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