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NOTICE BIOGRAPHIQUE
PORPORA (Niccolô-Antonio), savant compositeur et célèbre professeur de chant, naquit à Naples le 19 août 1686 (1), de Carlo Porpora et de Caterina di Costanzo. Il fut baptisé dans l'église paroissiale de S. Gennaro ail' Olmo. Son père, qui exerçait la profession de libraire, avait une nombreuse famille ; il destina Nicolas à l'art musical, et, après avoir reconnu sa facilité naturelle, il le fit entrer au Conservatoire de Sainte- Marie de Lorette (2) pour qu'il y apprît la musique et reçût, en même temps, une éducation convenable.
A peine entré dans cet établissement, Porpora donna des preuves de ses heureuses dispositions, et il eut le bonheur d'avoir pour maîtres Gaetano de Venise, le Rév. D. Gaetano de Peruggia, et Francesco Mancini, Napolitain, qui avaient été élèves de la même école.
« On ignore , dit M. Fétis, quelles furent les premières compositions dramatiques de Porpora, et à quelle époque il donna son premier opéra. » — Le marquis de Villarosa nous fournit à ce sujet de précieux renseignements que je vais traduire (3).
Le mérite de Porpora étant reconnu à Naples, il fut chargé de mettre en musique pour le nouveau théâtre de' Fiorentini l'opéra Basilio re di Oriente. Sur cet ouvrage il prend le titre de maître de chapelle de l'ambassadeur de Portugal. Il écrivit, en 1711, pour le théâtre alors existant de S. Bartolomeo, Flavio Ankio Olibrio. Il fut ensuite chargé de mettre en musique, pour le théâtre Capranica de Rome, l'opéra Bérénice. Cet ouvrage fut favorablement accueilli par le public. De Villarosa ajoute que l'auteur obtint le suffrage de Haendel, qui se trouvait à Rome. Cela ferait supposer que Bérénice a dû être représentée en 1709 ou au commencement de 1710, époque à laquelle le grand compositeur allemand était effectivement dans la capitale du monde chrétien, et y composa sa cantate : Il Trionfo del tempo, dont le manuscrit existe dans la collection de la reine d'Angleterre (A). Dans ce cas, Bérénice aurait précédé l'opéra Flavio Anicio Olibrio.
(1) M. Fétis dit qu'il naquit en 1687, suivant certains biographes, et en 1685 suivant d'autres, mais que la première de ces deux dates est plus certaine. Les renseignements donnés par le marquis de Villarosa, que je suis dans cette notice, sont trop précis pour qu'on ne doive pas les préférer ; il était d'ailleurs à même d'en vérifier facilement l'exactitude.
(2) M. Fétis dit que Porpora fit ses premières études au Conservatoire de S. Onofrio : cela ne paraît pas probable ; les détails donnés par de Villarosa sur les maîtres dont Porpora reçut des leçons me font croire que sa version est la bonne. M. Fétis pense que Porpora fut élève d'Alexandre Scarlatti. Je n'ai pas de preuve du contraire à lui opposer ; je ferai seulement observer que le marquis de Villarosa n'en dit rien. R.-G. Kiesewetter, dans le catalogue de sa bibliothèque ,dit aussi que Porpora était élève d'Alexandre Scarlatti. Après tout, il n'y aurait rien d'étonnant que Porpora, bien qu'il eût été l'élève des maîtres nommés par de Villarosa, eût pris aussi des leçons du grand Scarlatti.
(3) Memorie dei compositori di musica del regno di Napoli raccolte dal marchese di Villarosa. Naples, 1840, in-4. — Il n'y a rien d'étonnant que le savant directeur du Conservatoire de Bruxelles n'ait pas pu profiter des renseignements donnés par de Villarosa , puisque l'article Porpora, de la Biographie universelle des musiciens, a été imprimé au moment où paraissait le volume du biographe napolitain.
(4) Burney's Commémoration of Handel, p. 43 des préliminaires.
En 1719, Porpora écrivit pour le théâtre S . Bartolomeo, à Naples, Faramondo, et, en 1721, il fit représenter au théâtre Aliberti , à Rome , Eumene , opéra avec intermèdes , prenant sur le libretto le titre de Virtuose de S. A. le prince de Hesse-Darmstadt.
Devenu maître du Conservatoire de Sant' Onofrio, il écrivit, en 1722, l'oratorio intitulé : 11 Marlirio di Santa Eugenia, qui fut exécuté avec un très-grand succès dans cet établissement. En 1723, il composa, pour les noces du prince de Montemiletto , une cantate intitulée l'Imeneo, dans laquelle chanta son élève Farinello. Peu après, il donna, au théâtre S. Bartolomeo, l'opéra Amare per regnare, puis ensuite la Semiramide. Un recueil manuscrit de la bibliothèque du Conservatoire de Paris, nous apprend qu'en 1723 on représenta au théâtre Aliberti, à Rome, un opéra de N. Porpora, intitulé Adelaida.
M. Fétis dit que dans le courant de 1725, Porpora fit un voyage à Rome pour y faire représenter son Germanico, et qu'à la fin de la même année , il fut appelé à Venise pour y prendre la direction du Conservatoire de l'Ospedaletto. Voici comment s'exprime à ce sujet de Villarosa :
« Au talent remarquable que la nature lui avait accordé, Porpora joignait un naturel très-vif et fort inconstant. En conséquence, ne se contentant pas des succès qu'il obtenait dans sa patrie, il l'abandonna pour se rendre à Venise, où, ayant fait apprécier son mérite, il fut choisi pour maître du Conservatoire de la Pietà, établissement dans lequel on enseignait aux jeunes filles le chant et les instruments (1). En passant par Rome, Porpora fut invité à écrire la musique du drame Germanico, dont le poëme est de Niccolô Coluzzi. Cet ouvrage fut exécuté par les excellents chanteurs Domenico Annibale de Macerata, contralto d'un grand mérite, Gaetano Majorano, surnommé Caffarelli, alors très-jeune (2), Angelo-Maria Monticelli et Felice Salimbeni. » Tous ces chanteurs étaient des sopranistes, et les deux derniers remplissaient des rôles de femmes. — A cette époque, et longtemps après, même, les hommes seuls pouvaient paraître sur les théâtres de Rome. — Avec de pareils interprètes, la musique obtint un succès éclatant. — De Villarosa a estropié les noms des deux derniers chanteurs, qu'il nomme Angelo Mondicelli et Felice Galimberti.
Le libretto de Germanico in Germania existe à la Bibliothèque impériale de Paris ; cet ouvrage, que n'a point cité Allacci dans sa dramaturgie , fut représenté à Rome pendant le carnaval de 1732, et non en 1725, ainsi que l'ont cru M. Fétis et le marquis de Villarosa. Je dois encore faire observer que le biographe napolitain a fait erreur en attribuant à Niccolô Coluzzi le libretto de Germanico, qui est d'Antonio Mango. Enfin, pour preuve de l'identité, et pour que l'on puisse voir qu'il ne s'agit point d'une reprise en 1732 d'un ouvrage déjà représenté en 1725, je donnerai la liste des chanteurs nommés sur le libretto que j'ai eu sous les yeux , et qui sont les mêmes que ceux cités par de Villarosa. « Domenico Annibale de Macerata, virtuoso di S. M. il Re di Polonia ed Elett. di Sassonia ; — Gaelano Majorano detto Caffarello , Napolitain ; — Angelo-Maria Monticelli, Milanese (da donna) ; — ■ Agostino Fontana, Torinese ; — Felice Salinbeni sic (da donna) ; — Felice Checcaci, Pistojese. — Lorsqu'en 1732 Porpora fit représenter à Rome Germanico in Germania, il était déjà allé à Venise; ce qui le prouve, c'est que sur le libretto on lui donne le titre de Maestro délie figlie de Coro del pio Ospedale degl' lncurabili in Venezia.
Je ne sais si c'est bien au Conservatoire de la Pietà que fut attaché Porpora lors du premier voyage qu'il fit à Venise en 1725, ou à celui de l'Ospedaletto, comme le pense M. Fétis ; mais on vient de voir qu'en 1732 il prenait le titre de maître du chœur des jeunes filles de l'hôpital des Incurables, et un manuscrit autographe
(1) Il y avait à Venise quatre Conservatoires de filles : la Pietà, le Mendicanti, gV lncurabili, et l'Ospedaletto di S. Giovanni e Paolo ou simplement l'Ospedaletto.
(2) Ces dernières paroles font supposer que de Villarosa adopte pour la naissance de Caffarelli la date de 1710 donnée par Grossi (Biografia degti uomini illustri del regno di JSapoli). Gerber le fait naître en 1707, et M. Fétis le 16 avril 1703. Il semble qu'une date rapportée d'une manière si précise doit toujours être préférée, à moins de preuves authentiques contraires ; cependant, si les paroles dont s'est servi de Villarosa en parlant de Caffarelli : « il était alors très-jeune », doivent être prises en considération, la date de 1710 est la seule qui puisse être admise.
qui est à la bibliothèque du Conservatoire de musique à Paris, daté de Venise, 1744, prouve qu'à cette époque le maître napolitain était attaché à FOspedaletto (1).
Porpora, courbé sous le poids des années, se trouva dans ses vieux jours réduit à la plus extrême misère (alla mendicità), soutenu seulement par ses élèves , dit le marquis de Villarosa (2) ; il succomba à une attaque de pleurésie, en 1767, à l'âge de quatre-vingt et un ans. La congrégation des musiciens lui fit gratis des obsèques, et il fut enterré dans l'église de cette société, dite l'Ecce Homo, située sur la place de S. Maria dell' Âjiito. Porpora avait dans sa jeunesse l'esprit subtil et la répartie vive ; il était très-versé dans la poésie italienne, et parlait également les langues latine, française et allemande.
Le marquis de Villarosa ayant cité des ouvrages dont n'a point eu connaissance M. Fétis, et M. Fétis beaucoup d'autres non mentionnés par le biographe napolitain, j'ai cru devoir les réunir en une liste générale. J'ai marqué d'une * ceux qu'on trouve dans la Biographie universelle des Musiciens, et de deux ** ceux cités par MM. Fétis et de Villarosa. Les ouvrages que ne précède aucun signe sont cités seulement par de Villarosa.
Ouvrages dramatiques : 1° Basilio re di Oriente, au théâtre de' Fiorentini à Naples (sans indication d'année); 2° Flavio Anicio Olibrio , au théâtre S. Bartolomeo, à Naples, 1711; 3° Bérénice, à Rome, probablement en 1709; 4°* Arianna eTeseo, à Naples, puis à Vienne, en 1717, ensuite à Venise au théâtre S. Gio-Grisostomo (3), et à Londres en 1730; 5° Faramondo, au théâtre S. Bartolomeo, à Naples, en 1719; 6°** Eumene, au théâtre Alibert, à Rome en 1721 (4); 7° L'Imeneo, cantate, à Naples, en 1723 ; 8°* Issipile, à Rome, en 1723 ; 9° Adelaida, à Rome, théâtre Aliberti, en 1723 (Bibl. du Conservatoire de Paris, n° 3808 du catalogue); 10° Germanico, à Rome en 1725; 11° Siface, à Venise, au théâtre S. Gio-Grisostomo, 1726 ; 12° Imeneo in Atene, à Venise, théâtre S. Samuel, en 1726; 13°* Meride e Selinunte, au théâtre S. Gio-Grisostomo, à Venise, en 1727; 14°* Ezio, théâtre S. Gio-Grisostomo, à Venise, 1728; 15°* Semiramide riconosciuta, ibid., hiver de 1729 (le Glorie délia poesia) ; 16° Ermenegildo du duc Marchesi, Napolitain, Naples, 1729 (Grossi); 17°* Tamerlano, à Dresde, 1730; 18° Annibale, théâtre S. Angelo, Venise, 1731 (Glorie délia poesia); 19° Lucio Papirio. théâtre S. Cassiano, Venise, 1737 (le Glorie, etc.); 20° Rosbale, théâtre S. Gio-Grisostomo, Venise, 1737. M. Fétis cite en cette même année Rosalba;je ne trouve point cet opéra dans le catalogue de Groppo (5), mais bien Rosbale; 21°* Statira, 1742; 22°* Temistocle, 1742; 23°* Le Nozze d'Ercole e d'Ebe, 1744; 24°* Il Trionfo di Camillo, à Naples, en 1760. De Villarosa donne la date de 1766.
Voici la liste des opéras cités par de Villarosa et par M. Fétis, sans indication de date : 25°** Polifemo; 26°** lfigenia in Aulide; 27° Mitridate,- 28° Rosmene; 29° Partenope; 30° Alessandro nell' Indie ; 31° Didone; 32° Agrippina.
De 1720 à 1722, Porpora mit en musique les Cantate ou Azioni teatrali, Angelica e Medoro de Métastase, et Gli orti Esperidi du même.
(1) Pour les autres détails relatifs à la vie de Porpora, on pourra voir l'article que M. Fétis lui a consacré dans sa Biographie universelle des Musiciens.
(2) Il paraît toutefois que ses élèves firent bien peu pour le soulager, et je trouve que M. Fétis a eu raison de reprocher à Farinelli et à Caffarelli leur ingratitude. Ces deux principaux disciples du maître napolitain, gorgés de richesses, auraient pu bien facilement lui assurer une existence douce et paisible, et l'on sait d'ailleurs que peu de chose suffit à un vieillard.
(3) Le Glorie délia poesia, etc.
(4) M. Fétis donne la date de 1722, et dit que Porpora écrivit cet opéra pour son élève Farinelli. Le savant biographe aura été induit en erreur par des documents inexacts, car c'est bien en 1721, pendant le carnaval, qa'Eianenc fut représenté au théâtre Alibert. Farinelli ne figure point sur le libretto, dont un exemplaire existe à la Bibliothèque impériale. Que devient donc l'anecdocte du fameux Joueur de trompette qui, dans cet opéra, aurait lutté avec le céièbre sopraniste (*) ? Voici le nom des virtuoses qui ont chanté dans cet ouvrage : Nicole Crimaldi, Giovanni Ossi (da donna), Domenico Tollini (da donna), Giovan-Battista Minelli, Annibale Pio-Fabri, Baldassare Lauretti, Domenico Manzi.
(5) Catalogo di tutti i Drammiper musica recitati ne' Teatri di fenezia, dalV anno 1637 ail' anno 1745, posto in luce da Antonio Groppo; in-12.
(') Voy. lailiclc Br.oscm (Charles; dans la Biographie universelle des Musiciens, u II, p. 319-320, 1" édit.
M. Fétis cite les Oratorios suivants de Porpora : 1° Gedeone; 2° Il Verbo incarnato; 3° Davide, à Londres, en 1735; 4° II Trionfo délia Divina Giustizia. 11 faut encore y ajouter : 5° Oratorio per la nativité del Signor e ; (ï" Il Martirio de S. Eugenia, exécuté en 1722 au Conservatoire de S. Onofrio, déjà cité (de Villarosa). Dans le catalogue imprimé de la bibliothèque de feu R.-G. Kiesewetter, outre Due madrigali a quatro voci du Gedeone : n° 1. Chi nel Signor eonfida; n° 2. Signor, la tua minaccia, on trouve : I Martin di S. Giovanni Nepomucene, orat. in due parti.
Musique sacrée : 1° Leçons pour l'office des morts; 2° Laudate , pueri , Dominum , à quatre voix avec violons , viole et hautbois; 3° Magnificat, à deux chœurs, avec violons et viole; 4° Dixit, à huit avec instruments; 5° Te Deum, à quatre avec instruments ; 6°* Qui habitat in adjutorio Altissimi, à quatre voix, pour deux sop. et deux contralti avec violons, viole et orgue, pour le Conservatoire de Venise ; 7°* In exitu Israël, à deux chœurs, avec violons et viole, pour le même ; 8° Te Deum, à quatre avec instruments ; 9° In te, Domine, speravi, à deux soprani, alto e basso avec violons et viole ; 1 0° Lauda, Jérusalem, a quatro replicato ; 1 1° In te, Domine, speravi, à quatre ; 12°* Magnificat, à deux chœurs ; 1 3° Beatus vir, à quatre (voir, à la fin de cet article, la note des ouvrages de Porpora , qui sont à la bibliothèque du Conservatoire) ; 1 4° Credidi à quatre ; 1 5° Deux Lxtatus sum , à deux chœurs avec violons ; 16° Domine, probasti me, à quatre (deux sop., deux contralti, deux violons, viole et orgue — Fétis); 17° In convertendo, à quatre; 18° Cum invocarem, à quatre; 19° Nunc dimittis, à cinq; 20° Deprofundis, à quatre; 21° Confitebor, à quatre; 22° Nisi Dominus, à quatre; 23° Lauda, Jérusalem, à quatre ; 24° Lamentazioni e Lezioni délia Settimana santa; 25° Introduzione al Salmo Miserere, a quatro voci, due canti e due alti con strumenti ; 26° Trois Messes ; 27° Litanies, à quatre voix avec violons ; 28° Salve Regina, à quatre; 29° Regina Cœli, a voci sole con violini; 30° un autre Regina Cœli, id., id. ; 31° Six Duetti latins, pour le jeudi et le vendredi saint dans la chapelle royale de Pologne (à Dresde) ; 32° La 1" et 2 me leçon du mercredi et jeudi saint, avec violons et viole pour l'église de' Pellegrini, à Naples, qui furent chantées par Raff et Caffarelli .
M. Fétis cite les messes et autres œuvres de musique sacrée suivantes : 1° Messe à cinq voix sans orchestre ; 2° Messe à cinq voix, deux violons, viole et basse ; 3° Messe à deux chœurs, quatre voix di ripieno, et orchestre ; 4° Messe à quatre voix et orchestre, gravée à Paris, chez Mme veuve Launer; 5° Confitebor à deux chœurs., deux violons, viole et orgue ; 6° In te, Domine, speravi, à cinq voix, deux violons, viole et orgue; 7° Dixit, à quatre voix, deux violons et orgue ; 8° Dixit court, à quatre ; 9° Stabat, pour deux soprani, deux contralti, deux violons, viole et orgue.
Cantates citées par de Villarosa : 1° Calcante ed Achille, pour soprano et basso avec violons et viole; 2" Datti pace, pour voix seule (per voce sola) ; 3° Ninfe e Pastor, pour sopra7io ; 4° Sorge la bella aurora, idem; 5° Dallareggia di Flora, idem ; 6° Questo e il platano frondoso, idem ; 7° Vulcano pour soprano ; 8° Datue veloci candide colombe, avec violons, violes et basse ; 9° Perdono, amata Nice, pour soprano, avec violons et viole ; 1 0U II Ritiro, pour soprano avec violons ; 11° Tace il vento, e tace l'onda, pour contralto , avec violons et viole ; 12° Quai vapor che in valle impura, avec violons, viole et basse; 13° Huit volumes de cantates; 14° Cantate pour la translation du sang de S. -Janvier, nel sedile di Porta nova en 1765 ; 1 5° La cantate Angelica; 16° Deux sérénades ; 17° Madrigaux à quatre; 18° Cantate à voix seule; 19° Cantate latine à quatre voix ; 20° Airs et cantates divers en un volume. La rédaction de cet article me fait croire que de Villarosa a vu les ouvrages dont il donne la liste, et je pense que ces volumes de cantates, ces recueils enfin existent dans une bibliothèque de Naples : vraisemblablement dans celle du Conservatoire.
Le biographe napolitain cite les motets suivants : 1 ° Motet à voix seule de contralto ; 2° Due molletti in pastorale; 3° Autre à plusieurs voix avec instruments; 4° Trois motets à voix seule avec violons; 5° Autre motet; 6° Solfèges à voix seule ; 7° Six duetti pour soprano et contralto.
En 1735, Porpora publia à Londres, un livre de douze cantates, dont six pour soprano, et six pour contralto :
elles sont classées parmi les plus belles compositions de ce genre. Les récitatifs surtout sont considérés comme des modèles. En 1 736 il fit paraître, dans la même ville, six trios pour deux violons., violoncelle et basse continue.
On trouve dans le catalogue imprimé de la bibliothèque de R.-G. Kiesevetter les ouvrages suivants de Porpora : VSolfeggi; 2° Beatus vir, à cinq voix avec deux violons et basse ; 3° Deux madrigaux, à quatre voix de l'Oratorio Gedeone (déjà cités) ; 4° Sei Duetti latini sopra la Passione di Gesîi Crislo; 5° Dixit Dominus, à quatre voix concertées avec instruments ; G0 Kyrie, à quatre voix concertées avec instruments (en ré min.) ; 7° Gloria, à quatre voix concertées avec instrument (en ut) ■ 8° Motet à alto solo avec violons , viole et basse ; 9° Cantate pour contralto avec violons ; partition autographe datée de 1712 ; 10° Deianira, Joie ed Ercole, sérénade à trois voix avec instruments, 1711; 11° I Martirii di S. Giovanni Nepomucene, Oratorio (déjà cité) ; 12° Cantate pour soprano avec basse continue.
La bibliothèque du Conservatoire de Paris possède : 1" Beatus a più voci (due soprani e due contralti) con strumenti. di Nicola Porpora, maestro délie figlie del Coro dell' Ospedaletto. Manuscrit autographe daté de 1744. On lit à toutes les entrées de la partie de soprano : Lauretta. C'est le nom de la jeune élève à laquelle était confiée cette partie ; 2° Kyrie e Gloria a quatro voci con strumenti (en ré) deux violons et basse chiffrée, style concerté. Dans le même volume : 3° Credo, Sanctus et Agnus Dei con strumenti, en fa, à cinq voix, deux soprani, alto , ténor et basse, deux violons, altos et basse chiffrée, style concerté. Magnifique copie ancienne ayant appartenu à M. Choron; 4° Messa, kyrie , gloria et credo en ut avec deux violons, viole et basse chiffrée (à 4 voix) style concerté. Sanctus, Benedictus et Agnus Dei, en fa, a cappella, basse chiffrée pour l'orgue seulement. On trouve à la fin de cet ouvrage : Copiato da me Giuseppe Sigismondo dall' originale di Porpora [Napoli] in Febbraro 1798. 11 y a, dans le même volume, huit cantates de Porpora, toutes pour voix de soprano avec la basse chiffrée n° 1 Gare luci... n° 8. Questo eilplatano frondoso. Les autres sont les mêmes que les six premières du recueil publié à Londres, en 1735.
La bibliothèque du Conservatoire possède, en outre, plusieurs exemplaires des cantates gravées à Londres ; un autre exemplaire de ce rare recueil fait partie de ma collection d'oeuvres musicales.
On trouve à la Bibliothèque impériale de Paris, sous le nom de Porpora, un manuscrit (V. m. 368) d'un Dixit.
Voici enfin la liste de quelques ouvrages de Porpora, dont je possède des copies manuscrites :
1° Kyrie et Gloria, à cinq voix (deux sopranos, alto, ténor et basse) en fa, avec accomp. de deux violons, viole et orgue ; 2° Credo, à cinq voix (deux sop. , alto, ténor et bassel en fa; 3° Beatus; à quatre voix (deux sop. et deux contr.) en ut, daté de 1 725 et composé probablement pour un des conservatoires de Venise ; 4° Mottetto a voce sola con strum. en sol; 6° Arianna e Teseo, opéra en trois actes; 5" Le premier acte de l'opéra Siface, ms. autographe.
11 a été gravé , à Paris , chez l'éditeur Descombes , douze sonates pour le violon avec la basse chiffrée : c'est un œuvre fort remarquable.
Les six fugues libres de Porpora que je publie n'ont été citées, que je sache, par aucun biographe, et je ne crois pas qu'elles aient été gravées précédemment à l'édition qu'en a donnée Clementi dans son Practical Harmony{\). 11 est présumable que le grand pianiste romain les aura tirées d'un manuscrit, et peut-être que sans lui elles seraient perdues aujourd'hui. On trouve dans ces charmantes pièces un style vif et spirituel qui caractérise parfaitement le génie napolitain. Sous ce rapport la quatrième fugue est un petit chef-d'œuvre ; la seconde est également fort belle.
(1) ClementVs Sélection of Practical Harmony, for the organ or piano-forte, etc., etc. Londres, Clementi, etc. ; 4 vol. in-4 obi. (Vol. I, p. 38-50).