‹ Le trésor des pianistesChapitre 17 sur 33 · JI^J · texte numérisé non relu

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NOTICE BIOGRAPHIQUE

HENRI PURGELL

PURCELL (Henri), célèbre compositeur anglais, naquit en 1658 ; on ne sait au juste quel fut le lieu oh il vit le jour, mais il est probable que ce fut à Londres, car son père, Henri Purcell, était musicien de la chapelle de Charles II, et remplissait encore cet emploi en 1664, époque de sa mort. Le jeune Henri était alors âgé de six ans; il est probable qu'il passa sous la tutelle de son oncle, Thomas Purcell, également musicien delà même chapelle, oùil resta attaché jusqu'à sa mort, arrivée le 31 juillet 1682. Après qu'il eut perdu son père, Henri entra comme enfant de chœur à la chapelle royale, où il reçut des leçons de Cooke; puis il devint élève de Pelham Humprey, et c'est principalement à ce dernier que Purcell dut le développement de son talent ; il passa enfin quelque temps sous la discipline du docteur Blow.

L'éducation du jeune artiste s'étant faite à l'éghse, il est tout naturel que ses premières compositions aient eu pour objet la musique sacrée, mais par la suite il ne se distingua pas moins en écrivant pour le théâtre et dans d'autres genres. A la mort de Christophe Gibbons, en 1676, Purcell, âgé de dix-huit ans, fut nommé organiste de la collégiale de Saint-Pierre à Westminster : c'est le seul exemple que l'on ait, en Angleterre, d'un artiste nommé si jeune à un poste d'une telle importance. A la mort de Low, en 1682, il remplit le même emploi à la chapelle royale. De cette époque datent ses meilleures compositions pour l'église, qui étendirent sa réputation dans toute la Grande-Bretagne. La supériorité incontestable de sa musique sur tout ce qu'on avait écrit depuis longtemps en Angleterre, le caractère d'originalité qu'on y remarquait, firent rechercher ses ouvrages par tous les maîtres de chapelle ; il fut, dit M. Fétis, le premier compositeur anglais qui introduisit les instruments dans la musique d'église, car avant lui on n'employait que l'orgue pour l'accompagnement des voix ; il montra dans son instrumentation autant de conceptions nouvelles que dans le caractère de sa musique vocale. Parmi ses œuvres rehgieuses, son Te Deum et son Jubilate sontparticnhèrement remarquables par la majesté du style; mais, pour apprécier le mérite de ces compositions, il est nécessaire de se reporter au temps où l'auteur écrivit, et de leur comparer la situation de l'art à cette époque en Angleterre. De nos jours elles laissent désirer, à l'audition, plus de suavité dans la mélodie, un retour moins fréquent des mêmes cadences harmoniques, et plus de variété dans les rhythmes. En cela elles participent du style de Carissimi, que Purcell paraît avoir étudié avec soin. Il y a aussi de l'embarras dans le mouvement des parties de son harmonie, et celle-ci est souvent incorrecte. Quoi qu'il en soit, il est certainement le plus grand musicien qu'ait produit l'Angleterre. Il s'est exercé dans tous les genres, et dans tous il s'est montré artiste de génie. Sa fécondité inspire de l'étonnement lorsqu'on songe que son existence n'a pas été au delà de la trente-septième année, car il mourut le 21 novembre 1695.

Le premier ouvrage que Purcell écrivit pour la scène fut l'opéra Dido and /Eneas, dont le libretto était de Nahum Tate; il fut représenté, en 1777, dans un pensionnat, et obtint un très-grand succès : l'auteur était âgé de dix-neuf ans. A cette époque, les compositeurs en vogue pour le théâtre anglais étaient Bannister et

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