‹ Le trésor des pianistesChapitre 19 sur 33 · HENRI PURCELL · texte numérisé non relu

HENRI PURCELL

Les pièces de Purcell que nous publions aujourd'hui sont tout ce qu'on connaît de ce maître, pour le clavecin seul; elles forment, dans l'édition originale, un petit cahier oblong de 63 pages numérotées, plus les préliminaires dans lesquels se trouve l'explication des signes d'agrément ; cette édition est écrite sur des portées de six lignes. L'exemplaire que je possède étant incomplet de plusieurs feuillets, M. William Chappell, de Londres, a eu la bonté de faire lui-même une copie très-exacte de ce qui me manque et de me l'adresser. Depuis lors, la bibliothèque du Conservatoire de Paris a fait l'acquisition d'un exemplaire complet de ce recueil. On ne pouvait reproduire les pièces de Purcell sans toucher à un petit nombre de mesures où il y a des erreurs telles que, malheureusement, elles ne permettent pas de retrouver avec sûreté la leçon de l'auteur; ces erreurs, la plupart dans la partie delà basse, peu nombreuses, je le répète, et de quelques notes seulement, ont été corrigées avec le plus grand soin par madame Farrenc. Nous nous sommes fait une loi de ne rien changer ou ajouter à ce qu'ont écrit les auteurs ; mais ici le cas est différent : les erreurs que l'on trouve dans l'édition originale rendaient l'exécution impossible ; il fallait absolument corriger ; nous l'avons fait. Toutefois on voudra bien ne pas négliger cette observation importante : que ce que nous avons été obhgé de changer n'appartenait pas au compositeur ; ce n'est donc point à son texte que nous avons touché.

Les pièces de Purcell, comparées à celles de Chambonnières, de François Couperin et de quelques autres clavecinistes de la même époque, se font remarquer par une originalité qui ne peut échapper à une oreille exercée ; or, l'originalité dans la musique n'est-ce pas la création ? Cette remarque m'a déterminé à donner dans son entier le recueil, d'ailleurs peu volumineux, du célèbre maître anglais : on y trouvera des pièces charmantes. Les préludes sont en général fort intéressants, notamment ceux gravés pages 2, 6, 12, 19 : les deux premiers surtout sont fort beaux. La Courante, page 5, a un caractère touchant d'expression; l'Allemande, page 8, est d'une délicatesse extrême : son effet est ravissant. Je signalerai encore à l'attention des connaisseurs les deux Courantes, pages 8 et 20, et les quatre Allemandes, pages 10, 15, 16 et 20. Sans avoir la grandeur de celles des maîtres allemands (ce qui est sensible surtout dans les sarabandes qui demandent une certaine majesté), ces pièces ont beaucoup de charme, tant par leur mélodie que par des imitations souvent heureuses dans l'harmonie.

Plusieurs des pièces du recueil de Purcell n'ont aucun titre qui en détermine le caractère et par conséquent le mouvement. Le plus souvent elles se succèdent dans l'ordre suivant : Prélude^ Allemande, Courante, Sarabande, et forment ce qu'on appelle une Suite, sans changement de ton. La pièce page 4 (en sol mineur) est dans la mesure et le caractère d'une allemande ; celle à |, page 16, nous paraît être une courante ; la deuxième delà page 18 doit être une sarabande. La première pièce de la page 26 n'a le caractère d'aucune de celles déjà nommées ; elle ressemble à une Musette, et nous pensons que son mouvement doit être allegretto. Quant à la suivante, elle est dans la mesure et le sentiment d'une marche. La dernière du recueil paraît être une sarabande.

PIECES

pour le

CLAVECIN

PAR

Henri PURCELL

l'IBLlE PAK A. FAKHENC; PARIS, 1861.

H PIRCELL, Pikes pour 1p Clavecin.

Sir.NF.S D'AGREMENT.

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