EXEMPLAIRES DE CHOIX
J.-J. Debure l'aîné avait conservé un très bel exemplaire qui a figuré à la vente Conquet (format: 185x285).
Des amateurs avisés ont recherché les beaux dessins originaux de cet admirable livre et constitué de très beaux exemplaires qui sont dans les collections Debayser, Clériceau et autres.
CHANTS ET CHANSONS POPULAIRES
Dans la collection Rescamps-Sc.rivc voisinait avec l'exemplaire
C |uH relui de la rollerlion Creppe, vignettes finement gouachées,
9a as doute unique, relié en velours vert avec fermoirs (actuellement collection L. Carteret.)
M. \ illebœuf, l rès admirateur de ce livre, a fourni les moyens de publier des remarques importantes à ce sujet et il a constitué un exemplaire hors pair contenant des dessins originaux, des épreuves d'artiste de tout premier tirage, sur papier vélin fort, avant l'impression des textes; les couvertures de livraisons complètes et différentes et les couvertures générales à tous états.
Le résultat de ces recherches a été analysé dans une plaquette qui est à consulter : Ciiollet. Simples Remarques sun le premier tirage des Chants et chansons populaires delà France, extrait du Bulletin du Bibliophile, in-8 (1909).
On rencontre parfois des dessins originaux de cet ouvrage, ils sont d'une grande finesse d'exécution; nous recommandons de ne pas laisser échapper l'occasion de les acquérir pour truffer un exemplaire.
Ceux de Trimolet, de Grandville, de Steinheil, quoique n'ayant pas la valeur des Meissonier et des Dàubigny, sont cependant un régal des yeux.
La plupart des planches gravées ont été tirées en épreuves d'état, elles sont très rares et rentrent dans le domaine de l'estampe (1).
Voici sur Meissonier un souvenir conté par Jules Claretie :
En 18."8, Meissonier avait épousé « en premières noces » la sœur du peintre Steinheil. Le jeune ménage n'était pas riche, bien au contraire et, de ces années de luttes, le maître peintre avait gardé une impression attendrie :
- Je n'étais pas malheureux disait-il. Est-ce qu'on est malheureux quand on a vingt ans, la vie devant soi, la passion de l'art, une carte d'entrée au Louvre et le soleil pour rien ? »
Mais, pour payer ce qui n'était pas <• pour rien », la niche et la pâtée, comme disait Balzac — il fallait trouver des « sous » et, par conséquent, du travail. On illustrait des livros, on faisait du métier. Le dessinateur Trimolet formait, avec Steinheil et Meissonier, un trio admirable. Il était convenu entre ces trois jeunes hommes que pendant un mois, à tour de rôle, deux d'entre eux travailleraient pour le « troisième » et, gagnant de l'argent à des besognes quelconques, lui permettraient de « faire de l'art » sans s'inquiéter du pain quotidien.
Touchante association d'efforts et de sacrifices. Dans un trimestre, chacun des amis avait son mois franc, son mois assuré.
« — On s'aimait bien, en ce temps-là, » disait Meissonier à Dumas, un soir.
Le beau-frère de Meissonier était le père de M. Steinheil, la victime du lasso » des cambrioleurs, et les bibliophiles connaissent bien les beaux
livres illustrés par les trois compagnons : Trimolet, Steinheil, Meissonier.
Ceux qui possèdent les Chants et chansons populaires de la France
savent ce que je veux dire.
1. Voir Loys Delteil : Le Peintre graveur illustré, xix° et xx« siècles. Dàubigny, tome XIII. l'aris, chez l'auteur, in-4°, 1921.
CHANTS ET CHANSONS POPULAIRES
Ventes :
Conquet, 1898, demi-rel. mar. bleu (Mercier), dessin original, projet de couverture, ex. J.-J. Debure l'ainé 1.900 fr.
Legrand, 1912, avec Chansons des provinces, 4 vol., demi-rel., couv. (Mercier) 1.850 fr.
Gavault, 1913, ex. en livraisons, couv., étuis (Mercier) 2.700 fr.
Brivois, 1920, ex. en livraisons, couv 5.550 fr.
Même vente, broché, couv 2.800 fr.
Parran, 1921, cartonnage éditeur avec couv. générale et couv. livraison 2.100 fr.
D' Ripault, 1924, mar. rouge brique, plats ornés dans le genre des motifs des couv., tr. dor. (rel. anglaise de l'époque) 6.700 fr.
Solacroup, 1925, ex. Legrand 4.400 fr.
Descamps-Scrive, 1925, 5 vol. demi-rel. (Mercier), avec dessin original, projet de couverture, ex. Conquet 6.000 fr.
Même vente, rel. du temps velours vert, exemplaire sans doute unique avec les figures coloriées 13.100 fr.
En 1848, nouveau tirage par Garnier frères. La livraison Le Café se trouve alors remplacée par La Marseillaise. Même composition que les livraisons ordinaires du livre, notice signée Lamartine, les dessins sont de Staal, gravés par Nargeot, la dernière page de la musique porte le nom de Pillet, imprimeur.
Les couvertures imprimées sur papier jaune ocre sont datées de 1848; le sujet de la première série, scène de musique de chambre, reparait, mais les impressions en chromolithographie ont été abandonnées, les illustrations employées sont différentes.
Une autre Marseillaise avec gravures sur bois a été publiée en 1840, en voir le détail à l'article Rouget de l'Isle.
On joint parfois aux Chants et chansons populaires de la France l'article suivant, du même format, qui n'est nullement un complément.
Chansons populaires des provinces de France. Notices par Champfleury. Accompagnement de piano par J.-B. Wekerlin, illustrations par MM. Bida, Bracquemond, Flameng, Français, Ch. Jacque, Ed. Morin, etc.... — Noëls. — Chansons de mai. — Ballades. — Chansons de métiers. — Bondes. — Chansons de mariées. Paris, Bourdilliat et Oie, 1860, gr. in-8, couv. jaune ocre imp.
Premier tirage. Typ. Henri Pion.
Faux titre, titre, xxvn p. notice et 224 pages.
Frontispice gravé à l'eau-forte et nombreuses vignettes intercalées dans le texte.
CHANTS ET CHANSONS - CHASLES
La couverture de ton jaune ocre est imprimée dans un cadre avec quatre «'•loilcs (sans doute pour continuer la tomaison des chansons populaires de la France, annoncées au plat verso : les 4 volumes, •40 francs au lieu de 48, môme date et même imprimeur que pour le livre des Chants et chansons populaires.
En réalité c'est un livre à gravures sur bois, très différent; il a paru 17 ans après.