‹ Le tresor du bibliophileChapitre 360 sur 514 · HISTORIQUE DU LIVRE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE DU LIVRE

En 1859, le duc d'Orléans, fils aîné du roi Louis-Philippe, avait accompli un long, difficile et, parfois dangereux voyage dans l'Algérie à peine conquise et non encore pacifiée. Le jeune prince avait rapporté de cette expédition des notes; il pria alors le maître écrivain Charles Nodier de rédiger celle Expédition dus Portes de Fer.

L'impression du livre fut confiée à l'Imprimerie Royale et l'illustration à des maîtres comme Raffet, Decamps et Dauzats, ce dernier assumant la direction artistique. L'interprétation par le bois fut confiée aux graveurs en renom tels que Lavoignat, Lavieille, Rouget, etc.

La dépense engagée fut de 91.205 fr. 55 centimes, somme importante pour l'époque.

L'ouvrage, livre privé, familier, écrit pour quelques-uns, était destiné aux membres de la famille royale, aux personnages de l'État, aux dignitaires de la Cour, aux officiers, sous-officiers et soldats ayant pris part à l'expédition. Tous ces bénéficiaires reçurent leur exemplaire avec leur nom respectif imprimé sur le faux titre; une lettre d'envoi était jointe, signée de l'aide de camp de service près le Prince Royal; la phrase suivante qui se trouve sur quelques exemplaires confirme ce qui précède. « C'est un souvenir laissé par Lui (Mgr le duc d'Orléans) à ses compagnons d'armes, une dernière preuve de sa constante sympathie pour ceux dont il aimait tant à partager les fatigues et les dangers. »

Les envois n'absorbèrent pas la totalité du tirage. Au décès de la duchesse d'Orléans, le reste fut partagé entre ses deux fils, Mgr le comte de Paris et Mgr le duc de Chartres. Ce dernier, en mai 1901, fit don d'un exemplaire à chacun des vingt-huit membres qui composaient la Société des Bibliophiles François. La beauté de ce livre méritait des enchères sensationnelles, mais l'amateur ayant toujours pensé qu'un petit stock de l'ouvrage était resté en quelque demeure a hésité à le pousser en vente publique au delà d'un prix variant entre quatre et six cents francs.

Certes le temps a passé et les exemplaires se sont raréfiés, principalement ceux de présent qui portent un nom et qu'il convient de ne pas laisser échapper, surtout avec la lettre d'envoi qui est rarissime. D'autres portent à l'encre cette dédicace : « de la part du duc d'Orléans ».

Quelques exemplaires furent reliés à l'époque en maroquin ou chagrin rouge avec fers spéciaux; ils sont très rares et préférables aux exemplaires présentés dans le cartonnage original.

Les exemplaires de la famille furent reliés en maroquin rouge au chiffre.

Des recherches faites à l'Imprimerie Nationale indiquent que le livre a été imprimé à 1514 exemplaires sur vélin et 6 sur papier de Chine. Ces exemplaires de luxe étaient vraisemblablement réservés à la famille royale. Les événements et les décès se succédant, les exemplaires ne furent pas tous attribués; l'entourage du prince se contenta d'exemplaires sur papier vélin.

Le premier exemplaire sur chine qui passa en vente fut adjugé 2.650 francs (vente E. Collin, 1886), il fut acheté et revendu au Dr Cavelier qui le légua à la bibliothèque de Montpellier, sa ville natale. Cet exemplaire est relié par Petit avec un chiffre reproduisant les initiales du duc d'Orléans, le faux titre ne porte aucune indication. Le bibliographe

NODIER

Brivois îqui ne connaissait l'existence que de l'exemplaire de la bibliothèque de Montpellier eut la chance d'acquérir un autre exemplaire dans le cartonnage primitif. On trouvera plus loin le prix qu'il fit à sa vente; il passa ensuite chez Descamps- Scrive et figure maintenant dans la collection Vautier. M. P. Bapst en possède un troisième exemplaire; un quatrième serait à Turin dans une bibliothèque princière; le cinquième chez M. le vicomte de Sartiges et le sixième dans une retraite jusqu'ici ignorée et que nous souhaitons de connaître un jour prochain.

Il a été tiré deux ou trois rarissimes collections de fumés de ces admirables bois. On connaît celle du peintre Dauzats, incomplète de 10 fumés, qui figura à la vente Bordes de Fortage; la Bibliothèque Nationale en possède une autre au cabinet des Estampes.

Consulter sur ce livre la notice du B°° de Claye. Essai bibliographique sur le Journal de l'expédition aux Portes de fer, Paris, Revue biblioiconographique, 1902, in-8.

Ventes :

Giraudeau, 1886, cart., ex. du général baron Gourgaud 425 fr.

Conquet, 1898, cart., ex. du comte de Montalivet 600 fr.

Daguin, 1904, mar., rel. de Capé 655 fr.

Bordes de Fortage, 1919, 1 tome en 2 vol., cart., non rog., exemplaire de Dauzats, avec fumés 5.200 fr.

G. A. P., octobre 1920, mar., tr. dor. (Petit), rel. au chiffre du duc d'Orléans et envoi de la D,!e d'Orléans à M. Bertin de Veaux. 1.410 fr.

Brivois, 1920, cart. papier, non rog., ex. sur chine 10.000 fr.

Fould et Rattier, 1920, reliure de Lortic faite pour l'exposition devienne en 1875 4.020 fr.

Parran, 1921, mar. doublé (Andneux) 770 fr.

D' Ripault, 1924, demi-rel., mar. vert à coins, dos orné d'attributs militaires, non rog. (Simier, rel. du roi) 1.200 fr.

L. C, octobre 1924, cart. orig., ex. au nom du lieut. général Trignot de Lavoye 470 fr.

Descamps-Scrive, 1925, ex. Brivois, sur chine, étui (Mercier) . . 55.000 fr.

Histoire du chien de Brisquet. Vignettes par Tony Johannot. Paris, Blanchard, éditeur, 1854, in-18, couv. blanche glacée illust.

Premier tirage. Strasbourg. Imp. G. Silbermann.

17 pages tout compris.

Première édition séparée.

Vignettes dans le texte imprimées en couleurs par le nouveau procédé de Silbermann de Strasbourg.

La couverture blanche glacée, impression or, est illustrée d'un paysage imprimé en couleurs; sur le plat verso, le chien de Brisquet également imprimé en couleurs.

Petit livre d'enfant très rare en belle condition. Vente :

$1-25 octobre 1922, cart. éditeur, étui 65 fr.

Voir aussi : Diable a Paris, Scènes de la Vie privée des animaux, Nouveau Magasin des enfants, etc....

Page 1