TIHAGE SUR PAPIER DE CHINE, SIXIÈME ÉDITION
Après épuisement de l'édition de 1855, MM. Garnier frères, acquéreurs des matériaux de l'édition, firent un nouveau tirage portant sixiesme édition dont vingt-cinq exemplaires, titre rouge et noir, ont été imprimés sur papier de Chine avec le nom de E. Caen, libraire-éditeur, à la date de mdccclxi (1861), imprimerie Simon Raçon et Cie; faux titre, au verso justification du tirage et nom d'imprimeur; frontispice gravé sur bois intitulé : Les Contes drolatiques, titre rouge et noir, xxxn pages, cette dernière n. ch. contenant : table des dessins, table des matières, avertissement du libraire et notice des éditions des Contes drolatiques; 614 pages commençant par 5 p. n. ch. dont le frontispice du Premier Dizain, plus 1 feuillet orné d'un grand bois dans le coin duquel se trouve gravé le mot Fin, page blanche au recto. (Format 214 x 134.)
La tradition veut que cette édition sur chine ait été imprimée sur les bois originaux, tirage spécial qu'il fut fort possible d'accorder au libraire E. Caen, par les éditeurs Garnier frères, qui, recomposant le livre avec un caractère nouveau, purent placer les bois originaux dans les nouvelles formes. Ils firent du reste subir quelques modifications à la mise en pages; nous en citons quelques exemples :
Pages 10 et 11 : premiers changements de gravures dans la mise en pages. Mêmes bois placés différemment.
Vignettes déplacées : pages 65, 70, 79, 93, 95, 97, etc., etc.
Page 84. Légende du grand bois incomplète du mot recepvoir.
La page 424 commence par ...dictes-luy alors que dans le tirage de 1855 elle commence par ...la, dictes-luy.
La page 427 se termine par ...s'en va dans ces; dans le tirage de 1855 elle se termine par ...de gens criards, les...
Page 610. Gravure Y Aurore qui figurait page 009 dans l'édition de 1855, etc., etc.
BALZAC
Plusieurs exemplaires reliés à l'époque nous ont passé par les mains, ils ne possèdent pas le frontispice du livre, grand bois intitulé : les Contes drolatiques. Il parait avoir été oublié au tirage. Cette lacune a été comblée par certains amateurs en prenant le frontispice sur cliine d'une édition Garnier postérieure. Il faut, du reste, remarquer qu'après les tirages de 1855, la lettre qui figure au bas de ce frontispice : Ont esté réimprimez par Bénard et Cie, 2, rue Damiette, à Paris, a disparu. Il devenait d'ailleurs logique, en 1801, que cette indication disparût ou fût modifiée à cause du changement d'imprimeur.
Dans cette édition le papier de Chine employé est plus fort que celui de l'édition de 1855, s'il a plus de main, par contre, il est moins satiné et de nombreuses peluches figurent dans les fonds noirs de certaines gravures qui sont souvent bouchés par défaut de mise en train, ce qui n'empêche pas de dire que l'ensemble du tirage est satisfaisant pour l'amateur qui veut comparer cette édition avec l'ordinaire de 1855 sans pouvoir se payer le chine de cette même année.
Ces exemplaires sur chine de 1861 sont devenus rares et se rencontrent presque tous, comme ceux du premier tirage de 1855, reliés en maroquin rouge ou vert clair, 5 fil., dos ornés, non rognés, par Petit, suce, de Simier ou Belz-Niédrée.
Cette édition de 1861 a été imprimée sur papier vélin; devant la nécessité d'un gros tirage, les éditeurs auraient de nouveau imprimé sur clichés.
Ventes : exemplaires sur chine, 1801.
Legrand, 1912, mar. doublé (Mercier) 270 fr.
Brivois, 2e ven-te, 1922, broché, couv. au nom de Garnier, 1861. 1.145 fr. 4"*, décembre 1924, mar. vert, fil. (Capé) 1.950 fr.
M. Georges Duplessis, dans son admirable notice biographique, raconte la vie de Gustave Doré, en voici un petit résumé.
Gustave Doré naquit à Strasbourg. Sa première enfance se passa dans cette ville, et ce qui frappa tout d'abord sa vue, ce furent ces châteaux perchés sur les collines abruptes qui couvrent les bords du Rhin. Son père, ingénieur des ponts et chaussées, appelé par ses fonctions à Bourgen-Bresse, emmena avec lui son fils, à peine âgé d'une dizaine d'années. Doré commença ses études dans cette ville; en même temps qu'il suivait les cours du collège de Bourg, il accompagnait son père dans ses excursions et rapportait de ses promenades des notes et des croquis qui devaient lui servir dans sa carrière d'artiste. Il fit en 1845, à Bourg, ses premiers essais comme lithographe chez l'imprimeur Ceyzeriat.
Le Journal pour rire était répandu dans la ville et Doré, dans sa jeune tète de seize ans, rêvait de soumettre ses essais à un juge compétent comme l'habile directeur de ce journal illustré, M. Philipon.
Le père de Doré ayant pris un congé vint à Paris avec son jeune fils rêvant de connaître la capitale.
Gustave Doré, prenant sous son bras le portefeuille de croquis qu'il avait glissé dans sa malle, alla frapper bravement à la porte de Philipon, un jour que son père l'avait laissé seul pour faire ses courses dans Paris.
Il fut très bien accueilli, le directeur examina avec attention les croquis qui lui étaient soumis, causa avec Yécolicr de seize ans, spirituel, enthousiaste et convaincu, et se laissa séduire par la nature sympathique du jeune homme qui venait s'offrir à lui.
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Avec son Qair habituel il le jugea garçon d'avenir, et lui assura du travail en Bignanl un peu plus tard avec son père un traité par lequel il s'engageait à lui payer quarante francs les dessins à la plume formant une page du Journal pour rire et quinze francs pour les dessins de page d'album.
C'était le commencement d'une carrière qui devait conduire Doré à la renommée. Sun début dans la maison Aubert et Cie, éditeurs du Journal pour rire, fut la série des planches pour les Travaux d'Hercule qui accusèrent une originalité réelle.
Il étudiait sans cesse et c'était au moment où il semblait travailler le
m -. qu'il travaillait le plus; qu'il fut au bal, dans le monde, sur le
boulevard, au spectacle ou en voyage.
Le bibliophile Jacob, (Paul Lacroix), fut un des premiers à apprécier le talent du débutant. Il le mit en rapport avec l'éditeur Bry qui lui confia l'illustration des OLuvres de Rabelais et de I'Histoire de la sainte Russie. Quand parurent les Contes drolatiques (1855), le public accueillit froidement cet ouvrage dans lequel Doré avait répandu le meilleur de son talent, l'édition fut mise au rabais chez l'éditeur Delahays, cependant aujourd'hui l'éducation est faite et ce livre est heureusement apprécié comme le chef-d'œuvre de cet artiste qui était à cette époque dans la force de son talent, plein de jeunesse, de vie et d'entrain.
Les années suivantes une entreprise hardie, L'Enfer de Dante, donne la mesure de son tempérament d'artiste qui ne devait que prospérer dans la réalisation d'autres chefs-d'œuvre qu'on trouvera décrits dans cette bibliographie.
Toute sa vie il avait rêvé une grande illustration des œuvres de Shakespeare ce grand tragique. Hélas! la tnorl n'a pas permis la réalisation de ce beau rêve et à 51 ans elle ravit à l'art ce vaillant, ce grand travailleur qui n'avait jamais pris le temps de se reposer et qui avait toujours montré une préférence marquée pour les œuvres supérieures de l'esprit humain et pour les réelles beautés de la nature. Doré occupe une place hors ligne dans le livre d'or de l'art français.
Œuvres complètes. La Comédie humaine. Paris, Fume, J.-J. Dubochet et Cie, J . Helzel et Paulin, Houssiaux, 1842-1855, 20 volumes in-8, couv. blanche imp.
Premier tirage. Divers imprimeurs.
Cette édition, d'abord imprimée en 17 volumes, de 1842 à 1848, a été souvent réimprimée partiellement ou totalement. C'est ainsi qu'en 1853 les 17 premiers volumes étant épuisés, Alexandre Houssiaux les réimprima avec une notice de George Sand et publia deux années après, en 1855, les 3 volumes complémentaires augmentés d'une notice de Théophile Gautier. Ces 20 volumes furent également réimprimés pendant de nombreuses années.
Le texte des 17 premiers volumes n'a été imprimé qu'après avoir été revu et corrigé par Balzac sur les éditions originales. Décédé le 19 août 1850, il ne put faire entrer dans cette correction définitive les ouvrages publiés plus tard par Houssiaux en 1855 et par Michel Lévy de 1869 à 1870. Voir : Première partie, éditions originales.
MONTIGNEVl
La grande Nanon appartenait à M. Grandet depuis trenle-cinq ans.
EUGÉNIE GF1AMDF.T,
Illustration de Henri Monnier pour les OEuvres de Balzac.
HALZAC
[/illustration de cet ouvrage entièrement gravée sur bois est remarquable, ce sont des sujets hors texte avec légendes, dessinés par les plus grands artistes du temps : Tony Johannot, Meissonier, Gavarni, Henri Monnier, Bertall, C. Nanteuil, Gérard Séguin, Français, etc.
REMARQUES DE PREMIER TIRAGE
Il sera facile de reconnaître les réimpressions, môme celles faites sous les bonnes dates, en constatant que du tome premier au tome XVI inclus, le faux titre général : Œuvres complètes de M. de Balzac, a été supprimé et reporté au faux titre suivant qui, précédemment, ne comportait (pie la mention : Comédie humaine, avec les désignations de tomaison, de partie, etc. Pour les tomes XVII à XX, consulter le collalionnement que nous donnons ci-dessous.
Dans les exemplaires du premier tirage on lit dans l'adresse, tome XX : Sainct-André-des-Ars ; dans le retirage on lit: Saine-André; de plus I'Épi- [(ii, n rétabli postérieurement se trouve par erreur page 148 au lieu de 1 46.
Au-dessous de chaque légende, on lit en petites capitales le titre de l'ouvrage qu'illustre la composition. Dans les réimpressions, ces titres se trouvent entre parenthèses.
Tome I, Scènes de la vie privée, Tome I. Paris, J.-J. Dubochet, 1842, Imp. Bélhune et Pion. 507 pages, et 2 f. n. ch. note et table. — 8 gravures.
Tome II, Scènes de la vie privée, Tome II. Paris, J.-J. Dubochet etCie, 1842, Imp. Déthune et Pion. 457 pages plus 1 f. n. ch. table. — 8 gravures.
Tome III, Scènes de la vie privée, Tome III. Paris, Fume, J.-J. Dubochet et C", J. Hetzel, 1842, Imp. Bélhune et Pion. 476 pages plus 1 f. table et un f. blanc. — 8 gravures.
Tome IV, Scènes de la vie privée, Tome IV. Paris, Fume, J.-J. Dubochet et Cie. J. Hetzel, 1845, Imp. Bélhune et Pion. 557 pages plus 1 f. n. ch. table. — 8 gravures.
Tome V, Scènes de la vie de province, Tome I. Paris, Fume, J.-J. Dubochet et Cie, J. Hetzel, 1843, Imp. Bélhune et Pion. 492 pages plus 1 f. n. ch. table et 1 f. blanc. — 8 gravures.
Tome VI, Scènes de la vie de province, Tome II. Paris, Fume, J.-J. Dubochet et Cie, .1. Hetzel, 1843, Imp. Bélhune et Pion. 509 pages plus 1 f. n. ch. table et 1 f. blanc. — 8 gravures.
Tome VII, Scènes de la vie de province, Tome III. Paris, Fume, J.-J. Dubochet et Cie, J. Hetzel, 1844, Imp. Bélhune et Pion. 491 pages plus 1 f. n. ch. table et 1 f. blanc. — 8 gravures.
Tome VIII, Scènes de la vie de province, Tome IV, Paris, Fume, J.-J. Dubochet et Cie, J. Hetzel, 1843, Imp. Bélhune et Pion. 570 pages plus 1 f. n. ch. table. — 8 gravures.
Tome IX, Scènes de la vie parisienne, Tome I. Paris, Fume, J.-J. Dubochet et Cie, J. Hetzel, 1843, Imp. Béthune et Pion. 531 pages verso n. ch. table. — 8 gravures.
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TOME X, Scènes de la vie parisienne, Tome II. Paris, Fume, J.-J. Dubochet et l 'ic, ./. Hetzel. 1844, liitji. Bélhunc cl Pion. 449 pages plus 1 f. n. ch. table et I f. placement des 8 gravures.
Tome XI. Scènes de la vie parisienne, Paris, Fume, J.-J. Dubochet et Cie, J. Hettel, 1844, Imp. Béthunc et Pion. 588 pages plus 1 f. n. ch. table. — 8 gravures.
Tome XII, Scènes de la vie parisienne et scènes de la vie politique, Paris, Fume, J.-J. Dubochet et Cie, J. Hetzel, 1846, Imp. Pion frères. 531 pages verso n. ch. table. — G gravures.
Tome XIII, Scènes de la vie militaire et scènes de la vie de campagne. Paris, Fume, J.-J. Dubochet et Cie, J. Hetzel, 1845, Imp. Lacrampe et Cie. 728 pages plus 1 f. n. ch. table. — Pas de gravures.
Tome XIV, Études philosophiques, Tome I. Pains, Fume, J.-J. Dubochet et Cie, J. Hetzel, 1845, Imp. Béthune et Pion. 476 pages plus 1 f. n. ch. table. — 10 gravures.
Tome XV, Études philosophiques, Paris, Fume, J.-J. Dubochet et Cie. ./. Hetzel, 1845, Imp. Lacrampe et Cie. 662 pages plus 1 f. n. ch. table. — G gravures.
Tome XVI, Études philosophiques et études analytiques, Paris, Fume, J.-J. Dubochet et Cie, J. Hetzel, 1846, Imp. Pion frères. 620 pages plus 1 f. ii ch. table. — 6 gravures.
Tome XVII, Scènes de la vie parisienne, lre et 2e parties. Paris, Fume cl Cie, 1848, Imp. Pion frères. Faux titre, titre, 650 pages, plus 1 f. n. ch. table. — 5 gravures.
Tome XVIII, Scènes de la vie parisienne, scènes de la vie politique, scènes de la vie de campagne, etc., etc. Paris, Alexandre Houssiaux, 1855, Imp. Pillet fils ainé. Faux titre, titre et 660 pages, verso n. ch. table. — 1G gravures.
Tome XIX, Tuéatre de H. de Balzac Paris, Alexandre Houssiaux, 1855, Imp. Pillet fils aîné. Faux titre, titre et 424 pages, verso n. ch. table. — 4 gravures.
Tome XX, Les Contes drolatiques. On les vend à Paris, chez Alexandre Houssiaux, mdccclv, Imp. Pillet fils aîné. Faux titre, titre et 440 pages y compris la table. — 5 gravures.
Les seize premiers volumes ont paru avec 116 gravures; le tome XVII publié sans gravures a été postérieurement illustré de 5 compositions en 1852. Dans le tome XX, complément de cette première édition de la Comédie humaine, on doit trouver une notice de xvi pages par George Sand, les 6 gravures pour le tome XIII, le frontispice de la Comédie m HAINE qui est très rare et la table générale des gravures.
Récapitulation :
Portrait de Balzac (donné dans le tome XVII) 1 gravure
Frontispice (donné dans le tome XX) 1 —
Tome I à XVI (moins les gravures tome XIII) . 116 — Gravures tome XIII (données dans le tome XX). 6 —
Tomes XVII à XX 30 —
Ensemble 154 gravures.