DEUXIÈME PARTIE
nellement dans une chapelle, ou au presbytère. Il faut avoir soin d'inviter toutes les confréries et d'autres personnes encore à faire partie de la procession.
On porte des ornements violets et le Lignum Crucis; si on ne possède pas cette précieuse relique, on se sert d'un beau crucifix, et on chante le Veni Sancte Spiritus en allant, le Miserere ou la Vexilla régis en revenant. Ceux qui portent les images s'avancent dans l'ordre des stations, au milieu de flambeaux. Arrivés au sanctuaire, les sept premiers se placont du côté de l'Evangile, les sept autres du côté de l'Epitre. Quand la bénédiction solennelle est faite avec l'eau bénite et l'encens, et qu'un pieux discours a été adressé à l'assemblée sur les avantages inestimables de cette dévotion, on procède à l'érection, et on fait les stations à mesure qu'on place les croix. S'il n'y a pas de tableaux, on a recours, pour exciter la dévotion, à un grand crucifix qu'on porte au milieu de deux ou de quatre torches allumées, l'image de notre Sauveur crucifié doit être tournée vers le peuple. Il faut avoir soin de lire les stations avec onction, et non pas avec ce chant monotone qui, à' l'inconvénient d'inviter au sommeil, ajoute celui d'empêcher qu'on ne comprenne le sens de la méditation; on s'efforcera de rendre attrayantes ces stations en chantant un cantique populaire; enfin, on évitera de baiser la terre, car cela n'est pas nécessaire, et cette cérémonie si sainte en elle-même peut donner lieu à des moqueries dans le Siècle malicieux où nous vivons. En agissant ainsi, on verra quelle affection et quel saint enthousiasme cette dévotion inspirera aux jeunes gens et aux hommes eux-mêmes.
2<> Faire le chemin de la Croix fréquemment, au moins une fois chaque mois. Le curé ne devra donc pas se contenter d'avoir érigé le Via Crucis avec la pompe que nous venons de décrire; il fera le chemin de la CrcJx, nonseulement le dimanche de^ Rameaux, et plusieurs fois en Avent et en Carême, mais encore tous les mois un jour de dimanche. S'il sait rendre cette pratique agréable, et s'il s'en acquitte de la manière que nous venons d'insinuer; s'il excite quelque pe^onne pieuse à faire le chemin de îa Croix à haute voix, avec sentiment et onction, afin que les autres puissent profiter de cette méditation, soit le vendredi de chaque semaine, soit au moins les dimanches et les jours
de fête dans l'après-midi, ou le matin après îa messe dans certaines paroisses de campagne; il ne tardera pas à être convaincu de la vérité des incomparables avantages du Via Crucis. Au moins, je puis le dire, dans les quatre centsoixante paroisses et même plus où j'ai eu la consolation de l'ériger, et dans beaucoup d'autres où j'ai pu ranimer cette dévotion, il n'est aucun curé qui ayant mis en pratique ces avis, et s'étant servi de nos méditations (1), n'ait vu bientôt un changement très-sensible s'opérer chez la plupart de ses paroissiens.
En allant d'une station à l'autre, il y en a qui chantent le Jesu rex mitis, ou les prières de la Passion ; d'autres prennent une str. phe du Stabat Mater; mais le peuple ne comprend pas malheureusement la signification de ces paroles, parce qu'elles sont en latin. Je T'ai vu au contraire saisi d'une profonde émotion et d'un grand enthousiasme en chantant, Pardon, ô mon Dieu! ou encore les strophes que nous avons adoptées dans notre Via Crucis, pourvu qu'elles soient chantées posément et avec dévotion.
On ne s'étonnera pas que nous ayons mis au commencement de chaque station :