INTRODUCTION
Lorsque l'on eut découvert les microbes, l’on expliqua les phénomènes morbides infectieux par la pullulation dans l'organisme des agents pathogènes. Pour chaque maladie, l’on peut décrire un germe, dont la spécificité fut prouvée par l'inoculation expérimentale. La pathogénie des infections était, par ce fait, singulhièrement éclairée, mais si, pour certaines, la porte d'entrée du bacille était évidente, pour d’autres ce point restait obscur.
Or, depuis quelques années, de nouvelles découvertes ont permis de comprendre l’étiologie d'un cerain nombre de ces infections, et l’on vit le microbe, ou l'agent pathogène quel qu’il soit, se servir, pour franchir la barrière que lui opposent les téguments, d'êtres plus élevés et plus forts que lui. Cette « association parasitaire » réalisait, en somme, dans la nature, la lancette de l’expérimentateur inoculant un virus.
C’est ainsi que l’on découvrit tour à tour le rôle de de l’anophèle dans le paludisme, du stegomya dans la fièvre jaune, de la mouche tsé-tsé dans la trypanosomose. Plus récemment encore, certains auteurs ont voulu appliquer aux « endoparasites » ce que l’on avait
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dit pour les « ectoparasites », et les vers intestinaux, en particulier furent tirés de l'ombre où, malgré les efforts de Raspail, 1ls étaient restés plongés depuis Davaine. Les nématodes, notamment, à cause peutêtre de leur grande fréquence, parurent les plus suspects ; et le trichocéphale surtout se vit accusé de nombreux méfaits. Des troubles morbides variés, l'appendicite, voire même la fièvre typhoïde furent considérés comme devant lui être attribués, tout au moins en partie, et dans celte dernière affection il interviendrait, d’après les défenseurs des théories vermineuses, comme le « facteur étiologique le plus important ». Un individu dont l'intestin serait hbre d’helminthes pourrait boireimpunément de l’eau contaminée par le bacille d’Eberth. |
Ce sont là, évidemment, des assertions grosses de conséquences, aussi 11 ne peut être que très intéressant, au point de vue de l'hygiène et de la prophylaxie, de voir si elles doivent êtré confirmées ou au contraire rejetées.
Sans avoir eu un seul instant la prétention de résoudre le problème, nous avons étudié cette question passionnante, et nous nous sommes livrés à des expériences, qui peut-être, ajoutées à d’autres, serviront pour leur modeste part à l’éclairer.
Le plan que nous suivrons dans notre travail sera le suivant : après avoir donné un bref aperçu historique du sujet, nous étudierons le trichocéphale en tant que parasite, surtout au point de vue de sa fréquence, du mode d’infestation, etc. Nous exposerons ensuite les rapports qu'il affecte avec la muqueuse de l'intestin, :