ACTE II. qq
Laisse-moi quelque temps encor à mes ivresses. O souvenir charmant du sol natal, caresses Des cieux démens, du vent venu de l'Apennin, Senteurs des orangers, du mélèze et du pin ! J'ai vingt ans, de l'amour à l'âme, je respire ! J'ai fait un rêve affreux, je m'éveille au sourire De tout ce que j'aimais, de ce qui m'a charmé. Et tu voudrais, ma sœur, que je fusse alarmé '. Vois- tu San Barnabo? vois-tu le campanile : Oh ! comme à l'horizon teinté de rose il brille ! Je ne l'ai jamais vu si beau ! Le vieux palais Que nous habitions tous est voisin.
ANGELICA
Je le hais...
Ne le regarde pas ainsi : c'est une tombe !
Il faut donc te céder. Partons, ô ma colombe !
ioo LE TRIOMPHE DE L'AMOUR.