‹ Le triomphe de l'amour, drame en trois actes et en versChapitre 59 sur 91 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

Les Mêmes, CAVALCABO, SALIMBENI, Peuple, le peuple, criant.

Vive le Se'nateur!

MALAVOLTI.

Monseigneur, soyez juge, Vous, notre père à tous et notre seul refuge.

S'adressant à S.ilimbeni.

Vous n'êtes pas pour nous et de notre côte, Syndic, mais je me fie à votre loyauté. Pompeo Morelli sur nous a fait main basse Et veut nous arrêter, sans appel et sans grâce, Au nom de monseigneur le comte de Vertu. Est-il assez grotesque et naïf, le crois-tu: Que monseigneur le Duc, à Milan, soit le maître, Et fasse à son plaisir, je puis le reconnaître ; Qu'il commande à Padoue, à Trévise, à Verceil,

io8 LE TRIOMPHE DE L'AMOUR.

J'y consens. Le lion rugit à son réveil... Mais tyran à Sienne! Ah! pour ça, je conteste.

J'obéis à mon maître, et me moque du reste.

CAVALCABO.

Calmez-vous, mes enfans! D'abord je vous connais..

Malavolti, tu fus toujours le plus mauvais,

Et toi pareillement, dont le sourcil se plisse,

Pius Tolomei, qui t'es fait son complice.

Je vous aime, malgré vos vices triomphans,

Et je le dis encor : Vous êtes mes enfans !

Mais quel est ce seigneur et cette aimable dame?

Elle est charmante et lui de grand air, sur mon âme !

Comme elle a peur! et comme elle se serre auprès

Du jeune protecteur que le ciel lit exprès !

Çà, mon jeune seigneur, et vous, douce fillette,

Quels sont vos noms ? Le lys, je crois, la violette :

Moi, je suis le proscrit Carlo Montanini Cette dame est ma sœur.

Page 1