‹ Le triomphe de l'amour, drame en trois actes et en versChapitre 67 sur 91 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Ou c'est trop peu; monsieur, faites le compte.

TEDESCO

Pour nous braver ainsi, combien t'ont-ils payé :

josias, éclatant.

Ils m'ont pour plus d'argent moins que vous ennuyé.

Quoi! vous pensiez vraiment par peur que j'allais dire

Tout ce qu'il vous plairar... Monsieur, vous voulez rire!

J'en ai trop, à la fin, de tous vos traquenards!

Vous m'avez torturé, brisé, mis aux brancards,

Tenaillé, mutilé, menacé de la roue.

Pourquoi? pour rien, pour le plaisir, pour que j'avoue

Ce que je ne sais pas, ce qui n'existe pas,

Et que vous consommiez en paix vos attentats!

Je ne suis qu'un vieillard. J'ai peu de jours à vivre,

Ils sont brisés, flétris, souillés... je vous les livre ;

Je suis presque un mourant, vous pouvez m 'achever...

Je ne mentirai pas. J'ai mon âme à sauver!

Ah! j'irai jusqu'au bout. Je ne suis qu'un pauvre homme,

Mais je suis citoyen, et de Sienne en somme,

Étant né dans ses murs... Je n'y puis rien changer...

i2o LE TRIOMPHE DE L'AMOUR.

Pour vous?... vous n'êtes rien ici qu'un étranger, Un Allemand, le nom l'indique, un mercenaire, Et comme tel vendu pour un maigre salaire; Je vous aurais livré ces trois pauvres enfans!

Murmures du peuple.

Tenez, entendez-vous ces rires triomphons?

Ils se seraient pour moi transformés en huées

Si mes délations s'étaient prostituées,

Et je n'oserais pas affronter le regard

De mon Dieu, si j'avais dans ce crime une part.

TEDESCO

Le pauvre homme a perdu la tète... Il nous menace. Mais les fous ne sont pas dangereux. Qu'on le chasse!

Les hallebardiers l'expulsent. Josias s'enfuit prestement.

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