ACTE II
Ou c'est trop peu; monsieur, faites le compte.
TEDESCO
Pour nous braver ainsi, combien t'ont-ils payé :
josias, éclatant.
Ils m'ont pour plus d'argent moins que vous ennuyé.
Quoi! vous pensiez vraiment par peur que j'allais dire
Tout ce qu'il vous plairar... Monsieur, vous voulez rire!
J'en ai trop, à la fin, de tous vos traquenards!
Vous m'avez torturé, brisé, mis aux brancards,
Tenaillé, mutilé, menacé de la roue.
Pourquoi? pour rien, pour le plaisir, pour que j'avoue
Ce que je ne sais pas, ce qui n'existe pas,
Et que vous consommiez en paix vos attentats!
Je ne suis qu'un vieillard. J'ai peu de jours à vivre,
Ils sont brisés, flétris, souillés... je vous les livre ;
Je suis presque un mourant, vous pouvez m 'achever...
Je ne mentirai pas. J'ai mon âme à sauver!
Ah! j'irai jusqu'au bout. Je ne suis qu'un pauvre homme,
Mais je suis citoyen, et de Sienne en somme,
Étant né dans ses murs... Je n'y puis rien changer...
i2o LE TRIOMPHE DE L'AMOUR.
Pour vous?... vous n'êtes rien ici qu'un étranger, Un Allemand, le nom l'indique, un mercenaire, Et comme tel vendu pour un maigre salaire; Je vous aurais livré ces trois pauvres enfans!
Murmures du peuple.
Tenez, entendez-vous ces rires triomphons?
Ils se seraient pour moi transformés en huées
Si mes délations s'étaient prostituées,
Et je n'oserais pas affronter le regard
De mon Dieu, si j'avais dans ce crime une part.
TEDESCO
Le pauvre homme a perdu la tète... Il nous menace. Mais les fous ne sont pas dangereux. Qu'on le chasse!
Les hallebardiers l'expulsent. Josias s'enfuit prestement.