ACTE II
Syndic, j*ai supprimé l'office du Conseil, Ayant pris le parti dès l'heure matinale De m'emparer des clefs de votre capitale; Tenez! vous pouvez voir d'ici les forts garnis De mes soldats... Ils sont abondamment fournis; J'ai quatre cents archers dans votre citadelle, Et je puis écraser votre cité rebelle.
Allons! rentrez chez vous!... Ah! vous pensiez ici Tout renverser... Le Duc ne l'entend point ainsi... Bouleverser les lois de votre République, Dilapider les fonds de la chose publique, Vous montrer de petits despotes?... C'est très-bien ! Mais, moi, j'ai mon épée et ne redoute rien. Donc, si vous m'en croyez, ô magistrats honnêtes, Soyez sages, sinon... messieurs... gare à vos têtes! Cavalcabo, ta femme attend à la maison...
CAVALCABO.
Je suis maître au loeis...
Tu n'es rien qu'un oison!
Décampe!... Toi, Syndic, Salimbeni, ta charge N'existe plus, tu n'es plus rien. .. je te décharge.
SALIMBENI.
Je suis ce que j'étais, un homme, et Siennois. ..
Veille sur tes discours, Salimbeni, et sois Le diable si tu veux, mais laisse-moi tranquille! Or, voici mon arrêt qui met fin dans la ville Aux partis factieux, aux crimes souterrains Des gens du grand Conseil et des républicains. Pius Tolomei, comme le moins coupable, Tu devras nous payer, sous caution solvable, Pour le complot hideux par tes soins concerté. Cinq cents florins, restant d'ailleurs en liberté : Je suis clément et doux, contre mon habitude ; Je t'épargne la hache et la corde plus rude.
Monsieur, je suis soldat, et j'ai le sauf-conduit De François de Carrare.