ACTE III. i
Va chercher Josias, — rien ne te le défend, Et dis-lui de venir promptement...
Mon bon maître, Etes-vous donc le seul de la ville à connaître Que le Juif, aussitôt remis en liberté, A quitté sur-le-champ Sienne et déserté ?
SALIMBENI.
11 venait de subir la plus dure géhenne !
Un cerf est moins agile, un lièvre a moins de peine A déguerpir. Parti comme les passereaux! On dit qu'il a graissé la patte à ses bourreaux, Ou qu'il promit du moins de payer, étant libre; Mais c'est un fin renard, et connaître sa fibre N'est pas chose commode au moins : il n'a cherché Qu'à fuir et conserver ses os à bon marché.
SALIMBENI.
Comme il a dû souffrir!
Le bourreau de la ville Est vieux... en aucun temps il ne fut fort habile; On travaille si mal à Sienne! Il faut voir Les bourreaux ferrarais pour s'en apercevoir ; J'aime aussi la façon de Mantoue, et Virgile Ne reconnaîtrait pas les bergers de l'Idylle. Le duc Albert n'est pas très-tendre au patient, Et de la vie humaine il est insouciant. Il fit écarteler son frère, un jour de pluie; Pauvre Obizzo, si jeune et bon! Quand on s'ennuie, On devient très-méchant. Sa mère but la poix, Sa belle-sœur mourut d'un supplice à son choix; Enfin, son oncle, ayant blâmé cette incartade, Pour la première fois fut mis à l'estrapade. Le palais fut très-gai huit jours; ce fut gala. Parens, amis, vieillards, enfans,... tous ces gens-là Furent décapités, étranglés. Quelle fête!
Va, tu me fais horreur!
Pour qu'elle fût complète,