‹ Le triomphe de l'amour, drame en trois actes et en versChapitre 88 sur 91 · ACTE III. i5g · texte numérisé non relu

ACTE III. i5g

Comme la paille au vent, vous fûtes entraînée :... L'exil vous prit; j'étais tout jeune, j'ai cherché Longtemps votre demeure et votre abri caché : Je vous ai demandée à Milan, à Ferrare, Partout... je fus soldat, marin, et, sort bizarre. Je ne vous trouvai point où je vous cherchais tant. Le sort me fut cruel. Résigné, mécontent, J'étudiai les arts, et poursuivis la gloire. Du pauvre Giotto j'adorais la mémoire, Et Simone Memmi devint un dieu pour moi. Je fus célèbre, et riche, et puissant. Mais pourquoi Tout ce bruit, et cet or, et cet éclat suprême, Si je suis à toujours haï de ce que j'aime ?

Très haut et s' animant.

Si je dois renoncer à vous ? Il faut pourtant Que vous adoucissiez cet orgueil repentant Et que vous m'écoutiez! Je dois me faire entendre...

Je n'en tends que trop bien,monsieur. Je crois comprendre Le piège habile et sûr dressé par le chasseur; Vous sauvâtes le frère et vous perdez la sœur.

iGo LE TRIOMPHE DE L'AMOUR.

SALIMBEN'I.

Dieu vivant! je n'ai pas proféré ce blasphème.

Vous êtes trop adroit, et c'est par stratagème Que vous tendez au but promis, non sans raison. On me Ta dit : Carlo vous doit vie et rançon; Moi, je ne vous dois rien que mon estime.

SALIMBE.NI.

Achève, Dis-moi que tu me hais. O mon rêve, mon rêve!

ANGELICA

Non. je ne vous hais pas; mais je vous haïrais Si vous aviez compté sur mes tristes attraits, Si vous vous étiez dit : Je sauverai le frère, Angelica paîra pour lui... Tristesse amère ! Non ! vous n'avez pu croire en vos esprits cachés Que je me prêterais à de pareils marchés!

SALIMBENI.

Jamais !

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