CONCLUSIONS
1° Le trional est un bon hypnotique, tant dans les cas d’aliènation mentale que dans les cas d’insomnie due à
des causes diverses. Le sommeil moyen obtenu est de heures environ et se produit en trois quarts d'heure à -une heure, C’est un sommeil calme, facilement interrompu, mais aussi vite repris.
2° Il paraît agir sur l'écorce cérébrale, peut-être en l’ischémiant.
3° Il réussit le plus souvent dans les insomnies douloureuses. Dans les cas où les douleurs seraient trop fortes il suffit de l’associer à la morphine et à la phénacétine pouen obtenir de bons résultats.
4 C’est dans les cas d’excitation violente ou lorsque la toux est intense qu'il se montre moins efficace.
5° Comparé au sulfonal et au chloral il semble égal au premier comme action et inférieur au second; mais il présente sur le premier l'avantage d'agir plus rapidement (en 3/4 d'heure à 1 heure environ) et sur le second celui de ne pas provoquer l’accoutumance et de n'être pas un dépressif lorsqu'il est donnè avec quelque précaution.
6° Il sera donc particuliérement utile dans les cas où
les malades, depuis longtemps soumis au chloral, n’en tirent plus aucun bénéfice, du fait de l’accoutumance, el dans ceux où les malades présenteront déjà un état de dépression marquée.
7° Les petites doses (1 à 2 gr.) paraissent surtout hypnotiques, et les fortes doses (2 à 4 gr.) sédatives dans les cas d’excitation, ainsi que les doses fractionnées. Les premières devront donc être employées dans tous les cas d’insomnie sans grande excitation ; les secondes lorsque l'excitation est très prononcée.
$ Le trional n’est pas analgésique.
9° I] n’agit pas sur les appareils circulatoire, respiratoire et digestif, du moins à doses thérapeutiques. Son action sur les sécrétions et sur la température est insignifiante,
10° Les accidents d’intoxication légère (vertiges, céphalée, titubation), peuvent se montrer dès la première dose, même petite (1 gramme). Ils disparaissent ordinairement d'eux-mêmes et ne contre-indiquent pas l’emploi du trional, mais commandent seulement la prudence.
Il en est tout autrement des symptômes d’une intoxication chronique grave, avec hématoporphyrinurie qui ne se montrent qu'après un emploi prolongé du médicament et doivent en faire cesser aussitôt l'emploi. D’où Ja nèces-
sitè d’examiner fréquemment les urines dans ces cas.