Laclos à Lacuée, 11 septembre
» que de ne pas sentir que toute croyance sera don- » née au généralissime trompeur, de préférence au » pouvoir exécutif trompé. Je conviens qu'il a de » bonnes idées militaires, et, par parenthèse, je suis » absolument de son avis, contraire à celui du » général Kellermann, sur l'idée qu'a ce dernier » d'attaquer en ce moment ; mais, malgré cela, vous » n'aurez, j'ose vous l'assurer, de meilleur parti à » prendre que de mettre le plus tôt possible M. le » Maréchal en état de n'être pas pendu en arrivant » à Paris, de l'y mander aussitôt pour le consulter » et de l'y garder jusqu'à la fin de la campagne ; là, ' » ses actions seront neutralisées et ses connaissances » ne le seront point ; là, et là seulement, il pourra » être utile sans être dangereux. Je livre cet impor- » tant objet à vos réflexions et vous demande en » grâce d'en causer avec Servan *. »
Tous les Commissaires présents à Ch&lons partageaient sur Luckner l'avis de Laclos. « Ses réponses » sont insignifiantes et sa mémoire ingrate », disent les Commissaires de la Commune 2. « C'est un hors- » d'œuvre ; il fait pitié déclare Billaud-Varennes^. » « M. Laclos est venu nous confier ses craintes», écrivent les Commissaires de l'Assemblée ; « on aurait » pu croire qu'il s'emparerait entièrement du Maré- » clial », mais laiïaire du placard les a détrompés comme lui-même. « Quelques autres petits faits » ajoutés à celui-là par M. Laclos lui peignent » ainsi qu'à nous Luckner comme un homme faux, » faible, facile à entourer et à conduire à des » mesures qui pourraient devenir dangereuses pour