‹ Le trombinoscope (volume 2)Chapitre 113 sur 173 · Loclo* h Lucuée, 11 sept · texte numérisé non relu

Loclo* h Lucuée, 11 sept

» ici, personne ne savait rien de tout cela, ni ne se » mettait en peine de le savoir. La municipalité, ni » les Commissaires ne fournissent aucune ressource. » Nous y pourvoirons et après-demain au plus tard, » vous aurez les premiers états, les seuls difficiles » à faire ; les autres ne seront qu'une affaire » d'ordre. » 11 exige qu'aucun bataillon ne parte de Paris, sans être organisé et posséder un état-major. Cette organisation prend douze heures h Paris et retarde à Chàlons de deux ou trois jours. « Il s'en- » suit de plus des désordres de plusieurs espèces et » surtout uni; foule de demandes toutes exagérées et » souvent ridicules, tant en subsistances qu'en » argent. Cet inconvénient grave disparaîtra dès » qu'il y aura des chefs. Toute la journée ne nous » a pas suffi pour organiser un bataillon. » 11 ne cesse de revenir sur ce point capital : « Je vous » demande en gn^ce d'en parler de nouveau à » M. Santerre. » Car l'essentiel est d'aller vite et d'arunenter les troupes des deux armées. « Dans les » journées de demain et d'après-demain, écrit-il le » 13 septembre, il partira d'ici deux mille hommes » pour chacune des armées et cela continuera jus- » qu'à ce que les généraux disent: assez! 11 partira » aussi, aux mêmes époques, six bataillons d'hommes » non armés pour les Flandres. »

A leur arrivée, les Commissaires de la Commune de Paris constatent que le camp n'est pas encore formé. Laclos s'y emploie activement. « Puisque » vous avez eu le bon esprit de mettre du monde » sous la toile, lui écrit Servan, ayez celui de vous » faire retrancher. » Une idée, chère a Servan, c'était la fabrication des piques. Elles suppléent au défaut de longueur des fusils de chasse ; c'est « l'arme des braves et des peuples libres ; avec elles

» on peut joindre Tenncmi et l'attaquer de nuit ; » ainsi on rend sa tactique inutile, sa discipline » superflue et son feu nui *. » Laclos annonce, le 12 septembre, qu'il « fomente l'esprit des piques. « Le modèle de pique de rAsseniblée nationale, pris » du Maréchal de Saxe, est excellent mais très long » h fabriquer. Nous ayons pris le parti d'en autori- » ser un autre. Mais à peine les nouveaux modèles » sont-ils faits, et la municipalité parle et ne finit » rien. Cette affaire est aujourd'hui entre les mains » du district, qui est plus actif et plus intelligent. » Bientôt toutes les communes du département possèdent un modèle et fabriquent des piques. Laclos se procure un excellent instructeur i^our les piquicrs. On pourra sans tarder former des bataillons.

Entre temps, sous le couvert de Luckner, qui ne sait pas écrire sur ce ton, il gourmande le commandant de Bitche sur l'état de l'approvisionnement de sa place et rend le Commissaire ordonnateur u i-es- » ponsable sur sa tête » de l'exécution de ses onires. Il fait écarter de tout emploi le général Dulioux, (|ui abandoiuia son poste par peur des volonluires. 11 propose le remplacement de Dillon par Galbaud. Il travaille avec Labourdonnaye à renforcer la garnison de Metz, « pour en rassurer les timides habi- » tants, mais c'est seulement du patriotisme qu*il » lui faut. Les braves ne peuvent manquer; il ne » faut que les faire agir. Nous espérons, que la » compagnie bretonne, qui va se jeter dans Metx, la » vulcanisera, ainsi qu'elle en a grand besoin. » Ce qui pourrait arriver de plus heureux, c'est que les ennemis en entreprissent le siège. I^clos connaît la

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