‹ Le trombinoscope (volume 2)Chapitre 90 sur 173 · Cf. Mémoires de Brissot, II, cbap. xxx · texte numérisé non relu

Cf. Mémoires de Brissot, II, cbap. xxx

viire VAX tôle du n** LVI des Hévolutions de France et de lirabant le représente dans cette attitude ; au Las de la gravure est une inscription en style emphatique. Le même journal insérait une lettre où Manuel félicitait, en bon courtisan, le jeune prince de s'être fait jacobin. Les amis de M"** de Staél songeaient à ce nouveau Marcellus. La Cour suivait (ivec inquiétude cette fortune naissante. Au l"** janvier 1791, le duc d'Orléans se rendit aux Tuileries avec ses fils, a La Reine, écrit le duc de Chartres, a » parlé à mon père et à mon frère et ne m'a riendit, ni »le Roi, ni Monsieur, ni personne enfin». On considérait partout avec élonnement ce nouveau-né de la Révolution, élevé dans ses ])rincipes, tout vibrant de sou enlhousiasiue, si près du trAne et si ardent à servir la cause populaire. I^e parti Orléanais avait déjà sa branche cadette.

L'ambition inquiète ou plutiH la vanité exaspérée de M'"" de Genlis ne pouvait manquer de tirer parti du fruit de ses peines. Leduc d'Orléans, ne jouissait plus d'aucun crédit ; elle l'abandonnait à Laclos, qui le lui avait pris. I^e fils lui restait, et c'est sur sa tiHe qu'elle avait |>lacé sa propre fortune. Vers la fin de l'année 1790, elle fit paraître un Discours sur l'éducation de M, le Dauphin et sur l'adoption ^

L'ouvage était précédé de son propre portrait qu'ornait celte devise :

Vertus, f;n\ros, talents, esprit juste, enchanteur, Elle a tout ce qu'il faut pour einl»ellir la vie. G est le chaniie des ^eux, de roreille et du cœur Kt le désespoir de Tcnvie.

1 . Pnr M** de BrAlnrt, ci-dcvunt M** de Sillcry, gourcrnanta dM enfants de la maison d'Orléans. Paris 1790.

Telle était la réponse de « la Mûre de TEglise » aux épigramines de Fauteur des Liaisons.

Dans son nouvel ouvrage, M'"' de Genlis développait une idée absolument neuve, disait-elle, qui pouvait paraître au premier abord extraordinaire et impraticable, mais dont elle-même avait fait Tcxpérience : l'éducation de l'héritier du trône sous la survcillancede la nation, qui doit en être «le témoin, » le guide et le juge ». Sans ce contrôle, la liberté serait privée «des bases qui doivent la rendre iné- » J>ranlablc ». M'"*" de Genlis se crovait en mesure de les poser. Etait-ce déclarer sa candidature au poste de « gouverneur » du Dauphin? Voulait-elle monter d'un degré dans l'échelle de la pédagogie et, comme Fénelon, mais dans des principes diflerents, former Fhéritier du trône? Le discours sur l'adoption, qui suivait le premier, semblait ouvrir au lecteur des horizons plus singuliers encore. Elle y présentait cet usage «(|ui, dans quelques provinces françaises, a\ail survécu au despotisme», comme un moyen de mélanger les classes, car « on se marie « d'après le rang et on adopte d'après le mérite. »Elle rappelait que Rome avait dû à l'adoption Trajan et Marc-Aurèle. Un des effets du despotisme, insinuaitelle, est « de faire servir au malheur de l'homme »ce qui déviait assurer sa félicité, de lui rendre pé- » nibles les noms d'époux et de père et de changer »en sujets de crainte et de désespoir les bienfaits »de la nature et les plus heureux fruits des institu- » tions humaines. » Qu'on se rappelle maintenant les bruits de la Cour: les adultères de la Reine, les doutes sur la naissance du Dauphin, le désaveu que réclamait sourdement le Comte de Provence... Pourquoi Louis XVI, désavouant le fils de l'Autrichienne, n'aurail-il pas adopté cet autre dcscen-

dant (le Henri IV, le duc de Chartres, prince populaire, digne fils de la nation (ilevé pour elle par M"»* de Genlis?

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