CONCORDAT
BASiLE-CÉSAR
célèbre engin de compression et d’abrutissement, néentre Paris et Rome le 15 juillet 1801. Il eut pour pèrele DEs- POTISME et pour mère |’ EGLISE, lesquels n’en menant pas large après la Révolution de89,serapprochèrent, s’unirent et engendrèrent lejolioutil que l’on va voir, dans le but d’étayer mutuellement leur puissance qui menaçait ruine.
Pendant de
de mutuels services, mais sans cesser de se regarder en
chiens de faïence.
La papauté avait besoin de la monarchie, qui Paidait à
ahurir les masses. ;
La monarchie avait besoin de la papauté, qui lui don: nait un fort coup de main pour les tenir soumises,
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Cependant, le ménage n'allait pas toujours comme sur des roulettes, les papes essayant constamment de dominer les rois et les rois s'obstinant à se soustraire à la prépons FEU des papes. î
. De là de grosses disputes, à la suite desquelles les”
deux compères se jetaient régulièrement à la figure de
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furieuses injures et d'énormes bulles d’excommunication.
Des injures et des menaces royales, le pape commençait toujours par rire comme un bossu. © 1
Des foudres papales, le souverain commençait toujours par se moquer, comme une sangsue d’un téléphone.
Le premier se disait :
— Îl ne peut pas se passer de moi, puisque c'est moi qui le sacre et qui fais accroire à ses contribuables qu'il est l'élu de Dieu !.… RE ù ou:
autre pensait tout bas : | — Je me fiche pas mal de lui, maintenant qu’il a rendu mes sujets assez bêtes pour qu’ils m'obéissent au doigt et
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Cependant, tous deux se trompaient et ne tardaient pas à se raccommoder, s'étant aperçus chacun de leur at qu’ils couraient grand risque à se passer l’un de l’autre. .
En effet, le roi pouvait embêter le pap£ en répétant partout que celui-ci ne descendait pas plus de saint Pierre que le premier photographe venu ; le pape avait beau jeu pour déconsidérer le roi aux yeux de tous les imbéeil S en disant à ceux-ci qu’ils ne devaient ni respect, n1 obéiss sance, ni impôt à un monarque en faux dont les cheveux n'avaient pas été graissés avec du cold-chrême sacré.
La Révolution de 89 ayant démantibulé de fond en comble cé contrat entre deux chenapans, le premier des Bonaparte —— couvrez-vous!... — trouva, en arrivant
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au pouvoir, les relations entre l'Eglise et l'Etat excessivement tendues. | La République avait repris au clergé une grande partie des biens que celui-ci avait faits à la tire dans le gousset de dix-huit générations d’abrutis. 2 Le Directoire avait ébauché la séparation de l'Eglise et de l'Etat en n’établissant aucune différence entre le débit des messes et celui des choux-fleurs. | Le pape était furieux. ‘
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. Bonaparte qui, selon l’expression joviale de M. de Ea Fayette, méditait déjà de se faire « casser la petite fiole sur la tête », comprit qu’il était de son intérêt de mettre le plus tôt possible Pie VII dans son jeu au moyen d’un traité lui assurant, quand le moment serait venu, quelques onces de cette pommade de luxe dont les papes ne graissent la tête que de ceux qui leur graissent la patte. |
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Il ft donc rédiger un projet de concordat et le soumit à
Pie VII, qui le repoussa net, trouvant que Bonaparte avait par trop tiré la couverture de son côté.
Un contre-projet fut proposé par Rome. |
A son tour, Bonaparte refusa de l’accepter, prétendant |
que le pape ne lui laissait que les coquilles.
Pendant un mois, de part et d’autre, on marchanda Île . CONCORDAT comme un tas de pommes.
Mais avec Bonaparte, les discussions ne pouvaient pas durer longtemps. Quand on n’était pas de son avis, il mettait les pieds dans le plat. | » Ce fut ce qu'il fit en cette circonstance. | . Agacé par les tiraillements, et pressé sans doute de se | faire frictionner la tête avec la fameuse huile sainte qui | devait le débarrasser de ses pellicules — c’est ainsi qu’il | appelait ses premiers électeurs de Belleville — il signifia à Pie VIT que si dans les cinq jours le concordat n'était | pas signé, tout serait rompu et qu'il « détacherait la France de la religion catholique » (sic).
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