‹ Le trombinoscopeChapitre 118 sur 307 · OTHON · texte numérisé non relu

OTHON

— (baron, puis comte de — puis prince de—puis… ah !... par exemple, cela dépendra) — homme d'Etat prussien, néler*avrili814 à Schœnhausen.

Il est issu — (d’abord d’astuce et de fourberie) — ensuite d’une antique famille slave quiremon-

tait au onzième siècle, selon les uns, les pendules suivant

Il étudia le droit à Berlin, à Goettingus et à Greisfald.

Quand il eut appris le chier il s’écria :

— Dieu !… que; je suis bête d’avoir pa trois ans pour acquérir une science aussi inutile !.… tout le droit tient dans ce vers de La Fontaine : « La raison du plus fort est toujours la meilleure. » J'aurais su ça par cœur en trois minutes, c'était tout ce qu’il me fallait !.…

Il se fit soldat, devint lieutenant de la landwehr, et en 1847, membre de la diète germanique(ainsi nommée parce

| qu’elle a pour but d’affamer les populations),

Là, il se fit remarquer par la violence de ses théories.

Il prétendait que toutes les grandes villes devaient être passées au pétrole parce que les agglomérations sont toujours le rendez-vous des républicains.

À peine âgé de trente-trois ans, cet homme de génie avait compris toute l'importance de cette vérité, qui semble de prime abord un paradoxe ;

« Dans un royaume, plus les sujets sont serrés, MOINS Le rot est à son aïse. »

Avec de tels principes, M. de Bismarck ne pouvait manquer d’être distingué par le roi de Prusse.

En effet, il fut successivement chargé de plusieurs missions ts à Francfort, à Vienne, à Saint-Pétersbourg et même à Paris, où il séjourna peu d’ailleurs ; le

temps de prendre ladresse de nos meilleures maisons

d’horlogerie.

Le 22 septembre 1862, le roi lui confia la présidence du Conseil des ministres avec le portefeuille des aff... Pardon! — des pendules étrangères.

Arrivé au pouvoir, M. de Bismarck manœuvra immédiatement en vue de la réalisation du rêve de toute sa vie : l'unité allemande.

Il n’est peut-être pas inutile de dire ici en deux mots ce que c’est au Juste que l’unité allemande comme la comprend M. de Bismarck. |

Vous prenez trois gros chiens que vous affamez assez pour les rendre furieux ; vous les attachez ensuite avec

6 0 qq —— the

trois cordes et vous les sortez en laisse autour de votre habitation.

Vous avisez un beau terre-neuve, qui ne vous appartient pas, vous le faites à moitié étrangler par vos trois dogues, et quand il est terrassé, vous l’attachez à ses vainqueurs avec une quatrième corde.

Le lendemain, vous rencontrez un riche épagneul qui vous convient, vos quatre chiens sautent dessus.

Même jeu que la veille; cinquième corde.

Le vaincu vient grossir la meute pour la prochaine occasion, et ainsi de suite jusqu’à douze, vingt, trente..

Il n’y a pas de limites ; plus il y a NO AERE En DIE l'opération se fait Hole dent

Si l’un d'eux regimbe, vous fouaillez dans le tas et vous le faites mordre par les autres.

Chaque chien a son collier, chaque chien a sa corde, ce qui fait croire à chacun d’eux qu’il jouit d’une certaine autonomie. | |

Mais tous les colliers sont marqués à votre chiffre, toutes les cordes sont réunies dans votre main etla même lanière sert à les schlaguer tous.

C’est ca qui constitue l’unité allemande.

À son début aux affaires, M. de Bismarck rencontra une vive opposition de la part des députés libéraux. Il s’en préoccupa comme une locomotive d’un lapin qui

traverse la voie.

Marchant droit au but, quand la Chambre n’était pas de son avis, il priait le roi d’envoyer les députés planter leurs

choux.

Le roi signait sans dire ouf! et le ministère taillait,

rognait à sa guise.

M. de Bismarck commença son travail d’unité par les duchés voisins.

La Saxe, le Wurtemberg, le Hanovre, la Hesse, le Schleswig, la Bavière, Bade, etc., etc., furent annexés à la Prusse par le procédé du nœud coulant.

te en ff nn ea ee sm

Nous ne ferons pas une à une l’histoire de ces attaques de grand chemin qui se ressemblent toutes.

Nous nous contenterons simplement d'indiquer le procédé employé par M. de Bismarck pour faire la province.

C'était toujours de la plus grande simplicité. Etant donné un petit Etat quelconque qu’il convoitait ;

— Tarteifle!... lui disait-il un matin, vous faites cuire des harengs saurs chez vous et le vent nous en apporte toute l'odeur; c’est intolérable!... Si vous continuez, je

” vous envoie dix-huit cent mille soldats.

Naturellement, le petit Etat se levait comme un seul homme pour défendre le principe sacré de la liberté du hareng saur.

Alors M. de Bismarck se tournait vers l’Europe et lui disait : | |

— Voyez ces préparatifs menaçants!... Je suis bien obligé de me défendre !... +, ft

Comme une vieille avachie, l'Europe opinait du silence, et trois semaines après le petit Etat était uni à la Prusse

dans un de ces doux embrassements qui rappellent, à peu

de chose près, celui de Jonas et de la baleine. "ss

Depuis 1866, époque à laquelle eut lieu la guerre contre l'Autriche, et qui fut si favorable à la Prusse, M. de Bismarck prit un peu de repos pour digérer.

Mais cette tranquillité ne devait pas durer longtemps.

Deux des provinces de la France lui manquaient pour

son unité allemande.

— D'ailleurs, disait-il, la meilleure preuve que ces provinces sont à nous, c’est que les habitants ne disent pas une choppe de bière, mais un joppe de pierre.

Restait à trouver un prétexte pour faire la guerre à la France.

Certainement, M. de Bismarck était de force à le trouver tout seul, et même à s’en passer.

Mais le ciel, doux à ses caprices, devait lui éviter cette peine. | VÉLOCIPÈDE père (couvrez-vous!...), de Grammont, le

io Écrans HS LS 5 d'éden

matamore, Ollivier, au cœur léger, et Lebœuf, l’homme cinq fois prêt, épargnèrent tout ennui à M. de Bismarck en allant au-devant du monstre, qui n’eut plus qu’à ouvrir la gueule.

. On ne sait que trop le reste!

M. de Bismarck avait déclaré, par l’organe de son mannequin Guillaume, qu’il ne faisait la guerre qu’à Napoléon III (couvrez-vous !) |

Et une fois Napoléon vaincu et détrôné, il pilla la France jusqu’à la dernière pendule.

On devait s'attendre à ce procédé de la part d’un homme qui, de sa vie, n'avait jamais eu un bon mouvement.

Un détail: M. de Bismarck a été fait grand’croix de la Légion d'honneur par VÉLOCIPÈDE père.

Nous n'avons jamais vu et ne reverrons probablement jamais une scène d’une aussi haute fantaisie.

Bismarck décoré par Badinguet !... Tricoche armant chevalier Cacolet !.…

DE

Page 1