ARTHUR
journaliste et homme politique français,né à Poitiers, le 10 décembre 1831.
Après de brillantes études, il | vint faire son l'droit à Paris et ne tarda pas à se jeter dans la politique active.
On raconte qu'étant encore
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— ee: étudiant , il acheta un chien barbet et lui apprit à hurler au nom de Bonaparte.
L'animal était si bien dressé qu’il courait déchiqueter le bas du pantalon des gens qui lisaient la Patrie et utili-
sait avec insolence les jambes de tous les SREBents | de ville <eplriieg à au coin des : rues. je \pres le coup d'Etat, l’antipathie que Ranc : avait vouée à Louis-Napoléon ( devint de | l'acharnement; compléta l'éducation de son chien ét Qui apprit à étrangler des rats auxquels il donnait préalablement les noms de Morny, Mau as, Canrobert et Persigny. rs ‘En 1853, il fut compromis ( dans le complot de l'Opéra-
Comique et traduit devant lac cour r d'assises, présidée par Je ministre Zangiacomi.
Acquitté, il fut de nouveau poursuivi comme ayant fait partie d’une société secrète et condamné, le 10 janvier 1854, à un an de prison; mais le gouvernement impérial com-
mua cette peine légère en celle de la déportation à à Lam-
bessa.
Au bout de deux ans de captivité, Ranc Lu déguisé en cheik et put gagner Genève, où 1l se fit professeur pour gagner sa vie.
En: 1850, Vélocipède père — couvrez-vous | ! — ayant donné une amnistie et pardonné, avec grandeur d’âme, à tous les républicains qui n'en étaient pas encore morts, le mal qu’il leur avait fait, Ranc put revenir à à Paris.
Il entra comme correcteur àl Opinion nationale, mais ne se corrigea pas pour cela. Bientôt après, un article paru dans le Nain jaune lui valut quatre mois de prison. L
Rance devint successivement : rédacteur Rae Courrier qu de la Hotte dela Situation, et même ju ITA à quatre, pamphlet publié par M. de Villemessant, que ses opinions blanches n ’empêchaient pas de gagner de l'argent en publiant des Zanternes rouges.
Après le 4 septembre, Ranc füt nommé maire du IX° arrondissement de Paris et quitta bientôt, en ballon, la capitale assiégée pour aller rejoindre Gambetta à Tours.
Ce dernier le nomma directeur de la sûreté générale.
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Ranc entra immédiatement en fonctions avec.une énergie qui rappelait celle déployée par le général Trochu-de- Sainte-Geneviève comme un colimacon rappelle un train express. -
Il arrêta le por des denrées qui pouvaient être Mince au ravitaillement des Prussiens, en même temps que Jules Ferry laissait pourrir des pommes de terre dans les caves des Halles à Paris.
11 organisa un service de renseignements militaires qui lui permit d'adresser, en décembre, au général Trochu, l’état exact des forces prussiennes autour de Paris.
Ce dernier en profita immédiatement pour ordonner, sur le point le plus faible de l’investissement, une... neuvaine en masse.
Mais, où Ranc fit surtout preuve Fe esprit pratique, qui manque généralement aux républicains, ce fut en délivrant un passe-port en règle pour l’Angleterre au prince de Joinville, qui, sous le nom de « colonel Lertherod », se permettait de suivre les opérations de l’armée de l Loire.
Ranc pensait, avec quelque r raison peut-être, que les services offerts aux républiques par les princes du sang ne pouvaient guère mieux être assimilés, comme désintéressement, qu'à ces tendrés consolations que les célibataires en quête de bonnes fortunes mettent aux pieds des femmes mariées malheureuses en ménage.
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Partisan de la défense à outrance, il donna sa démission en même temps que (Gambetta, fut élu député de Paris Le 8 février 1871, et, après avoir voté contre les préliminaires de la paix à Bordeaux, donna de nouveau sa démission de député et revint à Paris le 20 mars, deux jours après l'insurrection.
Il fut élu membre de la Commune dans le IX: arrondissement et s’efforça en vain d’arrêter une lutte qu'il con-
sidérait comme un danger pour la République; mais, le 6 avril, n'étant pas tombé d’accord avec ses collègues sur ce point que la défense d’une cause quelconque autorisait à mettre dans un chapeau les noms de deux cents citoyens inoffensifs et de tirer au sort ceux qui seraient fusillés le lendemain, il donna sa démission et quitta Paris.
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Comme, d’après le dicton, qui est fort juste, on est toujours le réactionnaire de quelqu'un, Ranc fut celui de Raoul Rigault, et, dès ce moment, il fut considéré comme un tiède par le parti extrême, sans cesser de l’être comme un «infime communard » par le parti extrême de l’autre bout. |
Du haut en bas de la politique, c’est la même histoire : M. Thiers fut un affreux rouge pour M. Lorgeril; le Bellevillois qui n’a que quatre litres de pétrole dans son bidon est traité d’aristo par celui qui en a huit.
M. Ranc, porté candidat à la députation à Paris Île 2 juillet 1871, ne fut donc point élu LCR mois, il fut nommé conseiller municipal par le XI° arrondissement et fut un de ceux qui rédigèrent l'exposé de la situation du commerce à Paris et conclurent à la levée de l’état de siège et à l’amnistie.
Il pensait que l’essai loyal de la République placé sous la protection de la paire d’éperons du général Ladmirault rappelait par trop ce marchand de pianos qui vendait ses instruments à l’essai avec défense à l’acheteur de toucher au clavier avant le payement de la facture.
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Le 5 novembre 1871, Ranc fut un des rédacteurs fondateurs de la République française.
Vers cette époque, Ranc n'ayant point été envoyé sur les pontons, malgré toute la bonne volonté de M. Raoul Duval, la presse pourrie entama contre lui une campagne féroce. Elle lPaccusa d’être vendu à Versailles, à Chisle-
hurst, à Berlin et au roi d’Araucanie; elle insinua qu’à Bordeaux il avait fait guillotiner assez de riches pour macadamiser toutes les grandes voies de la ville avec leurs ossements.
Elle donna à entendre qu’il avait gaspillé l'argent de la France, et, qu’après avoir gratté avec un canif toutes les queues des boutons de tunique que lui livraient les fournisseurs de l’armée, il avait revendu à son profit pour quinze cent mille francs de limaille provenant de cette opération.
Ranc répondit vigoureusement à toutes ces accusations comme si elles eussent été sérieuses ; il eut même un duel, à ce sujet, avec le rédacteur en chef de l’Eclair, journal bonapartiste, qui eût dû s’appeler plutôt : l’'Eclairé.
Mais quelque temps après, il eut le bon sens de ne pas fournir à un autre journal chislehurstien l’occasion de gagner la gratification de quinze francs qui lui était allouée chaque fois qu'il mettait la main sur un nigaud qui ne se trouvait pas honoré d’avoir été traité de « sale mufle » dans ses colonnes.
Ranc répondit aux ordures de l’organe à la Montijo par un de ces forts coups de gueule qui aplatissent leur homme.
La galerie en a encore les côtes malades d’avoir ri; et la feuille poissarde ne gagna pas ses quinze francs.