THÉRÉSA
Emma - VALLADON,
(dite)
chanteuse fran-
aise. née La
Bazoche-Gonet
(Eure-et-Loir), le
26 avril 18...
— Ce siècle avait
donc juste l’âge qu’aeu Thérésaen 1874 quand elle vint au monde.
D'iéid.cerque
les abonnés du Pays arrivent à faire ce compte-là, nous
avons le temps de rebâtir les Tuileries.
| | | { | | | | Soyons discret.
| | | | | Nous sommes même peut-être assez bêtes pour en profiter.
ES
the résa est üne fille du peuple ; son père était un mo-
sf mMiisls NS
TE SA EE deste musicien : et, elle- -même, amenée tout enta nt à Paris,
annonéà de Fès. Babe He éure de gran dés di di spositions | our
Le chänë
Toute 14 | journée, elle tl Chhhtait. il: lui sait d’avoir en-
tendu un air, une seul fois, pour l'ékécuter.
La nature voulant aider au développement de cette vo- <
cation ; l'avait douée d'une bouche assez grande pour qu’elle pût chanter et manger en même temps.
Thérésa rent dans ses Mémoires, qu'à | l’âge de sept ans, ayant été entendue par Hippolyte ( Co éniard, celui-ci, émerveillé, proposa à son pèré de lui Bite à appr are. danse et de la faire débuter dais une Rene dé Hi mi Saint-Martin.
Il avait fallu que Cogniard remärquât dans cétté voix
des éléments bien extraordinaires pour que l'idée (Hi vint tout de suite de l'utiliser dans un corps de ballet.
A douze ans, Thérésa perdit son père et fut réctieillic par un de ses oncies; | Héhtiste € en plein vent.
Pendant quelques mois elle fit, en compagnié d’un queue-rouge, la paräde : sur là voiture de l'artiste; elle jouait de petites scènes äv ce une intelligence remarquable, et à eux deux son bienfaitéur, ils arrachaient dés larmes
de douleur et de joie à VARIE ce.
Ces premiers succès furënt de courte durée; Thérésa
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fut placée comme appréntie chez une modiste ; elle ÿ resta quinze jours et fut congédiée parce que ses chansons mettaient tout l'atelier sens dessus dessous.
Elle essaya de dix-sept autres modistes, partout elle eut
le même sort.
œil
De
ondes eee À
ne, À rie }
uand on l'envoyait porter un chaptet à à une cliente,
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elle se faufilait dans les foules qui entourent les marchands
de chansons, ÿ passait trois heures à écouter le répertoire,
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et quand € elle arrivait chez la pratique, sans paraître le
moins du monde pressée, le le chapeau l'avait été tellement, que plumes, fleurs, fruits, forme et rubans, aplatis dans une étreinte suprême, ressemblaient à ces petits bouquets de réséda enfermés depuis quatre ans entre les feuillets d'un livre de messe. pe |
Thérésa avait une envie démesurée de monter sur les planches.
Une occasion se présenta : M. Marc Fournier, directeur
de la Porte-Saint- Martin, l’ayant entendue chanter, l’en-
gagea immédiatement pour un bout de rôle de bohé-
mienne, dans le Fils de la Nuit.
Dans ce rôle, il n Y avait pas une note de musique.
Ce fut le pendant Ge l'aventure Cogniard qui, émerveillé remarquable.
Thérésa paraissait vouée à ce genre d'expériences; elle n'avait qu'à chanter devant un directeur ; celui-ci l’engageait tout de suite pour faire autre chose.
Mherésa quitta bientôt la Porte- Saint- Martin et débuta à PAlcazar ; puis, après un court séjour à Lyon, revint à Paris, débuta au Café Moka, en compagnie de Marie Sass et de Michot, et entra enfin à l’Eldorado avec 200 francs par mois pour y chanter la romance sentimentale.
L’excentricité de son talent ne pouvait s'arranger longtemps de ce genre panade.
La mélancolie, les regards langoureux et les airs penchés
allaient à son tempérament rude et brusque comme une crème vanillée à un gigot à l’ail.
Un beau soir, prenant un grand parti, elle manqua complètement de respect aux saintes traditions de la romance, et agrémenta des tyroliennes les plus fantasques et des cascades les plus insensées, le répertoire sentimental qui lui avait été confié. fi
Ce fut une véritable révélation ; le public, interloqué d’abord, applaudit; et à partir de ce moment, les deux directeurs de l’Eldorado et de l’Alcazar se livrèrent à un combat acharné, à coups d’appointements, pour se prendre, s’arracher, se reprendre et se réarracher cette nouvelle étoile.
Après plusieurs passes brillantes, la victoire resta à l’Alcazar, qui s’attacha définitivement Thérésa. |
C’est là que le succès de la chanteuse populaire arriva à son apogée.
Pendant trois années ce fut un engouement énorme; les Parisiens ne savent rien faire sans exagération, ils se firent
une idole de la Gardeuse d'ours.
Tout le monde allait l'entendre: le Parisien qui trépi-
gnait d'enthousiasme après chaque couplet, et le provincial qui disait en sortant à sa chaste moitié :
— Quelle horreur, madame Pitambois !.…
Le fait est que le talent de Thérésa était apprécié de différentes facons.
Il y avait les Versaillais et les radicaux : les Versaillais étaient scandalisés, les radicaux enthousiasmés.
Les opinions de la presse étaient aussi très partagées :
Le Tintamarre jubilait comme un effronté et la Revue des
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Deux-Mondes rougissait comme une rosière..….. de trentecinquième année, |
Nous dirons tout à l’heure notre opinion personnelle. Enfin, la vogue de Thérésa prit une telle importance que les salons du faubourg Saint-Germain s’ouvrirent devant
elle. :
quartier, où se conservent les illustres traditions de toutes nos moisissures nationales, acclamait l'artiste plébéienne, il en fit une maladie et écrivit, dit-on, au Pape pour en obtenir une excommunication en so/ majeur, contre celle
qu'il avait appelée « la diva du ruisseau ».
Quand Louis Veuillot apprit que l’antique et solennel
MM. Houssot et de Villebichot lui composèrent un
grand nombre de chansons plus ou moins mauvaises et |
Darcier lui en dédia deux : Le Chemin du moulin et Quand |
les hommes sont au cabaret. | Que ne lui en a-t-il dédié davantage !.…
Après un assez long repos que Thérésa employa à
engraisser beaucoup, et que sa voix, hélas !... employa
à SMS EE PR
à maigrir un peu, elle reparut sur différentes scènes, dans des revues ou des féeries.
La Chatte Blanche, la Reine Carotte, ni même la Poule aux œufs d’or ne fournirent guère à Thérésa l’occasion de
se révéler comme comédienne; mais elle y retrouva, comme
chanteuse, une partie de ses anciens succès.
Du reste, il faut bien le dire, ces argutllages sur le tard
ne sont pas sans danger pour les artistes ; quand ils ont
réussi longtemps dans un genre et que le public s’esthabi-
tué à les en considérer comme les maîtres, ils ne peuvent
guère éviter de sombrer dans un autre, qu’à la condition
d’y réussir trois fois, et Thérésa, comme comédienne, n’a pas encore réussi une. | |
Il nous reste à dire notre avis sur le talent de Thérésa. Ce talent n’a jamais été discuté que parles bégueules d’art qui l'ont nié. | | |
Ils le nient et voilà tout.
À nos yeux, il existe immense, éclatant. Thérésa pose
| : —toute originalité à part, —les qualités les plus précieuses:
la voix est franche, rustique et d’une émission parfaite ; la
prononciation est une merveille de netteté, et la bonne RAR humeur communicative de l'artiste est incomparable.
Ce qui a fait pousser les hauts cris à ses détracteurs est moins imputable à Thérésa qu’à d’autres causes dont il faut tenir compte : |
Thérésa, à quelques exceptions près, a exploité un
|. répertoire navrant, déplorable. A qui la faute ?
Au goût public qui était ce qu’il pouvait être à une
| époque malsaine, où tout étant pourri en haut, rien ne
pouvait vibrer en bas.
Thérésa a été l'artiste RRPAATE autant que le goût du
| jour le lui permettait.
4 Si son auditoire, au lieu de lui imposer les malpropretés
| qui suintent sous les bas empires, avait exigé d’elle qu’elle n'interprétât que des œuvres propres, rustiques et fortes,
elle eût été bien plus complètement la grande artiste du
He peuple, le Darcier-femme, en un mot, d’un art dont elle
La possédait et possède encore toutes les qualités et toutes les
Ho ressources.
D'ailleurs, et nous sommes heureux de le constater,
Thérésa, depuis quelque temps déjà, s’est peu à peu
dégagée du répertoire ordurier et inepte dont l’Empire avait répandu le suave parfum sur tous les arts. Thérésa, il y a quelques années, a épousé M. Donval, artiste dramatique d’un certain talent.
Ça ne regarde personne; mais Beausapin, du Tintamarre, journal pour lequel, on lé sait, rien n’est sacré, — ne S'en ést pas moins empressé de fouiller dans ia vie privée de la grande artiste, et de révéler au public que... ….….… dans son nom de famille : VArLADON, se trouvait cet anagramme prophétique : LA DoNvaL.
Au physique, Thérésa est bien la femme que l’on pourrait se figurer en l’écoutant les yeux fermés.
Le regard est franc, le visage épanoui, l'air gouailleur, la bouche large.
C’est d’elle que le Tintamarre a dit, quand elle était au Café Moka: | ;
« Thérésa a une bien grande bouche pour un si petit établissement. »
- Thérésa a fait école. Beaucoup de grues ont cherché à limiter ; mais il est arrivé ce qui arrive toujours en pareil cas: elles n’ont, le plus souvent, réussi qu’à copier ses défauts, et ont créé l’ëre funeste des PRIMA-GUEULA de la chope.
Janvier 1882. 50e
NOTICE COMPLÉMENTAIRE
ES
Dates à remplir
Thérésa renonce à la Comédie le... 18... et ne parait plus en ublic que pour interpréter de bonnes et honnêtes chansons que ui font de nouveaux poètes républicains et de Jeunes compositeurs
qni ont réchappé de la crevaison nationale. — Enfin, elle meurt le. 19... sacrée grande artiste populaire, après de longs triomphes, un jour qu’elle se laisse tomber dans sa bouche en bâillant.
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