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Maintenant que son procédé est connu, on se rendra facilement compte de la façon dont il l’appliqua dans les nombreuses causes qu’il eut à plaider depuis.

Ce fut toujours la même note, la note lacrymale; le même système, l’amollissement des jurés par l'humidité.

Après avoir terminé ses études, M. Lachaud vint faire

son droit à Paris et retourna se faire inscrire au barreau

de Tulle où il débuta par la défense de M"° Lafarge, cette aimable épouse qui, s'étant aperçue que son mari dormait la bouche ouverte, avait eu l’idée d’utiliser cette trappe comme piège à rats, en lui introduisant des gâteaux à l’arsenic dans l’estomac.

Ce procès fit d'emblée une grande réputation au jeune

avocat : plus de quarante mille femmes mariées prirent

secrètement son adresse à tout hasard.

Après avoir plaidé en province plusieurs causes importantes, entre autres l’affaire Marcellange de Lyon, il vint à Paris, s’y maria, et fut bientôt une des vedettes les plus en

vogue de la cour d'assises.

Nous n'entreprendrons pas d’énumérer les innombrables causes dans lesquelles il plaida.

. Ce qu'il arracha d’assassins à l’échafaud, ce qu'il rendit

de brigands à leurs familles, est inouï.

On a calculé que si l'impôt sur les factures avait été créé à cette époque, M° Lachaud eût eu, chaque année, pour au

moins quatre mille francs de timbres mobiles de deux

sous à coller sur ses clients acquittés.

Citons seulement quelques-uns des principaux procès qui augmentèrent la renommée de l’illustre avocat :

L'affaire Bocarmé (1851), celle de M*° Pavie, accusée de bigamie, et qu'il fit acquitter. |

M Lachaud défendit aussi le fameux Troppmann.

Depuis les événements de 1870, sa brillante carrière est entrée dans une nouvelle phase.

Il faut rappeler qu’en 1869, M° Lachaud, piqué de la tarentule politique, s'était porté candidat au Corps législatif dans une des circonscriptions de la Seine.

Ses tournées dans les réunions électorales avaient été autant de vestes corsées qui, le jour du vote, s'étaient traduites par un nombre de voix si minime, que ses électeurs eussent très bien pu entrer dans l’urne avec leurs bulletins sans gêner les opérations.

Ce résultat n’eut, d’ailleurs, rien de surprenant pour les gens qui avaient eu la bonne fortune d’entendre M° Lachaud exposer ses théories politiques. |

Autant cet orateur pouvait être entraînant faisant l’apologie d’un homme qui avait coupé sa concierge en onze morceaux, autant il était antipathique cherchant à analyser, dans une conférence froide, fadasse et ampoulée, les vieux clichés démocratiques mitigés de rengaines réactionnaires qui formaient le fond de ses déclarations de principes.

Piteux, sans entrain, sans franchise, mariant cauteleusement dans ses phrases incolores l’argument de confection des libertés nécessaires au vieux pont neuf des restrictions indispensables, il faisait de ses péroraisons une espèce de pot-pourri qui pouvait se chanter sans danger au dessert sous tous les régimes, mais qui, au beau milieu d’un réveil politique comme celui de 1869, devait fatalement produire sur les esprits avides de mouvement l'effet d’une berceuse en La bémol mineur, jouée par un harmoniflûte en plein bal de mi-carême.

Quoique cet échec fût tres mérité, il n’en eut pas moins

pour effet de renverser sens dessus dessous la poche au

fiel du célèbre défenseur de la veuve... par empoisonne-

ment de son mari, et de l’orphelin.. par strangulation de

ses parents.

C’est ce qui explique que M° Lachaud, depuis la chute de l'empire, affectionne les causes qui peuvent lui permettre de casser beaucoup de sucre sur le dos des hommes du 4 septembre.

Il a défendu avec véhémence les virements du préfet de

l’empire Janvier de la Motte; le Figaro, dans l'affaire

du général Trochu,et Paul de Cassagnac contre M. de Wimpfen.

Disons, à cette occasion, que M° Lachaud est l’avocat attitré du Figaro.

Il l’a tiré de bien des mauvais pas, et l’on raconte même qu'une fois ou deux il est parvenu à obtenir jusqu'à... un

franc de dommages-intérêts en réparation de l'atteinte | |

7 à l’honneur de cette feuille par de vils diffamateurs.

Il est impossible de ne pas voir là la preuve d’un

immense talent.

Son dernier triomphe a été l'affaire Bazaine.

Il n’a pas sauvé son client; mais il a failli faire condamner Gambetta à la déportation, ce qui paraissait être son rêve, et a trouvé le moyen d’intercaler l'éloge de l’ex-impératrice dans le récit du siège de Metz.

La première partie de la plaïdoirie de M° Lachaud dans cette dernière affaire a été un véritable chef-d'œuvre.

Le compte rendu imprimé de l’audience ressemblait à une annonce de la douce Revalescière du Barry, tant les certificats délivrés au maréchal se succédaient drus et serrés.

Il y avait pas mal de ces pièces qui étaient écrites en

allemand et dont le sens était à peu près celui-ci:

» Che zertivie que ke maréchal Passaine il afre gom-

» mandé l’armée de Metz bentant tut le demps que che en : » afre vait le ziéche, et gue che n’ai chamais eu gu’à me

» louer te lui en tutes zirgonsdances.

» Signé: FRÉDÉRIC CHARLES. »

Ces attestations de bonne conduite, jointes à un fort éreintement du gouvernement de la Défense nationale, et renforcées d’un panégyrique de M"° de Montijo, ne parvinrent pas à convaincre le conseil de guerre de l’innocence du maréchal.

On sait le reste.

On sait même la suite du reste. |

Peu facile à rebuter, M° Lachaud se présenta de nouveau à la députation à Tulle où il obtint 3,000 voix contre 9,300.

Désespérant alors de jamais trouver un département assez bête pour l’élire, à moins qu’on ne le lui fabrique tout exprès, 1l revint au barreau. à

Son fils Georges avait grandi, était devenu également. avocat, et à eux deux ils reprirent de plus belle la tâche glorieuse d’éplucher sous le nez des jurés l’oignon cru des circonstances ultra-atténuantes en faveur des vitrioleuses du grand monde et des escrocs bonapartistes.

Retournant le proverbe: « quand on a ri on est désarmé, » ils arrachèrent aux juges en les faisant pleurer des hectolitres d’acquittements.

Puisque nous avons parlé du fils de M° Lachaud, cons-

tatons que celui-ci, héritier légitime — sinon du talent de

son père, du moins d’un de ses tics favoris,—se porta candidat à la députation en 1876 dans le 14° arrondissement de Paris et que — soucieux sans doute de ne point humilier l’auteur de ses jours, — il obtint 1,250 voix sur 11,000

votants!

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figure large... mais pas ouverte. Une irrégularité de son regard tend à augmenter encore cette inquiétude qu’il vous

De la place de la Concorde, il pourrait regarder en même

autre dirigée vers Chislehurst.

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de. sh physique, M° Lachaud est un homme rondelet, à la

inspire et dont se sentirent saisis les électeurs du département de la Seine en 1869, lorsqu'il brigua leurs suffrages.

temps dans üne lunette braquée Sur Frosdhorff ét une

Comme avocat, nous l'avons déjà dit, il n’a qu’une note et en joué bien: c’ést la note de l’attendrissement à outrance.

Son but est d’émouvoir le jury et dé le faire pleurer.

Il y arrive souvent.

Ce n’est pas à proprement diré de l’éloquence ; c’est une:

aptitude spéciale à chätouiller jusqu’au tete les landes

lacrymales de douze bonnetiers réunis.

Un jour que Lächaud serait indisposé, le premier violoncelliste de l'Opéra ferait acquitter aussi bien que lui Jean Hiroux en allant jouer au jury, à la place de sa plaidoirie, un air bien douloureux. M° Lachaud ne convainc pas les jurés, il les fait fondre.

Janvier 1862.

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PAR LES COLLECTIONNEURS DU TROMBINOSCOPE

Re Lg mar ce

Me Lachaud, toujours en quête des procès qui peuvent lui fournir l’occasion de débiner les hommes du 4 Septembre, plaide le... 18... pour le Figaro, dans le procès en diffamation intenté par ce Journal au Tintamarre. — Il obtient cinquante centirnes de dommages-intérêts ; mais il éreinte Jules Ferry pour âu moins dix-sept mille cinq cents francs. — Enfin, il meurt le..:"19..., empoisonné par sa femme qui, dans un moment de distraction impardonnable, s'était dit : Qu'est-ce que je risque ?... Il me fera acquitter.

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