‹ Le trombinoscopeChapitre 198 sur 307 · MT · texte numérisé non relu

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On raconte qu'un jour qu’on l'avait laissé seul dans son berceau pendant un quart d'heure, on le retrouva en train de bourrer son biberon avec du caporal.

que français, né

rent-lès-Mâcon, le 20 décembre.

Encore au.

Tony Révillon ft ses te à Lyon, puis fut d'abord clerc de notaire.

Il ne fumait guère à cette époque que des sou{ados.

Ii vint ensuite à Paris et débuta dans le journalisme, sous le patronage de Lamartine et de Ponsard.

Ces débuts furent naturellement terribles, commé.

sont. les débuts de tous les littérateurs et ie a Je FA

artistes.

Ce fut pour Tony Révillon la phase des DOS

De la Gazette de Paris, où il avait commencé, il passa par le Figaro, — l’ancien, le moins sale, — au Mouveau Journal, au Gaulois, au Charivari, à lEvénement (première manière, la plus propre), à la Perte Presse, etc... etc, sous les pseudonymes de Nicolas Gentil, Clément de Chainté et Maurice Simon: …

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de journaliste était désormais lancé; sa manière vive, alerte, spirituelle et de bonne humeur avait conquis le

public. "4h L'ère de la pipe en écume et des Radio avait sonné.

Eu D’autres succès attendaient Tony Révillon. a: Doué d’une très grande facilité d’élocution, d'un phy-

sique agréable et d’une voix splendide, il devint oratéur

de réunions publiques et surtout conférencier.

Sa manière joviale, mais toujours littérairé, desde

un sujet, même des plus sérieux, de lé développer rondement en intéressant constamment l’auditoire, et de le traiter à la fin sur un ton chaleureux et phone plut à tout le monde. |

Il avait ce charme puissant qui enveloppe, cette bonhomie maligne qui entortille les plus récalcitrants.

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Bref, Tony Révillon devint très vite un des orateurs populaires les plus appréciés. |

Une consommation extravagante de douillardarès à trente centimes marqua cette nouvelle étape du publiciste aimé et du causeur en vogue.

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Ce fumeur étonnant qui abordait tous les genres de nicotine : cigarette, pipe, cigare, brûle-gueule et narghilé, ne voulut pas qu’il fût dit qu’il n’aborderait pas avec un égal bonheur tous les genres de littérature.

Après le journal, ou plutôt en même temps que le jour- nal, il avait entrepris la conférence.

Sans quitter ni l’un ni l'autre, ilse mit à faire le

roman. |

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Le succès ne lui fit pas défaut.” Plusieurs volumes furent très bien accueillis, entre D autres Île Faubourg Saint-Germain, le Faubourg Saint- Antoine, la Bourgeorsie pervertie, Noémie, les Deux compagnons, etc., etc.

Cette année-là, l'administration des tabacs constata une augmentation sensible de ses recettes.

Les événements de 1870 devaient fournir à Tony Révillon — jusque-là considéré’ comme un simple et agréable littérateur — l’occasion de se révéler encore sous n | un jour nouveau. | Pendantle siège de Paris, —qu’ilsupporta d’autantmoins

péniblement que le tabac ne manqua jamais, — Tony Révillon faisait comme tout le monde — excepté les autres — son service dans la garde nationale.

Immédiatement, une chose le frappa: la mollesse mystique avec laquelle le général Trochu de Sainte-Geneviève

se préparait.à opposer aux troupes prussiennes des... neuvaines en masse dans les églises de Paris.

Il fit part de ses inquiétudes à son bataillon.

Et il le fit si éloquemment qu’il fut désigné pour faire partie d’une délégation à laquelle était donné pour mission de se rendre auprès du général commandant l’engourdissement de Paris, pour lui représenter qu’il serait le premier des guerriers antiques et modernes qui aurait tenté de débloquer une ville assiégée en faisant secouer tous les matins des encensoirs par la garnison.

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L'histoire ne raconte pas que le général Trochu de Sainte-Geneviève s’émut outre mesure du savon que lui administra le conférencier patriote.

Il demeure même à peu près avéré qu'il persista à outrance dans un système de défense catholique, apostolique, imbécile et romaine qui semblait constituer le plus clair de ce fameux « plan » qui, pour être de campagne, n’en était pas moins vil.

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Mais l'incident avait fait tout à coup de Tony Révillon, conférencier et littérateur, un homme définitivement lancé dans la politique militante.

Cependant, la période communaliste ne nous le montre pas mêlé activement aux événements terribles de cette époque tourmentée.

Heureux furent les hommes politiques qui eurent ou la chance ou le flair de se tenir à l'écart pendant cette période, car l’avenir devait leur appartenir.

Les « Saint-Sébastien » volontaires ou de hasard portèrent bonheur à tous ceux qui s'y enfermèrent soit de leur plein gré, soit sans le vouloir.

Et n'avoir été ni pour ni contre la Commune de 1871 a été — et est encore — pour beaucoup d'hommes un passepartout des plus sûrs.

Disons-le bien vite, ce n’est point un reproche que nous adressons ici à Tony Révillon.

Nous constatons simplement — et c’est là de l’histoire qui se répète sans cesse, — qu’en politique les crises violentes servent presque exclusivement à ceux qui ne s’y sont point mêlés.

C’est même là un des beaux côtés du métier qui deviendrait détestable pour beaucoup de gens, s’il fallait rigoureusement avoir été à la peine pour être admis à l’honneur.

Lors des élections générales de 1881, Tony Révillon, dont on n’avait pas entendu parler outre mesure comme homme politique depuis quelque temps, campa crânement sa candidature à Belleville en face de celle de M. Gambetta.

Là, ses grandes qualités d’orateur, jointes à l’impopularité du député qui avait fait de son fameux « programme » l'usage rabelaisien que l’on sait, valurent à Tony Révillon un succès complet.

Il fut élu haut la main après avoir promis à ses électeurs — entre un tas de choses qu'il n’a pas encore eu le temps de tenir, nous le reconnaissons,— de demander à la chambre l’annulation de l'élection de M. Gambetta dans la circonscription voisine.

A peineélu, Tony Révillon fit bien, il est vrai, un discours très spirituel contre l'élection en question, mais les premiers mots qu’il prononcça furent, si nous avons bonne mémoire, ceux-ci :

« Je ne demande certainement pas l’invalidation de M. Gambetta, mais... » etc., etc.

Nous ne prétendons pas que Tony Révillon eut tort de ne pas la demander, cette invalidation.

Mais alors, pourquoi avoir promis de le faire ?

Tony Révillon est aujourd’hui rédacteur en chef d’un journal intransigeant , l’Electeur républicain.

11 y défend avec vigueur la cause radicale. |

Mais ça ne suffit plus, si l’on tient compte du caractère de son élection qui l’engage — comme elle engage tous. ceux qui ont été élus à Paris en même temps que luiet dans les mêmes conditions— à devenir, non plus seulement des combattants platoniques, mais de vrais lutteurs, remuant tout, secouant tout, et révolutionnant tout.

Le mandat doit porter le mandataire. |

Et ce que les électeurs des Tony Révillon, des Fenry Maret et des Clovis Hugues demandent à ceux-ci, ce n’est pas de parler à leurs abonnés, ce qu’ils eussent pu faire en restant à leur journal, c’est de parler à la France.

Si la tribune nationale ne devait pas servir à cela — et à cela seulement — autant vaudrait la remplacer par un garde-manger. |

Au physique, Tony Révillon n’a certes pas l'apparence d’un révolutionnaire farouche.

A l’encolure grasse d’un homme bien portant, il joint une figure réjouie, heureuse et satisfaite. :

L’œil est excessivement fin et spirituel.

La voix, nous l’avons dit, est superbe, facile et retentissante. Eh bien... 1l faut s’en servir.

On a un peu reproché à Tony Révillon d’être tout à coup tombé dans l’intransigeance comme une pastille de chocolat dans une sauce bordelaise.

Considéré depuis longtemps — et même depuis toujours

— comme un littérateur pur, un artiste et un indifférent en

politique, Tony Révillon, gai viveur, prétend-on, commensal intime de jolies bonapartistes, a-t-on insinué, ne semble pas, aux yeux de certaines gens, offrir la surface — ou plutôt la profondeur — nécessaire d’un Blanqui ou d’un Delescluze. F-

On le dit trop frivole pour un républicain, trop gai pour un réformateur, trop boulevardier et trop frotté d’un certain monde pour un austère démocrate.

Autant de sottises, selon nous.

En tout cas, la chose fût-elle vrale, Tony Révillon ne serait pas le premier... tiède pour qui le souffle de la popularité aurait été le choubersky du cœur et de la cons- Élence.

Le mandat que le peuple a donné à Tony Révillon — et que celui-ci a accepté — n’est pas un certificat de chas- teté, c’est une feuille de route.

Que le mandataire se rende à destination exacte.

C’est tout ce que l’on a à lui demander.

Et cela lui est d'autant plus facile qu’il a tout ce qu’il faut pour ça: talent, esprit et vigueur. |

Février 1882,

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NOTICE COMPLÉMENTAIRE

Dates à remplir

PAR LES COLLECTIONNEURS DU TROMBINOSCOPE

Tony Révillon, sans cesser de s'occuper des questions sociales … de premier ordre, demande à la Chambre le... 18... la liberté du commerce des tabacs. — Le... 18...,il est la cause involontaire qu'un de ses voisins incendié-perd son procès contre une companie d'assurances qui plaide que l'assuré, tenu de faire connaître es causes exceptionnelles de risques, eût dû l’informer que Tony Révillon demeurait au-dessous de lui et fumait le soir dans son lit. — Enfin, après avoir tenu jusqu’à la dernière toutes les promesses qu'il a faites à ses électeurs (amen!...), Tony Révillon, réélu plusieurs fois député, meurt le... 19..., au moment où il venait d'inventer un brûle-cigares revolver à six londrès dont chacun venait mécaniquement s’allumer tout seul en remplaçant le précédent.

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ONT DÉJA PARU 1. Jules Grévy 17. Napoléon III 33. Gommeux 49. Sarcey 2. Clémenceau 18. Ricord | 34. Cte de Chambord 50. Reporter 3. Gambetta 19. Dieu 35. Bismarck 51. Rouher 4. République 20. Réserviste 36. Septennat Ier 52. Gavardie : 5. Thiers 21. Andrieux 37. Henry Maret 53. Krauss 6. Zola 22. Got 38. Cocu 54. Célibataire 7. Rochefort 23. Louise Michel 39. La Presse 55. Léopold II 8. La Canicule 24. Conservateur 40. Louis Blanc 56. Ranc 9. Duc d’Aumale 25. Veuillot 41. Bazaïine h7. Thérésa 10. Victor Hugo 26. Crevette 42. Opérette 58. Lachaud 11. Belle-Mère 27 Mac Mahon 43. Naquet 59. Blanqui 12. J. Simon 28.Sarah Bernhardt 44. Dumaine 60. Eugénie de Montijo 43. J. Ferry 29 Cassagnac 45Emile de Girardin 61. Radical 14. Sénat 30. Judic : 46. Hyacinthe 62. Croizette 15 Pr. Napoléon 91. Concordat 47. Guillaume Ier 16. Don Carlos 22. Comte de Paris 48, Littré < »

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