‹ Le trombinoscopeChapitre 211 sur 307 · RD AS · texte numérisé non relu

RD AS

ARE Tu Ve Eu

supprime, » phrase que le T'intamarre eut l’irrévérence de traduire ainsi : Le faux ne discute pas avec le vrai, tl lur casse la g.….

Pour le Pays, l’ivraie, on l’a deviné, était tout ce qui n'avait pas considéré le 2 décembre comme un modèle de loyauté, et ne se prosternait pas devant le chapeau de Polichinelle-Gessler, l’héroïque vainqueur des trois nourrices et du vieux commissionnaire du boulevard Montmartre.

Pendant les premières années de l’ère impériale, les journaux républicains ayant été réduits au silence, le Pays se voua à la tâche héroïque de couvrir d’injures les républicains qui n’avaient aucun coin pour se défendre.

Cette campagne glorieuse, dont la cassette particulière

de PEmpereur faisait les frais, avec autant d’aplomb que

si elle n’eût pas été remplie par les impôts publics, dura une dizaine d'années.

Pendant dix ans, les républicains, préalablement bâillonnés par ce gouvernement piétrifiant, purent s'entendre

traiter tous les matins de sales mufles, d'ignobles voyous

et de iles charognes.

Vers 1863, le Pays recut un coup terrible : VÉLOCIPÈDE père — (Couvrez-vous !...) — eut comme une velléité de libéralisme et rendit à la presse quelques pouces des

‘ libertés qu’il lui avait enlevées par kilomètres.

Le Pays ne se trouva pas à son aise. Habitué à trépigner sans danger sur des gens attachés par les quatre membres, il fut absolument déconcerté en voyant des victimes, à qui l’on avait lâché un tout petit bout de corde, lui rendre enfin quelques bons coups de crocs. |

Ïl retourna bien aux halles renouveler sa provision d’arguments, mais il n’eut pasle dessus; et, fort vexé, ilne cacha point au gouvernement impérial à quel point il lui semblait inepte d'avoir démuselé les républicains, qui étaient si faciles à étrangler quand ils avaient leur muselière.

Le Pays devint alors plus impérialiste que l empereur, |

et se fit le défenseur acharné des sept ou huit porte-monnaie inassouvis, et par conséquent intransigeants, qui ne voulaient à aucun prix que l'Empereur compromiît, par de fatales concessions, une situation dont l'avenir leur semblait si plein de gros dividendes.

Les progrès que fit en 1868, 1869 et 1870 l’idée grotesque de l’Empire libéral, mirent au comble la fureur du

Pays.

Il trouvait ce système absurde, et nous ne serions point éloignés de croire qu’il avait raison. Jamais, en eftet, on n’a essayé d’accoupler deux vocables qui semblent mieux faits pour vivre comme chien et chat que les mots: « Empire et libéralisme.

Le Pays, dans ses transports d’indignation, alla jusqu’à accuser les libéraux impériaux de s’être faufilés perfidement dans l’empire pour mieux le tuer.

C'était là une injure bien gratuite, et que les prôneurs de cette politique amphibie ne méritaient pas. Il eût été, pensons-nous, plus exact de les comparer tout simplement au chien du bon La Fontaine, à ce chien qui, ne pouvant sauver le dînér de son maître, entre en arrangement avec ceux qui le lui ont volé, afin d’en avoir au moins sa part.

La bonne foi nous fait un devoir de reconnaître que le Pays se montra toujours d’un bonapartisme des plus pratiques. | Il savait conseiller les mesures vraiment utiles. Ainsi, on le voit, en 1868, à l’occasion des manifestations du cimetière Montmartre, provoquer une émeute sur la répression de laquelle l'Empire chancelant devait beaucoup compter. À Autre preuve de l'esprit très positif et très sérieux du Pays : En 1870, lorsqu'il fut question de laisser rentrer en France les princes d'Orléans, il s’éleva avec une véritable éloquence contre cette prodigieuse naïveté, qui est, de temps immémorial, le monopole des républiques au cœur trop sensible. |

CR

Mer a MES PS RS er Ross en L S à MNT EC

d’avoir livré Metz aux Prussiens.

Le Pays vit dans la guerre de Prusse une occasion superbe de conjurer l’effondrement imminent de l’Empire ; aussi cria-t-1l : « À Berlin !... » de toutes ses forces.

Après le 4 Septembre, le parti bonapartiste ayant été obligé de réduire un peu ses dépenses, le Pays suspendit sa publication. Il reparut, en 1872, avec une provision imposante d’adjectifs gras et renforcés à l’usage des républicains. Depuis ce temps, il ne cesse d’accuser Gambetta d’avoir rendu son épée à Sedan et au général Cremer

Un jour, à la suite de quelques bousculades provoquées par les bonapartistes à la gare Saint-Lazare, le Pays, tout joyeux, et rajeuni de vingt-deux ans par cette réminiscence d’une époque chérie, trouva bon d’encourager les agents de police à traiter les députés de la gauche comme des pochards troublant la paix publique.

Il leur adressa une chaude proclamation dont le suc était à peu près ceci: Braves agents! Courage! De la poigne !.. Du haut de la maison Sallandrouze bombardée quarante promeneurs mitraillés vous contemplent !.…

Le Pays fut traduit en cour d’assises à propos de cet article et fut acquitté par le jury.

‘On lui accorda même des dommages-intérêts d’une facon déguisée en le suspendant pour quinze jours, ce qui fit, assure-t-on, une douceur d’environ 8,500 francs à Chislehurst.

Nous avons omis de dire qu'après la chute de M. Thiers, le 24 mai 1873, le Pays avait fait alliance avec les légitimistes; mais que peu après, ayant cru remarquer que ceux-ci ne travaillaient pas avec tout le zèle désirable à la restauration de l’empire, il avait rompu durement avec eux en les traitant de parjures. Ce mot-ci dans cette bouche-là fut d’un comique si irrésistible, que pendant seize jours les recettes de tous les théâtres amusants baissèrent de 1,900 francs.

Pendant le premier septennat de M. de Mac Mahon, la contenance du Pays ne fut pas moins gaie.

Re tuant men où 0

Tant qu'il put espérer que Île Guibollard des temps modernes mettrait un beau matin la République dans sa poche et les républicains au bagne, à la suite d’un rebombardement en règle de la maison Sallandrouze, le Pays n’eut pas assez d’encouragements et d’épithètes soyeuses pour le maréchal. |

Mais lorsque celui-ci, ou trop dégoûté pour faire une pareille besogne, ou trop peu sûr de la mener à bien, prit le parti de lâcher pied et de se retirer honorablement d’un

poste pour lequel il n’était pas fait, le Pays ne trouva pas

assez de gros mots pour le vilipender.

« Loyale épée », « brave soldat », « magnifique guer-

rier », tout cela fut mis au rançcart et remplacé par les

qualificatifs moins tendres de « sale lâcheur », de « triste jocrisse » et de « vieïlle baderne ». | Le maréchal de Mac Mahon, que nous n’aimons ni n’admirons outre mesure, eut du moins la chance — dont l’histoire lui tiendra compte — de descendre du pouvoir au son de cette musique badingueusarde, qui peut le relever à bien des yeux. | De même qu'il est des aubades déshonorantes pour ceux qu’elles fêtent, il est des charivaris et des anathèmes que les hommes probes qui en sont l’objet peuvent se faire monter en brochette POUF s€ faire sûrement saluer par les honnêtes gens.

La mort du jeune prince impérial (juin 1879) vint porter un coup fatal au Pays.

Très mal avec Plonplon, qui devenait le chef de la dynastie napoléonienne, ce journal fut absolument décalé et perdit contenance.

Revenir au prince Napoléon, qu’il avait tant turlupiné, était honteux.

Le Pays n’hésita pas : il y revint.

Ou, du moins, tenta d’y revenir par quelques avances timides et discrètes, que le prince ne fit seulement pas semblant d'entendre.

Alors le Pays trouva un biais.

D mer

nd DES

matos

La montagne ne venant pas à lui, il alla... au fils de la montagne.

De là l'invention du prince Victor, fils aîné du prince fertilisateur de la Crimée, que le Pays reconnut solennellement — par-dessus la tête de son père — comme héritier du trône des Napoléon.

L'affaire en est là.

Et pour un bout de temps, espérons-le, malgré les Opportunistes, qui font assurément tout ce qu'ils peuvent pour tenir la place chaude à un troisième empire.

Au physique, Débagoulard-Fracasse PAys est un assez repoussant personnage, au teint et à la canne plombés.

Il tire plus souvent l'épée qu’à 15,000.

Il est dirigé actuellement par M. Paul de Cassagnac (voir le Trombinoscope n° 20).

Débagoulard vise surtout au terrifiant, mais il n’atteint guère qu'au grotesque ; c’est ce qui le désespère.

Enormément moins répandu en France que le sang des républicains en décembre 1851, il fait sourire de sa piteuse personne jusqu'aux gens qu’il croit défendre.

Propagateur d’une espèce de polémique tout à fait spécihalle; il aurait peut-être quelque succès s’il donnait de la marée en prime; mais sans cet attrait, il en est réduit aux innombrables marques de sympathie viagère des 128 gendarmes retraités qui lui servent de clientèle.

Février 1882.

Ce D 7m

NOTICE. COMPLÉMENTAIRE

Dates à remplir

PAR LES COLLECTIONNEURS DU TROMBINOSCOPE

Débagoulard continue à traiter d’ « fyrognes » les députés et les journalistes qui se refusent à convenir que la France, en perdant dix milliards et deux provinces à chaque restauration impériale, finirait par se rattraper sur la quantité. Et enfin, il meurt le... 19..., après avoir lutté héroïquement contre l’écœurement toujours croissant dé la France et avoir fait paraître son dernier numéro avec le produit de l’engagement au Mont-de-Piété de la rose d’or envoyée naguère par le pape à S. M. l’impératrice Eugénie.

CR

ABONNEMENTS

Paris Un an 10fr. Phrase .. Un an 10fr Départements. — 12îr. Dérarlements. — 12fr.

PLIS

mo,

Abonnements sans frais

Abonnements sans frais dans tous les bureaux de poste

dans tous les bureaux de ges

Cette nouvelle édition du Trombinoscope, qui paraît deux fois par semaine, composera des volumes de 100 bio-. die chacun, du même format et du même aspect que es autres ouvrages de TOUCHATOUT.

ONT DÉJA PARU

4. Jules Grévy 18. Ricord 35. Bisiaarck 52. Gavardie 2, Clémenceau 19. Dieu 36. Septennat Ier 53. Krauss

Page 1