‹ Le trombinoscopeChapitre 257 sur 307 · FILS · texte numérisé non relu

FILS

littérateur français, fabricant d'organes

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gangrenés en cire, | et célèbre montreur de plaies sociales f suintantes, — né à À Paris, le 28 juiliet | 1824.

Il est le fils du grand Alexandre Dumas, sur les dernières folies duquel il veilla avec toute la sollicitude d’un père.

Cependant, ce ne fut qu’à l’âge de quatorze ans que | l’auteur de ses jours et de Monte-Cristo le présenta o:fi- | ciellement comme son enfant. |

etle fils déjà si mûr, que l’on n’a jamais su au jte lequ sel. des deux : avait reconnu Pautre.

dans le tourbillon de la vie.

4 qui était aussi dramaturge.

. A' cette époque, le père était encore si jeune de caractère

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Notre opinion est que c’est le fils qui aura à fait ce sacre fice pour son père, voyant ce dernier lancé sans protecteur à | et sans guide, à peine âgé de quarante et queiqes es -

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pures fils fut d'éBon placé chez Metteur Go4 — ux, “du

I1 fit ensuite de brillantes études au collège Bourbon, et

ne tarda pas à être lancé dans un milieu artistique qu'il étonna souvent par sa précocité.

À quatorze ‘ans, il en avait vingt-cinq pour la raison, ce que prétendaient les hommes, et même REURE fa folie,

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ce que disaient les femmes, | | ts

A dix-sept ans, il publia un volume de vers intitulé Péchés de jeunesse. On a prétendu que c'étaient les si

qu’il racontait déjà ; mais Dumas père disait avec orgueil : Alors, ce sont des œuvres choisies, puisqu'il n’y a qu’un volume.

Dumas accompagna son père dans son voyage en Espaone et en Afrique, et à son retour publia les Aventures de quatre femmes et d'un per roquet, récit fantastique qui n’eût peut-être pas obtenu le même succès s 1 80 été signés Lambert ou Dupont. HR ‘ré

Dumas fils comprit tout de suite qu ln n avait pas AA gination féconde de son père; il renonça vite à un genre pour lequel il n’était pas né, et pour remplacer l étincelle absente du génie, il résolut de se procurer du talent.

Il observa le monde, s’attacha à l’étudier par ses vilains côtés et publia bientôt des romans pathologiques, où les tumeurs et les abcès du cœur féminin s'étalèrent avec un sans-gêne qui donnait l’envie d'aller manger son pain dans

la pièce à côté.

La Dame aux Camélias et la Dame aux Perles, plus tard mises en drames, lui servirent à inaugurer son amphithéâtre.

La première de ces deux pièces fut interdite par M. Faucher, ministre de l’intérieur, et il fallut l'intervention de M. de Morny pour qu’elle fût représentée.

S1 l’on pouvait douter de l’immoralité de cette œuvre, la

haute protection à laquelle elle dut le jour ne le permet-

trait plus.

La Dame aux Camélias eut un succès fou ; Dumas fils y représentait la femme, souillée par quatre-vingt-quinze amours à la course, complètement réhabilitée par un quatre-vint-seizième amour à l’heure.

Ce fut plus que de l'enthousiasme, dans le monde de la cocotterie, ce fut du délire.

Pas une hétaïre au cachet qui manquât une si belle occasion de se reconnaître dans le personnage de Marguerite Gauthier.

Et toutes les femmes qui n'avaient encore eu que cinquante-trois amants, ne doutaient pas un seul instant qu’elles fussent appelées à trouver vers la fin du quatrième quarteron l’Armand Duval, dernier endosseur, qui devait leur refaire une virginité.

Vint ensuite, dans le même ordre d'idées, Diane de Lys, que la censure trouva encore dangereuse au point de l’arrêter, et que M. Dumas put faire jouer grâce à l'appui du prince Napoléon, avec qui il était dans des rapports intimes.

Il est difficile, à ce propos, de ne pas faire la remarque quella censure était alors tout juste assez à cheval sur les principes pour ne refuser l’estampille aux œuvres qui lui paraissaient sales, que jusqu’au jour où la clique impériale les trouvait suffisamment propres.

Et pour ce que cette dernière avait l’intention de faire

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du goût public, elle n'avait pas à se montrer trop bégueule.

On ne peut guère non plus se retenir de penser que, où M. Dumas fils, bien en cour, réussissait à lever les scrupules des censeurs, un auteur sans relations officielles eût vu son œuvre condamnée sans appel.

Plus tard d’ailleurs, après le 4 septembre, M. Dumas fils sut prouver qu’il avait la reconnaissance de l’estomac et des droits d’auteur.

La princesse Mathilde ayant été accusée d’avoir quitté Paris, emportant 62 colis qui ne lui appartenaient pas, M. Dumas fils, dans plusieurs lettres véhémentes adressées aux journaux, prit énergiquement la défense dé la

vertu outragée. C'était d’un hôte reconnaissant; mais Îles

gens qui n'ont pas eu leur couvert mis au Palais-Royal caressent encore aujourd'hui l’idée que si l’on avait ouvert, comme on devait le faire, les 62 colis à la frontière, on eût peut-être constaté que la princesse n’avait pas laissé plus d’argenterie dans %0s buffets que de regrets dans nos cœurs.

Nous n'avons pas le loisir d'analyser 1ci les nombreuses pièces de M. Dumas fils; toutes poursuivent la même

‘idée de réhabilitation par l’homéopathie; toutes obtinrent

un très grand succès de curiosité; mais nous ne voudrions pas répondre qu’à elles toutes, elles aient fait diminuer d’un et demi le nombre des cocus.

Tout ce que la morale de M. Dumas fils a pu faire pour adoucir le sort des maris trompés, c’a été de diminuer les remords de leurs femmes, en leur représentant qu’elles avaient jusqu’à cinquante ans pour trouver enfin sur leur route la passion honnête qui devait effacer d’un seul coup tout ce qu’il y avait de sale sur l’ardoise de leur vertu.

Après le Demi-Monde, la Question d'argent et le Fils naturel, M. Dumas fils a donné au théâtre, en 1850,

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le Père prodigue, qui était, dit-on, la vraie histoire de son père.

Il donna ensuite l’Arz des femimes et collabora à Héloïse Paranquet et au Supplice d’une femme avec M. de Girardin.

Cette dernière pièce donna lieu à un débat curieux; la pièce fut représentée comme anonyme, les deux auteurs en ayant, chacun de son côté, désavoué la paternité avec la véhémence d’un jeune marié dont la femme accouche en sortant de la mairie.

M. Dumas fils donna en 1867, au Gymnase, les Zdées de Madame Aubray, toujours pour convaincre les jeunes filles que le anterréat ne fait pas le bonheur.

Il fit jouer récemment au même théâtre la Prencesse Georges et la Visite de noces. Cette dernière pièce souleva des tonnerres d’indignation.

On voyait là-dedans un monsieur bien mis, qui avait pour mission de prouver que certains hommes ne trouvent le vin bon qu’au fond d’un verre dans lequel viennent de boire soixante galeux.

Ce type, personne n’en contesta la vérité (quand on voit des gens qui lisent le Figaro, on est forcé de tout admettre). .

Mais on fit à l’auteur le reproche sévère d’exhiber, avec un parti pris arrêté, des cas de difformité repoussants, au lieu de les conserver chez lui dans de l’esprit de vin et d’avoir soin de ne les montrer qu'aux gens dont la digestion est bien faite.

Une des dernières œuvres de M. Dumas fils fut l’'Æomme- Femme, brochure parfaitement insipide, et dans laquelle l’auteur se révéla comme candidat de l'avenir très sérieux au couvent de la Trappe.

Ce livre, dont le titre-amorce n’était aucunement justifié, était le plus joli galimatias que l’on puisse rêver; la

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Biblé y passait tout entière pour arriver à dire à l’homme que sa femme trompe : T'ue-la.

Cependant le succès de vente fut très grand; au fur ct à mesure que les éditions apparaissaient aux vitrines des libraires, les femmes mariées les achetaient et les faisaient disparaître pour que leurs maris ne pussent s’en procurer un seul exemplaire. |

En 1873, M. Alexandre Dumas fils a donné au Gymnase, avec un grand succès, Monsieur Alphonse, pièce de

d'un certain monde.

Le sujet n’était ni bien neuf ni bien intéressant; mais les détails ingénieux, les mots spirituels y FOURNIS

La sauce fit passer le poisson.

Le 30 janvier 1874, l’auteur de la Dame aux Camélias fut reçu membre de l’Académie.

Ce fut M. d'Haussonville qui fut chargé de lui répondre et qui le fit avec infiniment d’esprit.

Dans son discours, plusieurs pointes assez vertes, adressées au régénérateur des vierges folles, obtinrent un

véritable succès.

fois à l'Académie, ne fit plus rien qui vaille. Sa dernière œuvre, la Princesse de Bagdad, fut littéra-

lement ensevelie sous un immense éclat de rire de pitié du public.

Depuis longtemps, en effet, on n'avait assisté, rue de Richelieu, à un pareil accès de gâtisme dramatique.

Un imbécile offrant à une femme honnête pour la séduire un million en or vierge.

Une femme honnête ne trouvant rien de mieux à faire,

pour prouver son innocence à son mari jaloux, que d’ôter sa chemise et de se jeter devant lui dans les bras de

l’homme que celui-ci croit son amant.

haute marée, pleine d'observations cruelles sur les mœurs

Comme cela devait arriver, M. Alexandre Dumas, une

Cette femme honnête, devenue subitement une gueuse et redevenant re-subitement un ange de fidélité, parce que l’homme à qui elle s’est offerte bouscule son enfant qui le gêne.

Tout cela fut la gaieté de Paris pendant quinze jours,

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Au physique, M. Dumas fils est de grande taille. En chartreux, il paraîtra énorme. Sa figure est moins qu’aimable, les traits sont durs, les paupières épaisses. Aucune apparence de bons sentiments sur ce visage sec, froid et en même temps sensuel, Il a l’air d’un moraliste, comme Veuillot d’un jeune premier. On prétend qu’il a beaucoup d'ordre ; son père disait de lui qu’il avait trop de bottes pour avoir jamais de génie. |

Cette prophétie est de notre goût. Il y a dans cette nature quelque chose d’antipathique ; M. Dumas fils

semble éprouver un certain bonheur à mettre à nu les

ulcères et les plaies; 1l vous les montre, il vous les explique, il les gratte et semble vous dire avec joie : « Vous voyez bien ça, n'est-ce pas? c’est ignoble, repoussant, affreux !.. Regardez cette tumeur... Tenez, dans le coif. c'est gangrené, pourri... Eh bien!... tranquillisezvous... il n’y a pas de remède. »

Avril 1882.

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