‹ Le trombinoscopeChapitre 262 sur 307 · LA · texte numérisé non relu

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Légion d'honneur, les félicitations publiques de l’amiral Baudin, le grade de capitaine de vaisseau et son portrait au musée de Versailles par Horace Vernet.

On cite aussi un simple matelot qui, dans la même affaire, n'en fit nt plus ni moins que lui et obtint, six ans après, un bureau de tabac pour sa veuve ; seulement il avait été blessé.

En 1840, le prince de Joinville reçut la mission de ramener de Sainte-Hélène les cendres de l’empereur Napoléon,

qui, pour la première fois de sa vie, rentraiten France, comme un empereur devrait toujours y rentrer s’il avait un peu de cœur.

Après avoir accompli plusieurs voyages, le prince de Joinville dut se rendre à Rio-de-Janeiro pour y contracter un mariage qui comblait les vœux lés plus chers... de ceux que ça ne regardait pas.

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Cette manière d’unir pour la vie des princes et des princesses qui ne se sont Jamais vus, parce que cela fait le compte de leurs parents, est trop connue pour que nous nous appesantissions sur les énormes avantages qu’elle offre. |

Il est convenu que les rois doivent marier leurs enfants entre eux, de façon à enchevêtrer leurs peuples respectifs dans un immense méli-mélo de nièces, de neveux, de cousins et de filleuls qui puissent, à un moment donné, se prêter un mutuel appui contre l’ennemi commun.

Ce n’est pas cette ligue que l’on appelle vulgairement : l’'Internationale ; mais on a tort.

Le prince de Joinville revint donc en France marié à la

princesse Françoise du Brésil, fille de l’empereur don

Pedro 1‘. Cette union fut-elle heureuse ? Cela ne nous regarde pas. L'essentiel était que les pères et mères des

mariés en éprouvassent une vive satisfaction.

L'année même de son mariage, le prince de Joinville fut élevé au grade de contre-amiral; on a conclu de ce nouvel avancement que la traversée avait été rude.

En 1845, à la suite de l’expédition du Maroc, il fut nommé vice-amiral en récompense d’une action d’éclat qu'avait accomplie le lieutenant Coupevent des Bois en lui sauvant la vie. |

Quand éclata la révolution de 1848, le prince de Joinville était en Algérie auprès de son frère le duc d’Aumale ; il suivit la même ligne de conduite que ce dernier. On doit leur en être d'autant plus reconnaissant qu’ils ne pouvaient guère en suivre une autre. NE

Charles Yriarte, dans son prospectus en 3520 pages, intitulé : les Princes d'Orléans, semble ne pas trouver assez d’admiration pour ces deux princes qui, pouvant, selon lui, agir l’un sur l’armée, l’autre sur la flotte, ne

tentèrent pas de ressaisir le pouvoir.

Où il plaît au Baraum des princes d'Orléans de voir un chef-d'œuvre de désintéressement, nous prendrons la liberté de voir tout autre chose — jusqu'à preuve contraire — €t nous croyons avoir grandement le temps de faire vingt-cinq parties de besigue en trois mille liés avant que cette preuve arrive. |

Nous n’aurons jamais le constitutionnelléisme de croire

que si les princes d’Orléans eussent pu, le 24 février,

ramener d'Alger à Paris deux cent mille hommes en une

demi-heure, ils s’en fussent privés.

La vérité est que lorsque la nouvelle de la proclamation de la République leur arriva, il était trop tard pour tenter

quoi que ce fût.

Quant à la flotte que commandait le prince de Joinville, et sur laquelle, selon M. Yriarte, le prince pouvait agir, nous nous demandons avec un certain ébahissement comment elle aurait pu défendre les Tuileries ou même les

reprendre.

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Une fois sur la terre étrangère, le prince de Joinville se livra, comme tous ses pareils, à la confection de phrases mélancoliques et attendrissantes dans le goût suivant, cest toujours M. Yriarte qui parle : « Au fond de l'exil, je ferai des vœux pour le bonheur de la France et le succès de son drapeau.» Pauvres jeunes gens!... cela nous fend Île cœur de les voir souffrir et de les entendre exhaler cette plainte douce et résignée que nous eussions aimé à traduire ainsi : O Amanda! tu m'as fichu à la porte !.. sois heureuse avec un autre! je prie pour toi... et J'attends toujours sur le paillasson !.. — Le prince de Joinville voyagea sans cesse et assista à tous les combats de la guerre d Amérique, dont il fit ensuite le récit et une collection de dessins très réussis, car le prince, demandez à M. Yriarte, est un peintre hors ligne et un écrivain de premier ordre.

M. Yriarte ne nous dit pas que le prince de Joinville est un sculpteur remarquable et un guitariste hors ligne; il a

tort, nous étions tout disposé à le croire.

Il nous eût dit même que le prince de Joinville chantait dans la perfection, que l’idée ne nous serait jamais venue

d’en douter.

Après le 4 septembre, le prince de Joinville, comme ses. frères et neveux, d’ailleurs, s’en vint rôder autour de nos. armées, demandant à défendre la France, fût-ce sous le

nom le plus obscur et sans solde.

Gambetta — le Gambetta d’alors — comprit que les gens qui travaillent pour rien sont ceux qui finissent par coûter le plus cher, et il refusa les services du prince de Joinville.

Ce dernier, rebuté, erra de bataille en bataille, et suivit l'armée comme simple curieux, prenant des notes et des

croquis pour ses albums.

Certes, le prince de Joinville ne nous inspire qu'un

médiocre intérêt; mais nous ne pouvons nous retenir de le

plaindre en cette circonstance, car nous avons appris depuis que plusieurs fois, dans cette campagne, qu’il suivait en amateur, on l’avait pris pour un reporter du

Figaro.

M. le prince de Joinville a été élu député à PAssem-

blée de Versailles par le département de la Haute-Marne,

et rétabli dans son grade de vice-amiral par le gouvernement de M. Thiers; ce qui prouve qu’il y a encore des

gens qui feraient plutôt une soupe à l’oignoi sans un seul

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