‹ Le trombinoscopeChapitre 290 sur 307 · L PÉRIL SOUL · texte numérisé non relu

L PÉRIL SOUL

MARIONNARD-

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: . C'ROQUEMITAINE

accessoire de | première utilité | NH du théâtre na- M tionaldes Esco- BARDERIES-PoLI-

FTIQUES.

Marionnard est né partout à la fois et dès le

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ne. = es) ne | Lis commencement | . lu, de la civilisa-

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tion. | Du jour où il s’est trouvé, sur un point du globe, cinq cents citoyens honnêtes et naïfs qu’un intrigant plus malin

s’est adjugé le droit de gouverner, le PériL SocraL a fait

son apparition.

Ïl ëst devenu l’indispensablé auxiliaire de l’usurpateur, qui, pour cofiserver son autorité et son prestige, avait besoin d’üñ mannequin térrifiañit, dont l'aspect seul retînt les contribuabiés d'essayer d’üne forme de gouvernement

moins coûteuse.

Marionnard Périz SociaL ést donc presque aussi vieux

que le monde; seulement, il ne s’est pas toujours appelé ainsi. | | Les différents farceurs qui s'en sont servis l’ont baptisé selon les époques et les besoins.

Comme tous les épouvantails, PERL Sociat, cons Van le même aspect, n’éût pas effrayé longtemps les mêmes personnes, les gens qu’il était destiné à affoler s’y füssent accoutumés commi les pierrots s’habituënt äux vieux chapeaux dé paille que l’on place sur les cerisiers: La place nous mahque riaturéllement pour faire ici l’historique des nombreux aspects que les classés dirigeantes de toutes les époques ont donnés à MarronnNarb. Sous quelles formes et Sous quels titres les empereurs roinäins et les rois grecs l’utilisaiént-ils pour abêtir leurs peuples ? C’est ce que nous f’avoñs pas le loisir d'étudier en détail. Ce qu’il y a d’incontéstäble, c’est que, sous uñ foin ou

sous un autre, ils S’én Séfvaient.

Sans remonter si haut, il suffira de choisir uüñ ékéitiple dans une époque présqüe contemporaine. Si nous voulons prendre seulement la peine de tourner la tête en arrière,

nous verrons, à vingt-cinq pas de nous, Marionnard PÉriL

SociaL én pleine exploitation. Ceux qui tenaient la clef de la boîte dans laquelle il a toujours été renfermé étaient,

bien entendu, les classes dirigeantes du temps.

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La France était depuis trois années à peine en République; et cette pauvre République était alors — comme avant, comme depuis, comme toujours — la bête noire des éternels reculards et des privilégiés qui avaient juré de se défaire à tout prix d’un régime dont la droiture les menacçait dans ce qu'ils avaient de plus sacré: leurs immunités et leur prépondérance. — La jeune République de 1848 ayant eu, comme tous les outils neufs, quelques rats dans son essai de fonctionnement, les reculards profitèrent de l’occasion et se mirent à pousser des cris d'empalés, hurlant que tout était perdu! qu'avec la République nous allions droit au cataclysme!... que la France allait devenir la proie des « partageux. » Partageux équivalait alors à notre « radical » moderne.

Ces vociférations commencèrent à ébranler les esprits timides, toujours disposés à accueillir le sauveur traditionnel et bien appointé, qui ne manque jamais de rôder autour des démocraties mal closes, comme les renards autour des poulaillers. Il ne restait plus qu’à frapper le grand coup et à exhiber brusquement aux regards de ces braves gens effarés le fameux mannequin du PÉriz Socrar. C’est ce qui fut fait.

Nos pères virent alors apparaître, dans toute la splendeur de sa monstruosité, le célèbre MarroNNarp, sous le nom de : l’'HYDRE RÉVOLUTIONNAIRE.

Tous les journaux. bien pensants retentirent du récit anticipé des exploits de ce vampire! et ne parlèrent plus que de l'Hydre!.. « Voyez-vous l'Hydre! l’'Hydre appro-

om meme entend etiiamantinrt

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che! On a vu l’'Hydre dans les environs! Elle a quarante-

trois gueules et cent trente-huit queues à triple dard! »

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L'effet que l’on s'était flatté d'obtenir ne rata pas et quand VÉéLocirËne père, nouvel Hercule à la vessie insondable, se présenta pour délivrer la France de cette Hydre, à laquelle, du reste, 1l ne coupa pas d’autres têtes que celles de huit bonnes d’enfants qui stationnaient tranquillement, le 2 décembre 1851, sur les bancs du boulevard Montmartre, huit millions d’oies articulèrent un our étran-

glé par la peur.

Voyant tant de sang couler dans les ruisseaux, les hommes d’ordre du temps — « homme d'ordre » était à cette époque l'équivalent de notre « conservateur » d’aujourd’hui — Îles hommes d’ordre, disons-nous, ne doutèrent pas un seul instant que ce fût le sang impur de la

terrible Hydre ; et 1ls allèrent se coucher tranquilles.

Pendant ce temps, et pour justifier tant de confiance, VÉLOCIPÈDE père et ses aides-bourreaux flanquaient, en pouffant de rire, un immense coup de poing sur la tête de l'Hydre-pupazzi, qui venait de leur rendre un si éclatant service en leur ouvrant un avenir si plein de bonheurs de toutes espèces — y compris celles monnayées. |

L’Hydre, montée sur ressort à boudin, n’attendait que ce choc pour rentrer dans. sa boite, dont on lui ferma le couvercle sur la tête, et elle fut resserrée dans le magasin

aux accessoires du boui-boui impérial, en attendant des

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temps meilleurs — ou plutôt des temps pires — où l’on

pourrait de nouveau avoir besoin de ses services.

Pendant quelques années, Marionnard PériL SociaL se reposa sous cette forme dans le fond des placards des Tuileries sous les 18,540 caisses à chapeaux de M"° de Montijo. — Il était inutile d'évoquer sa vilaine image; tout était calme.

La France, sallandrouzée à mitraille, jouissait de cette tranquillité que l’on ne peut guère mieux comparer qu’à celle du macadam après le passage du rouleau compres-

seur.

Vers 1869, une certaine agitation se produisit. Une nouvelle génération, un peu moins soumise que la précédente, se prit de la belle toquade d’examiner de plus près le coup d'Etat de décembre et les plébiscites légumiers qui en avaient été la suite. Elle trouva que ni les uns ni Îles autres n'étaient des merveilles de probité, et elle commença à le dire. De là, un léger réveil de l’opinion, suivi de re-

vendications qui s’accentuaient chaque jour.

La chose devint bientôt gênante, et VéLociPibEe pére dut avoir recours à la fameuse Hydre pour préparer un plébiscite suprême.

On donna un coup de plumeau au mannequin, on ni injecta les yeux, on lui hérissa le poil, on lui allongea le: dents, afin de le rendre le plus épouvantable qu'il était possible, on graissa le ressort à boudin, et crac !.… un beau

matin, on le planta devant la foule. Cette fois encore, on

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changea son nom. D'Hydre de l'anarchie qu'il avait été, on le fit Spectre démagogique. |

Le spectre opéra sur les masses votantes et potagères qui poussèrent le même ou1 d’effroi que dix-sept années aupa-

ravant.

Malheureusement, cette nouvelle exhibition n’eut pas le temps de porter ses fruits. La guerre arriva. On sait le reste. Pendant quatre années, le spectre démagogique, ex- Hydre de l’anarchie, eut un peu de repos; un autre spectre, beaucoup plus vrai, sous son casque à pointe, prit sa place, et la France, consternée cette fois pour quelque chose, ne s’occupa que de réparer ses ruines et de payer la grosse facture que lui tendait inexorablement le spectre

noir au bout d’une baïonnette.

Mais quand la note fut acquittée, la France pensa à se faire définitivement républicaine pour éviter le retour d'un tel dévorant. C’est là que l’attendaient les hommes qui, en 1848, avaient déjà triomphé de la République et remis l'Empire sur pied en 1870 à l’aide du fameux fantôme. — Vite, un coup de plumeau au spectre rouge. Une couche de vermillon sur la trogne, un grain de férocité supplémentaire dans l’œil!... et servez chaud aux traqueurs de LOPD

Mais il fallait trouver un nouveau nom au monstre de carton, un nom redondant et bête à la fois, afin que, ne signifiant absolument rien, il pût signifier tout ce que les

imbéciles voudraient de plus terrible, de plus affreux.

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M. Buffet trouva ce mot, et l’Hydre de l’anarchie, le Spectre démagogique devint le PériL Socrar. Sous ce nouveau nom, le monstre est en train de recommencer, ou plutôt on commence, avec sa précieuse collaboration, le même jeu qui a déjà si bien réussi plusieurs fois. Avant peu,nous saurons si les nombreuses dupes qu’il a faites sous ses anciens noms se jetteront encore une fois la face contre terre à sa vue, où iront droit à lui pour en extirper, en éclatant de rire, le foin dont ce croquemitaine est rembourré.

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