Sardou 77. Hyacinthe 78. E. Pelletan
aurent 82. Alex. Dumas fils 83. Joinville 84. Doré 85. Gill 86. Mounet Sully 87. Rousseil 88. Lentripé 89. Augier 90, Candidat 91. Villaret 92, Péril social 93. Lorgeril
Quarantième année LE TINT AM ARRE Quarantième année
HEBDOMADAIRE, SATIRIQUE ET FINANCIER PARAIT LE SAMEDI
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PARIS
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10 CENTIMES en Îles crevant avec une de ses saillies pi-
les boursouflures de la bêtise humaine.
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On raconte qu’en 1847, alors que l’on parlait A v@
de la réforme électorale que refusait obstinément Louis-
Philippe, le petit Lockroy demanda un jour à fee RÊP cé que c'était que le cens.
— Le cens, mon enfant, lui répondit celui- ci,c’est l'impôt
qu’il faut payer pour être électeur.
Cette réponse rendit le jeune Edouard tout songeur ; $ et “à
quelques jours après, on trouva écrite de sa main, sur un de ses cahiers, cette définition: CENS, faxe qui rend un imbécile censé sensé. |
Quand Lockroy eut terminé ses études, il s’engagea comme volontaire sous les ordres de Garibaldi pour faire avec lui lexpédition de Sicile.
Il pensait déjà à cette ÉPORUS que le métier de libérateur des peuples s’apprend mieux sur les champs de bataille qu’en chambre. |
En 1860, Lockroy revint en France. Elle était en plein Empire. Ce n’était pas suffisamment ragoûtant pour y retenir quiconque pouvait aller vivre ailleurs ; il s‘empressa de profiter d’une superbe occasion qui lui était offerte dela quitter et partit en Judée et en Phénicie avec M. Renan, qu’il accompagna en qualité de secrétaire.
M. Renan, comme on le sait, n’avait pas pour certaines vieilles rengaïnes un respect imperméable au doute; ‘si l’on joint à cela les dispositions à l'irrévérence qui for-
maient le fond des opinions de son jeune secrétaire en
matière de religion et de politique, on se rendra facilement
compte de l’influence que put avoir sur l’esprit d’Edouard Lockroy le contact intime d’un homme aussi savant que soupçonneux, qui passait son temps à déshabiller les légendes les plus sacrées pour savoir au juste ce qu'il y
avait dessous,
Lockroy revint donc à Paris de moins en moins convaincu de l'efficacité de l’eau de Lourdes contre les fractures de clavicules, et de plus en plus décidé à faire feu de tout son esprit incisif sur les hommes et les choses qui ne lui sembleraient pas d’une moralité satisfaisante.
Dans ce métier-là, il ne pouvait pas manquer d’ouvrage sous le règne béni de VÉLOcIPÈDE père (couvrez-vous), Aussi débuta-t-il immédiatement et avec un très grand
succès dans le journalisme.
Ce fut au Figaro que Lockroy fit ses premières armes
avec sa campagne éblouissante de menus propos dont le
public a gardé le meilleur souvenir. C'était du temps où le
Figaro empruntait un semblant d’honnêteté à la fréquen-
tation et au contact d’écrivains courageux et d'humeur indépendante, comme les Vallès et les Rochefort.
Ces menus propos firent une vive sensation avec leur
forme courte, leur allure vigoureuse et leur mot de la fin toujours impitoyable dans sa justesse et sa fantaisie presque cascadeuse.
Ils devinrent un véritable modèle de concision pour beaucoup de chroniqueurs.
Déjà, à cette époque, il était aisé de pressentir que le
talent du jeune pamphlétaire se trouverait avant peu à l’étroit dans la feuille de M. Villemessant. Effectivement, plusieurs de ses articles lui ayant attiré quelques condamnations, il rompit avec cette boutique, dans laquelle un écrivain ne pouvait conserver l'hospitalité qu’à la condition
de transformer sa conscience en paillasson, et entra au |
Rappel, feuille ardente et plus rétive aux persécutions. C'était en 1869, la plus belle année de l’empire, — après
1870, bien entendu.
PAPE eo ro —
Edouard Lockroy put donner là carrière à ses qualités d'écrivain, qui s'étaient d’ailleurs accrues dans de larges proportions. | |
Comme cela arrive infailliblement à tous les hommes au cœur droit, le spectacle de la honte publique avait élevé son talent. |
Il voyait les choses de plus haut; sa gaîté si franche, son ironie si fine, s'étaient augmentées de cette vigueur un peu âpre que donne la conviction.
En un mot, Lockroy, comme beaucoup d’autres, était entré dans la carrière en simple rieur, avec sa jeunesse insouciante et son esprit railleur; mais l’écæœurement n'avait point tardé à faire le reste et à lui donner la colère et l’indignation, ces deux côtés naïfs auxquels se reconnaît
toujours l’homme vraiment honnête.
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Après le 4 septembre, Lockroy fut nommé chef d'un
bataillon de la garde nationale de Paris, et le 8 février 1871,
l'empire, laquelle déchéance fut votée à une immense majorité.
Nous le rappelons à l’usage de certaines gens qui nous semblent l’avoir passablement oublié.
M. Lockroy vota aussi contre la paix, pensant que deux millions d’âmes ne se cèdent pas comme un troupeau
d’oies et sans avoir été consultées.
Lorsque éclata le mouvement communaliste du 18 mars, M. Lockroy fut un de ceux qui tentèrent d’amenér une conciliation entre Paris et Versailles, et qui, n'ayant pu y
parvenir, donnèrent leur démission de député.
il fut élu député. Il se prononça pour la déchéance de
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D AS PS mL Ne A LUE CD em SR rm ML AE EE,
Arrêté le 15 avril 1871, il fut relaxé en juin (1) sans
jugement, et élu le 23 septembre suivant membre du conseil municipal de Paris.
Comme on peut le voir, nous glissons le plus légèrement possible sur cette période, pourtant bien intéressante; mais nous croyons inutile de parler ici de faits que | que tout le monde connaît très exactement, puisque l’his- | toire de la Commune a été écrite en toute liberté par le Figaro, le Gaulois, Paris-Journal et autres feuilles dont l’impartialité et la bonne foi sont proverbiales.
Peu de temps après son élection, M. Lockroy fut un | des signataires de l'exposé de la situation commerciale de Paris, concluant à l’amnistie et à la IVe de l’état de siège.
nement que les affaires et la confiance avaient peu de chance de renaître dans une ville où le général Ladmi- | rault pouvait décider le matin que les boutiques seraient fermées le soir à six heures et demie, le gaz éteint à sept,
et tout le monde couché à sept heures trois quarts.
En 1872, M. Lockroy, devenu rédacteur en chef du Peuple souverain, fut poursuivi pour plusieurs articles. Acquitté une première fois par le jury, il fut condamné peu après à un mois de prison.
Ce fut lui qui proposa de voter 50,000 francs pour
envoyer des ouvriers français à l’exposition de Vienne;
(1} Nous croyons utile de spécifier que c’est en juin... de la même année, beaucoup de nos lecteurs ayant peut-être entendu dire par
des gens de mauvaise foi qu ‘en ce temps-là on relâchait fréquemment des innocents qui n'avaient encore fait que dix-sept mois et
demi de prison préventive.
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Il ne fut pas assez heureux pour convaincre le gouver-
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nous n'avons pas besoin de dire à nos lecteurs la façon dont il fut recu avec ce projet incendiaire.
Le département des Bouches-du-Rhône l’envoya à l’Assemblée nationale, où il s’attira, à propos d’un discourssur le budget, une bordée formidable de huées figarotiques, parce que, en parlant des gens qui gagnent des millions à faire travailler les autres, il s'était servi du mot classes spoliatrices. | sh Pendant trois jours et trois nuits, nous nous sommes creusé la cervelle pour essayer de découvrir ce que ce mot tant conspué avait de plus étonnant que celui, par exemple, de classes dirigeantes, qui est parfaitement reçu, |
et nous n’avons pas trouvé.
En 1872, M. Lockroy, injurié par le Pays, s’est battu contre le signataire de l’article; c'était pousser Île point d'honneur bien au delà de ses frontières naturelles ; mais le jeune député de la gauche est un de ces hommes qui, attaqués le soir au coin d’une rue par un voleur, lui prêteraient un pistolet, s’ils en avaient deux, afin que les chances du combat fussent égales ; poussée à ce point, la loyauté fait comme les rues trop longues : elle change
de nom.
M. Lockroy a publié plusieurs volumes composés de ses meilleurs articles et écrit une œuvre dramatique intitulée : l’Honnête Homme, afin de répondre aux reproches que certaines personnes lui faisaient de ne s'occuper que
des bonapartistes.
Au physique, M. Edouard Lockroy est un homme
maigre, à l’aspect chétif et souffreteux. On voit qu’il n’a pas léché les budgets de M. Haussmann.
Comme sa réputation d'homme privé est à l’abri de toute atteinte et qu’il met du linge propre, les feuilles chislehurstiennes ont été obligées, pour l’attaquer, de lui reprocher, comme à Rochefort, son passé de vaudevilliste, de chroniqueur boulevardier et d’écrivain léger. L’argument est maigre.
Outre qu’il n’a jamais été prouvé que les rieurs qui ont de l'esprit ne peuvent pas être, à leur heure, aussi sérieux que les imbéciles qui ne rient jamais afin de mieux dissimuler leur bêtise sous leur gravité, jamais en France, le pays de Rabelais, on ne fera prévaloir cet axiome absurde qu’un homme, parce qu’il a été jeune à son temps, n’est pas aussi propre à devenir un bon ministre que M. de Broglie, qui a eu soixante-seize ans le jour où il a étrenné
sa première culotte.
Mai 1882.
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M. Lockroy est réélu député aux prochaines éléctions,le.718.. Il prononce plusieurs discours ‘très étudiés sur les questions les plus graves de la politique; mais M. de Lorgeril l’accable en lui jetant à la figure les calembours qu’il a faits lorsqu'il était petit journaliste. Un peu piqué, M. Lockroy répond à M. de Lorgeril que chacun fait rire lé monde comme il peut. Enfin, il meurt le... 19..., après avoir prouvé une fois de plus, par les services rendus à là causé républicaine, que la gaîté ne déforme pas les esprits bien faits, et que reprocher à un homme d’avoir été Jeune est aussi bête que de reprocher à un fruit mûr d’avoir été vert.
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Pour recevoir franco par retour du courrier les ouvrages ci-dessus,enenvoyer le montant à M. LEON BIENVENU, directeur du Tintamarre, 29, rue d'Amsterdam, à Paris
LE TROMBINOSCOPE e Le Cette nouvelle édition du Trombinoscope, qui parait deux fois par semaine, composera des volumes de 100 biographies chacun, du même format et du même aspect | que les autres ouvrages de TOUCHATOUT. | ONT DÉJA PARU | 1. Jules Grévy 26. Crevette. , 1 5l. Rouher 76. Sardou 2. Clémenceau 27. Mac Mahon 52. Gavardie 77. Hyacinthe 3. Gambetta 28.Sarah Bernhardt 53. Krauss 78. E. Pelletan 4. République 29. Cassagnac 04, Célibataire 79. Lecocq 5. Thiers 30. Judic 55. Léopold IT 80. Delaporte pu 6. Zola 31. Concordat 56. Ranc 8l. Marie Laurent | 7. Rochefort 32. Comte de Paris 57. Thérésa 82. Alex. Dumas fils | 8. La Canicule 33. Gommeux 58. Lachaud 83. Joinville | | 9. duc d'Aumale } 34. Ctede Chambord 59. Blanqui 84. Doré | | 10. Victor Hugo 35. Bismarck 60. Eugénie de Montijo 85. Gill 11. Belle-Mère 36. Septennat [er 61. Radical 86. Mounet Sully 12. J. Simon 37. Henry Maret 62. Croizette - 87. Rousseil 145. J. Ferry 3. Cocu 63. Tony Révillon #3. Lentripé 14. Sénat 39, La Presse 64. Amnistie -89. Augier l 15. Pr. Napoléon 40. Louis Blanc 69. Victoria 90. Candidat | 16. Don Carlos 41. Bazaine 66. De Montépin 91. Villaret | 17. Napoléon III 42. Opérette 67. Barthélémy St-Hilai e | 92. Péril social Da 18. Ricord 43. Naquet 68. « Le Pays » 93. Lorgeril 1 4 19. Dieu 44. Dumaine 69. De Broglie 94. Karr ae 20. Réserviste |45. E. de Girardin 70 Farre' | 21. Andrieux 46. Hyacinthe 71. CI. Hugues 22 Got 47, Guillaume Ier |72. Vélocipède IV 23. Louise Michel ,48.. Littré 73. Buffet 24. Conservateur 49. Sarcey 74. « Figaro » | 25. Veuillot ! 4 50. Reporter .. 75. Gallifet | % 2 ; Ca Fr : PT ÉreT oh Va PAR 0 | 7: NE È | Querantième am XL, TINT AMARRE durantèm a | HEBDOMADAIRE, SATIRIQUE ET FINANCIER PARAIT LE SAMEDI | ABONINENMLIEINTS : | PARIS DÉPARTEMENTS 1 an 18 fr,; 6 mois 10 fr; 3 moïs 6 fr. | 1 an 20 fr.; 6 mois 11 fr; 3 mois 7 fr, | Hi Ur
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LE
FRANÇoIs-
CHARLES
compositeur français, né à Paris,le 17 juin ISIS a! !
Debonneheure, il montra une vocation irrésistible pour la. musique, mais surtout
pour la musi-
que religieuse.
Tout jeune, quand on le laissait seul, ils transformait sa petite chambre en cathédrale. Il fermait les persiennes, allumait toutes les bougies qu’il avait pu trouver dans la
maison, dressait un autel sur la commode, brüûlait des
pile sérail et se faisait un grand orgue dvee son accordéon, sur lequel il jouait « des airs sacrés de sa compo-
sition. 5 iii CU se
One sibça au. collège PrIR ni le bin ni le grec 8,7 | purent avoir raisofi de cette vocatioh. dus l'intervalle dé -
études, et souvent fnèmé pendant la classe, il mettait À
me Ne # à
Virgile en plain- -chant ét $e$ pehshms en fugue. ns Il fallut céder à ce penchant, et le jeune Gounod fut placé au Conservatoire où il suivit les cours d'Hälévy, gi travailla la composition sous la direction de Lesuëür ét de
Ses parents, cofme bédieoup de parents d'ailleurs, avaient vu avec inquiétude leur fils Manifester lé désir
d’embrasser üne profession artistique, et s’en étalént hbite- | ment plaints au proviseur du éol lège. AT A L'occasion est peut: -être Gpportune de chat Li di. général la carrièré de là bonneterie a cette supéri otté sur celle des arts, qu'on ÿ entre presque toujours de force
pour satisfaire à la vapéttoh irrésistible d8. .. Ses pars
et
tandis que pour ver: à se fairé ârtiste, il faut co nf ñe cer par escalader lés formidables répugnancés Pâternälls.
. Ne UT” Ç 10 , DE
Sur dix familles, neuf, au moins, considèrent con ï un affreux malheur le goût d’un de leurs 1 rejetons pour un des métiers interdits aux imbéciles, ét il n’est pas rare de rencontrer un père qui vous aborde ainsi: « — Ah. si vous saviez !.. Mon fils Julien me donne bien de l’inquié-
tude!... Ce malheureux enfant est en train de mal tour-
ner !... — Vraiment! ajoutez-vous... Une déviation de la colonne vertébrale ? Il faut vite voir un spécialiste L.. — Ah! si ce n'était que cela, reprend le père, mais c’est autrement grave... Julien veut être artiste! comprenezvous cela]... Un enfant à qui je conservais ma fabrique de
pâtes alimentaires!
Ce fut à peu près le cas de Charles Gounod. Destiné à la carrière tranquille du professorat, il dut lutter pour échapper aux étreintes d'un éteignoir qu’une tendre solli- citude avait rêvé de placer sur son génie. — Du reste, il ne donna pas le temps à ceux qui avaient douté de lui de déplorer son insoumission : à dix-neuf ans, il remportait un second prix, et deux ans après, le premier grand prix de Rome.
On le voit, à peine au début de sa carrière, il se couvrait le front de tant de lauriers, qu’il ne laissait pas le plus petit
coin disponible pour y placer les malédictions paternelles.
Arrivé à Rome, M. Gounod donna libre cours à sa toquade pour la musique religieuse. Il fit exécuter un grand nombre de messes, de Requiem, de Salutaris, de Tamtum ergo, etc., etc., enfin, un tas de compositions auxquelles nous eussions préféré le moindre morceau réussi de musique dite profane.
Nous demandons à expliquer notre irrévérence à l’égard de la musique dite sacrée. Autant nous comprenons que la
fanfare d’un régiment donne une aubade à son colonel à
l’occasion de sa fête, autant nous avons de peine à ad-
mettre que l’homme ait la vanité énorme de se croire
agréable au Seigneur en lui jouant du trombone, sans s’inquiéter s’il l'aime. | |
D'ailleurs, cette innocente critique fait partie, nous l’avouons, d’un petit lot complet d'idées bien arrêtées qui sont les nôtres en matière de culte religieux.
Nous avons une horreur profonde pour la mise en scène dans les églises, depuis le jour où, étant entré à Notre- Dame-de-Lorette pour nous y recueillir à la suite d’un chagrin domestique, nous avons été distrait de notre
fervente prière par tant de lustres éblouissants aux pla-
fonds, de dorures criardes aux confessionnaux, de mélodies
mondaines exécutées sur l’orgue, de quêtes interminables, et de suisses bariolés aux coups de canne retentissants, qu'il nous a fallu sortir du saint lieu étourdi, aplati, ahur1.…. et attendre le soir que le Vaudeville fût ouvert pour y trouver enfin le calme bienfaisant et cette tranquillité sainte
dont ont besoin les âmes disposées à la méditation.
M. Charles Gounod revint à Paris et fut nommé directeur de la musique à l’église des missions étrangères. A cette époque, son existence devint tellement austère que l’on crut un instant qu’il allait embrasser l’état ecclésiastique; mais il n’en fut rien; et en fait d'ordres, il ne recut que celui de la Eégion d'honneur, qui lui fut offert en 1857.
En 1851, M. Gounod donna son opéra : Sapho, dont le livret était de M. Emile Augier, puis les chœurs d'Ulysse,
de Ponsard.
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Ces œuvres de haute science (les profanes prononcèrent de haut embêtement) établirent la réputation de M. Gounod aux yeux des vrais amateurs de musique sérieuse; mais elles ne suffirent pas à provoquer l'enthousiasme du public, composé de gens qui demandent à être empoignés par une œuvre musicale avant de l’avoir entendue cinquante-neuf
fois.
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En 1854, la Nonne sanglante, représentée à l'Opéra,
n'eut pas un sort beaucoup meilleur, quoique, de l’avis des
connaisseurs, cette partition contint des pages de premier ordre. Mais le Médecin malgré lui, donné au Théâtre- Lyrique en 1858, fit enfin sortir M. Gounod du huis clos d’une célébrité un peu courte de rayonnement. Cette fois, M. Gounod avait mis dans le mille en écrivant une partition expressivé et spirituelle, ce qui ne l’empêchait pas le moins du monde d’être savante.
On le complimenta très fort de cette œuvre claire et saisissante ; et le T'intamarre lui-même félicita le maître et termina son éloge par cette lecon à l’usage de tous les compositeurs prétentieux et assommants : En art, la science
ne doit servir qu’à faire croire qu’elle ne sert à rien.
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La chanson des Glous-glous, du Médecin malgré lur, est passée à la postérité; mais on prétend que M. Gounod a eu souvent des remords d’avoir un instant lâché ses nuages pour composer une chanson bachique.
Enfin, en 1850, Faust vint mettre le comble à la renom-
Se ENS
mée de M. Gounod. Puis vinrent Philémon et Baucis, la
Reine de Saba et Mireille, dont le succès fut loin d’être
aussi vif que celui de Faust, mais qui n’en contiennent pas
Avec Roméo et Juliette, M. Gounod retrouva presque ce triomphe.
Un grand nombre de mélodies et le célèbre Ave Maria
sur le prélude de Bach complètent ce bagage imposant.
moins de merveilleuses choses. |
opéras : Polyeucte et le Tribut de Zamora. Pour ces der- | nières œuvres, il a de nouveau donné carrière à son mys- | ticisme chronique et invétéré. S'il a retrouvé, dans ce travail, son genre de prédilection, il y a retrouvé aussi l'insuccès qui avait accompagné ses précédentes œuvres de la
même marque. M. Gounod devrait décidément conserver
ce genre pour quand il sera maître de chapelle dans le Paradis. Là haut, ce sera peut-être très gai, eu égard au peu de distractions qui émailleront — dit-on — la vie éter-
nelle; mais, ici-bas, c’est d’un triste horrible.
Au physique, M. Gounod est un homme au regard intelligent et profond. L'expression du visage a des inter-
mittences de rigidité monacale et de gauloiserie rabelai-
sienne.
Quand il est dans ses mauvais jours, il compose des
Plus récemment, M. Gounod a écrit la musique de deux
marches funèbres à en faire bâiller le mort que l’on porte en terre. Quand il est dans ses bons moments, il trouve
les Glous-glous ou la valse de Faust.
De temps en temps, M. Gounod donne des inquiétudes à ses amis en leur anhonçaht Son intention d'entrer à la
Frappe. Mais la crise passe assez vite.
Ona dit qu’en 1872, il s’était fait naturaliser anglais
sans que l’on sût à quélle cause attribuer cette résolution. Si le fait est vrai, nous pensons qu’il n’a pu renoncet à sa nationalité que pour ne point être compatriote d’Albert
Wolff, qui parlait de se faire naturaliser Français.
Mai 1882.
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M. Gounod est repris par ses idées noires le ... 18..; il met les litanies en musique.— Le ... 18.. il revient à la santé et demande läutorisätion d’écrite uné partition sur les Pensées d’un payeur en chambre du Tintamarre, de Briollet. — Enfin, il meurt le ... 19... au moment où, succombant à un nouvel accès plus grave que les précédents, il allait éntreprendre de mettre en récitatifs tous les articles de Francis Magnard.
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1. Jules Grévy 2. Clémenceau 3. Gambetta 4. RfPhnaNe 5. Thiers 6. Zola 7. Rochefort $S. La Canicule 9. duc d’'Aumale 10. Victor Hugo 41. Belle-Mère 42. J. Simon 13.3. Ferry 14. Sénat 15. Pr. Napoléon 16. Don Carlos 17. Napoléon III 18. Ricord 19. Dieu 20. Réserviste 21. Andrieux 22. Got 23. Louise Michel 24. Conservateur 25. Veuillot
26. Crevette 97. Mac Mahon 28. Sarah Bernhardt 20: Cassagnac 30. Judic 31. Concordat 32. Comte de Paris 33. Gommeux 34. Cte de Chambord 35. Bismarck 36. Septennat {er 38. Cocu 39. La Presse 40. Louis blanc 4. Bazaine 42. Opérette 43. Naquet 44. Dumaine 45,E.deGirardin 46. Hyacinthe 47. Guillaume Ier 48. Littré 49. Sarcey 90. Reporter
51. Rouher 52. Gavardie 53. Krauss 54. Célibataire 55. Léopold II 56. Ranc 57. Thérèsa 58. Lachaud 59. Blanqui 60. Eugénie de Montijo 61. Radical 62. Croizette 63. Tony Révillon 54. Amnistie 65. Victoria 66. De Montépin