GEORGES- BENJAMIN
Homme politique français, né à Mouilleron-en- Pareds (Vendée) CH TéAT. Dès sa plustendre entance, 11 —— Au fit preuve d’une = | oh très grande intel- | > | ligence. Il comprenait très vite, apprenait tout ce qu'on lui enseignait, devinait le reste et Ss'exprimait avec une extrême facilité.
Mais le côté saillant de son caractère — celui qui d’ailleurs en a fait l’homme que l’on sait — était une excessive concision et une horreur profonde pour les phrases inutiles.
Déjà à cinq ans, on ne pouvait lui arracher un mot de
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plus que ceux qu'il croyait nécessaire de prononcer pour
raduiré sa pensée. Ainsi, jamais né distit A Sr = Mäman; veux-tu me donner une tartine deconftures, S'il te Plait ?
11 disait tout simpléinent d’uñ ton net ët arrêté :
Con MPeSt ue
Pour lui ce mot était suffisant pour exprimer son désir ; le reste n’était que du' remplissage vain et puéril
| Un ami de sa famille — une forte tète — prophétisa que
et énfdñt remarquable n'aurait pas son pareil, un jour, pour rédiger des dépêches télégraphiques à bon marché. C'était bien observé; mais le petit Benjamin visait plus haut. 11 pensait déjà que la boursouflure de la phrase est un signe certain de l’empâtement de l'esprit et prévoyait
qu’à la période fastidieuse de redondances oratoires allait
prochainement succéder la phase de la clarté et de la simplicité dans les discours.
Il prévoyait enfin, qu'après le bourdonnénient agaçant des bavards qui ne se servent de Îla parolè que pour dissimuler l'absence de leur Bensée; l'avenir ét, le succès seraient pour les hommes précis qui Säuraicht dire beaucoup de choses en peu de mots. |
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Ce fut à cela qu'il s'étudia âvee Soin.
Cette habitude de châtier 8à pafole le fnena naturellement à simplifier tous les actes de sa vie.
De même qu’il ne parlait que lôrsqu'il avait quelque chose à dire, il ne faisait que les géstés indispensables, ne mangeait que quand il avait faim, he Büvait qué quand il avait soif, ne restait au lit qüe quand il dormait.
Rien de superflu, rien de délaÿé, rien d’arrondi dans son attitude ; pas un mouvement, bas uñe parole de perdus : le geste et le mot nécessaires; rién de plus:
De là cette correction physique et morale = qui n'est pourtant ni dé la raideur ni de la dureté — et qui fit plus tard de M. Clémenceau cet homme intrinsèque marchant droit, pensant juste et disant vite.
M: Clémenceau commença ses études de médecine à Paris où il se lia avec la jeunesse démocratique. Quelques articles publiés par lui dans des journaux du quartier latin
attirèrent l’attention du gouvernement impérial qui, pour s’en yenger à la manière noble des Bonaparte, lui fit refuser ses inscriptions.
Après un séjour en Amérique, M. Clémenceau revint en France, acheva ses études et se fit recevoir docteur. Sa thèse, dont le côté philosophique était vigoureusement accentué, fut très remarquée.
Après avoir lu ce document, un de ses examinateurs, qui n'était pas trop bête, s’écria : :
—— Bigre !.. voilà un gaillard qui m'étonnerait beaucoup s'1l ordonnait à ses malades des laversents à l’eau de Lourdes !..…. | ;
En effet, M. Clémenceau s'établit médecin à Montmartre en 1870 et devint très rapidement populaire dans ce quartier, grâce à sa méthode simple et décisive. Il guérissait un malade en beaucoup moins de temps que n’en eussent mis beaucoup de ses confrères à trouver le nom latin de sa maladie.
Mais il n'aimait pas que ses clients lanternassent dans leurs réponses aux questions qu'il leur posait. Droit au but ! c'était son système. |
— Avez-vous été à la garde-robe ce matin ? combien de fois ?... Etait-ce dur ?.. L’odeur était-elle forte ?... demandait-il à une dame.
Et si celle-ci tournaillait..… et cherchait mille détours pour essayer d’insinuer -un tas de choses qui ne se sont Jamais vues depuis les déesses, il l’interrompait net en lui disant : |
-— Voyons, pas d'histoires !... vous n'allez pas me dire que vous faites des pralines vanillées et des ronds d’ananas au kirsch !.…..
Aussitôt après le 4 septembre 1870, M. Clémenceau entra dans la vie politique. Il fut nommé maire du XVIII arrondissement et, un mois plus tard, membre de l’enseignement communal.
Il apporta naturellement dans ces dernières fonctions les aptitudes de son tempérament tout d’une pièce.
Son premier soin fut de prescrire l’enseignement laïque dans son arrondissement.
Bref et logique comme toujours, il s'était dit :
— Deux et deux quatre. La Seine passe à Paris.
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Éouis:XIV est mort. en ‘1715... l'HestMaspirenaens haricot l'air est composé d'oxygène et d'azote... un carré parfait a quatre côtés égaux. voilà ce que l'on doit apprendre aux enfants, parce que c'est sûr; mais le catéchisme et l’histoire sainte, ils liront ça s’ils le veulent quand ils seront grands, en même temps que Voltaire, etils choi-
siront.
Le 8 février 1871, M. Clémenceau fut nommé député de la Seine par 95,000 voix. Il alla siéger à l’extrême gauche.
Lorsque éclata le mouvement du 18 mars, il était maire du XVIII° arrondissement. Cité plus tard, comme témoin, dans l'affaire des généraux Lecomte et Clément Thomas, il lui sembla que le conseil de guerre cherchait à le représenter comme complice de cette exécution qu'il avait pourtant essayé d'éviter.
Les situations louches ne pouvaient être du goût de M. Clémenceau. Il se leva et demanda à passer sur le banc des accusés, ce qu’il ne put obtenir des Basiles versaillais.
— Alors taisez-vous !.. leur dit sévèrement M. Clémenceau. On accuse les gens, et on les laisse se défendre; ou on ne les accuse pas et on les laisse tranquilles.
Pendant l'insurrection communaliste, M. Clémenceau
fut un de ceux qui cherchèrent à éviter l’aggravation du
conflit en proposant à l’Assemblée de voter des élections municipales réclamées par la population parisienne.
Cette attitude pouvait, en effet, conjurer de grands malheurs.
Inutile de dire que le jeune député fut reçu par ses confrères de Versailles comme un inventeur de verre incassable par une corporation de vitriers.
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Le 27 mars suivant, M. Clémenceau estimant qu’une Assemblée élue uniquement pour éteindre la guerre étrangère avait plus que largement exécuté son mandat en allumant, par dessus le marché, la guerre civile, donna sa démission de député. |
Trois mois après il fut élu de nouveau conseiller muni-
cipal à Clignancourt, puis président de ce conseil le 29 novembre suivant.
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En montant au fauteuil, il prononça un vigoureux éloge de Paris. Il pensait qu’une ville qui n'avait cessé d’essuyer
les obus prussiens pendant six mois que pour essuyer pendant trois autres les bombes versaillaises ; le tout pour
tenter d’arracher la France des mains de l'étranger et la République des griffes des royalistes, méritait bien d’être baisée publiquement au front, ne fût-ce que pour la con-
soler de l’avoir été par les Judas de la prétendue défense
nationale.
Le 20 février 1876, M. Clémenceau fut réélu député du XVIII° arrondissement après avoir accepté dans son entier le programme radical.
Après la crise de diarrhée de coup d’ Etat deM. de Mac Mahon, le 16 mai 1877, 1l fut pour la troisième fois envoyé à la Chambre par 18,620 voix sur 18,820. C'était un triomphe éclatant.
A ce moment, on craignait sérieusement que le maréchal ne trempât sa « loyale épée » dans le sang d’un nouveau Deux-Décembre; et M. Clémenceau — dont l'énergie froide était connue — fut nommé, par la réunion des gauches, membre d’un comité de résistance aux petites farces dixhuit brumeuses que pouvait mijoter le Bayard des temps
modernes.
En mars 1870, M. Clémenceau demanda la mise en accusation des ministres du 16 mai. Il ne fut pas assez heureux pour faire comprendre à la Chambre à quel point :l était scandaleux de ne demander aucun compte à des gens qui avaient touché 60,000 francs par an de la République pour la trahir, quand on avait fusillé 35,000 citoyens qui l'avaient défendue, sauvée pour trente sous par Jour.
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En janvier 1880, M. Clémenceau fonda un grand Journal quotidien : la Justice. Comme tous les journaux qui sont — ou passent pour être — au service d’une personnalité, la Justice n’obtint peut-être pas auprès du public la faveur que son fondateur avait pu rêver.
| Les feuilles de ce genre sont presque fatalement vouées | à une allure monocorde qui provoque vite une sorte d’in-
différence relative.
Il faudrait être un ange — quand on a un nom Me — pour ne pas faire d’un journal à soi une sorte de prospectus personnel, ou alors être un bien grand roublard
pour le faire sans que le public s’en aperçoive.
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ste physique, M. Clémenceau est bien — contrairement | à ce qui arrive souvent — l’homme de son œuvre. Dans sa physionomie comme dans sa parole, dans sa construction matérielle comme dans son esprit, rien de trop, rien d’empâté, rien d’indécis.
Sa taille, bien prise, est moyenne. Lorsqu'il eut atteint cinq pieds trois pouces — le maximum qu'il s'était fixé d'avance pour pouvoir tenir assis dans les omnibus avec un chapeau haut de forme, il s'arrêta net, en se disant :
— Assez! davantage serait inutile.
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Pas d’'embonpoint, naturellement !... [Il en a horreur, comme de tout ce qui pèse sans être une résistance, de tout ce qui encombre sans être une force.
Très robuste, très vif et très adroit, 1l excelle dans tous les exercices et y apporte d’ailleurs cette précision qui est le fond de sa nature
Toujours aller droit au but, toujours prendre le plus court, tel est son système.
Quand il tire au pistolet, il ne met jamais des balles que dans le noir parce que pour aller à côté, ou dessus, ou dessous, elles auraient plus de trajet à faire et mettraient né-. cessairement plus de temps à arriver, partant en biais.
L'œil est doux, mais très ferme.
Il a vouluavoirle nez droit parce qu'il a calculé du reste mathématique — qu’un nez dont les conduits sont courbes se mouche beaucoup moins vite.
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Fidèle à notre principe de ne jamais nous emballer sur les innombrables qualités que l’on constate chez tous les fiancés avant le mariage, afin de n'avoir pas à gémir des
nous ne nous de ÿ ue dont M. Clémen-
nt l'amant heureux,
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k UE de ds Crete et ÉorbniquSs “de ie oppor- tuniste engraissé, on croit être trimbalé de Paris” à Nice
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. Succinct, exact et serré, M. Clémenceau frappe toujours sûrement et ne perd aucun de ses coups. à
Nous le répétons : l’acier de ses flèches paraît trempé de 2 à ne s’'émousser sur rien ; mais qu ’adviendrait-il le jour où on lui changerait le carquois dans lequel il les . prend# n un portefeuille de ministre... ou tout autre cuir
de Russie plus important ? Lip Dieu seul le sait !... etiln'a pas out nous le: dite. 3 |
Mai 1881. | | ei à