DE BOURBON
| DUC DE MADRID Re — sera continué — |
notable pétroleur blanc, appelé CHarLes VIT par
ses partisans et T'UPEUTFOUILLE -
RASIX parlepeu-
MU Tire, da
ple espagnol, est né, le 30 mars 1848, de don Juan, frère | puiné du comte de Montemolin. |
Un peu d’histoire rétrospective est ici nécessaire pour arriver à établir les droits actuels de don Carlos au trône
PR ee DIE
d'Espagne, droits sacrés sur lesquels un bureau de Montde-Piété prêterait sans hésiter vingt Su si don Caïlos y joignait sa montre en or.
Ferdinand VIT, père d'Isabelle II, ce roi fortement idiot qui avait mérité le surnom de « Tête de mulet et Cœur de tigre », avait, en 1830, supprimé la loi salique pour assurer la couronne à sa fille.
À la mort de Ferdinand VII, don Carlos, son frère, refusa de reconnaître l’abrogation de la loi salique qui le dépossédait du trône au profit d'Isabelle.
Il se proclama roi, et, pour soutenir ses prétentions, ne tarda pas à allumer dans son propre pays une guerre civile qui dura sept années.
Fatigué, 1l abdiqua en faveur de son fils aîné, le comte de Montemolin, qui reprit la suite de ses affaires, et renonça lui-même au trône, laissant à son frère cadet, don Juan, le soin de poursuivre la ruine du pays dont le ciel lui avait confié le bonheur.
Don Juan abdiqua bientôt en faveur de son fils aîné, don Carlos de Madrid, âgé de quatorze äns, que nous. portraicturons aujourd’hui. |
Le jeune don Carlos, devenu héritier du trône d’Espagne par une suite d’abdications si compliquées qu'il aurait certainement beaucoup de peine aujourd’hui à les réciter par cœur, se mit donc en devoir de reconquérir la couronne de ses... oncles, après avoir pris le mot d'ordre de la famille.
Ce mot d'ordre était fort simple: « Faire fhassactér les trois quarts de ses sujets pour régner sur le reste. »
Don Carlos ne mentit pas à ce programme. Lorsque, en 1869, le peuple espagnol, à qui le bonheur de Marfori ne suffisait pas comme réformes sociales, envoya sa reine gémir dans l'exil pour laisser respirer un peu le budget de. l'Espagne qui se mourait de consomption sous ses étrein-
tes amoureuses, don Carlos, sans perdre un instant, fit appel à son peuple et lui promit, entre autres bienfaits: la confession payante et obligatoire, l’abolition du principe
de la souveraineté nationale et l’établissement, à chaque
coin de rue, d’une fontaine d’eau bénite.
Les Espagnols étant restés insensibles à ces promesses
de réformes, pourtant si libérales, don Carlos se décida à employer la force pour prouver aux Espagnols qu’ils n’entendaient rien à leur bonheur. |
En 1870, il franchit la frontière et marcha sur Madrid, à l’arrière-garde d’une armée de dix marchands de contremarques de ses amis, tira deux coups de pistolet en l'air et proclama l'inauguration de son règne.
Cette tentative, dont tous les détails de mise en scène avaient été réglés sur celles de Strasbourg et de Boulogne et pour faquelle on a toujours cru que VÉLOcIPÈDE père (Couvrez-vous !...) avait fourni les notes, eut aussi le même dénouement. |
Don Carlos et ses dix marchands de contremarques se replièrent bientôt et rentrèrent en France pour y organiser une armée sérieuse. (On comptait rallier à la sainte cause huit joueurs d'orgue de Barbarie et cinq ramasseurs de
bouts de cigares ambitieux que la faillite du théâtre de Saragosse avait laissés sans occupation.)
Sur ces entrefaites (septembre 1870), la France proclama la République, et don Carlos, faisant à notre pays l’honneur de croire qu’il ne souffrirait pas que l’on organisât
sur le territoïîre républicain une restauration monarchique
étrangère, passa en ouisse avec son état-major d’ouvreurs de portières décavés.
L’avènement d’Amédée au trône d'Espagne le désorienta quelque peu; mais il ne tarda pas à reprendre espoir en voyant le goût médiocre du peuple espagnol pour le prince
italien,
Dans sa naïveté, il s'imaginait que l’antipathie d’une nation pour le roi qu'elle a est une preuve de sympathie pour celui qu’elle n’a pas. |
Profonde erreur! qu'excuse peut-être l’aveuglement de l’ambition.
Le simple bon sens — si un prétendant pouvait en avoir — indique assez qu’un peuple peut haïr son roi sans en désirer un autre, comme un homme peut désirer être délivré d’un clou à la fesse droite sans prier le ciel de lui en envoyer un nouveau à la fesse gauche.
L’enthousiasme des Espagnols ne se déclarant pas assez vite à son gré, don Carlos jugea de nouveau que le moment était venu d'employer les excitants.
En avril 1872, il lança deux proclamations, l’une au
peuple, l’autre à l’armée, ordonna un soulèvement et entra
le 2 mai en Espagne.
Quelques soldats, qui avaient lu l’histoire du coup d’'Etat du 2 Décembre, le suivirent, caressant l’espoir d’être
plus tard incorporés dans des régiments d'élite exclusive-
ment composés de colonels.
Mais après avoir passé sans encombre sous quelques arcs de triomphe en feuillages que son état-major avait emportés et dressait devant lui tous les quarts d’heure, don Carlos fut désagréablement surpris de rencontrer sur sa route un détachement de troupes espagnoles commandé par le colonel Moriones ; et pendant que ses fidèles étaient gratifiés d’une de ces trempes que les soldats de la légitimité reçoivent souvent avec autant d’aisance’ que si leur droit divin sortait d’une vulgaire boutique à dix-neuf sous, don Carlos, qui avait juré, trois jours avant, de « partager les nobles fatigues et les dangers de ses soldats », revenait en France en se faisant un paravent des Pyrénées et en confiant à son frère don Alphonse, avec le grade de lieutenant-général, le soin de le prévenir quand tout serait cuit.
.S e La 4e 1 ] \ ‘ ca 1 . : » £ :
D 2 ss SA Re Ge ol en nee Sr DD lu into ir pe Sn Se a , « û c “ Ur RqE nr es DS: pe - à : < RE TA 2 ta ge 8 a dt OR bot: éme “ot na 7 ot bons © dd RQ à 3e GAME dede cc = É - - — ——- © ——— —— ———— ——— —— a ———
a dis
Après être retourné en Suisse et avoir été faire une visite au comte de Chambord, qu’une similitude de déboires lui | rendait sympathique, don Carlos, du coin de son feu, donna l’ordre, en janvier 1873, de recommencer l'insurrection. Après l’abdication d’Amédée (13 février 1873), don Carlos crut n'avoir plus qu’à se présenter pour être porté en triomphe jusque sur le trône. Une cruelle déception lui
était encore réservée, L'Espagne, qui avait forcé Amédée à lui rendre son tablier, se l'était attaché aux flancs en disant: « Je ferai désormais mon ménage moi-même. » La République espagnole était proclamée.
À partir de ce moment, don Carlos, qui n'avait plus de 3 ménagements à garder, se révéla dans toute la grandeur et | la noblesse de sa race.
La guerre civile prit, de son côté, un caractère tout nou- | veau. Les carlistés, curés en tête, brûlèrent les gares, |
détruisirent les chemins de fer, pillèrent les trains, rançonnèrent les populations, fusillèrent les prisonniers, volèrent, tuèrent, pétrolèrent, etc. Rien ne fut épargné.
Le seul ménagement que prenaient ces saints brigands qui incendiaient au nom du roi et massacraient au nom d’un Dieu de bonté et de miséricorde, était de faire le signe de la croix sur les maisons avec leur pinceau à pétrole et | | de bénir les balles de leurs pelotons d'exécution.
Pendant ce temps, Mme don Carlos et ses dames d’hon- Late neur faisaient un tel usage de l’hospitalité helvétique, en organisant dans leurs maisons de campagne lartillerie nécessaire à l'insurrection, que pour mettre un terme à ces agissements, le conseil fédéral suisse expulsa ces dames des cantons de Genève, Valais, Neuchâtel, Fribourg et même de celui de Vaud, où elles s'étaient accoutumées à se con-
sidérer comme chez elles.
L'Espagne, toujours en République, persistant à refuser
le bonheur qui lui était offert par don Carlos, les pétro-
leurs blancs, dont il était le chef à distance, brûlèrent les fermes, détruisirent les récoltes, défoncèrent les routes, minèrent les ponts, fusillèrent les républicains et firent « flamber finances » sur toute la ligne, afin de prouver au monde civilisé que les démagogues seuls étaient capables de mettre tout à feu et à sang pour assouvir leurs appétits effrénés et illégitimes. Fe
Sur ces entrefaites, un pronunciabsintho avait porté sur
le trône d'Espagne Alphonse XII, fils de la reine Isabelle.
A cette nouvelle, la fureur de don Carlos redoubla; et cela se conçoit. Convoiter un fauteuil qui n’est OCCUPÉ par personne est déjà fort ennuyeux. Mais voir tout à coupun autre derrière que le sien se porter dessus est bien fait pour vous ôter le reste de votre sang-froid.
Ce fut ce qui arriva. Don Carlos continua contre Alphonse XII la guerre acharnée qu’il avait entreprise contre la république espagnole. .
Jusqu'au jour où, complètement rossé par les troupes de son rival, il fut obligé ( 27 février 1876) de se réfugier en France. rs
La République française... de ce temps-là accueillit le pétroleur blanc avec une complaisance qu’elle n’eût peutêtre pas eu pour un nihiliste. |
Don Carlos profita de cette hospitalité avec tant des sansgêne que la République... tout de ce temps-là qu’elle fût, n’osa pas le garder sur le territoire français.
Don Carlos fut reconduit à la frontière avec tous les égards dus à un roi sans place par des faux républicains qui se contentent d’avoir fait la leur. |
Il passa d’abord en Angleterre, puis aux Etats-Unis, et revint en France où il ne tarda pas à recommencer son petit train-train de monarque décavé et mécontent.
La République française ferma longtemps les yeux et les oreilles sur les gestes et les crisde ce Cartouche sans emploi.
Mais un beau soir, à un banquet légitimiste, don Carlos s'étant permis de traduire bruyamment ses regrets de ne - pas être roi d'Espagne par le vœu que le comte de Cham-. bord devienne bientôt roi de France, la République dut . une seconde fois (juillet r88r ) signifier à don Carlos d’aller voir à Londres si les ruines des Tuileries avaient de la mousse. | Don Carlos partit d’un air assez vexé en lançant à la République française une paire d’yeux chargés de colère et une protestation chargée de fautes de français qui eurent toutes deux un succès de fou rire. | Au physique, don Carlos est un fort garçon, brun et robuste. Quoique jeune encore, il ne le cède en rien aux fanatiques les plus empaillés du vieux régime, dont il se croit l’incarnation. |
En le voyant si bête à trente ans, on se demande avec inquiétude comment il pourra faire pour l'être deux fois plus à soixante sans en éclater.
Août 1881.
RSS Pie
Dates à remplir
PAR LES COLLECTIONNEURS DU TROMBINOSCOPE
Don Carlos, de plus en plus exaspéré de la résistance de ses sujets (2?), fait bénir, le... 18..., par le pape, cent cinquante mille kilogrammes de dynamite destinée à porter au sein de l'Espagne les bienfaits de la monarchie légitime. — Le... 18..., il emploie le feu grégeois, et le... 18..., des bombes explosibles pleines de pustules et chargées de cribler de petites véroles, à cinq mille mètres, toute l'armée espagnole. — Le... 18..., il fait canaliser, à ses frais, le Vésuve afin de doter les contrées rebelles de l’Espagne d’éruptions quotidiennes. — Enfin, après avoir ruiné, saccagé et brûlé la moitié de son pays, il meurt le... 19...,muni des bénédictions du Vatican, le jour même où le curé de Saint-Roch refuse de dire une messe pour E repos de l’âme de Courbet, sous prétexte que celui-ci a débou- Jonné la colonne Vendôme.
ABONNEMENTS
Les 4 + + 2)
ABONNEMENTS 100 BIOGF APHIES
Paris #4 Unantoir Départements. — 12fr.
Paris...:....: Un an 10 fr.
nm en
. Abonnements sans fras dans tous les bureaux de voste
Abornements sans frais dans tous les Lureaux de poste
Cette nouvelle édition du Trombinoscope, qui paraît deux fois par semaine, composera des volumes de 100 bio: graphies chacun, du même format et du même A°peG que
les autres ouvrages de FOUCHATOUT.
ONT DÉJA PARU
1. Jules Grévy 2. Clémenceau 3. Gambetta 4. République 5. Thiers 6. Zola 7. Rochefort 8. La Canicule 9. Duc d’Aumale 10. Victor Hugo 11. Belle-Mère 12. J. Simon 13.3. 4Ferry 14. Sénat 15. Napoléon
ok jo:
OUVRAGES DE TOUCHATOUT
Histoire de France tintamarresque, un volume de 800 pages. 500 dessins noirs et coloriéss envoi franco.......... 12 fr.
800 pages, 500 dessins noirs et coloriés, envoi franco. 12 fr. SUITE DES DEUX PRÉCÉDENTS:
La Dégringolade impériale, deuxième partie de L'HIsToiRE TINTAMARRESQUE DE NaAPoLÉON III, un volume, 500 dessins noirs et Coloriés, énvoi fr 4710 RC NE Le ae fr.
Grande Mythologie tintamarresque, 600 dessins noirs et coloriés par G. Lafosse et Moloch, un volume de 840 pages INANCOT EE ED ose RER UN 12 fr.
EN PRÉPARATION
SUITE DES TROIS PRÉCÉDENTS
Le Septennat tintamarresque, un volume de 800 pages, illustré
Mélanges tintamarresques, recueil de fantaisies, un volume: de 800 pages, illustré.
Quaranlième année LE TINT AMARRE Quarartième année
HEBDOMADAIRE, SATIRIQUE ET FINANCIER, PARAIT LE SAMEDI
ABONNEMENTS
DÉPARTEMENTS
1 an 20 fr.; 6 mois {| fr; 8 moïs 7 fr,
PARIS
L'an 18 fr.; 6 mois [O0 fr.; 3 mois 6 fr.
ouvrages ci-dessus, en envoyer le montant à M. LÉON BIENVENU, directeur du Tintamarre, 29, rue d'Ansterdam, à Par is
à ee. 0] be. np} EL NL nié CNT TS 4 N FD T ï - : . # ” JE ei
tend à ci) NS
A mm mn
Lu
ie CR
CHARLES-
Louis-NAPOLÉON