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A la nouvelle de la révolution de Juillet, Louis-Napoléon demanda à Louis-Philippe l'autorisation de rentrer en France; elle lui fut refusée ; il se jeta alors dans le
mouvement révolutionnaire de l'Italie, où il ne fit pas ses
frais. À la suite de cette expédition, il tomba malade à Ancône et sa mère le ramena clandestinement à Paris, dont le séjour leur était pourtant interdit. Louis-Philippe
. les renvoya voir en Suisse s’il y était, avec tous les hon-
neurs dus à des mendiants qui s’introduisent par les cheminées, à une heure du matin, pour demander l’au-
môûne.
En 1831, les chefs de l'insurrection polonaise offrirent à Louis-Napoléon le commandement de leurs légions, et comme récompense, dit-on, la couronne du nouveau royaume de Pologne. « Comment donc!... — répondit-il, — du moment où il y a un trône à fricoter, j'en suis... Le temps d’affûter mes moustaches, et je suis à vous. » Il
allait partir lorsqu'il apprit la mort du duc de Reïsch-
tadt. « Ah! ah! se dit-il, cela change les choses, jamais je
ne m étais tant apercu que je suis le neveu de mon oncle. »
Il lâcha les Polonais avec l’aisance et la sérénité d’un homme qui remet le couvercle sur un puits dans lequel
. son propriétaire vient de tomber, et demanda de nouveau à
Louis-Philippe l'autorisation de rentrer en France comme simple citoyen; c'était la troisième fois en deux ans; le bonhomme promettait d’être tenace. |
Pour la troisième fois, Louis-Philippe refusa cette autorisation avec une ampleur toujours croissante.
Louis-Napoléon, voyant que le père Philippe mettait
décidément une stupide obstination à ne pas lui faciliter les moyens de le renverser, se mit à écrire des brochures d’un démocratique à se faire condamner à trente-cinq ans de galères, s’il s'était avisé de les relire vingt-cinq ans plus tard. |
Ces différents ouvrages étaient loués surtout par la presse républicaine du temps : Armand Carrel, qui n’était pourtant pas un naïf, s’y laissa prendre et imprima dans le Ma. tional que les ouvrages du Prince Louis annonçcatent un noble caractère. Nous croyons que de la part d’un homme de talent une telle erreur est impardonnable; 1l faut n’avoir aucune notion des choses de la vie réelle pour ne pas boutonner hermétiquement sur son cœur le gilet de la défiance quand l’on voit un prince faire des brochures libérales. Pour notre compte personnel, nous avons à ce sujet des principes si arrêtés, que le jour où nous verrions, par exemple, le comte de Paris se rallier au programme de Clémenceau, notre première pensée serait de nous écrier : Ah ! mon Dieu! pourvu que cette pauvre République ait le bon esprit de ne plus sortir trop tard le soir toute seule
En 1836, Louis-Napoléon, comptant sur l’impopularité de Louis-Philippe, crut le moment favorable pour tenter son premier coup d'Etat. Il pensait que le nom seul qu’:1 portait soulèverait toute la France en sa faveur. Le 30 octobre, à cinq heures du matin, Louis-Napoléon entre à Strasbourg, accompagné de son Persigny ordinaire, qui, habillé en homme-orchestre, marchait devant lui en jouant de la clarinette, du triangle et des cymbales. Les Strasbourgeois se mettent en chemise à leur fenêtre, quelquesuns leur jettent des sous. Ils se rendent directement à la caserne du général Vaudrey, qui était gagné; là, devant
toute la garnison et après que Persigny a joué l’air de la reine Hortense comme ouverture, Louis-Napoléon s’adresse aux soldats en ces termes : « Français !.. Vous avez » devant vous le neveu de l'Empereur... de l'Empereur » qui a ruiné le pays en hommes eten argent !... Soldats!.… » je viens à vous, et la main sur mon cœur, je dis à la » France : Veux-tu redoubler ?... »
En prononçant le dernier mot de sa harangue, le prince Napoléon fait un signe à Persigny, qui reprend l’air dela reine Hortense. Trois ou quatre vieilles brisques du régiment crient : Vive l'Empereur !.. Déjà le prince a donné l’ordre de télégraphier à toute la France le changement de gouvernement ; déjà Persigny, qui fut toujours un esprit positif, s'apprête à faire la quête, quand tout à coup, d’un formidable coup de poing, le lieutenant Taillandier enfonce à Persigny son chapeau jusqu'aux reins et met la main au collet du prince, rétablissant, en moins de temps qu’il n’en faut pour le raconter, l’ordre un instant troublé par ces deux saltimbanques.
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Le prince Louis fut déporté en Amérique pour toute puntion. Plus tard, Louis-Philippe eut à se repentir de sa faiblesse, et la chronique lui attribue ce mot à propos de Louis-Napoléon : « Ce n’est pas dans le Nouveau-Monde » que j'aurais dû l'envoyer, c’est dans l'autre. »
L'année suivante, il revint dans le canton de Thurgovie. Le gouvernement français, redoutant quelque nouvelle tentative de sa part, demanda son éloignement à la République helvétique. — Pas grosse, la République suisse !.… mais du nerf! — E le refusa net, e: comme la France faisait mine de se fâcher, elle leva crânement sa poignéc