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Louis Veuillot en appela au pape et partit à Rome plaider sa cause lui-même; il fut absous par Sa Sainteté, ce qui le rendit tout fier.
lent champion du pouvoir temporel, de Pinfaillibilité du pape, du Syllabus, du principe de l’ignorance gratuite et obligatoire, et enfin d’un tas d’autres choses saintes, du même tonneau, auxquelles nous devons la glorieuse jour- | née de Mentana et le plaisir de voir, de temps en temps, les frères des écoles chrétiennes passer encore en police correctionnelle pour avoir ajouté une lecon de leur invention au catéchisme qu’ils sont chargés d’apprendre aux petits garçons de neuf à onze ans.
Lors du concile œcuménäque, on remarqua à Rome la présence de Louis Veuillot qui, simple laïque, n’avait pas
n’en a pour entrer dans une maison respectable.
Qu’'y faisait-il ?... On l’a su plus tard : il prenait des notes pour traiter, selon la formule, dans son journal, les prélats qui apportaient un peu trop de tiédeur à déclarer que le descendant de saint Pierre était infaillible au point
Depuis cette époque, Louis Veuillot a été le plus vail-
pie de raisons pour être là qu un reporter du }1garo
d’être sûr de n’avoir jamais envie d'éternuer la bouche pleine.
Louis Veuillot a écrit de nombreux volumes dont nous ne donnerons pas la liste ; cela tiendrait de la place; mais ce n’est là que la seconde raison.
Celui qui a eu le plus de retentissement : les Odeurs de Paris, a été suivi d’un autre : les Couleuvres, qui aurait dû être édité par Lévy père; ça ne l’aurait pas fait vendre davantage ; mais c’eût été plus drôle sur la couverture. En 1869, M. Louis Veuillot a été éprouvé par un gros chagrin : sa marchande de merlans est morte d’un coup de sang au moment où elle allait lui fournir un nouveau mot très réussi.
Louis Veuillot en porta le deuil pendant deux ans. Cependant, il faut bien croire qu’il en retrouva une autre, puisque, peu de temps après, il se fit rappeler à l’ordre par Pie IX pour quelques nouveaux écarts de polémique.
À ce propos, il menaça de se retirer du journalisme si le blâme du Saint-Père était maintenu.
Il aurait dit à ce sujet : Si l’on ne peut plus traiter les gens qui pensent autrement que soi de «sales marsoutns », il n’y a plus de discussion possible.
C’est à Louis Veuillot que l’on doit l’organisation de la souscription pontificale destinée à empêcher le pape de mourir de faim et à nous faciliter les moyens de mourir de rire avec la lecture des listes qui se publiaient dans l'Univers. On y voyait des offrandes dans ce goût :
Une marquise du noble faubourg, qui s’est privée pendant quinze jours sur la nourriture de ses domesti-
Se k Fu PAU DOC (T.
Un enfant dé t trois semaines, a déteste les libres honseurs. . : PAR GT.
Après la guerre de . TE Yeillot eut, dans l’'Un1vers, de si violents accès de gueulirium tremens, que son journal fut frappé de plusieurs suspensions.
Deux de ses procès furent surtout retentissants.
Le premier (1875) lui valut une condamnation à 4,000 francs de dommages-intérêts envers un marchand mercier
Fa
de son quartier, qu’il avait dénoncé comme ayant ouvert sa boutique un dimanche, en enjoignant aux fidèles de retirer leur pratique à ce commerçant Iimpie.
Le commercant impie ne trouva pas la plaisanterie de son goût et assigna Louis Veuillot.
Le tribunal décida qu’on n’avait pas le droit d’exciter les clients qui vont à confesse à la haine des ou e n'y vont pas.
Le second procès, ce fut contre le FE se Louis Veuillot eut à le soutenir.
Ah! ce fut une belle passe de goupillons à Jaquelle
assista la France pendant trois mois.
M. Villemessant — (couvrez-vous jus) — s'étant un matin mis en tête de faire pénétrer dans les presbytères son grand officiel des catins, entreprit contre l'Univers # Louis Veuillot une campagne terrible.
Atteint dans son amour-propre et ses feuilles d’abonne-
ment qui se dégonflaient à vue d'œil — le compte rendu: des bains au vin de Champagne de Mile Blanche d’Antigny
ayant, paraît-il, beaucoup plus d’attrait pour les curés que
la lecture des encycliques de Pie IX — Louis Veuillot
riposta avec cette fougue un peu crue que l’on connaît. Ce fut épique !.. Ces deux soutiens du trône et de Pau-
tel se jetant des bénitiers à la tête en se donnant des noms...
de poissons !.. Jamais on n'avait assisté à RE. chose d'aussi désopilant !..… Malheureusement pour la galerie, un procès en concur-
rence déloyale vint mettre fin à cette idylle ; et Villemes-. sant — (couvrez-vous !...) — à qui Louis Veuillot avait
réclamé 20,000 francs de dommages-intérêts, en fut quitte pour 500 francs.
Depuis quelque temps, Louis Veuillot, dont la santé est mauvaise, ne travaille plus. Il se rétablira bientôt, espé- |
rons-le pour lui et pour nous, car il est le créateur et le maître incontesté d’un genre de polémique qu’il serait triste de voir disparaître.