SARA BERNHARDT
artiste dramatique française, née à...
le," 194. |
Ces deux lacunes dans unebiographie paraîtront sans doute, à nos lec- - teurs,itrées étranges G cal F > à | 5 os et surtout très regrettables. Nous les déplorons comme eux; mais nous avons du moins la satisfaction de savoir qu'aucune biographie n’est mieux rensèignée quenous relativement à Ja date et au lieu de naissance de la charmante pensionnaire du Théâtre-Français.
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En effet, vers l’époque où M" Sarah Bernhardt dut vraisemblablement venir au monde — 1844 à peu près = sa mère voyageait souvent, et l’enfant était si mince, si mince! qu’elle en accoucha sans s’en apercevoir.
Ce ne fut que quelque temps après, quand le corps de la jeune fille eut pris un peu de consistance, que sa mère. la vit, pour la première fois, un matin, jouant dans un de. ses étuis à aiguilles et qu'e 'elle put aller la déclarer à Îa mairie, mais sans pouvoir dire à quel endroit et va quel moment ME était née.
De l'enfance de M'° Sarah Bernhardt, on ne sait que fort peu de chose.
Toutefois, il paraît certain qu’elle était d’une grande intelligence et montrait de vives dispositions pour le théâtre.
Très espiègle, elle n’aimait pas à rester dans Îles appars tements. Plusieurs fois, quoique ses parents l’eussent enfermée à double tour, elle trouva le moyen de sortir, On fut obligé de faire mettre des bourrelets aux portes.
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Elle débuta au Gymnase, où elle fut immédiatement remarquée pour sa distinction et son charme. |
Elle ne tarda pas à être considérée comme la con AA la plus fine de Paris. pe
En 1862, M°° Sarah Bernhardt parut à la Camddie , française. Elle y joua, avec succès, {phigénie et Valérie, | Son passage rue Richelieu fut court. | . Quelques auteurs prétendent que vers cette Dodte à sympathique artiste, qui était d’une constitution délicate, + eut en très peu de temps plusieurs fluxions de poitrine : de l’avis de tout le monde, il ne lui en est rien resté. “
L'une de ces maladies mit, dit-on, ses jours en danger.
Les journaux annoncèrent qu’elle était en proie à un violent délire ; mais le T'intamarre rassura les amis de la
jeune artiste en soutenant qu’elle ne pouvait être atteinte de d’un délirium tremens.
- Effectivement, elle fut bientôt sur pied et put rentrer au théâtre.
Pendant dix années elle fit de nombreuses et brillantes créations à l’'Odéon et au Gymnase. |
À l’Odéon surtout, elle conquit une grande réputation, abordant avec un égal bonheur les rôles du répertoire ancien et du répertoire moderne. Phèdre, le Testament de César Girodot, lé roi Léar, le drame de la rue de la Paix, le Bâtard, Ruy Blas furent autant de triomphes pour elle.
La pièce de M. Coppée, le Passant, la mit définitivement
en relief ; jamais le public ne l'avait vue ainsi. |
Le 6 novembre 1872, M'° Sarah Bernhardt rentra définitivement à la Comédie française ; mais cette fois par la grande porte. |
Elle y fût certainement passée très à l’aise si elle n’eût
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apporté avec elle un talent et une réputation déjà énormes.
Avec ce bagage, la porte ne fut que juste.
Elle y joua avec une grâce exquise le rôle de Junie, dans Britannicus, et, contraste inouï, se tailla quelques mois après un vrai succès dans l’impérieux personnage de Dalila.
Vers le milieu de l’année 1873, M" Sarah Bernhardt eut un grand chagrin : Un petit chien havanais, auquel elle tenait beaucoup, la quitta un matin et alla se réfugier chez M. Dumaine.
Cet été-là, le soleil était très ardent, et M'° Sarah Bernhardt avait l'habitude d’aller se promener tous Îles jours, vers midi, dans les Champs-Elysées.
La pauvre petite bête, pour échapper à des insolations quotidiennes, avait fui sa maîtresse, qui ne lui faisait pas assez d'ombre. |
Comme nous l'avons dit tout à l’heure, M Sarah Bernhardt fut très attristée de cet abandon.
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Elle s’enferma chez elle pendant plus de six mois, et ne voulut recevoir personne. |
Si un importun parvenait à forcer sa porte, pour échapper à sa visite, elle se cachait dans un étui à parapluie, et se tenait immobile dans une encoignure de son antichambre, en attendant que le visiteur eût fait le tour de l’appartement et se fût assuré qu’elle n’était pas là.
Un jour, comme elle sortait de chez elle, elle entendit monter dans l’escalier une de ses amies qui venait la voir.
Comment faire ?... Rencontrée dans son escalier, elle ne pouvait dire qu’elle était sortie !.… |
Elle eut une inspiration.
Arrachant vivement le cordon de sonnette de sa porte, elle se suspendit à la place, et attendit.
L’amie arriva, saisit d’une main M° Sarah Bernhardt par la taille, sonna sans s’apercevoir de la substitution, et entra pendant que la bonne répondait à la visiteuse: « Je » SUIS surprise que vous n'ayez pas rencontré madame » dans l'escalier. »
Une création qui valut à la délicieuse artiste les éloges unanimes de la presse, fut celle de l’Absent, de M. Manuel.
Ce personnage touchant de jeune veuve était admirablement fait pour elle. |
Cette mélancolie, cette voix un peu triste mais pénétrante et harmonieuse, cette distinction, cette honnêteté... tout, enfin, tout ce que possède M'° Sarah Bernhardt de charme, de douceur, de persuasion, trouva dans ce rôle délicat le cadre le plus heureux.
La charmante comédienne n’a pas moins d’esprit que de talent, et en a souvent donné des preuves.
On sait que pendant longtemps le T'intamarre, avec une irrévérence presque scandaleuse, monta ce qu’on appelle
une scie à M" Sarah Bernhardt, à propos de sa... sveltesse.
Tous les dimanches, c'était réglé, ce journal contenait au moins une douzaine de mots, souvent très peu drôles, sur elle. |
Un jour, par exemple, il disait: « M"° Sarah Bernhardt
» est une excellente camarade: elle ne porte ombrage ui » personne. »
Ou bien : « Depuis que M" Sarah Bernhardt est allée
» consulter son docteur à propos d’un peu de bronchite, ses » camarades ne l'appellent plus que l'os sculpté. » Le dimanche suivant, le T'intamarre annonçait que: » M°®° Sarah Bernhardt, en se promenant sur le trottoir de » la rue Vivienne, avait tout à coup disparu sous terre » par le trou de la plaque d’un égout. »
Ou bien que « le souffleur du Théâtre-Français l'avait
» renversée Sur la scène en soufflant trop fort. » Briollet alla même jusqu’à dire « qu’un soir elle avait
» échappé à quatre voleurs qui n'avaient pas pu parvenir à » lui mettre le couteau sur la gorge. »
Bref, c'était devenu presque insupportable, et quelques amis, qui s’étonnaient qu’elle endurât ces plaisanteries de fumiste, lui conseillaient de les faire cesser. Ce fut alors qu’elle fit cette noble et-spirituelle réponse : « Laissez faire les petits journaux... Je ne suis pas une » femme qu’on vexe. »
Une des dernières créations importantes de M'° Sarah Bernhardt est celle du Sphinx où elle se montra extrêmement remarquable de douceur et d'énergie.
On peut dire qu’à part l’agonie retentissante de M'° Croizette, qui fut ce qu’on appelle #7 pétard bien plus qu’un succès de talent, M'° Sarah Bernhardt eut les honneurs de cette dernière pièce.
La Fille de Roland, d'Henri Bornier, Rome vaincue, de Parodi, furent également pour elle de grands succès. Enfin sa création de Dona Dol dans Hernani mit le = comble à son immense réputation. | L'exposition du ballon captif dans la cour des Tuileries en 1878 augmenta sa popularité. | be y faisait régulièrement trois ou quatre ascensions par jour et avait conclu avec le directeur de cet aérostat un arrangement singulier. | :
On sait que ce ballon ne pouvait enlever que quarante personnes à la fois. Mais quand elle se trouvait là, on en. prenait quarante etuneeton la faisait monter — quarantedeuxième — pour annuler le poids du voyageur supplémentaire. | Ce qui intriguait SSSR les badauds, c’est que jamais
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on ne la voyait entrer dans la nacelle par la plate- forme
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disposée à cet effet.
Elle montait par un petit escalier spécial que le directeur lui avait fait faire dans l’intérieur du câble.
M'° Sarah Bernhardt fit aussi une ascension en ballon
libre, — Ça ne fit pas monter le prix du gaz. A la suite de ce voyage, elle publia un charmant livre intitulé : Zmpressions d’une chaise.
Cette chaise était celle sur laquelle la gracieuse comédienne s'était assise pendant le trajet. ou
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Inutile de dire qu’elle n’était pas cannée. À
Récemment, M'° Sarah Bérnhardt a quitté la Comédie française, dont elle était sociétaire, à la suite d'un Ce de tête généralement blâämé.
Elle a été condamnée à cent mille francs de dommages: intérêts qu’elle alla gagner en Amérique où on la couvrit d’or — ce ee n'est pas assez. |
On prête à M'° Sarah Bernhardt beaucoup d'égeshtiis cités, entre autres celle de coucher dans un cercueil qe Jui sert le jour à resserrer ses aiguilles à tricoter.
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