‹ Le trombinoscopeChapitre 99 sur 307 · SR RD · texte numérisé non relu

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Elle ne sauva pas cette piètre ineptie, aussi mauvaise

que prétentieuse par le luxe de mise en scène dans laquelle

mais elle s’y tailla un nouveau succès. Es

Vint ensuite la T'imbale d'argent,aux Bouffes. C’est de

immense.

C’est qu’aussi elle avait trouvé là un rôle vraiment fait à sa mesure, et surtout ce public spécial de gommeux admi-

rablement disposé pour ce genre risqué.

mettre au service des auteurs son merveilleux entendement des réticences grivoises pour obtenir un véritable triomphe ; mais depuis, semblable aubaine lui a presque

constamment échappé.

Alléchés par le succès de la Timbale, quelques auteurs

ont essayé vainement d’écrire pour elle de nouveaux rôles

dans le genre de celui de Molda. Les plus grosses choses

sont celles qui ont besoin d’être dites le plus finement ; et

cette légèreté de main est rare.

M. Sardou, le ciseautier de Marly, l’avait fait encadrer ;

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ce jour que date la renommée de Judic. Son succès fut

La Timbale était une pièce spirituelle ; Judic n’eut qu'à

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des étoiles du Figaro, qui dota M" Judic, dans /a Quenoutlle de verre, du rôle le plus absurde et le plus tristement grossier que l’on puisse imaginer.

M”° Judic avala le morceau avec vaillance, espérant que

cette fois ce serait bien là la queue de la littérature de l’ère

impériale; c'était du courage, car l'artiste à qui revenait la commission de fermer un pareil cortège y risquait gros.

CR En 1876, M"° Judic entra au théâtre des Variétés, où elle reprit et créa, avec de grands succès, un certain

nombre de rôles polissons — ou qu’elle réussissait à

rendre tels — entre autres : la Belle Hélène, les Charbon-

niers, le Docteur Ox, la Femmeà papa, Niniche, etc, etc.

LS

De temps à autre, M" Judic va à Londres, Bruxelles ou Saint-Pétersbourg, faire profiter les étrangers des beautés de cet art dramatique de premier ordre qui consiste pres-

hi

que invariablement à représenter une noce au premier

acte, l’enlèvement nocturne de la mariée au second, et au

troisième, le retour de celle-ci, la fleur d'oranger un peu sur le coin de l'oreille. |

Rarement ce genre de pièce dépasse, comme esprit et comme moralité, cette malhonnêteté moyenne. Le talent de M"° Judic vaudrait beaucoup mieux que cela, c’est

incontestable.

SP

Au physique, M"° Judic est une brune ravissante encore, à Poil expressif et provocant. Nous devons répéter à | propos d'elle, ce que nous avons dit de Thérésa : son talent est de premier ordre; mais il risque de sombrer dans le répertoire navrant que le mauvais goût des auteurs 23

. À lui impose.

Elle excelle dans l’art de souligner, et l’on pourrait diré qu'elle chante entre les lignes.

Seulement, elle en a pris une telle habitude, et son

public l’y a tellement encouragée, qu’elle souligne à outrance.

Quand, par hasard, il y a quelque chose à sousentendre, ça va bien; mais quand elle s’entête, et cela lui arrive souvent, à faire comprendre au public, en clignant de l’œil, que « Bonjour Vincent » veut dire : € As-tu bientôt fini de me pincer au-dessus du mollet, » ce n’est pas toujours très drôle.

Hâtons-nous de dire que le public auquel M"° Judic s'adresse généralement y met une complaisance au-dessus

de tout éloge.

Comme il est composé en partie d’une jolie collection de jeunes serins de famille qui se feraient hacher plutôt que de convenir qu'ils ne voient pas une ordure sous la phrase la plus inoffensive, il arrive que pour se donner

l'air blasé de rigueur dans ce monde galbeux, ces remar-

TS DEN = TMS PR ER pe A > dt À De PR : - + 1 RFA à C æ Rs à A Lou A ” SE LT * gs EE L %

| quables produits d'une génération fumée par le Figaro : se croient obligés de pousser des oh! oh!... de contentement pleins d'horreur, quand Judic — qui sait très bien à quel genre d’imbéciles elle a affaire, prend son air le d plus futé pour dire un mot qui ne veut rien dire du tout. 4 Elle flatte trop souvent ce delirium tremens de l'obscé-

nité,et ce n’est pas ce qu’elle fait de mieux. à notre avis. ; Ë, pas ce qi , 718

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