‹ Le trompette de M. le Prince, opéra-comique en un acteChapitre 16 sur 37 · SCENE Vlil · texte numérisé non relu

SCENE Vlil

LE MARQUIS, buvaut ct faisant la grimace. Trop honnêtes !...

GOULARD, élevant des verres, A la santé de la mariée !

TOUS

A la santé de la mariée!

FANCHETTE, bas au Marquîs, Mon Dieu ! mon parrain... Si j'avais prévu... Qu'estce que nous allons faire?

LE MARQUIS, bas et souriant, Fabien devait donc venir pour t'épouser?

FANCHETTE, d'un ton plaintif, II ne venait que pour ça, le pauvre garçon !

LE MARQUIS, baS,

Alors, allons toujours !

GOULARD, tout joyeux.

Eh bien! jeunes gens!... (Riant de leur embarras.) lis n'osent plus se regarder!... Donnez-vous donc la main !

FANCHETTE, bas et tendant la main.

Je vous demande pardon, M. le marquis !..•

LE MARQUIS, btts et prenant sa main.

Il n'y a pas de mal, mon enfant.

GOULARD, le poussant.

Embrasse donc ta femme, nigaud î...

FANCHETTE, btts et tendant la joue.

Je vous demande bien pardon, mon parrain ! LE MARQUIS, bttSj riant et l'embrassant. Il n'y a pas de quoi, ma petite...

FANCHETTE, à part.

PauvreFabien!... Après ça, s'il n'en coûtait rien pour sauver quelqu'un !...

Pendant ce temps le Tabellion s'est assis à la table à droife.

GOULAUD.

Jiî signe le premier...

II signe.

LE MARQUIS, bos à Fanckette, Le contrat!... passe encore!... mais signer!...

n SCKNE Mil.

ÎANCHETTE, baS.

Fabien ne sait pas écrire î...

LE MARQUIS, baS ,

Bravo !

GOULARD

A toi, Fanchette!

FANCHETTE , passatit à droîte et prenant la plume. Voilà, mon oncle !...

Elle signe.

GOULARD, au Marquis.

A toi, M. le marié!...

LE MARQUIS, souviant.

Ah!... il n'y a qu'une difficulté... Je sais lire dans la perfection... mais je ne sais pas écrire! TOUS, surpris.

Ah! bah!..

GOULARD, d^un air docteur.

Ce n'est pas étonnant ! dans ces temps de troubles... il y a beaucoup d'éducations qui sont restées à moitié chemin!... Pouh ! L'écriture! ce n'est pas indispensable aux hommes politiques !... (Au Marquis.) Tu sais faire ta croix?

LE MARQUIS. Pardi !..,

GOULARD, le faisant passer et lui donnant la plume,

(.'est tout ce qu'il faut.

LE MARQUIS, bas à Fanchette en faisant sa croix. Au fait, deux barres, ça ne peut pas nous compromettre...

Les parens signent après lui.

GOULARD

Et maintenant, mes amis, à l'église!...

FANCHETTE, à part^ avcc effroi.

A l'église !...

LE MARQUIS, à part.

Diable! c'est plus sérieux !...

ÎANCHETTE, vivemcnt.

Et les témoins de Fabien?... (Au Marquis.) Votre camarade Lajannais, que vous aviez annoncé?...

SCLME IX. 25

LE MARQUIS, suivant ses signes.

Ah! oui... Lajannaisî Lajannais !... il n'est pas arrivé... Si nous l'attendions ?...

GOULARD

Du tout! on nous l'enverra !.., S'il ne vient pas, nous prendrons le cousin Lescarol en passant. LE MARQUIS, à par^, riant.

Le cousin Lescarol !...

Musique éloignée.

GOULARD

En marche! Ah! tenez, les violons s'impatientent... (A Mousqueton à gauche.) Toi, attends-nous là! Si un nommé Lajannais se présentait, tu nous renverrais à l'église... {Se retournant.) Allons!... Partons! LE MARQUIS, gaîmentj donne le bras à Fanchette,

Partons, cher onde.. .{Bas àFanchette.) Je trouverai hien moyen de faire manquer la cérémonie !

FANCHETTE, à part.

Mon Dieu ! pourvu que Fahien n'arrive pas trop tard !

GOULARD, les faisant passer.

Passez donc ! tous, messieurs !...

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